Archives du mot-clef Sexisme

Violences masculines envers les femmes : entretien avec Christine DELPHY et Patrizia ROMITO

Living with the Enemy, Donna Ferrato, introduction Ann Jones, Aperture.

Le 30 octobre dernier, vous avez pu lire sur ce site l’histoire de Caroline, une jeune femme victime de violences conjugales. Au cours de deux rencontres, Caroline, victime de divers sévices allant des viols conjugaux aux coups en passant par des violences psychologiques, m’a longuement raconté le combat qu’elle mène pour sortir de cet enfer, sa peur intense et sa difficulté à se convaincre de sa légitimité à porter plainte contre son ex-compagnon. Le billet a suscité un certain nombre de commentaires – non publiés[1. Ces commentaires sont publiés en fin d'article].- niant les violences contre les femmes, rejetant la responsabilité sur elles (« Elle aurait dû partir depuis longtemps (…) je ne vais pas les plaindre ! »), ou préférant cantonner les violences contre les femmes au-delà du périphérique (« Vous feriez mieux de regarder du côté des quartiers dits ‘ difficiles ‘ »).

La lecture de ces commentaires, outre la colère et le découragement qu’ils ont suscités en moi, m’a donné envie de demander à deux chercheuses féministes, Christine DELPHY, sociologue, et Patrizia ROMITO, psychologue, ce qu’elles pensaient de cette négation par des femmes, des violences masculines envers les femmes.

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Le petit bric-à-brac de Pascal

Bienvenue à vous tous dans le bric-à-brac de la pensée ! Tout à un euro ! Ce serait idiot de se priver.

Si vous avez eu le courage de lire « L’affaire DSK aura révélé une bien triste image de l’Amérique », par Pascal Bruckner (article livré avec son petit sac à vomi), vous avez certainement eu le même sentiment que moi : celui d’arriver dans un magasin « Tout à un euro ». Vous connaissez peut-être ce genre de magasins. On y vend des nains de jardin, des cendriers à l’effigie de Bob Marley, des jolis posters de dauphins au clair de lune, des balais à chiotte colorés, des nappes en plastique, des mugs avec écrit « Vive mon papa bricoleur » et autres cochonneries.

Et bien, cet article, c’est un peu le « Tout à un euro » de de la pensée : finition dégueulasse, bric-à-brac poussiéreux, tons criards, mauvais goût, éclairage blafard, tout y est !

Faisons donc le tour du propriétaire.

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La morale de ces morales…

Made­moi­selle voudrait vous faire un aveu de pre­mier ordre : elle n’a jamais réussi à lire un livre de la sociologue Irène Théry jusqu’au bout, parce que ça lui pique les yeux. Du coup, imag­inez sa joie lorsqu’elle est tombée sur ses tri­bunes dans le jour­nal Le Monde, à l’occasion de « l’affaire DSK ». 10 000 car­ac­tères à tout casser, elle s’est dit qu’elle allait enfin y arriver. Eh bien non.

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Cher camarade…

Dimanche dernier, devant la télévision, je suis tombée sur une interview de toi, cher camarade Benoît Hamon. La bouche en coeur, je t’ai vu ânonner ta leçon de féminisme tout frais. Le petit poing brandi, tu t’es insurgé contre le « déferlement de propos sexistes » déclenchés par « l’affaire DSK » propos tenus « d’ailleurs parfois par des dirigeants de gauche ».

Je me suis mise à rire nerveusement. Dans ta croisade contre le sexisme tu as égratigné ceux qui « auraient mieux fait de se taire » plutôt que de proférer des propos sexistes,  et dénoncé une « forme d’impunité masculine »…

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Gauche sévèrement burnée, le retour…

Je tourne depuis un moment sur des blogs se réclamant « gauche de la gauche », et j’ai l’impression que dans le sentiment d’urgence qui se développe face au gouvernement actuel, il y a comme une réaction ultra virile qui s’installe. Genre « ouais, on est pas des couilles molles, on peut pas laisser faire, on va leur montrer qui on est gnargnark ouch ouch (cri de gorille) ».

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Gauche sévèrement burnée

Je discutais hier avec un militant d’extrême gauche, très engagé dans les mouvements sociaux locaux, et avec lequel j’ai de nombreux points de vue en commun.

J’ignore comme la question est arrivée sur le tapis, mais lorsque j’évoquai le terme « féminisme », mon ami de gauche, « engagé contre toutes les formes de dominations » se mit immédiatement à ramper vers l’habituelle zone crépusculaire des cervelles sévèrement burnées : il marmonna un petit quelque chose sur « ces femmes qui se croient supérieures aux hommes », entrecoupant cette diarrhée verbale d’élans universalistes dignes d’un vrai militant socialiste qui espère se faire remarquer pour décrocher un poste au conseil général.

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