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	<title>Les Entrailles de Mademoiselle</title>
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	<description>&#34;Quand une féministe est accusée d&#039;exagérer, c&#039;est qu&#039;elle est sur la bonne voie.&#34;  Christine Delphy</description>
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		<title>IVG « de confort » : les arroseurs arrosés.</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Mar 2012 10:49:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mademoiselle S.</dc:creator>
				<category><![CDATA[1 - FEMINISME]]></category>
		<category><![CDATA[Avortement - IVG]]></category>
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		<description><![CDATA[Tout d’abord, félicitations : vous avez survécu à la journée de Lafâme. Normalement, vous n’avez qu’une envie : passer à autre chose. Dommage, car il nous faut revenir au 8 mars 2009, la journée de Lafâme d’il y a trois ans. &#8230; <a class="more-link" href="http://blog.entrailles.fr/2012/03/ivg-de-confort-les-arroseurs-arroses/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Tout d’abord, félicitations : vous avez survécu à la journée de Lafâme. Normalement, vous n’avez qu’une envie : passer à autre chose. Dommage, car il nous faut revenir au 8 mars 2009, la journée de Lafâme d’il y a trois ans. À cette occasion, vous aviez pu lire sur ce site <a href="http://blog.entrailles.fr/2009/03/criminelles/">un article consacré à l’expression « IVG de confort »</a> , expression qui était alors passée complètement inaperçue ou presque. Elle était pourtant inscrite clairement dans le titre d’un article du journal Le Figaro, en date du 25 février 2009 : « De plus en plus d’avortements de confort ». Le Dr Grégoire Moutel, responsable du laboratoire d’éthique médicale de l’université Paris-Descartes, interrogé dans cet article, qui n’est plus accessible gratuitement sur le site du Figaro, <a href="http://www.marianne2.fr/IVG-Marine-Le-Pen-mal-informee_a216216.html">s’offusque à présent de la récupération de ses propos par le FN</a> : <em>« J’ai été manipulé ! Je suis offusqué qu’un parti politique puisse utiliser partiellement des études scientifiques ». </em>Ses propos étaient pourtant clairs, lorsqu’il s’est exprimé il y a trois ans dans les colonnes du Figaro :<em> « À l’origine, les indications d’un avortement impliquaient une détresse matérielle ou psychologique de la femme, elles sont aujourd’hui plus de l’ordre du confort, ce qui n’est pas dans l’esprit de la loi. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2097"></span></p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: center;"><a href="http://recherche.lefigaro.fr/recherche/access/lefigaro_fr.php?archive=BszTm8dCk78atGCYonbyzh4Oa0lX2z5KYSq%2Boo2gcxpz69RbVVsdSyX4%2BSk4kg3Vu2IGtjAq08M%3D">De plus en plus d’avortements de «confort»</a></h3>
<p>(Le Figaro, 25/02/2009)</p>
<h4 style="text-align: justify;">Certains gynécologues-obstétriciens se détourneraient de cette pratique à cause des dérives constatées ces dernières annnées.</h4>
<p style="text-align: justify;">La pénurie annoncée de praticiens de l’avortement ne serait pas uniquement liée à un problème de restructuration hospitalière ou de renouvellement de génération, mais au désinvestissement de professionnels qui se posent de plus en plus de questions face à la  consommation» de l’IVG. C’est en tout cas ce qu’observe le Dr Grégoire Moutel, responsable du laboratoire d’éthique médicale de l’université Paris-Descartes. «Beaucoup de professionnels, qui ne sont pas du tout des militants pro-vie, changent aujourd’hui de regard après avoir trop vu de glissements sur la pratique, explique-t-il. À l’origine, les indications d’un avortement impliquaient une détresse matérielle ou psychologique de la femme, elles sont aujourd’hui plus de l’ordre du confort, ce qui n’est pas dans l’esprit de la loi.»</p>
<p style="text-align: justify;">Ce médecin en veut pour preuve le nombre de «récidives» : alors qu’une femme sur dix avait subi deux ou trois avortements il y a dix ans, elles sont aujourd’hui deux sur dix, révèle une de ses études. De même, du fait du rallongement du délai de 10 à 12 semaines, certaines femmes, lors de l’échographie du premier trimestre, feraient «passer des petits doutes d’anomalies sur des IVG», évitant ainsi l’IMG (interruption médicale de grossesse) soumise, elle, à l’avis médical rigoureux d’une collégialité d’experts.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre glissement : aux côtés de couples qui «se retrouvent légitimement à devoir faire une sélection sur cinq ou six embryons» après une assistance médicale à la procréation, «d’autres le font pour une simple gémellité !» observe-t-il. Autant de raisons, selon lui, qui font lever le pied à ses confrères sur la pratique. «Ils finissent par se dire qu’ils n’ont pas choisi la gynéco-obstétrique pour faire ça.» Selon lui, la <a href="http://www.lefigaro.fr/sante/2009/02/16/01004-20090216ARTFIG00469-bioethique-les-francais-invites-a-s-exprimer-sur-le-net-.php">révision des lois bioéthiques</a> doit précisément être l’occasion, non pas de remettre l’IVG en cause, mais de repenser son accès et la façon dont ses indications sont posées.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="line-height: 24px;">Toujours est-il que depuis que cette expression est passée il y a quelques jours par la bouche de Marine Le Pen et Louis Alliot, le second du FN, </span>les politiques et les journalistes s’agitent violemment le bocal.</p>
<h3><strong>« C’est dégueulasse ! »</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Depuis la reprise par le Front National de cette expression, donc, au <a href="http://www.humanite.fr/fil-rouge/ivg-marine-le-pen-les-femmes-ne-lui-disent-pas-merci-pcf">PCF</a>, au <a href="http://www.parti-socialiste.fr/reference/l-ivg-de-confort-n-existe-pas">Parti Socialiste</a>, jusqu’à l’UMP,<a href="http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/cafouillage/42-cafouillage/1660-front-national-ressort-ivg-de-confort"> par la voix de la porte-parole de l’UMP Valérie Rosso-Debord</a>, on se met à hurler qu’on ne peut pas parler d’IVG « de confort ». Pascale Clark, journaliste à France Inter, est même <a href="http://news.aufeminin.com/pascale-clark-ivg-de-confort-degueulasse-actu1947.html">sortie littéralement de ses gonds</a> face à Louis Aliot, en lui demandant de lui répéter cette expression en la regardant dans les yeux, avant de lui lancer : « C’est dégueulasse ! ».</p>
<p style="text-align: justify;">C’est effectivement dégueulasse. Mais c’est loin d’être nouveau. Et cette expression est loin d’être l’apanage du Front National. Certes, le Front National est, à ma connaissance, le seul parti à proposer de dérembourser l’IVG. Mais le FN ne fait que surfer sur une vague qui consiste à voir l’IVG comme un acte moralement douteux, évitable et forcément traumatisant, pour la société et les femmes qui le demandent. Cette vision de l’avortement, c’est tout l’échiquier politique, ou presque, qui l’entretient.</p>
<h3><strong>Au nom de quoi trouvent-ils cette expression dégueulasse ? </strong></h3>
<p style="text-align: justify;">On pourrait se dire que cette levée de boucliers est très positive. Mais que signifie-t-elle ? On pourrait croire que ceux qui s’insurgent contre cette expression veulent à tous prix éviter que l’IVG soit, à la manière des médicaments dits de « confort », déremboursée. Mais hélas, il semblerait que ce qui les choque surtout, c’est qu’on accole le terme « confort » à celui d’IVG… car, disent-ils, l’IVG n’a rien de « confortable ». En somme, ce qui les retourne littéralement, c’est qu’on puisse présenter l’IVG autrement que comme un drame pour toute femme.</p>
<p>Au PS, on s’insurge ainsi en ces termes, sous le titre « <a href="http://www.parti-socialiste.fr/reference/l-ivg-de-confort-n-existe-pas"> L’IVG de confort n’existe pas </a> » :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Ce lundi 30 janvier dans l’émission « mots-croisés » le vice-président de Front National Louis Aliot a dénoncé des « IVG de confort ». Non, il n’y a pas d’IVG de confort, le choix de fonder une famille, de poursuivre une grossesse ne doit pas être subi. <strong>L’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) n’est jamais un acte anodin pour une femme.</strong> Le remboursement par la sécurité sociale de l’IVG est indispensable pour que chaque grossesse menée à terme soit désirée »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, <a href="http://www.liberation.fr/societe/01012394773-faut-il-s-inquieter-du-recours-a-l-avortement-des-jeunes-oui">une récente tribune, écrite par Israël Nisand, Brigitte Letombe, gynécologues, et Sophie Marinopoulos, psychanalyste</a>, nous enjoint de nous inquiéter de la hausse du nombre d’avortements chez les jeunes, au motif, selon eux, que l’avortement a <em>forcément</em> des conséquences dramatiques sur les femmes.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« nous ne pouvons pas laisser dire que les femmes qui y ont recours ne sont pas marquées, d’une façon ou d’une autre, par cette expérience. Nous voyons chaque jour dans nos consultations des femmes qui nous disent leur souffrance psychologique et leur mal-être parfois de nombreuses années après »</p>
</blockquote>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Cessez de parler à la place des femmes</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Avec une mauvaise foi et un anti-intellectualisme totalement débridés, les trois auteurs de cette tribune dénient aux chercheur.es qui travaillent sur cette question toute légitimité à parler de l’IVG, au motif qu’ils ne sont pas aux côtés des femmes qui avortent. Aux praticiens comme I. Nisand, les femmes diraient « leur souffrance psychologique et leur mal-être parfois de nombreuses années après, alors qu’elles auraient pu «cocher» lors d’un sondage que «tout allait bien». La souffrance ne se coche pas, elle se parle ! ». Eh bien soit, puisque les femmes parlent, venez donc écouter les 3000 femmes qui ont <a href="http://jevaisbienmerci.net/">signé l’appel « IVG, je vais bien, merci! »</a>» ; venez écouter les 200 femmes qui sont venues témoigner sur le site « <a href="http://blog.jevaisbienmerci.net/"> IVG, je vais bien, merci ! </a> ». Ce qu’elles vous disent, c’est qu’il est bien souvent impossible de vous dire autre chose que ce que vous voulez entendre : que l’avortement serait un drame ; ce qu’elles vous disent, c’est que leurs larmes sont bien souvent provoquées par la manière dont elles peuvent être traitées lorsqu’elles interrompent volontairement leur grossesse, et non par l’IVG en elle-même; ce qu’elles vous disent, c’est que c’est votre attitude et le fait que les femmes soient résumées à leur rôle social de mères en puissance, qui les fait souffrir. Ce qu’elles vous disent, enfin, c’est de leur foutre la paix, de ne pas parler à leur place, et de cesser de leur dicter ce qu’elles doivent penser et ressentir.</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>La défense sur la défensive, ou comment défendre le droit à l’avortement… un peu mais pas trop.</strong></span></h3>
<div style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">Comment s’étonner, dès lors que l’IVG est présentée </span><span style="line-height: 24px;">comme un drame et un acte à éviter absolument </span><span style="text-align: justify; line-height: 24px;">par toutes les composantes de l’échiquier politique ou presque</span><span>, qu’un parti comme le Front National finisse par proposer qu’on le supprime ? Comment s’étonner que ce droit soit battu en brèche par un tel parti, si ceux qui sont supposés le défendre ne le font que du bout des lèvres, en le désignant non pas comme un droit, mais comme un pis aller, un traumatisme ou une déviance ?</span></div>
<div style="text-align: justify;">Si l’on parle de l’avortement en disant que c’est un acte forcément SUBI (« elle a subi un avortement ») ; si l’on répète, sur les bancs de l’Assemblée Nationale comme dans les médias, qu’il faut éviter les avortements, au lieu de dire qu’il faut éviter <em>les grossesses non désirées</em> ; si l’on reste obsédé par le nombre d’avortements, comme s’il s’agissait d’un véritable fléau à combattre ; si l’on ne présente l’avortement que comme un échec ; si l’on colporte le fantasme selon lequel des femmes utiliseraient l’avortement comme un moyen de contraception.… comment s’étonner alors que ce droit ne soit pas vu comme un droit positif et fondamental, mais bien comme un geste néfaste qui est à combattre ? Car tous ces discours présentant l’avortement comme un acte néfaste à éviter absolument sont tenus par des gens censés le défendre, par des gens de gauche et non par des groupes extrémistes anti-IVG.</div>
<div style="text-align: justify;">Tous ces gens qui s’insurgent actuellement contre cette expression, sont les premiers à nous être tombés dessus lorsque nous avons crée il y a bientôt un an le site « <a href="http://blog.jevaisbienmerci.net/qui-sommes-nous/pourquoi-cet-appel-et-ce-blog/"> IVG, je vais bien, merci</a> ! », au motif que parler des femmes qui vont bien après leur IVG banalisait l’avortement. (voir à ce titre l’article  <a href="http://blog.entrailles.fr/2011/05/decomplexees/">« Décomplexées ! »</a>»)</div>
<div style="text-align: justify;"><strong>Comment peut-on s’étonner qu’à force de fragiliser ce droit, en le présentant comme un acte à la limite de la déviance, on finisse par en faire… un droit fragile ? </strong></div>
<div style="text-align: justify;"><strong>Si les personnes qui se sont insurgées contre cette expression veulent réellement lutter pour le droit à l’avortement, ce sont leurs propres représentations de l’avortement qu’ils doivent interroger.</strong> Car si l’on pense qu’une IVG est « excusable » lorsqu’elle est justifiée par de « vraies raisons », c’est que l’IVG n’est pas réellement un droit, mais une dérogation, une tolérance accordée aux femmes à condition qu’elles ne « récidivent pas » et qu’elles se flagellent d’avoir eu recours à ce droit.</div>
<div style="text-align: justify;">Dès lors que l’on laisse à autrui le droit de juger si une interruption volontaire de grossesse est légitime ou pas en se substituant au seul jugement des femmes, à ce qu’elles estiment, elles, relever de leur choix propre, n’est-on pas en train de préparer le terrain à des propos présentant l’IVG comme un acte « de confort » ?</div>
<div style="text-align: justify;">---------</div>
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		<title>8 mars : Lafâme t’emmerde</title>
		<link>http://blog.entrailles.fr/2012/03/8-mars-lafame-temmerde/</link>
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		<pubDate>Sun, 04 Mar 2012 11:24:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mademoiselle S.</dc:creator>
				<category><![CDATA[1 - FEMINISME]]></category>
		<category><![CDATA[8 mars 2012]]></category>
		<category><![CDATA[8 mars à Paris]]></category>
		<category><![CDATA[8 mars à Poitiers]]></category>
		<category><![CDATA[8 mars à Toulouse]]></category>
		<category><![CDATA[journée internationale des femmes]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme vous avez pu le remarquer, le site est suspendu depuis quelques mois… mais il va redémarrer. En attendant, et parce que le 8 mars peut être un moment insupportable pendant lequel certain-e-s imbéciles s’acharnent à parler de Lafâme, cet &#8230; <a class="more-link" href="http://blog.entrailles.fr/2012/03/8-mars-lafame-temmerde/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Comme vous avez pu le remarquer, le site est suspendu depuis quelques mois… mais il va redémarrer. En attendant, et parce que le 8 mars peut être un moment insupportable pendant lequel certain-e-s imbéciles s’acharnent à parler de Lafâme, cet être mythique qui n’existe pas… je vous propose de <strong>lister toutes les initiatives non cruchonnes et non essentialisantes qui auront lieu la semaine prochaine, dans le cadre de la Journée Internationale DES FEMMES</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2067"></span></p>
<p style="text-align: justify;">J’ouvre le bal avec les premières affiches qui m’ont été envoyées par mail (entraillesdemademoiselle[@]gmail.com), à vous, si vous le souhaitez, de m’envoyer les informations qui circulent dans vos réseaux.</p>
<p style="text-align: justify;">(Classement par ordre alphabétique, selon la ville où se déroulent les actions.)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PARIS :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/03/affiche-8-mars.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2068" title="affiche-8-mars" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/03/affiche-8-mars.jpg" alt="" width="458" height="648" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>POITIERS :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/03/8mars.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2075" title="8mars" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/03/8mars.jpg" alt="" width="503" height="711" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>TOULOUSE :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/03/affiche_8mars2012_greevedesfemmes1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2076" title="affiche_8mars2012_greevedesfemmes" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/03/affiche_8mars2012_greevedesfemmes1.jpg" alt="" width="462" height="653" /></a></p>
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		<title>Violences masculines envers les femmes : entretien avec Christine DELPHY et Patrizia ROMITO</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Nov 2011 07:00:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mademoiselle S.</dc:creator>
				<category><![CDATA[1 - FEMINISME]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme et racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Violences]]></category>
		<category><![CDATA[Corps]]></category>
		<category><![CDATA[Sexisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 30 octobre dernier, vous avez pu lire sur ce site l’histoire de Caroline, une jeune femme victime de violences conjugales. Au cours de deux rencontres, Caroline, victime de divers sévices allant des viols conjugaux aux coups en passant par &#8230; <a class="more-link" href="http://blog.entrailles.fr/2011/11/violences-masculines-envers-les-femmes-entretien-avec-christine-delphy-et-patrizia-romito/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1885" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><a href="http://donnaferrato.com/"><img class="size-full wp-image-1885 " title="Donna Ferrato Living with the Enemy" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/11/Donna-Ferrato-Living-with-the-Enemy.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Living with the Enemy, Donna Ferrato, introduction Ann Jones, Aperture.</p></div>
<p align="JUSTIFY"><a name="fnref-1747-1"></a>Le 30 octobre dernier, vous avez pu <a href="http://blog.entrailles.fr/2011/10/le-socialistes-geignent-les-femmes-trinquent/">lire sur ce site l’histoire de Caroline</a>, une jeune femme victime de violences conjugales. Au cours de deux rencontres, Caroline, victime de divers sévices allant des viols conjugaux aux coups en passant par des violences psychologiques, m’a longuement raconté le combat qu’elle mène pour sortir de cet enfer, sa peur intense et sa difficulté à se convaincre de sa légitimité à porter plainte contre son ex-compagnon. Le billet a suscité un certain nombre de commentaires - non publiés<sup class='footnote'><a href='#fn-1747-1' id='fnref-1747-1'>1</a></sup><span style="color: #ffffff;">.</span>- niant les violences contre les femmes, rejetant la responsabilité sur elles (« Elle aurait dû partir depuis longtemps (…) je ne vais pas les plaindre ! »), ou préférant cantonner les violences contre les femmes au-delà du périphérique (« Vous feriez mieux de regarder du côté des quartiers dits ” difficiles ” »).</p>
<p align="JUSTIFY">La lecture de ces commentaires, outre la colère et le découragement qu’ils ont suscités en moi, m’a donné envie de demander à deux chercheuses féministes, <strong>Christine</strong><strong> </strong><strong>DELPHY</strong>, sociologue, et<strong> </strong><strong>Patrizia</strong><strong> </strong><strong>ROMITO</strong>, psychologue, ce qu’elles pensaient de cette négation <em>par</em><em> </em><em>des</em><em> </em><em>femmes</em>, des violences masculines envers les femmes.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1747"></span><em><span style="color: #990000;">Les Entrailles de Mademoiselle : Tout d’abord, merci à toutes les deux d’avoir accepté de prendre le temps de me répondre. La première question sera pour Patrizia Romito. Ton ouvrage, Un silence de mortes, traite selon tes propres termes du « massacre de femmes et de petites filles » et des « mécanismes mis en acte par la société pour occulter cette tuerie ” ordinaire ” » <sup class='footnote'><a href='#fn-1747-2' id='fnref-1747-2'>2</a></sup>. Pourrais-tu nous expliquer quelles formes principales prennent ces mécanismes d’occultation des violences masculines envers les femmes et quels sont leur sens, leur raison d’être selon toi ?</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Patrizia Romito :</strong> Accepter de voir, de reconnaître la violence masculine est une tache très dure pour tout le monde, et insupportable pour beaucoup d’entre nous. Il ne s’agit pas seulement de se retrouver face à la cruauté humaine, à l’injustice et d’assister à la souffrance des victimes. Reconnaître la violence masculine signifie faire front aux structures mêmes d’une société patriarcale, et remettre en question une idée des relations entre les sexes et de la famille basées sur l’amour et le respect. C’est pour cela que les acteurs sociaux mettent en œuvre des « tactiques » et des « stratégies » d’occultation de ces violences, dont je parle dans mon dernier livre (Romito, 2006).</p>
<p style="text-align: justify;">Les grandes stratégies sont la légitimation de la violence (par exemple le viol conjugal, qui n’existe pas en tant que délit pénal dans beaucoup d’états aux États-Unis, ou les « crimes d’honneur ») et, quand la légitimation n’est plus possible, sa négation. Les tactiques que j’ai décrites sont : l’euphémisation ou les « politiques du langage » (par exemple parler de « violence envers les femmes » plutôt que de « violence masculine ou masculiniste envers les femmes ») ; la déshumanisation des femmes (comme dans la pornographie et dans la prostitution) ; la culpabilisation des victimes, ou des mères des victimes (comme quand on parle des mère « incestueuse », alors que l’inceste a été perpétré par le père) ; la psychologisation et la naturalisation (attribuer les causes des violences aux caractéristiques individuelles - psychologiques ou biologiques - des agresseurs ou des victimes) ; et la séparation (considérer les différentes formes de violences comme des entités distinctes, chacune avec des causes différentes, plutôt que de les voir sur un continuum, ce qui permet justement d’éviter de voir l’ensemble).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;">« Accepter de voir, de reconnaître la violence masculine est une tache très dure pour tout le monde, et insupportable pour beaucoup d’entre nous. »</span></h3>
<div id="attachment_1899" class="wp-caption aligncenter" style="width: 323px"><a href="http://donnaferrato.com/"><img class="size-full wp-image-1899 " title="Donna Ferrato Domestic Violence" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/11/Donna-Ferrato-Domestic-Violence1.jpeg" alt="" width="313" height="207" /></a><p class="wp-caption-text">Photographie par Donna Ferrato.</p></div>
<p style="text-align: justify;">À ces tactiques, j’ajoute aujourd’hui le racisme comme instrument pour occulter les violences des hommes de « chez nous », comme l’explique aussi Christine Delphy, et l’attaque aux victimes (Romito, 2010).</p>
<p align="JUSTIFY"><em><span style="color: #990000;">LEM : Justement… j’ai le sentiment que les femmes blanches préfèrent voir les violences commises dans ce qu’un-e commentateur-trice<em style="color: #990000;"><sup class='footnote'><a href='#fn-1747-3' id='fnref-1747-3'>3</a></sup><span style="color: #ffffff;">.</span></em> appelle « les quartiers difficiles », plutôt que dans leurs quartiers, leurs familles, etc. Il s’agit donc bien, là encore, d’une stratégie d’occultation ?<br />
</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Christine Delphy :</strong> Ce ne sont pas seulement les femmes blanches, ce sont tous les Blancs. Ce ne sont pas les femmes blanches qui ont inventé cela, elles n’en ont pas le pouvoir. Pour créer cette croyance il faut de gros moyens, il faut compter politiquement et être à la tête des médias : or qui compte politiquement, qui possède les radios, journaux, qui contrôle les chaînes de télé ? Des hommes blancs. C’est une de leurs réponses au mouvement de libération des années 1970, et spécifiquement aux luttes contre le viol et les violences. Maintenant, et grâce à quelques études arrachées de haute lutte aux institutions de recherche, il existe des chiffres qui disent le nombre de femmes battues, violées, tuées. Pour se défausser de cela, la société blanche - et masculine il va sans dire - a mis l’accent depuis une décennie sur la violence des descendants de l’immigration nord-africaine et subsaharienne. Ils ont aussi créé de toutes pièces un groupe, Ni putes ni soumises, qui est doté de 500 000 euros par an (10 fois plus que la revue Nouvelles Questions féministes n’a obtenu en 30 ans d’existence, 10 à fois plus que SOS Viols femmes information, l’AVFT <sup class='footnote'><a href='#fn-1747-4' id='fnref-1747-4'>4</a></sup><span style="color: #ffffff;">.</span>, etc.), et lui ont confié pour mission de se spécialiser sur la violence des « quartiers », une violence qui serait spécifique : due à l’héritage culturel de ses habitants. On a ainsi fait d’une pierre deux coups. D’une part, en disant que la violence contre les femmes existe, oui, mais seulement chez les hommes de culture maghrébine et africaine, on a exonéré la culture française - et plus largement, la culture « blanche » ; à la même époque on a vu apparaître ou réapparaître le mot colonialiste « Français de souche ». D’autre part, on s’est enfin trouvé des raisons honorables de discriminer ces descendants d’immigrés : c’est désormais pour défendre les droits de la femme. A la même époque en effet on a vu réapparaître le mot essentialiste « LA  femme ».</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">« défendre LA femme, quelle belle occasion d’être à la fois raciste et respectable »</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Les Blancs ne veulent ni abandonner les discriminations, ni se dire ouvertement racistes : défendre LA femme, quelle belle occasion d’être à la fois raciste et respectable, comme le dit Saïd Bouamama (<strong>Bouamama Saïd, <em>L’affaire du voile, ou la production d’un racisme respectable</em>, publié aux Éditions du Geais Bleu </strong><sup class='footnote'><a href='#fn-1747-5' id='fnref-1747-5'>5</a></sup>).<br />
Pourquoi les femmes ont-elles marché dans cette combine ? D’abord, toutes les femmes n’ont pas marché : les filles et les sœurs de ces hommes choisis pour servir de boucs émissaires n’ont, sauf quelques exceptions, pas marché. Toutes les femmes blanches n’ont pas marché non plus. Beaucoup cependant se sont ralliées à l’idée que le sexisme ne subsiste que dans des enclaves raciales à l’intérieur d’une France globalement égalitaire et non-sexiste. A la fois par racisme, car bien sûr les femmes peuvent être racistes, comme les racisés peuvent être sexistes ; mais aussi pour se rassurer sur les hommes de leur race, ceux qu’elles côtoient. Car au point où nous en sommes de l’histoire et du détricotage, maille par maille, du féminisme, les femmes aussi, y compris les anciennes féministes, veulent que « leurs » hommes soient exonérés ; car elles n’exigent plus rien d’eux, sauf une adhésion aux idées égalitaires (les idées ne mangent pas de pain), et de pieux mensonges.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #990000;">LEM : Pour en revenir aux stratégies d’occultation, tu écris, Patrizia, que la négation des violences est la stratégie d’occultation par excellence. J’aimerais revenir sur la négation des violences masculines envers les femmes… par les femmes elles-mêmes. Pourquoi, selon toi, autant de femmes refusent de voir ces violences et/ou s’appliquent avec autant d’énergie à les nier ?</span></em></p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Patrizia Romito : </strong>Parce que c’est absolument insupportable pour beaucoup d’entre nous d’accepter de voir que nous vivons dans une société qui est encore patriarcale où, malgré toutes les avancées – qui sont indéniables, les femmes - en tant que groupe social - sont encore non seulement discriminées mais aussi dominées par le « groupe hommes ». Accepter de voir ce qui est pourtant une évidence – les violences masculinistes envers les femmes - signifie, pour beaucoup de femmes, ébranler la cohérence d’une vie passée au service des hommes, tant sur le plan matériel qu’émotionnel.</p>
<p align="JUSTIFY">Il faut ajouter que ces réactions de déni ne sont pas typiques des femmes. Les psychologues sociaux ont montré que les groupes opprimés - femmes, noires, autres « minorités »- n’ont qu’une perception très partielle de l’oppression qu’ils/elles subissent. C’est dur pour tous de se savoir dominé, surtout si l’on est isolé et que l’on n’a pas les moyens de concevoir de pouvoir s’en sortir.</p>
<div id="attachment_1907" class="wp-caption aligncenter" style="width: 346px"><a href="http://donnaferrato.com/"><img class="size-full wp-image-1907 " title="Donna FERRATO" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/11/Donna-FERRATO.jpg" alt="" width="336" height="221" /></a><p class="wp-caption-text">Photographie par Donna Ferrato.</p></div>
<p align="JUSTIFY">Dans le livre, je discute le comportement des ces femmes et ces hommes qui - en tant que travailleurs sociaux, psychologues, magistrat-e-s… - sont du coté des hommes violents plutôt que des femmes ou des enfants victimes des violences. Dans ces cas, joue aussi le désir de se mettre du coté des plus forts, des dominants, même si ces personnes ne voudraient jamais l’admettre. Il faut dire que celle ou celui qui, dans sa profession ou dans ses fonctions, se met du cotés des victimes risque parfois l’isolement, la solitude, ou même les représailles du violent. Il faut se rappeler que les violents peuvent être très organisés, comme dans les cas des lobbies pro-pédophilie, des associations de pères séparés (dont beaucoup sont des hommes violents), ou des « hommes d’affaires » qui gèrent pornographie et prostitution.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #990000;">LEM : Dans son ouvrage, lorsque Patrizia parle de cette négation des violences contre les femmes, par les femmes, elle évoque notamment le cas de femmes enseignantes, magistrates, avocates ou assistantes sociales, refusant de voir ces violences. Cela rejoint la posture de certaines intellectuelles ou femmes politiques, qui récemment en France, ont fait preuve de beaucoup d’aveuglement face à des affaires de viol présumé… Je voudrais revenir sur un texte absolument magnifique que tu as écrit en 1981, Christine, et qui s’appelle <a href="http://blog.entrailles.fr/lectures/feminisme-et-racisme/le-patriarcat-le-feminisme-et-leurs-intellectuelles/"><span style="color: #990000;">«Le patriarcat, le féminisme et leurs intellectuelles»</span></a> <sup class='footnote'><a href='#fn-1747-6' id='fnref-1747-6'>6</a></sup>. Tu y écris que « être et surtout rester en colère » pour des intellectuelles n’est pas facile mais absolument capital, car cela nous permet de « nous souvenir sans cesse de ce que nous voulons » et du fait « que nous sommes, nous aussi des humiliées et des offensées ». Pourrais-tu nous en dire plus ?</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Christine Delphy :</strong> Comme je l’ai écrit dans ce texte, cette tentation de cesser d’être en colère n’est pas le fait des seules femmes, mais de tous les êtres humains, car il est extrêmement difficile, éprouvant, de ressentir une colère durable ; cela mine l’organisme, désorganise la vie quotidienne et toutes les relations.<br />
Et même garder présente à l’esprit la conscience que l’oppression des femmes nous concerne, et nous concerne directement, est douloureux. La tentation existe toujours de rejeter cette oppression loin de nous. Loin de nous socialement  - de prétendre qu’elle concerne seulement les femmes « défavorisées » ; loin de nous géographiquement - de prétendre qu’elle ne concerne que les femmes afghanes, africaines, chinoises ; historiquement - de prétendre qu’elle concernait nos grand-mères, à la rigueur nos mères, mais que « les choses ont bien changé ». Combien de fois ai-je entendu des femmes dire que « nous sommes bien chanceuses de vivre là où nous vivons, c’est tellement pire ailleurs » ? C’est peut-être pire ailleurs, mais cela ne veut pas dire que c’est bien ici.</p>
<h3><span style="color: #cc0000;">« Quoi ! dit Dieu le père, des femmes françaises qui se plaignent alors qu’elles ont le vote, le bac, la pilule et la Redoute ? »</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Que veulent-elles donc dire ? Que par rapport au sort d’autres femmes, nous n’avons pas de raisons de nous plaindre, donc de lutter ? Or, raisonner ainsi, c’est écouter les jugements du tribunal patriarcal mondial qui apprécie la pertinence de nos revendications, et siège dans la tête de chaque femme et dans la bouche de (presque) chaque homme : « Quoi ! dit Dieu le père, des femmes françaises qui se plaignent alors qu’elles ont le vote, le bac, la pilule et la Redoute ? Qu’en pensez-vous mon fils, Christ, vous qui, ‘né d’une femme’ (Paul, Épître aux Galates), connaissez mieux que moi  la condition humaine et surtout féminine ? » « Eh bien, il est certain qu’on leur a donné le maximum à ces femmes françaises, et que c’est très égoïste de leur part de réclamer plus quand nous avons besoin de tous nos colis, plus ceux des Restos du Cœur, pour les femmes du Darfour ». Et le Christ ajoute en faisant le signe de la main qui l’a rendu célèbre dans le monde entier : « Les femmes doivent apprendre à partager entre elles le peu que nous sommes prêts à leur céder ».<br />
En cette occurrence, c’est, comme d’habitude, le Christ qui dit la Vérité  (il le dit d’ailleurs (qu’il la dit), en précédant toutes ses phrases de « En vérité je vous le dis ») : il dit la vérité de la vision du monde qui sous-tend cette satisfaction des femmes françaises. Cette vision est celle où ce n’est pas aux hommes que les femmes doivent se comparer. Ce serait arrogant. Elles se comparent aux autres femmes. Et ce n’est pas l’ensemble des biens matériels et immatériels du monde qu’elles visent à partager : cela voudrait dire partager entre tous les êtres humains, qui incluent les hommes. Et ça, ce serait insolent (donc punissable): elles veulent seulement partager avec les autres femmes la part des femmes.<br />
Elles estiment avoir déjà reçu une bonne part de cette part, du peu que, comme le dit le Christ, les hommes sont disposés à céder. Elles agissent et raisonnent comme des esclaves qui ne croient pas qu’on puisse abolir l’esclavage ; en tous les cas, ce n’est pas elles qui lutteront pour un idéal qu’elles estiment - justement - exiger trop de sacrifices. Elles préfèrent se contenter d’un aménagement de leurs conditions de détention : ça on peut l’obtenir plus facilement, sans trop d’efforts, sans trop d’accidents, de pertes. Sans trop « se prendre la tête ».<br />
La première perte que l’on subit quand on prend un chemin plus ambitieux, mais plus rude, c’est justement la liberté d’esprit. Liberté très précaire, très encadrée, car les mauvais souvenirs des oppressions subies sont toujours derrière la porte, et les images flash des humiliations de toutes sortes toujours prêtes à ressurgir. On ne peut les tenir à l’écart qu’avec une discipline psychologique sévère (mais juste) ; les psychanalystes aident aussi, par exemple à transformer le souvenir d’un viol par inceste en fantasme de jeune fille. Mais prendre le chemin de la révolte rend cette fuite impossible : il faut désormais regarder les choses, notre oppression, bien en face, et c’est plus que pénible, c’est carrément douloureux.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;">« Il faut donc parvenir à ne pas considérer qu’aimer un homme, c’est nécessairement renoncer à l’analyse de classe de notre oppression. »</span></h3>
<div id="attachment_1891" class="wp-caption aligncenter" style="width: 569px"><a href="http://donnaferrato.com/"><img class="size-full wp-image-1891  " title="Donna ferrato" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/11/Donna-ferrato1.jpg" alt="Donna Ferrato" width="559" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">Pho­togra­phie par Donna Fer­rato.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Une autre perte, c’est la facilité de relations avec les hommes ; or des hommes, il y en a partout. Dans une vie de travail, ils sont les patrons et les collègues, et même si on ne travaille pas ou plus, dans nos pays, ils occupent tous les métiers du bâtiment (contrairement à ce qui se passe aux USA) avec le résultat qu’on a tout le temps affaire à eux dès qu’on a une panne d’électricité. Dans la vie hors-travail, ils sont là aussi ; ils sont moins là pour les femmes qui n’ont pas de relations intimes avec eux, mais ils ne sont pas absents pour autant, et il faut bien faire avec.<br />
Mais c’est pour les femmes hétérosexuelles que c’est le plus difficile. Beaucoup de femmes ont du mal à concevoir qu’elles ont cherché ou trouvé l’amour dans les rangs de la classe ennemie. Faute de parvenir à faire coexister ces deux propositions, elles abandonnent la seconde. Et dès lors, elles sont reparties pour la « solution individuelle », et elles avalent le mythe que l’amour va leur faire regagner le terrain perdu ; or il ne compense pas le désavantage structurel ; au contraire celui-ci corrompt même la relation prétendument « intime ». Et pendant qu’elles s’adonnent à un jeu de dés pipés, pas de luttes collectives. Il faut donc parvenir à ne pas considérer qu’aimer un homme, c’est nécessairement renoncer à l’analyse de classe de notre oppression.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #990000;">LEM : Tu écris, Patrizia, que le livre Un Silence de mortes, « a été tout particulièrement » difficile à écrire, en raison du sujet qu’il aborde. Qu’est-ce qui t’a poussée à écrire sur un sujet aussi douloureux ?<br />
</span></em></p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Patrizia Romito : </strong>Eh bien, c’est justement la colère ! Colère face aux violences, aux injustices, et aussi face à la passivité, la lâcheté de beaucoup de personnes qui, dans leurs fonctions, pourraient et devraient intervenir, mais ne le font pas. Parfois je trouve la posture du « témoin » presque plus sordide que celle de celui qui accomplit les violences.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><em><span style="color: #990000;">LEM : Restes-tu « en colère » comme l’écrit Christine ?</span></em></p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Patrizia Romito : </strong>Bien sur que je suis toujours en colère, il y a de très bonnes raisons de l’être. Ceci dit, être tout le temps en colère, c’est fatigant, surtout que cela demande d’agir de façon conséquente, et ces actions ont toujours des coûts importants. Et c’est aussi vrai qu’on aime mieux les gens - et surtout les femmes ! - qui sont souriantes et aimables ! C’est plus dur d’être appréciée et aimée - aussi par les autres femmes – si on est souvent en colère.</p>
<blockquote>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;">« L’éducation des filles, c’est une formation au contraire de la dignité »</span></h2>
<div id="attachment_1897" class="wp-caption aligncenter" style="width: 394px"><a href="http://donnaferrato.com/"><img class="size-full wp-image-1897  " title="Donna Ferrato" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/11/Donna-Ferrato1.jpg" alt="" width="384" height="250" /></a><p class="wp-caption-text">Pho­togra­phie par Donna Fer­rato.</p></div></blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #990000;">LEM : Dans un texte intitulé « Violences contre les femmes », publié en 1997 dans NQF et repris dans « <a href="http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_62_iprod_467-Un-universalisme-si-particulier.html"><span style="color: #990000;">Un universalisme si particulier. Féminisme et exception française </span></a>», tu écris, Christine, que si le « chemin de la connaissance féministe est si long », c’est qu’il « passe par l’acquisition d’une notion de notre propre dignité » <sup class='footnote'><a href='#fn-1747-7' id='fnref-1747-7'>7</a></sup>. Tu précises que ce « travail [est] aussi ardu qu’il est paradoxal, puisqu’il s’agit d’aller à contre-courant de notre propre culture ». Reconnaître les violences faites aux femmes, en tant que femme, commencerait donc d’abord par un effort sur nous même pour reconnaître notre propre dignité ?</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Christine Delphy :</strong> Reconnaître notre propre dignité… c’est en effet la condition pour se révolter contre les atteintes à cette dignité. L’éducation des filles, c’est une formation au contraire de la dignité. Mais alors, dira-t-on, si les femmes n’ont pas le sentiment de leur dignité, comment se fait-il qu’elles puissent se sentir blessées, humiliées ? C’est le paradoxe de l’esclavage.<br />
Les femmes sont éduquées à intérioriser qu’elles valent moins que les hommes, et qu’on peut leur en demander, leur en faire supporter plus. Mais cette éducation n’est pas cohérente. La valeur d’une personne est donnée par le regard d’autrui, et il y a beaucoup d’autruis dans l’éducation d’une petite personne, et beaucoup de regards différents. Il suffit parfois qu’une personne aime, estime, fasse confiance à une petite fille pour qu’elle mette en cause l’indignité où la société en général veut la plonger ; en tous les cas, pour qu’elle ne se sente pas si indigne que ça, pour qu’elle mette des limites à ce qu’elle peut supporter.<br />
C’est pour cela que, même avec un petit sentiment de sa dignité une femme peut encore se sentir blessée et humiliée, savoir qu’elle est traitée de façon injuste. Mais ce sentiment peut être si petit qu’il est carrément absent : et cela produit des femmes qui acceptent de coucher dans des malles.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;">« Entre la révolte et le sentiment de sa dignité, il existe une relation dialectique. »</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Entre la révolte et le sentiment de sa dignité, il existe une relation dialectique. S’il est nécessaire d’avoir ce sentiment pour se révolter, la révolte à son tour accroît, fait grandir ce sentiment, et donc le sentiment d’injustice qui conduit à plus de révolte.<br />
Malheureusement, le patriarcat veille : et à chaque fois que les femmes se révoltent, collectivement, car individuellement ça ne sert à rien, il fomente des manœuvres pour contourner ce sentiment de dignité. Il attaque les points faibles, les failles de la cuirasse (l’armure ?) des femmes (qui sont très peu cuirassées). En visant, par exemple, leur désir de « réussir leur vie amoureuse » ; ou les justes revendications des femmes, ainsi celle du plaisir sexuel dans cette « vie amoureuse » qui nous a été vendue comme le plus grand bien sur terre. Cette revendication a été manipulée par les hommes, canalisée vers la vision dominante de la sexualité (la leur, celle où sexualité égale domination masculine), vers la pornographie, vers le sado-masochisme  revendiqué : le tour est joué, la perte du sentiment de sa dignité est resignifiée comme nécessaire au plaisir sexuel, au point d’ailleurs qu’on ne peut pas distinguer l’une de l’autre. On s’arrange pour que les femmes considèrent le sentiment de leur propre dignité comme un obstacle à une vie sexuelle et/ou amoureuse épanouie.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;">« Recon­naître et garder le sen­ti­ment de notre pro­pre dig­nité est un com­bat inces­sant  »</span></h3>
<div id="attachment_1900" class="wp-caption aligncenter" style="width: 414px"><a href="http://donnaferrato.com/"><img class="size-full wp-image-1900  " title="donna ferrato8" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2012/11/donna-ferrato8.jpg" alt="" width="404" height="275" /></a><p class="wp-caption-text">Photographie par Donna Ferrato.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, reconnaître et garder le sentiment de notre propre dignité est un combat incessant ; le mener seule, c’est le mener sans perspective de succès, et dans une solitude morale qui devient de plus en plus pesante, et conduit à l’abandon. Encore une fois, le pire tour qui nous a été joué, c’est de nous faire croire que nous avions « tout gagné » et pouvions « passer à autre chose », à une « vie normale » - sans copines et sans réunions : une vie où nous sommes à nouveau seules, face à des hommes qui eux ne sont jamais seuls, et qui ont un sens aigu de la solidarité.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #990000;">Les Entrailles de Mademoiselle : Je vous remercie toutes les deux d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">-----<br />
<strong> <em></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Biographies de Christine DELPHY et Patrizia ROMITO :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Christine Delphy</strong> est l’une des principales intellectuelles féministes françaises. Elle a participé en 1968 à la construction de l’un des groupes fondateurs du Mouvement de libération des femmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Auteure de L’ennemi principal (deux tomes), une collection d’essais sur la théorie féministe, Christine Delphy met en avant le mode de production domestique comme fondement de l’exploitation économique des femmes. Elle développe une théorie selon laquelle les hommes exploitent leurs compagnes ou épouses en profitant du travail gratuit de celles-ci (dans le ménage, les soins aux enfants, et dans l’entreprise – artisanale, agricole, ou libérale—du mari). Ainsi la société serait basée sur deux dynamiques parallèles - un mode de production capitaliste et un mode de production patriarcal (ou domestique). L’exploitation domestique des femmes entraîne leur surexploitation sur le marché du travail capitaliste. Cette théorie a eu une influence politique très considérable, notamment dans les milieux de militantes féministes.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a co-fondé avec Simone de Beauvoir les revues Questions féministes et Nouvelles Questions Féministes (qu’elle codirige toujours actuellement). Elle a créé le terme féminisme matérialiste pour dénommer une démarche anti-naturaliste, anti-essentialiste; à ce courant on rattache Monique Wittig, Colette Guillaumin, Nicole-Claude Mathieu, Paola Tabet, et bien d’autres féministes qui dénoncent le différentialisme.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2004 elle fait partie de la minorité des féministes qui s’opposent à la loi excluant de l’école les élèves qui portent le foulard musulman. Elle a écrit plusieurs articles sur le sujet, (pour la plupart réédités dans Classer, dominer, dont « Race, caste et genre en France », et « Antisexisme ou anti-racisme : un faux dilemme »).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bibliographie partielle :</strong></p>
<ul>
<li>Un troussage de domestique (dir.), Collection « Nouvelles Questions féministes », Syllepse, 2011.</li>
<li>Un universalisme si particulier, Collection « Nouvelles Questions féministes », Syllepse, 2010.</li>
<li>Classer, dominer, Qui sont les « autres » ?, La Fabrique, 2008.</li>
<li>Avec Sylvie Chaperon (dir.), Le Cinquantenaire du Deuxième Sexe, Collection « Nouvelles Questions féministes », Syllepse, 2002.</li>
<li>L’Ennemi principal 1, Économie politique du patriarcat, Collection « Nouvelles Questions féministes », Syllepse, 1998.</li>
<li>L’Ennemi principal 2, Penser le genre, Collection « Nouvelles Questions féministes », Syllepse, 2001.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong><strong>Patrizia ROMITO</strong> est Professeure de psychologie sociale à l’université de Trieste. Elle a publié en français : <strong>La Naissance du premier enfant. Étude psychosociale de l’expérience de la maternité et de la dépression post-partum,</strong> Lausanne, Delachaux &amp; Niestlé, 1990 et <strong>Un silence de mortes. La violence masculine occultée</strong>. Paris, Editions Syllepse, 2006 (également en italien, anglais et espagnol), ainsi que plusieurs articles, dont pour les plus récents :</p>
<ul>
<li>Romito, P. (2011) Les violences conjugales post-séparation et le devenir des femmes et des enfants. Revue Internationale de l’Education Familiale, 29:87-195.</li>
<li>Romito, P. (2010) Du silence au bruit: l’occultation des violences masculines contre les femmes. Pp 144-154 in Luttes, oppression, rapports sociaux de sexe. Nouveaux Cahiers du Socialisme, n. 4, Automne 2010.</li>
<li>Romito, P. &amp; Crisma, M. (2009) Les violences masculines occultées: Le syndrome d’aliénation parentale.  Revue EMPAN, 73, 31-39.</li>
<li>Romito, P. (2007) Recherches qualitatives et quantitatives dans l’étude des violences envers les femmes. Pp 59-73 dans Chetcuti, N. e Jaspard, M. (a cura di) Violences envers les femmes. L’Harmattan, Paris.</li>
<li>Romito, P. (2003) Les attaques contre les enquêtes sur les violences envers les femmes ou qui a peur des chiffres sur les violences commises par les hommes. Nouvelles Questions Féministes, 22(3), 82-87<em>.</em></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">-----</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Voici quelques uns des commentaires reçus suite à la publication de l’histoire de Caroline, violentée par son ex-mari :</strong></p>
<blockquote><p>« Elle aurait dû partir depuis longtemps !! Je ne comprends pas les femmes qui n’ont pas le courage de partir. Pour quelles raisons elles restent ? Par peur de perdre leur petit confort matériel, la jolie voiture, la belle maison… je ne vais pas les plaindre ! » Mathilde.</p>
<p style="text-align: justify;">« Faut arrêter de caricaturer et de faire de l’histoire de cette nana un exemple ! C’est horrible pour cette Caroline, mais cette histoire est un cas rare et heureusement. » Nave</p>
<p style="text-align: justify;">« Franchement, les cas que tu as a choisis n’arrangent pas la cause que tu plaides.<br />
Dormir dans un coffre pour faire plaisir? N’importe quoi. Cette femme est une déséquilibrée. Avec tout ce qu’il y a comme réelles victimes sur terre (victimes de guerre etc.) je ne vais pas gaspiller mes larmes pour ces genres de gonzesses. » Anaïs.</p>
<p style="text-align: justify;">« Vous feriez mieux de regarder du côté des quartiers dits « difficiles », mais il est vrai que vous ne leur trouvez aucun défaut, là bas, ou que vous ne voulez pas les voir ». K.</p>
</blockquote>
<p>-----</p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<div class='footnotes'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-1747-1'>Ces commentaires sont publiés en fin d’article <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1747-1'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1747-2'>Un silence de mortes. La violence masculine occultée, de Patrizia Romito, Éditions Syllepse, Collection « Nouvelles Questions Féministes », paru en novembre 2006. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1747-2'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1747-3'>Voici son commentaire : « Vous feriez mieux de regarder du côté des quartiers dits « difficiles », mais il est vrai que vous ne leur trouvez aucun défaut, là bas, ou que vous ne voulez pas les voir » <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1747-3'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1747-4'>Association européenne contre les Violences Faites aux femmes au Travail. L’AFVT est une association dotée du statut consultatif spécial auprès du Conseil Économique et Social de l’ONU, voir le site : <a href="http://www.avft.org/index.php">http://www.avft.org/index.php</a> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1747-4'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1747-5'>On peut retrouver un article de Saïd Bouamama sur le site LMSI, reprenant quelques unes des grandes lignes de l’analyse qu’il développe dans cet ouvrage : <a href="http://lmsi.net/La-production-d-un-racisme">La production d’un racisme respectable, À propos de l’affaire du voile, par Saïd Bouamama</a> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1747-5'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1747-6'>Extrait de «Le patriarcat, le féminisme et leurs intellectuelles», in Nouvelles Questions Féministes, n°2, octobre 1981, repris dans «L’ennemi principal», Tome II, Penser le genre, Ed. Syllepse, février 2001. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1747-6'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1747-7'>Le texte est à l’origine publié dans le n°3-4 de Nouvelles Questions Féministes (1997). Il est repris par la suite dans « Un universalisme si particulier. Féminisme et exception française », aux Éditions Syllepse, 2010. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1747-7'>↩</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Les socialistes geignent, les femmes trinquent.</title>
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		<pubDate>Sun, 30 Oct 2011 10:40:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mademoiselle S.</dc:creator>
				<category><![CDATA[1 - FEMINISME]]></category>
		<category><![CDATA[Violences]]></category>
		<category><![CDATA[Corps]]></category>
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		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Socialiste]]></category>
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		<description><![CDATA[Une manifestation contre les violences faites aux femmes est prévue le 5 novembre prochain. Vous pouvez lire l’appel sur le site du Collectif National pour les Droits des Femmes (CNDF). À noter que le PS n’a pas signé l’appel, ce &#8230; <a class="more-link" href="http://blog.entrailles.fr/2011/10/le-socialistes-geignent-les-femmes-trinquent/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1639" class="wp-caption alignleft" style="width: 279px"><a href="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/10/nan_goldin_m.jpghttp://en.wikipedia.org/wiki/Nan_Goldin"><img class="size-full wp-image-1639   " title="Photographie de l'artiste Nan Goldin" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/10/nan_goldin_m.jpg" alt="" width="269" height="178" /></a><p class="wp-caption-text">Photographie de l’artiste Nan Goldin, 1984, un mois après avoir été battue.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Une manifestation contre les violences faites aux femmes est prévue le 5 novembre prochain. Vous pouvez <a href="http://www.collectifdroitsdesfemmes.org/spip.php?article325">lire l’appel sur le site du Collectif National pour les Droits des Femmes (CNDF)</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">À noter que le PS n’a pas signé l’appel, ce qui  <em>« n’était jamais arrivé depuis que le collectif national droits des femmes existe, en 1996″</em> , selon Maya Surduts, organisatrice du rassemblement <sup class='footnote'><a href='#fn-1616-1' id='fnref-1616-1'>1</a></sup>. Si le PS avance une raison officielle (un désaccord sur une des revendications de l’appel<sup class='footnote'><a href='#fn-1616-2' id='fnref-1616-2'>2</a></sup>), une responsable socialiste admet « en off » qu’il s’agit d’une<em> « une excuse » </em>et qu’il<em> « est évident que la vraie raison c’est DSK »</em> <sup class='footnote'><a href='#fn-1616-3' id='fnref-1616-3'>3</a></sup>. Il serait en effet dommage de profiter de l’occasion pour faire amende honorable et cogiter un brin. Tu parles, ce serait trop beau. Au lieu de cela, ça se lamente en se regardant le nombril. Dans le journal Le Monde, certains soutiens à DSK seraient véritablement traumatisés, « entre rage et amertume », comme titre le journal. Les pauvres. Dans les colonnes du journal, Marisol Touraine hoquette un  <em>« je ne veux plus en entendre parler. C’est derrière moi »</em> . <sup class='footnote'><a href='#fn-1616-4' id='fnref-1616-4'>4</a></sup> Ben voyons<em style="text-align: justify;">.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em style="text-align: justify;"> </em><strong>Et toujours pas un mot pour les femmes. Comme au premier jour de l’affaire. Pas un mot pour les victimes.</strong><em style="text-align: justify;"></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em style="text-align: justify;"><br />
(<em>edit. du 30/10/11, 14h37 : on me signale que le Parti socialiste vient finalement de signer l’appel…</em> On se souviendra donc maintenant du soutien à DSK ET des hésitations à signer un appel contre les violences faites aux femmes…) </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em style="text-align: justify;"><span id="more-1616"></span> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Ils voudraient donc, pour leur confort, tout oublier. Comme si l’histoire s’effaçait comme on efface un tableau à l’école. Comme disait ma grand-mère « c’est ceux qui se sentent morveux qui se mouchent ». Eh bien qu’ils se mouchent, ces morveux, mais en silence. Personne ne veut plus les entendre répandre leur chagrin indécent. Que des responsables socialistes se sentent trahis, quelle importance ? Absolument aucune. Ce sont les femmes trahies par le PS qui comptent. Ce qu’on veut entendre, maintenant, ce sont les femmes qui tombent sous les coups de poing et sous les coups de bite. Appelons donc un chat un chat.</p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em>Alors parlons des femmes tabassées, violées.</p>
<h2 style="text-align: center;">« Je ne suis pas folle »</h2>
<p style="text-align: justify;">Voici l’histoire de Caroline <sup class='footnote'><a href='#fn-1616-5' id='fnref-1616-5'>5</a></sup>, rencontrée deux fois depuis septembre dernier.</p>
<p style="text-align: justify;">Caroline a environ vingt-cinq ans, et une petite fille de trois ans. Elle est séparée de son mari, en attente du divorce. Quand elle est arrivée face à moi, j’ai vu une femme toute petite. Rapetissée. Minuscule. Elle se tenait recroquevillée sur sa chaise, égrainant péniblement les sévices infligées par son mari. Coups, viols, hurlements, coups dans les murs, meubles détruits, objets jetés à travers la  pièce, photos humiliantes et travail incessant de casse psychologique.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle tord ses mains, blanche comme un linge, en racontant les violences, sa peur, viscérale, et les viols conjugaux. Son récit est pénible, lent, et chaque dimension de sa vie découvre une nouvelle couche d’horreur.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a peur qu’on ne la croit pas. Surtout, me dit-elle, parce que sur ces photos humiliantes, prises alors qu’elle est nue, elle sourit parfois. Elle sourit parce qu’elle agit comme un robot. Elle sourit parce qu’elle doit le faire, elle doit avoir l’air heureuse, elle ne doit pas l’énerver. Elle craint les « Pourquoi tu fais la gueule ? », le ton qui monte, les hurlements, les coups.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans « L’anatomie politique », au chapitre sur « La conscience dominée », Nicole-Claude MATHIEU <sup class='footnote'><a href='#fn-1616-6' id='fnref-1616-6'>6</a></sup> raconte l’histoire d’une femme que son mari, extrêmement jaloux, enfermait la nuit dans un coffre, au pied de son lit. Pendant plus de deux années, cette femme a couché dans le coffre, fermé à clé, de son « plein gré » selon elle. Tabassée par son mari, elle a porté plainte avant de demander que la plainte soit retirée. Au tribunal, elle a expliqué qu’elle <em>aimait</em> s’installer dans le coffre, car cela lui permettait de prouver à son mari qu’elle ne sortait pas la nuit, et ainsi qu’elle ne le trompait pas (le mari pratiquait par ailleurs un examen gynécologique tous les matins pour s’en assurer…). La défense s’est largement appuyée sur le « volontariat » de l’épouse, mais le juge a finalement tranché en sa faveur : elle a bel et bien été séquestrée, le coffre étant fermé à clefs, elle ne pouvait pas en sortir et circuler librement. Qui plus est, depuis l’incarcération de son mari, elle ne passe plus ses nuits dans le coffre… En conclusion, selon le juge, « les gestes posés par » ce monsieur « constituaient de la contrainte et une manifestation de force ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le mari de Caroline, a également imposé des choses terribles à sa femme. Mais il n’a pas l’air de vouloir l’admettre. S’il y a le moindre « conflit » entre lui et Caroline, c’est parce que, dit-il, sa femme est « folle ». Elle est « fragile », « dingue », incapable de s’occuper de sa fille. Il le dit à Caroline depuis des années, comme on matraque quelqu’un. Mais il le dit beaucoup plus depuis qu’elle est partie.</p>
<p style="text-align: justify;">L’état dans lequel elle était en le quittant était terrifiant. Elle ne savait pas si elle faisait bien. Elle ne savait plus où était le haut, le bas, le vrai, le faux. Elle ne faisait même plus confiance en son jugement. Comme lorsqu’on est frappé par une énorme vague et qu’on roule dans l’eau sans savoir dans quel sens on est,  si on va pouvoir retrouver la surface un jour et une bouffée d’oxygène. Elle l’a quitté il y a plusieurs mois maintenant, mais lui, il est encore assis dans sa tête, et confortablement installé en plus. Elle oscille entre son droit de survivre et l’image qu’il a dépeint d’elle : une femme qui ne vaut pas le coup, mais juste des coups. Une folle qui ne sait pas ce qu’elle dit. Une instable.</p>
<h2 style="text-align: center;">Piétiner pour se défouler, pénétrer pour se soulager, humilier pour se sentir fort.</h2>
<p style="text-align: justify;">Elle n’habite plus chez elle, parce qu’elle a peur qu’il vienne la trouver et qu’il la tabasse. Il redouble de violence depuis qu’elle prend son indépendance, qu’elle s’oppose à lui ; il redouble de violence depuis qu’elle ne se confond plus avec un paillasson que l’on peut piétiner pour se défouler, pénétrer pour se soulager, humilier pour se sentir fort.</p>
<p style="text-align: justify;">La justice est terriblement lente. En attendant, Caroline frappe à toutes les portes, pour sa fille. Quelques centimes grappillés de-ci, de-là, une aide pour avoir un appartement en urgence. Et l’aide juridictionnelle pour un avocat. Ce dernier ne se foule pas vraiment, par manque de temps et de formation. Comme certains policiers, qui veulent bien tenir compte des bleus sur le corps, mais ne veulent rien savoir à propos de leurs « disputes de couple ». Pourtant, la femme que j’ai face à moi s’est remise des coups portés avec les poings. Mais pas de ceux portés avec les mots. Les preuves s’empilent, des constats médicaux, des témoignages, des constats policiers, mais elle doit encore se convaincre qu’elle fait bien de dénoncer cette violence, qu’elle est légitime à vouloir le tenir à distance d’elle, qu’elle a raison de vouloir se protéger.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle me répète plusieurs fois qu’elle n’est pas folle, comme il lui a tant répété. Elle m’assure même avoir vu des psys, parce qu’elle ne se sentait « pas très bien ». Elle ajoute que les psys lui ont dit qu’elle était très angoissée et lui ont assuré qu’elle n’était pas folle.</p>
<p style="text-align: justify;">Je dois lui répéter plusieurs fois « Je te crois ». Elle s’imagine son mari comme tout puissant, comme un être magique, un géant, qui parviendrait à tout renverser, à l’anéantir. Elle s’imagine que tout le monde va le croire, lui. Elle vit un véritable cauchemar. Mais elle m’impressionne énormément. Entre ses doigts tremblants, elle tient sa chemise cartonnée, dans laquelle elle a rassemblé tous les papiers dont elle a besoin, tous les numéros. Elle consigne tout, archive tout. Elle s’accroche à ce dossier, en sort les pièces pour appuyer certaines de ses phrases.</p>
<h2 style="text-align: center;">Connaître les bonnes adresses</h2>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas encore comment cette histoire va se terminer. Mais j’ai peur qu’il la bute un jour, s’il la croise dans la rue. La protection de la police est insuffisante, la justice trop lente, l’avocat n’a pas fait véritablement son travail. Plus encore, les violences contre les femmes paraissent presque normales, elles ne révoltent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains policiers se démènent, certains avocats aussi, évidemment. Mais il faut connaître les ficelles, les bonnes adresses, savoir qui vous soutiendra vraiment. Il faut une énergie folle et une détermination sans faille pour se sortir vivante de cette horreur. Il faut ce que des années d’humiliations et de coups vous ont enlevé. Et lorsqu’on parvient à le faire, il faut avoir la force de raconter ses pommettes tuméfiées, son sexe défoncé, ces moments passés au sol, recroquevillée comme une bête, en espérant ne pas y passer.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut avoir la force de faire tout cela sous le regard interrogateur de ceux et celles qui se demandent « pourquoi elle est restée ».</p>
<p style="text-align: justify;">Et comme si ce n’était pas suffisant, il faut en plus supporter les larmes de crocodile des socialistes qui s’estiment floués.</p>
<p style="text-align: justify;">(<em>edit. du 30/10/11, 14h37 : on me signale que le Parti socialiste vient finalement de signer l’appel…</em>)</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques lectures :</p>
<ul>
<li>Un silence de mortes, de Patrizia ROMITO, chez Syllepse : <a href="http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_62_iprod_330-Un-silence-de-mortes.html">http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_62_iprod_330-Un-silence-de-mortes.html</a></li>
<li>« Chroniques de la violence conjugale » de Thierry Mertenat. Editions Labor et Fides. Voir l’interview de l’auteur sur <a href="http://www.lesquotidiennes.com/culture/violence-conjugale-chroniques-dun-phenomene-repetition">le site des Quotidiennes</a>.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Notes :</p>
<div class='footnotes'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-1616-1'>Voir l’article de <a href="http://www.mediapart.fr/journal/france/271011/apres-laffaire-dsk-le-ps-nappelle-pas-manifester-contre-les-violences-faites-a">Mediapart, du 28/10/11</a> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1616-1'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1616-2'>Le désaccord du PS concernerait l’octroi du droit d’asile pour les femmes victimes de violences… <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1616-2'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1616-3'>Citation tiré de l’article de <a href="http://www.mediapart.fr/journal/france/271011/apres-laffaire-dsk-le-ps-nappelle-pas-manifester-contre-les-violences-faites-a">Mediapart, du 28/10/11</a> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1616-3'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1616-4'>« La strauss-kahnie entre rage et amertume », article du 29/10/11, <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/29/la-strauss-kahnie-entre-rage-et-amertume_1595845_823448.html">http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/29/la-strauss-kahnie-entre-rage-et-amertume_1595845_823448.html</a> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1616-4'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1616-5'>Le prénom a évidemment été changé <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1616-5'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1616-6'>MATHIEU (Nicole-Claude), L’anatomie politique, Catégorisations et idéologies du sexe, Côté-femmes, Paris, 1991, pages 150-151 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1616-6'>↩</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>La thèse d’Ivan Levaï (et des autres)</title>
		<link>http://blog.entrailles.fr/2011/10/la-these-divan-levai-et-des-autres/</link>
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		<pubDate>Thu, 06 Oct 2011 12:44:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mademoiselle S.</dc:creator>
				<category><![CDATA[1 - FEMINISME]]></category>
		<category><![CDATA[Violences]]></category>
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		<description><![CDATA[Voici l’histoire de la relation sexuelle consentie et non tarifée de 7 à 9 minutes de la suite du Sofitel. C’est une thèse qui me semble tout à fait tenir la route, à moi, personnellement. Surtout depuis que ce matin, &#8230; <a class="more-link" href="http://blog.entrailles.fr/2011/10/la-these-divan-levai-et-des-autres/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Voici l’histoire de la relation sexuelle consentie et non tarifée de 7 à 9 minutes de la suite du Sofitel. C’est une thèse qui me semble tout à fait tenir la route, à moi, personnellement. Surtout depuis que ce <a href="http://www.franceinter.fr/emission-comme-on-nous-parle-ivan-levai">matin, sur France Inter</a>, Monsieur Ivan Levaï a asséné un véritable coup de grâce argumentatif : un homme sans couteau ni pistolet NE PEUT PAS violer une femme.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1565"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Cette thèse contredit donc point par point la thèse d’un viol, en s’appuyant sur des arguments solides tels que :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Puisque nous ne pouvons pas imaginer que cet homme commette ce dont on l’accuse ;</li>
<li>Puisqu’il dit ne pas avoir commis ce dont on l’accuse ;</li>
<li>Puisque même s’il avait commis ce dont on l’accuse ce ne serait pas très, très grave ;</li>
<li>Puisqu’il a de l’argent et du pouvoir il n’a pas besoin de commettre ce dont on l’accuse ;</li>
<li>Dernier argument en date, donc : Puisqu’il n’avait pas de couteau ou de pistolet pour forcer quiconque à commettre ce dont on l’accuse ;</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">ALORS, il n’a PAS PU commettre ce dont on l’accuse.</p>
<p style="text-align: justify;">DONC, il s’agit bien d’une relation sexuelle librement consentie.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici son histoire :</p>
<p style="text-align: justify;">Il était une fois une femme travaillant dans un hôtel de luxe, comme femme de chambre. Levée de bonne heure, elle prend le petit déjeuner avec sa fille, avant de quitter son petit appartement du Bronx pour traverser New-York afin de se rendre sur son lieu de travail. Son boulot ? Nettoyer les chambres que d’importants hommes d’affaires fortunés fréquentent.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrivée sur son lieu de travail, la femme revêt son uniforme : une jupe, un chemisier et des collants. (Ne nous demandons pas ce que faire le ménage en jupe, collants et chemisier, implique, ça casserait le rythme de l’histoire.)</p>
<p style="text-align: justify;">La femme est donc prête à travailler. Elle trimballe ses produits jusqu’à la première chambre. Imaginez une chambre occupée par des individus suffisamment friqués pour ne jamais avoir eu à faire le ménage. Celles et ceux ayant fait ce genre de travail connaissent  les capotes usagées au pied du lit, les traînées de merde dans le fond de la cuvette, la pisse autour des toilettes, les poils, cheveux dans le lavabo, les draps en boule, etc. Toute personne ayant fait le ménage à grande échelle sait qu’il s’agit d’une activité fatigante, impliquant de se plier en deux, de se bousiller le dos, de transpirer comme un veau et de tenter de faire abstraction de la crasse des autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais notre femme, malgré l’odeur des produits d’entretiens, les cuvettes souillées et tout un tas de cochonneries, semble d’humeur coquine. Même pliée en deux à récurer la merde, courbée à refaire des lits et transpirante dans son horrible chemisier, sa jupe et ses collants inconfortables, elle semble brûlante de désir. Elle enchaîne donc les chambres et le récurage des cuvettes sales, lorsque d’un coup, en entrant dans une énième chambre à nettoyer, le charme opère. Le désir brûlant qui la titillait depuis ce matin explose alors littéralement en elle : elle vient de voir un homme nu. Et quel homme. Dans la douce lumière de la chambre, en cette sensuelle matinée de mai, la silhouette se découpe dans un mélange de grâce et de virilité. Le désir submerge alors totalement notre femme de chambre, devenue incontrôlable. Face à elle, l’homme est troublé par l’effet qu’il produit, bien qu’il soit habitué à cela.</p>
<p style="text-align: justify;">L’étreinte torride va durer entre sept à neuf minutes. Ces deux personnes se sont  donc jetées l’une sur l’autre, fous de désirs. Balançant torchons et aspirateur, eau de Javel et brosse à chiotte, sac poubelle et liquide vitre, la femme a arraché sa culotte et hop là. Ayant chacun un emploi du temps chargé (l’un devant faire tourner le monde, l’autre devant nettoyer la crasse de ceux dirigeant le monde, selon un principe de complémentarité remarquable), ils ont tout simplement assouvis leur désir mutuel. Et oui, figurez-vous que ça arrive.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques exemples :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Une infirmière libérale entre légèrement vêtue chez un patient homme, nu, qui ne l’avait pas entendu arriver. Le moment de surprise passé et le désir ardant s’en mêlant, il arrive que l’infirmière et le patient consacrent 7 à 9 minutes à copuler.</li>
<li>Le plombier/livreur de pizza/réparateur du câble sonne. Sandy est nue chez elle, attrape une TOUTE PETITE serviette éponge dans la panique et ouvre la porte. Le scénario peut-être identique.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Alors pourquoi pas avec une femme de chambre ? D’ailleurs, la littérature et Internet regorgent d’exemples similaires. Tenez :</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette oeuvre cinématographique, on voit clairement la femme de chambre entrer malgré le fait que la chambre soit occupée (notez le petit signe sur la poignée. La femme de chambre, qui devrait maîtriser ce symbole élémentaire dans son travail, l’ignore pourtant).</p>
<p style="text-align: justify;"> <a href="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/10/femmedechambre.jpg"><img class="size-full wp-image-1568 aligncenter" title="femmedechambre" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/10/femmedechambre.jpg" alt="" width="666" height="397" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">On la voit également se confondre en excuses devant l’homme presque nu, qu’elle vient de déranger.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/10/femmedechambre2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1569" title="femmedechambre2" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/10/femmedechambre2.jpg" alt="" width="678" height="402" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">POURTANT, quelques minutes plus tard, ils vont avoir une relation sexuelle non tarifée et consentie.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que le réalisateur de cette oeuvre cinématographie explique ainsi :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Veronica Rayne travaille comme femme de chambre dans un motel mais elle est trop chaude pour ce travail ! Imagine ce qu’il arrive à chaque fois qu’elle trouve un mec endormi dans son lit !  »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le scénario semble donc parfaitement tenir la route ! Et oui !</p>
<p style="text-align: justify;">Autre preuve étayant cette version, toujours en m’appuyant sur des oeuvres cinématographiques. Celle-ci est intitulée « <strong> Il baise la femme de chambre </strong> »</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Cette femme de chambre était venue faire le lit d’un client mais ne pensait pas le trouver dedans. Pour se faire pardonner de l’avoir dérangé elle s’offre à lui et se fait ramoner » etc.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Tout cela tient donc parfaitement la route. Il est tout à fait plausible qu’une femme, entre deux activités de nettoyage, se jette, ardente de désir, sur un homme qu’elle ne connaît pas, histoire de tromper l’ennui. On a souvent vu sur les chaînes de grandes usines, quelques femmes se jeter sur le patron, passant par là. Le désir d’une femme peut-être violent, vous savez.</p>
<p style="text-align: justify;">Toujours est-il que l’histoire ne s’arrête pas là. Notre homme étant un personnage important, les choses ne pouvaient pas être aussi SIMPLES.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, derrière lui, tapis dans l’ombre, se tiennent quelques espions russes, bosniaques, islamistes voire quelques extraterrestres (le complot se joue peut-être au delà des limites de notre  toute petite planète ! Je sais que tout cela dépasse votre petit esprit borné, mais c’est POSSIBLE).</p>
<p style="text-align: justify;">La femme, sorta<a href="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/10/Gaff728664042.jpg"><img class="size-full wp-image-1571 alignleft" title="Gaff728664042" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/10/Gaff728664042.jpg" alt="" width="169" height="242" /></a>nt guillerette de la chambre, ravie d’avoir assouvi ce désir brûlant qui la titillant depuis le début de la journée, s’en retourne à ses occupations… lorsqu’un espion l’arrête pour lui proposer de tirer partie de cette affaire.</p>
<p style="text-align: justify;">- Ah, ah, ah ! dit l’espion, surgissant de derrière un plateau repas. Je sais ce que vous venez de faire ! J’ai des microfilms (et oui ! ça se fait encore !)</p>
<p style="text-align: justify;">- Ayez pitié mon dieu ! j’ai honte, mais le corps de cet homme était si… désirable !</p>
<p style="text-align: justify;">- Vous ne perdrez pas votre travail si vous faites ce que je vous dis… vous pourriez même gagner gros !</p>
<p style="text-align: justify;">- (pleurant) d’accord Monsieur l’espion ! tout ce que vous voudrez, mais je ne veux pas perdre mon travail à cause d’un élan de désir !</p>
<p style="text-align: justify;">(on imagine que l’histoire s’est passée dans ce sens là. Sinon, pourquoi l’espion venu du nord aurait-il choisi cette femme pour cette mission ? Si l’opération avait été planifiée avant, il aurait certainement pris soin de choisir une femme au passé moins chaotique.. et la version des faits aurait été apprise par coeur, si bien qu’elle n’aurait pas sensiblement varié).</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ainsi que toute l’histoire a commencé. C’est ainsi qu’un homme a perdu ses illusions, sa spontanéité, sa légèreté. C’est à cause de cela qu’il a été vu mal rasé à la télévision, tout ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme je vous l’avais dit, cette thèse semble tout à fait tenir la route. Si l’on ajoute l’argument de Monsieur Levaï, sur le fait qu’un homme sans couteau ni pistolet NE PUISSE PAS violer une femme… alors comment ne pas être convaincu ?</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Femmes et Programmes 2012 : Jouons au « qui a dit quoi » ?</title>
		<link>http://blog.entrailles.fr/2011/09/femmes-et-programmes-2012-jouons-au-qui-a-dit-quoi/</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Sep 2011 10:15:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mademoiselle S.</dc:creator>
				<category><![CDATA[1 - FEMINISME]]></category>
		<category><![CDATA[Gauche sévèrement burnée]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Gôche sévèrement burnée]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Socialiste]]></category>
		<category><![CDATA[UMP]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a quelques jours, Mademoiselle a copié/collé des extraits des programmes du PS et de l’UMP dans un fichier texte, a mélangé et laissé reposer. Quelques jours plus tard, elle a relu ces extraits en essayant de distinguer quel &#8230; <a class="more-link" href="http://blog.entrailles.fr/2011/09/femmes-et-programmes-2012-jouons-au-qui-a-dit-quoi/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il y a quelques jours, Mademoiselle a copié/collé des extraits des programmes du PS et de l’UMP dans un fichier texte, a mélangé et laissé reposer. Quelques jours plus tard, elle a relu ces extraits en essayant de distinguer quel extrait était tiré du programme du PS et quel autre de l’UMP. Et figurez-vous qu’elle n’a pas réussi. Elle avait beaucoup de doutes, tout lui semblait interchangeable. Alors elle s’est dit que, peut-être, elle était un peu bébête, et elle a voulu vous proposer le jeu.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1494"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Avant de commencer notre « Qui a dit quoi ? », une première découverte concernant le programme du PS : les thèmes présentés sur le site du PS ne mentionnent pas les femmes, le droit des femmes… ni même Lafâme. Mais cela ne veut ÉVIDEMMENT pas dire que le programme ne contient aucune proposition innovante pour le droit des femmes. Ne soyons pas mesquine.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-1507 aligncenter" title="themeprogPS" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/09/themeprogPS3.jpg" alt="" width="494" height="525" /></p>
<p style="text-align: justify;">Deuxième « découverte », le programme du PS ne contient pas une seule fois les termes féminisme/féministe. Oui, je sais, ça ne sert presque à rien de le souligner. Presque. Enfin…</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, venons-en à l’essentiel : notre petit jeu, le « Qui a dit quoi ? ».  Vous allez lire des extraits des programmes du parti socialiste et de l’UMP à propos de droits des femmes, et vous allez  essayer de deviner lequel est PS, lequel est UMP. OK ?</p>
<p style="text-align: justify;">Vous êtes prêts ?</p>
<p style="text-align: justify;">On ne triche pas, hein !</p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>QUI A DIT QUOI N°1 : introduction généraliste sur le droit des femmes<br />
</strong></h2>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Programme 1</strong></span> <sup class='footnote'><a href='#fn-1494-1' id='fnref-1494-1'>1</a></sup></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Les écarts de salaires entre hommes et femmes sont de 27 %. Les femmes sont davantage concernées par le chômage, les contrats précaires (83 % des temps partiels sont occupés par des femmes) et les bas salaires.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>En moyenne, elles partent plus tard en retraite et touchent 600 euros de moins. Le plafond de verre persiste dans la sphère économique comme dans la sphère politique.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Parmi la longue liste des anomalies démocratiques, on relèvera que les hommes représentent 81,5 % des députés et 83,9 % des emplois de direction dans la fonction publique d’État. En France, 75 000 femmes sont violées chaque année et une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups d’un conjoint ou d’un ex-conjoint. (…)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Depuis des années, des lois incitatives ont été votées pour lutter contre la discrimination femme-homme et la précarité, sans résultats probants. Il faut passer aux actes ;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Parce que les inégalités femmes-hommes prennent racine dans les stéréotypes et les préjugés, nous formerons les acteurs éducatifs à la question de l’éducation aux rapports entre les sexes, à partir d’un travail sur les stéréotypes et les assignations de genre.</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Programme 2 <sup class='footnote'><a href='#fn-1494-2' id='fnref-1494-2'>2</a></sup></strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>On parle d’égalité professionnelle et salariale depuis un demi-siècle. Pourtant, d’après le rapport du Forum économique mondial de Davos de 20101, la France est classée au 127ème rang sur 134 pays en matière d’égalité salariale entre les hommes et les femmes, derrière le Kenya ou le Kazakhstan ! (…)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le constat actuel est implacable : les femmes représentent 51% de la population française, 47% de la population active mais 82,2% des travailleurs à temps partiel et les écarts de salaires entre les hommes et les femmes sont encore de 19% … (…)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>En effet, la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale ne se décline encore trop souvent qu’au féminin : à croire que tout ce qui touche à la famille serait uniquement une affaire de femmes !</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dans les faits, ce sont elles qui consacrent le plus de temps aux tâches ménagères : en 1999, les femmes consacraient en moyenne 3h48 par jour aux tâches domestiques, soit une minute de moins qu’en 1986. En revanche, sur la même période, les hommes s’impliquent… 8 minutes de plus !</em></p>
<p style="text-align: justify;">Alors, vous diriez quoi ? Vous êtes sûr de votre coup ? Une différence majeure vous saute aux yeux ? Moi oui, je trouve le programme 2 plus… comment dire ? Moins « dissertation creuse de 2° année de sciences po ». Presque rentre-dedans dit ! Bon, je vous donne la réponse : l’extrait du programme 2, vient de l’UMP, le programme 1, c’est le PS.</p>
<p style="text-align: justify;">On continue.</p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>QUI A DIT QUOI N°2 : la protection sociale.<br />
</strong></h2>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Un haut niveau de santé et de qualification, le <strong>travail des femmes concilié à une forte natalité</strong>, la garantie d’une parité de niveau de vie entre retraités et actifs, sont autant de conditions d’une société plus juste et d’atouts pour le <strong>redressement national</strong>. » <sup class='footnote'><a href='#fn-1494-3' id='fnref-1494-3'>3</a></sup></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le redressement national, la conciliation travail des femmes ET beaucoup de bébés… Hummm. Qui le dit ?</p>
<p style="text-align: justify;">Est-ce :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Le Front National ;</li>
<li>L’UMP ;</li>
<li>Le gars qui trouve que pisser dans un violon c’est chouette et constructif ;</li>
<li>Le mec qui s’endort dans un pyjama bleu blanc rouge après avoir tenté d’engrosser sa femme-active pour la 4° fois ?</li>
<li>Le PS ?</li>
</ul>
<p>Ben oui, c’est le PS.</p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>QUI A DIT N°3 : la parité.<br />
</strong></h2>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Programme 1 <sup class='footnote'><a href='#fn-1494-4' id='fnref-1494-4'>4</a></sup></strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous souhaitons promouvoir la parité et l’étendre à toute la sphère publique, qu’elle soit politique, économique ou sociale et qu’elle soit contraignante. Pour les élections nationales, les partis  politiques qui ne respecteront pas l’objectif de la parité dans le cadre des investitures verront leur dotation publique supprimée.</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Programme 2 <sup class='footnote'><a href='#fn-1494-5' id='fnref-1494-5'>5</a></sup></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous proposons l’application de la parité accompagnée de la mise en place de tickets mixtes (titulaire et suppléant de sexes obligatoirement différents). Si ces règles en faveur de la parité ne sont pas respectées par les candidats, [le parti mystère dont vous cherchez le nom] ne participera pas au financement de la campagne des candidats concernés.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Alors, PS ou UMP ? Bien heureux celui qui mettrait sa main à couper qu’il a la bonne réponse. Le programme 2 est de l’UMP, le 1 est PS.</p>
<p style="text-align: justify;">On continue !</p>
<p style="text-align: justify;">Entre l’UMP et le PS, qui dit quoi ?</p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>QUI A DIT QUOI N°4 : Les violences faites aux femmes.<br />
</strong></h2>
<h3 style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">Programme 1 <sup class='footnote'><a href='#fn-1494-6' id='fnref-1494-6'>6</a></sup></span></strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Systématiser la formation initiale et continue des magistrats, médecins, professionnels de santé, travailleurs sociaux, policiers et gendarmes à la question de la lutte contre les violences à l’égard des femmes. Cette mesure vise à renforcer la formation des professionnels (policiers, gendarmes, personnels d’accueil dans les mairies, professionnels de santé, magistrats, travailleurs sociaux) sur les questions de violences à l’égard des femmes, pour mieux orienter, accompagner et protéger les victimes, en recourant à des professionnels expérimentés dans l’accueil et l’accompagnement mais également pour élaborer des programmes de formation conjointe des différents intervenants (par exemple : médecins-magistrats-policiers).</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Garantir à la femme victime de violences conjugales le droit au logement Une victime de violence conjugale qui risque sa vie et celle de ses enfants doit pouvoir se reconstruire sereinement et surtout, quitter rapidement un logement où elle est en danger. Pour beaucoup de femmes victimes de violence conjugale, quitter le domicile familial s’avère essentiel. L’urgence se trouve dans la séparation de corps avec leur conjoint violent. Se reloger dans un contexte où l’on connait une pénurie de l’offre de logements sociaux, constitue une source de pression supplémentaire pour les victimes. Il est, en effet, souvent difficile d’assumer seule un loyer. Il s’agirait donc de garantir à la victime le droit au logement, éventuellement à la garde des enfants et à un meilleur accès aux prestations sociales, notamment en cas de départ dans une autre commune. Il est dans ce cadre nécessaire de prévoir des objectifs chiffrés pour rendre effectif l’hébergement social pour les victimes et leurs enfants. </em></p>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Programme 2 <sup class='footnote'><a href='#fn-1494-7' id='fnref-1494-7'>7</a></sup></strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous mettrons en place des accueils spécifiques dans les commissariats et les tribunaux. La  possibilité pour les victimes de se domicilier au commissariat sera prévue et dès le dépôt de leur  plainte, un guide pratique leur permettra de disposer de l’ensemble des informations nécessaires au  suivi de la procédure. Une aide psychologique leur sera proposée le cas échéant. Des instruments de télé-procédures seront mis en place pour que les victimes connaissent en temps réel l’évolution de leur plainte. Nous développerons l’accueil d’urgence pour les femmes victimes de violences conjugales et, si nécessaire, pour leurs enfants.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez choisi ? Z’êtes sûrs de vous ? Allé, la réponse.</p>
<p style="text-align: justify;">Le programme 1 est extrait du programme UMP, le 2 du PS.</p>
<p>Alors, évidemment, évidemment… j’en entends brailler : mais tu te rends pas COMPTE ! tu fais le jeux des extrêmes, tu tiens le discours du FN sur l’UMPS, bonnet blanc et blanc bonnet !! Non mais ça va pas ! Faut qu’on se sorte de l’ère Sarko ! T’es IRRESPONSABLE !</p>
<p>Mademoiselle se demande en réalité qui est IRRESPONSABLE ? Est-ce la personne qui souligne que tout cela est bien plat et se ressemble ou ceux qui font rédiger de telles… bouses oscillant entre l’infâme et l’insipide ?</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, Mademoiselle tient à ce que tout cela reste équilibré. Pour cela, elle va souligner les points de différenciation évidents entre le PS et l’UMP sur le droit des femmes. Sinon, pensez bien qu’on aurait pas vraiment envie d’aller voter. Ce qui serait grave.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Le PS promet qu’il va soutenir le Planning Familial, ALORS QUE l’UMP promet de ne pas tout lui sucrer. Soulignons le.</li>
<li>Le PS dit qu’il va tout faire pour faire « respecter la loi qui oblige chaque structure hospitalière à disposer d’un centre IVG » menacé par les restructurations hospitalières, parce qu’il compte bien « reconstrui[re] des services publics (…) rénovés, aux réponses performantes et personnalisées » ALORS QUE l’UMP vise seulement « la qualité du service (…) grâce à la modernisation des administrations, à une meilleure valorisation des talents de la fonction publique et grâce à une redéfinition des priorités de l’action publique ». Bouh, la honte.</li>
<li>Le PS parle d’instaurer un véritable « service public de la petite enfance », ALORS QUE l’UMP, qui précise que « la problématique de l’accueil des jeunes enfants est prioritaire pour pouvoir faciliter l’accès à l’emploi et à la formation des femmes, et ce d’autant plus lorsqu’elles sont en situation de précarité », voudrait utiliser tous les dispositifs (crèches publiques et privées, crèches d’entreprises, assistantes maternelles, gardes à domicile) pour que chaque famille puisse se voir proposer une solution de garde adaptée ». Bouh ! Pas de « service public » de la petite enfance ! Bouh !</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Allez, rendons vraiment à César ce qui est à César. Le PS propose :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>« que les mineures et les mineurs aient accès à une contraception gratuite et anonyme »,</li>
<li>souhaite  ouvrir « pour tous les couples le droit au mariage » et autoriser « l’adoption pour tous les couples qui présenteront un projet parental cohérent (mariés, pacsés, concubins, homosexuels ou hétérosexuels) »,</li>
<li>le tout en « réaffirmant la primauté de la filiation sociale sur la filiation biologique ».</li>
<li>tient à recréer un ministère aux droits des femmes.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">C’est déjà ça, dis donc.</p>
<p>Mais surtout, il y a cette grande ambition affichée par le parti : créer un « Observatoire national des violences faites aux femmes ». Qui n’a rien à voir avec le « <a href="http://www.solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/PLAN_de_LUTTE_contre_les_VIOLENCES_v12avr2011__vp_.pdf?" target="_blank"> plan interministériel 2011-2013″</a>» qui a été présenté « à la Commission nationale contre les violences envers les femmes », et qui est disponible sur le site de « L’observatoire de la parité entre les femmes et les hommes ». Non, parce que si c’était ça, ce serait déjà fait. Mais on le suppose, mal, car par l’UMP. Ou un truc dans le genre.</p>
<p>Nan, voyez, le tout nouvel Observatoire national contre les violences faites aux femmes du parti socialiste, sera différent, lui. Il consisterait à bâtir un ÉNOOOORME observatoire doté d’un surpuissant téléscope. Voilà le projet, en avant-première :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/09/observatoirePS.jpg"><img class="aligncenter" title="observatoirePS" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/09/observatoirePS.jpg" alt="" width="293" height="229" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Et franchement, savoir que le PS projette quelque chose d’aussi ambitieux, pour les femmes c’est absolument réconfortant. Parce qu’avec cette ÉNOOOORME loupe, nul doute qu’ils pourront ENFIN voir les choses d’une manière plus claire, par delà même l’océan Atlantique. Nul doute.</p>
<p style="text-align: justify;">L’espoir de Mademoiselle ne s’arrête pas là. Dans le programme, il est aussi indiqué que les socialistes sont extrêmement attachés à la notion de justice. Nul doute qu’aucun d’entre eux ne pourrait se réjouir publiquement ou exprimer son « profond soulagement » face à l’abandon d’une procédure dans une affaire d’agression sexuelle présumée. Par exemple. Nul doute. Car nous sommes heureux d’apprendre que dans le programme socialiste, il est écrit que « <strong> la justice doit être facilitatrice, protectrice et réparatrice à l’égard des victimes. » </strong>Ouf.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, voilà de quoi s’occuper Place des Vosges demain :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;">Le viol est un crime !<br />
Contre l’impunité des agresseurs !<br />
Pour que justice soit rendue aux femmes !<br />
RASSEMBLEMENT CONTRE LE VIOL<br />
Le dimanche 11 septembre – 14h<br />
Place des Vosges - Côté Jardin</p>
<p style="text-align: justify;">L’abandon des charges contre DSK nous démontre encore une fois le profond sexisme du système judiciaire. Aux États Unis comme en France, le viol est un crime, c’est inscrit dans la loi ! Pourtant, 98 % des viols sont impunis. Loin de s’améliorer, les fiascos judiciaires comme celui de DSK sont monnaie courante. Le déni de justice succède à la violence, et les victimes de viol sont rejetées dans le silence, la culpabilité et l’insulte publique. Pour environ 200 femmes violées par jour en France, 4 violeurs seulement sont reconnus comme violeurs et condamnés !</p>
<p style="text-align: justify;">Ensemble, maintenant, brisons le silence !<br />
Alors que des traces de violence ont été légalement constatées, Mme Diallo n’a pas eu droit à un procès équitable. Pourquoi ? Parce qu’elle aurait menti pour avoir le droit de résider légalement dans la « démocratie » américaine sensée protéger les femmes, et pour fuir la Guinée afin de protéger sa fille de l’excision. Sa situation de femme immigrée, noire, et prolétaire, fait forcément d’elle une menteuse !</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’une femme dit avoir été violée, que lui répond-on? Non, ce n’était qu’un rapport sexuel consenti. Un grand nombre de journalistes, hommes politiques et intellectuels martèlent leur soutien à l’agresseur, nient la parole de la victime ou, pire, prétendent que la victime jouit d’être maltraitée. Ce mythe est une propagande de haine sexiste qui nous condamne toutes à nous taire.</p>
<p style="text-align: justify;">Non et non, les femmes n’aiment pas la violence !!</p>
<p style="text-align: justify;">Nous affirmons que toute violence commise contre les femmes doit être punie. Nous exigeons que les hommes accusés de viols et d’agressions soient jugés avec le sérieux que ces crimes requièrent.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous exigeons que les candidat-es aux élections, du Parti Socialiste notamment, prennent une position claire au sujet des allégations répétées de violence sexuelle exercée par DSK envers de nombreuses femmes. Plus largement, nous affirmons : pas de violeurs ni d’agresseurs en responsabilité politique.</p>
<p style="text-align: center;">Exigeons la justice pour les femmes ! Dénonçons ces crimes contre notre humanité !<br />
Pas de justice, pas de paix !</p>
<p style="text-align: justify;">L’assemblée générale féministe réunie le lundi 5 septembre à Paris, à l’initiative de la Marche  Mondiale des Femmes. Contacts Presse : 06 28 06 05 83 ; 06 80 63 95 25</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/09/APPEL-Final-Rassemb.pdf">Télécharger le PDF de l’appel.</a></p>
<p style="text-align: justify;">Notes :</p>
<div class='footnotes'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-1494-1'>Programme du Parti socialiste <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1494-1'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1494-2'>programme de l’UMP <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1494-2'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1494-3'>Programme du Parti socialiste <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1494-3'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1494-4'>Programme du Parti socialiste <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1494-4'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1494-5'>Programme de l’UMP <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1494-5'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1494-6'>Programme de l’UMP <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1494-6'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1494-7'>Programme du Parti socialiste <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1494-7'>↩</a></span></li>
</ol>
</div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le petit bric-à-brac de Pascal</title>
		<link>http://blog.entrailles.fr/2011/08/le-petit-bric-a-brac-de-pascal/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Aug 2011 14:20:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mademoiselle S.</dc:creator>
				<category><![CDATA[1 - FEMINISME]]></category>
		<category><![CDATA[Le dictionnaire bilingue]]></category>
		<category><![CDATA[Le Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Les Grands Fauves]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Sexisme]]></category>
		<category><![CDATA[Violences]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.entrailles.fr/?p=1440</guid>
		<description><![CDATA[Bienvenue à vous tous dans le bric-à-brac de la pensée ! Tout à un euro ! Ce serait idiot de se priver. Si vous avez eu le courage de lire  « L’affaire DSK aura révélé une bien triste image de l’Amérique », par &#8230; <a class="more-link" href="http://blog.entrailles.fr/2011/08/le-petit-bric-a-brac-de-pascal/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Bienvenue à vous tous dans le bric-à-brac de la pensée ! Tout à un euro ! Ce serait idiot de se priver.</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous avez eu le courage de lire  <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/24/l-affaire-dsk-aura-revele-une-bien-triste-image-de-l-amerique_1562650_3232.html#ens_id=1522342">« L’affaire DSK aura révélé une bien triste image de l’Amérique », par Pascal Bruckner</a> (article livré avec son petit sac à vomi), vous avez certainement eu le même sentiment que moi : celui d’arriver dans un magasin « Tout à un euro ». Vous connaissez peut-être ce genre de magasins. On y vend des nains de jardin, des cendriers à l’effigie de Bob Marley, des jolis posters de dauphins au clair de lune, des balais à chiotte colorés, des nappes en plastique, des mugs avec écrit « Vive mon papa bricoleur » et autres cochonneries.</p>
<p style="text-align: justify;">Et bien, cet article, c’est un peu le « Tout à un euro » de de la pensée : finition dégueulasse, bric-à-brac poussiéreux, tons criards, mauvais goût, éclairage blafard, tout y est !</p>
<p style="text-align: justify;">Faisons donc le tour du propriétaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1440"></span></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Au rayon « nains de jardin en plastique » : Bruckner redécore l’histoire.</strong></h2>
<blockquote><p>« L’Amérique du Nord, à l’évidence, a un problème avec le sexe qui vient de son héritage protestant mais elle veut en plus donner des leçons au monde entier. »</p>
<p>Signé Pascal.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Notez que si vous pensez par exemple que Max Weber est non pas l’auteur de  <em>« L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme » </em>mais celui de l’ouvrage « Les fourmis »  ou si vous croyez que « L’Éthique » est une sorte de bestiole qu’on rencontre en forêt…  Pascal Bruckner peut vous séduire. Si c’est le cas, n’hésitez pas à acquérir cette autre perle, dans le même genre.</p>
<blockquote><p>« les femmes, en position de pouvoir ne sont pas meilleures que les hommes, on le sait depuis le nazisme »</p>
<p>Signé Pascal.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Effet garanti.</p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Au rayon « balais à chiotte coloré » : Bruckner récure les États-Unis.</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Dans un « Tout à un euro », c’est bien connu, tout se vaut puisque… tout est à un euro. Logique. On peut donc comparer des bougies et des balais à chiotte, des cendriers et des rideaux, etc. Et bien soit ! Faisons le donc ! Car figurez-vous que c’est bien pratique.</p>
<p style="text-align: justify;">Grâce à ce procédé ingénieux, il est tout à fait possible de :</p>
<p style="text-align: justify;">1/ <strong>Comparer « les affaires Clinton ou DSK ».</strong> Que dans l’une il y ait eu une plainte pour viol et dans l’autre non, peu importe, finalement. Non ?</p>
<p style="text-align: justify;">2/ <strong>Soulever ce qui apparaît aux yeux de Bruckner comme une contradiction :</strong> les USA torturent, guerroient et mentent en toute impunité (les armes de destruction massive en Irak, les tortures d’Abou Grahib, etc.) MAIS ils poursuivent un homme soupçonné de viol.</p>
<p style="text-align: justify;">Que doit-on en conclure ? Que lorsqu’on se livre à la torture, on doit AU MOINS avoir la décence de ne pas poursuivre les violeurs ?</p>
<p style="text-align: justify;">Non, pardon. On en conclut que :</p>
<ul>
<li>ils n’auraient pas dû embêter un français (vachement important) ;</li>
</ul>
<ul>
<li>comme les américains ont un « problème avec le sexe », il n’est pas étonnant qu’ils pratiquent la torture :</li>
</ul>
<blockquote><p>« La torture existe partout, même dans les nations démocratiques, mais seul un pays malade de sa sexualité peut imaginer de tels sévices. » (à propos d’Abou Grahib)</p></blockquote>
<p><em>(on attend le prochain article de Burckner sur le lien entre la sexualité des allemands et la montée du nazisme)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Au passage, un petit coucou aux algériens qui goutèrent notre bien franchouillarde gégène, branchée sur l’oreille et le sexe, pour plus de fun. Mais peut-être que les français, selon les analyses pointues de Monsieur Bruckner, avaient mis au point cette pratique non pas en raison d’un « problème avec le sexe », mais en s’appuyant sur une « culture amoureuse » qui « civilis[e] le désir » :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Le pari de la France, c’est de composer avec les ambivalences du cœur, de civiliser le désir à partir de ses impuretés tout en respectant l’intimité des personnes. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>(si vous n’avez pas encore utilisé votre petit sac à vomi, mes félicitations, vous avez l’estomac solide)</em></p>
<p style="text-align: justify;">3/<strong> En conclure</strong> <strong>que les États-Unis</strong> (en entier, tout le monde hein), <strong>ont accusé DSK pour punir la France, cette Grande Nation Insoumise</strong>. Insoumise pourquoi ?  Pour tout un tas de raisons à un euro, parole de tête de gondole :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Punir la France pour l’Irak, pour Roman Polanski, pour les lois sur le voile et le niqab, mettre au pas cette nation récalcitrante qui s’entête dans ses mœurs dissolues, tel est le sens ultime de l’affaire DSK ».</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le sens ultime de l’affaire, il l’a trouvé. Nous sommes esbaudis. Mais continuons notre visite, du « Tout à un euro » de la pensée, malgré ces petites étoiles dans les yeux.</p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Au rayon « bougies parfumées » : Bruckner fait flotter un parfum de romantisme sur les relations hommes/femmes.</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Chez nous, point de violences ET point de puritanisme (qui est un fléau américain). Selon notre anthropologue :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« l’Europe latine semble mieux protégée de ce fléau par une culture ancienne de la conversation et une tolérance aux faiblesses humaines. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les faiblesses humaines ? Traduisez : « un petit coup de bite au fond de la glotte entre deux chambres à nettoyer » est une faiblesse humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais on peut également parler des « faiblesses humaines » autrement.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>On peut dire : « composer avec les ambivalences du cœur »</li>
<li>On peut parler de « la moindre peccadille amoureuse. »</li>
<li>Ou enfin évoquer « les outrages conjugaux. »</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Si c’est pas plus mignon ?</p>
<p style="text-align: justify;">Vous pensez avoir fait le tour du « Tout à un Euro » de la pensée ? Que nenni ! Il reste encore beaucoup de cochonneries dans les rayons. Mais je vous laisse flâner à votre rythme et selon vos goûts. C’est ce qui fait le charme du bric-à-brac, chacun peut y dénicher SA cochonnerie préférée, celle qui l’émeut plus que les autres. Et surtout, ne vous en faites pas, le stock est renouvelé régulièrement.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais avant de sortir, j’ai un dernier article à vous présenter : il est situé près des caisses, avant la sortie. Au milieu des chewing-gums, des programmes télé et des briquets par lots. Il s’agit de la conclusion de l’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article, comme le reste, vaut un euro. Mais il a quelque chose en plus. Il est à la fois conçu d’une manière très simple, mais il fait pourtant très prétentieux. En le saisissant, vous sentez immédiatement qu’il est en plastique et creux. Mais en le secouant, vous vous vous apercevez qu’il est programmé pour émettre un drôle de bruit, à la manière d’une trompette en plastique pour enfant : Pfouiiin ! Pfouiiiiin !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais écoutez plutôt par vous-même :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Nous avons beaucoup de choses à apprendre de nos amis américains mais certainement pas l’art d’aimer. »</p>
</blockquote>
<p>Pfouiiiiin ! Pfouiiiiin !</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.entrailles.fr/2011/08/le-petit-bric-a-brac-de-pascal/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
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		<title>« PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX », la pétition.</title>
		<link>http://blog.entrailles.fr/2011/08/pas-de-justice-pas-de-paix-la-petition/</link>
		<comments>http://blog.entrailles.fr/2011/08/pas-de-justice-pas-de-paix-la-petition/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Aug 2011 13:59:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mademoiselle S.</dc:creator>
				<category><![CDATA[1 - FEMINISME]]></category>
		<category><![CDATA[Violences]]></category>
		<category><![CDATA[viol]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici deux textes co-signés par Sandrine Goldschmidt et Muriel Salmona suite aux derniers éléments de l’affaire de New York, alors que le juge abandonne les charges retenues contre Dominique Strauss-Kahn à l’audience du mardi 23 août 2011.  pour que les &#8230; <a class="more-link" href="http://blog.entrailles.fr/2011/08/pas-de-justice-pas-de-paix-la-petition/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>Voici deux textes co-signés par Sandrine Goldschmidt et Muriel Salmona suite aux derniers éléments de l’affaire de New York, alors que le juge abandonne les charges retenues contre Dominique Strauss-Kahn à l’audience du mardi 23 août 2011. </em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>pour que les plaignantes en matière de violence sexuelle aient droit à la justice, nous ne laisserons pas étouffer leur voix…</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1470"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://lapetition.be/en-ligne/petition-10319.html">Lire le texte sur sa page d’origine.</a></em><br />
<em><a href="http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=10319"> Signer la pétition.</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Combien de femmes ont un jour menti ?<br />
Combien de femmes ont un jour cédé sans consentir ?<br />
Combien de femmes se sont dit : je n’avais qu’à pas être là, habillée comme-ci, habillée comme ça, avoir donné l’impression que je voulais, avoir changé d’avis, avoir eu peur de dire non, à avoir dit non mais pas non, non, non ?</p>
<p style="text-align: justify;">APRÈS avoir lu le rapport de Cyrus Vance pour motiver sa demande d’abandon des charges à l’encontre de DSK, nous ne pouvons arriver qu’à une seule conclusion. C’est vrai, Nafissatou Diallo n’avait guère de chance de gagner un procès pénal et de convaincre 12 jurés « au delà du doute raisonnable ». Cela ne prouve pas que DSK n’était pas coupable. Cela veut dire qu’aujourd’hui, la justice des hommes est bien la justice des hommes.<br />
Quand on sait que sur 75000 femmes violées par an en France et autant d’enfants, 10% de plaintes sont déposées et 3% donnent lieu à un procès pour 1% de condamnation, doit-on en conclure qu’il n’y a qu’1% de violeurs ? NON.<br />
Cela veut dire que sur les 75000 femmes violées en France, et à peu près autant de violeurs, seules 2250 victimes ont droit à un procès pénal et à peu près 72750 violeurs ont le droit de recommencer en toute promesse d’impunité.<br />
En effet, il semblerait qu’il suffise que la plaignante soit un peu - ou beaucoup- menteuse, qu’elle ait été la petite amie du violeur (80% des viols sont commis par une connaissance de la victime), qu’elle soit toxicomane, alcoolique, prostituée, qu’elle présente des troubles psychiatriques, qu’elle ne se souvienne plus bien de ce qui s’est passé (et on pourrait citer encore beaucoup d’exemples de ce type), pour que la justice estime qu’il n’y a pas de preuve suffisante, qu’il n’est pas nécessaire qu’elle tente d’en savoir un peu plus sur la nature du consentement soi-disant donné.<br />
Alors, nous disons ici aujourd’hui que si 99% des violeurs ne sont pas condamnés, non pas parce qu’ils sont innocents (on n’en saura rien) mais parce que la justice -quand elle est saisie- n’a pas les preuves suffisantes, c’est qu’il y a un problème avec la justice.<br />
Parce qu’à l’évidence elle n’est pas en mesure de rechercher des faisceaux d’indices indispensables pour une véritable instruction, et qu’elle est gravement parasitée par des stéréotypes sexistes et des fausses représentations concernant les violences et la sexualité.<br />
Nous demandons l’ouverture d’une vaste réflexion sur le fonctionnement de notre système judiciaire pour qu’il commence, enfin, à tous les niveaux, à abandonner ses réflexes patriarcaux, et à envisager tous les moyens nécessaires pour protéger les victimes de violences sexuelles, enfants, femmes et hommes qui subissent l’enfer au quotidien.<br />
Nous exigeons que les choses changent, pour l’avenir de notre société.</p>
<p style="text-align: justify;">PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX</p>
<p style="text-align: justify;">lundi 22 août 2011, 22h</p>
<p style="text-align: justify;">« Motif des blessures. Agression. Viol . »<br />
Ceci est un rapport médical.<br />
Ce n’est pas un avis juridique, mais les constatations d’un médecin après avoir reçu une femme qui se dit victime de viol. Le rapport médical du 14 mai (selon ce qu’en ont dit les journaux) concernant Nafissatou Diallo, suite à sa rencontre avec Dominique Strauss-Kahn dans un hôtel de New York. La personne qui l’a reçue, habituée à accueillir des victimes d’agressions sexuelles, s’est dite convaincue d’avoir en face d’elle une femme victime de violences .</p>
<p style="text-align: justify;">Il semblerait que ces éléments ne soient pas susceptibles de permettre d’écarter un « doute raisonnable » et empêcheraient un jury de 12 personnes d’arriver à la conclusion que Nafissatou Diallo aie bien été agressée sexuellement par l’ex directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn.<br />
Il ne suffisent pas à lui offrir la possibilité de défendre sa plainte lors d’un procès pénal.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’y a aucun doute sur le fait qu’il y ait eu rapport sexuel dans la suite 2806 du Sofitel de New York. Seulement, le presque ex-accusé affirme que c’était un rapport consenti.</p>
<p style="text-align: justify;">En revanche, le fait que son accusatrice ait menti en apprenant par cœur le récit d’un viol collectif pour pouvoir pénétrer aux Etats-Unis semble devoir instiller le doute raisonnable dans la tête des potentiels jurés de Manhattan.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour cette raison -la peur de perdre un procès- le procureur américain Cyrus Vance aurait décidé de laisser tomber les charges contre DSK. Ce dernier va récupérer son passeport, il pourra rentrer en France.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, on commence à lire que la plainte de Tristane Banon sera classée sans suite. Parce qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments pour accréditer la qualification juridique de « tentative de viol ».</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque jour, cela arrive à des plaignantes. Elles ne sont pas crues, on classe sans suite les affaires, pour « manque de preuves », quand on ne les accuse pas en retour de dénonciation calomnieuse (ce qui normalement, ne devrait plus être possible désormais). Pour cela, relire l’article « la nausée » de Muriel Salmona de l’association mémoire traumatique et victimologie et « Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce » le roman de Lola Lafon.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque jour, la vie de ces victimes est épluchée, on guette leur moindre mensonge, leur moindre incohérence, pour tenter de remettre en cause leur plainte.</p>
<p style="text-align: justify;">En face, les accusés ou mis en examen sont-ils soumis au même interrogatoire ? À la même mise en cause de leur crédibilité ? Tant mieux s’ils sont présumés innocents, mais pour faire la justice, peut-on se contenter de leur phrase : « elle était consentante » ? Ne doit-on pas aussi les interroger ? Sur comment ce consentement s’est manifesté ? Car le présumé consentement, ça n’existe pas. Et céder ce n’est pas consentir, ni désirer. Le présumé non-consentement, dans la tête des hommes lui, pourrait peut-être exister ? Est-il possible que les charges soient abandonnées et que de la présomption de crime sexuel on bascule aussi facilement dans la présomption de sexualité, comme nous le dit Annie Ferrand, sans tenir compte des traces de violences et sans que jamais on n’ait posé à DSK les questions suivantes, en écoutant si ses réponses ont un début de cohérence ?.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce qui lui a permis de raisonnablement penser que ce rapport était consenti ?<br />
Lui a-t-il demandé en sortant nu de la douche et en la trouvant là « ça te dirait que je te mette mon pénis dans la bouche et que je t’attrape violemment le vagin ? »<br />
« Comment se sont-ils séparés ? » « la connaissait-il avant ? »<br />
« Comment a-t-il pu penser qu’une femme de chambre 30 ans plus jeune que lui pouvait consentir à un rapport brutal et bref dans une chambre d’hôtel entre deux nettoyages de chambre ? »</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement, tout espoir de justice n’est pas perdu. Parce qu’aux Etats-Unis, un procès civil peut suivre un procès pénal. Ce n’est plus le parquet qui est plaignant, c’est directement Nafissatou Diallo. Et là, DSK devrait s’expliquer. Et l’unanimité ne serait plus requise. S’il retourne aux Etats-Unis pour le procès…</p>
<p style="text-align: justify;">Début septembre, va sortir au cinéma un film, « présumé coupable », inspiré d’une autre affaire qui a défrayé la chronique médiatique, celle d’Outreau. Un film qui raconte le calvaire d’Alain Marécaux - « l’huissier » de l’affaire d’Outreau - arrêté en 2001 ainsi que sa femme et 12 autres personnes pour d’horribles actes de pédophilies qu’ils n’ont jamais commis. Le résumé indique : « C’est l’histoire de la descente en enfer d’un homme innocent face à un système judiciaire incroyablement injuste et inhumain, l’histoire de sa vie et de celle de ses proches broyée par une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque. »<br />
Quels que soient les doutes qui subsistent sur cette affaire, les enfants d’Outreau ont bel et bien été victimes des pires sévices sexuels, la justice l’a reconnu. Le film ne s’intéresse qu’à l’erreur judiciaire, et semble ainsi agiter le chiffon rouge en disant : attention en dénonçant les crimes sexuels que subissent les enfants, en prenant en compte leur parole, on enferme des hommes innocents.</p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est bien ce que les tenants du système de domination s’évertuent à faire, en matière de crimes sexuels : tenter, par tous les moyens, d’étouffer les voix qui s’élèvent pour les victimes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais quelle que soit l’image qui sera véhiculée, dans la réalité ou dans la fiction, ces voix ne mourront pas. Nous continuerons à entendre la parole des victimes, à la porter sur le devant de la scène, à demander à la justice de les protéger, à la société de leur offrir les soins dont elles ont besoin. C’est une question d’humanité, de dignité, de santé publique, une condition de notre avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Mobilisons-nous !</p>
<p style="text-align: justify;">PAS DE JUSTICE , PAS DE PAIX !</p>
<p style="text-align: justify;">Sandrine Goldschmidt, journaliste et militante féministe, <a href="http://sandrine70.wordpress.com/">http://sandrine70.wordpress.com/</a><br />
Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, <a href="http://memoiretraumatique.org/">http://memoiretraumatique.org/</a></p>
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez apporter votre soutien à ce texte en envoyant un mail à :<br />
adiredelles@gmail.com<br />
drmsalmona@gmail.com</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>« Il y a de bonnes repentances »</title>
		<link>http://blog.entrailles.fr/2011/07/il-y-a-de-bonnes-repentances/</link>
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		<pubDate>Tue, 05 Jul 2011 14:59:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mademoiselle S.</dc:creator>
				<category><![CDATA[1 - FEMINISME]]></category>
		<category><![CDATA[4 - CAPITAL HUMAIN]]></category>
		<category><![CDATA[Le dictionnaire bilingue]]></category>
		<category><![CDATA[Nos Amis les Fauves]]></category>

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		<description><![CDATA[Michel Fize est en train de faire son jardin, en cette belle journée de juillet. C’est les vacances, il a laissé le CNRS et la sociologie pour s’adonner à sa deuxième passion : la culture des navets. Michel  est donc &#8230; <a class="more-link" href="http://blog.entrailles.fr/2011/07/il-y-a-de-bonnes-repentances/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Michel Fize est en train de faire son jardin, en cette belle journée de juillet. C’est les vacances, il a laissé le CNRS et la sociologie pour s’adonner à sa deuxième passion : la culture des navets. Michel  est donc dans son jardin, tout sourire avec sa jolie salopette de jardinier et ses cheveux au vent, et plante des navets. Il sifflote gaiement et ricane en repensant à <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/04/dsk-victime-des-primaires-feministes_1544482_3232.html">cette leçon magistrale donnée aux féministes « primaires »</a> .</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1312"></span></p>
<p style="text-align: justify;">« Et pan, pense-t-il, qu’est-ce que je leur ai collé avec ma phrase « Pour ces femmes-là, il ne fait pas de doute que tous les hommes sont, par définition, des salauds » ! ; et quand j’ai écrit « Par ce raisonnement, la gent masculine représente naturellement, à leurs yeux, le sexe dangereux, la gent féminine incarnant, du coup, le sexe glorieux » ! »…  Mais n’ai-je pas été trop gentil en écrivant  « par ce raisonnement » ? Nul doute qu’elles ne raisonnent pas, ces femmes, trop occupées qu’elles sont à haïr les hommes… Et avec quel panache je termine mon article, en assénant « Quant à vous, mes­dames les «pri­maires» fémin­istes, je n’aimerais pas être dans votre tête ce matin ! Mais, on le sait, il y a de bonnes repentances…» ! ». Repensant à tout cela avec délectation, Michel se perd dans ses pensées, lorsque soudain, le ciel s’ouvre : ô miracle, surgit des cieux le visage d’Émile Durkheim.</p>
<div id="attachment_1314" class="wp-caption aligncenter" style="width: 349px"><a href="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/07/gilliam.holy_.grail2_.jpg"><img class="size-full wp-image-1314 " title="gilliam.holy.grail2" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/07/gilliam.holy_.grail2_.jpg" alt="" width="339" height="219" /></a><p class="wp-caption-text">« Émile Durkheim, depuis les cieux » (Oui, Mademoiselle est très douée en photomontage)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Tétanisé, Michel s’écroule et gémit : ô mon Dieu, je savais que ça allait m’arriver… aie pitié de moi, ô seigneur de la sociologie française !</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que Michel est à genoux au milieu de ses navets, les mains jointes vers le ciel, l’échine courbée et les yeux rivés au sol, implorant le pardon, s’abat la voix d’Émile Durkheim, telle un coup de tonnerre :</p>
<p style="text-align: justify;">- Cesse donc de pleurnicher, Michel !</p>
<p style="text-align: justify;">- Pardon, Maître…</p>
<p style="text-align: justify;">- Je viens de lire ton article dans le journal Le Monde, Michel. Celui où tu donnes une « leçon » aux féministes…</p>
<p style="text-align: justify;">Hésitant, Michel risque un regard vers le ciel et murmure :</p>
<p style="text-align: justify;">- Vous avez apprécié, Maître ?</p>
<p style="text-align: justify;">- Foutaises ! hurle le Maître.</p>
<p style="text-align: justify;">Un éclair s’abat alors sur le potager de Michel, faisant brûler d’un coup tous les navets. Michel se met alors à sangloter.</p>
<p style="text-align: justify;">- Cesse de pleurnicher, t’ai-je dit. Et écoute moi bien. J’ai été en dessous de tout concernant les femmes, Michel, j’ai été jusqu’à reprendre des comparaisons de tailles de crâne, pour avancer l’idée que les femmes étaient inférieures aux hommes. Tu te rends compte ? J’ai été jusqu’à torde mes théories pour leur faire dire ce que je voulais. Et moi qui glosais sur les prénotions desquelles il fallait se détacher… J’ai été nul, Michel. Nul.</p>
<p style="text-align: justify;">- Oh, non Maître !</p>
<p style="text-align: justify;">- Mais si ! Ne fais pas le lèche botte, tu n’es plus à l’école, Michel.</p>
<p style="text-align: justify;">- Pardon, Maître.</p>
<p style="text-align: justify;">- J’ai été nul, disais-je… mais jamais, jamais tu entends, je n’aurais osé écrire un article comme celui ci. Il y a des limites, Michel. Et je ne dis pas ça pour les femmes, car il faut bien avouer que cette question ne m’a jamais empêché de dormir. Je dis ça pour la Sociologie.</p>
<p style="text-align: justify;">- Mais…</p>
<p style="text-align: justify;">- « Il n’y a pas de mais qui tienne », comme disait ma grand-mère. Je ne me suis pas emmerdé à fonder cette science pour… ça ! Même Bourdieu a trouvé que tu étais allé trop loin. Et pourtant, c’est pas la gêne qui l’étouffait Bourdieu, avec les féministes.</p>
<p>Terrorisé, Michel Fize part se cacher derrière un navet.</p>
<p style="text-align: justify;">Agacé, Durkheim pointe son grand doigt vengeur vers le champ de navet :</p>
<p style="text-align: justify;">- Sors de là, Michel, montre toi !</p>
<p style="text-align: justify;">Michel apparaît alors, penaud.</p>
<p style="text-align: justify;">- Maître, c’est que… j’ai écrit ça parce qu’un homme était livré en pâture aux chiens par une bande d’hystériques ! J’ai agi dans l’urgence !</p>
<p style="text-align: justify;">- Eh bien ça ne te réussit pas…</p>
<p style="text-align: justify;">C’est alors que des éclairs zèbrent le ciel tandis que les nuages s’ouvrent, laissant apparaître Simone de Beauvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">- Même en prenant le temps de réfléchir, vous avez empilé les contre-vérités, les raisonnements erronés, et vous n’avez pas réussi à contenir votre morgue. Ça vous va bien, maintenant, de vous défouler sur ce… qui est-ce, d’ailleurs ?</p>
<p style="text-align: justify;">- Je m’appelle Michel Fize. F-I-Z-E. Je suis un spécialiste de renom de l’adolescence et de la famille. Je suis chercheur au CNRS !</p>
<p style="text-align: justify;">- Ah, lâche laconiquement Simone de Beauvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">- J’ai même écrit un livre qui s’appelle le « Deuxième homme », à propos des adolescents… vous saisissez le clin d’oeil ? Deuxième homme, Deuxième sexe… je m’inscris dans la continuité, voyez vous.</p>
<p style="text-align: justify;">- Ah, lâche à nouveau laconiquement Simone de Beauvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">- Oui, oui ! Je vois que vous êtes flattée… j’essaie moi aussi d’avoir du style, voyez-vous. Mais écoutez plutôt : je dis des choses comme « La jeunesse n’a pas de frontières, elle bouscule les habitudes, elle se remet en question, elle échoue, elle va recommencer » <sup class='footnote'><a href='#fn-1312-1' id='fnref-1312-1'>1</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Fier de son effet, Michel se saisit alors d’un navet calciné, le brandit et clame :</p>
<p style="text-align: justify;">- Je dis aussi : « Je ne pense pas qu’il y ait de mauvais âge, j’ai envie de dire, tout âge a ses vertus, et ses infortunes », je dis aussi que, lorsqu’on est jeune, c’est à dire entre 15 et 25 ans, puisque j’ai établi ces bornes scientifiquement, « on est rêveur, mais je dirais « rêveur concrètement » » <sup class='footnote'><a href='#fn-1312-2' id='fnref-1312-2'>2</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les cieux, s’installe un silence gêné. Beauvoir et Durkheim se regardent, dépités. Michel, prenant ce silence pour de l’admiration, enchaîne :</p>
<p style="text-align: justify;">- Je dis aussi : « Les jeunes de demain seront les adultes mûrs d’aujourd’hui ! » <sup class='footnote'><a href='#fn-1312-3' id='fnref-1312-3'>3</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">- Et les grand-parents d’après demain, je suppose? demande alors Beauvoir, médusée.</p>
<p style="text-align: justify;">- Oui, tout à fait, tout à fait ! Je note, je note ! s’exclame alors Michel. Ce qu’il y a de bien avec vous chère Simone, ajoute-t-il galvanisé, c’est que vous ne faites pas partie de ces féministes « primaires » que je dénonce. Car je prends la défense du féminisme, du bon, du raisonnable, de celui  qui permet de voir «se fau­filer» «un petit moment de grâce démoc­ra­tique (…) par-delà les sexes et les cultures.»  <sup class='footnote'><a href='#fn-1312-4' id='fnref-1312-4'>4</a></sup> ! Je montre la bonne direction aux féministes, voyez-vous ! J’ai écrit « Votre erreur, mesdames, et elle est magistrale »…</p>
<p style="text-align: justify;">- Suffit, Michel Frise… assène Simone de Beauvoir, agacée.</p>
<p style="text-align: justify;">- Fize ! F-i-Z-E. Fize !</p>
<p style="text-align: justify;">- Suffit ! Vous n’êtes pas le premier à avoir eu cette arrogance..  mais il est certain que j’ai rarement lu un texte aussi insipide et malhonnête à la fois. Et pourtant, la concurrence est féroce, à ce petit jeu, jeune homme. Félicitations. Vraiment.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que Simone de Beauvoir disparaît, ayant d’autres chats à fouetter et l’habitude de ce genre de niaiseries, surgit du champ de navets une Irène Théry en pleine réflexion :</p>
<p style="text-align: justify;">- L’incompréhension vient certainement du fait que vous êtes aveugles aux « défis nou­veaux sur­gis du lien social contemporain » <sup class='footnote'><a href='#fn-1312-5' id='fnref-1312-5'>5</a></sup> !</p>
<p>- Ah non, là c’est trop, gémit Durkheim. Je prononce la sentence. Michel Brise…</p>
<p style="text-align: justify;">- Fize, F-I-Z-E, spécialiste de renom de la sociologie de la famille et de l’adolescence, sociologue au CNRS, et…</p>
<p style="text-align: justify;">- On sait, on sait. Je te condamne à la culture des navets à perpétuité.</p>
<p style="text-align: justify;">Une lumière aveuglante envahit alors le ciel avant que les nuages se referment dans un bruit assourdissant. Dans le silence qui a envahi le potager, on entend alors la petite voix de Michel s’élever :</p>
<p style="text-align: justify;">- Dis Irène, je pourrais te piquer ta phrase sur les « défis nou­veaux sur­gis du lien social contemporain », ça irait bien avec ma phrase sur « Les jeunes de demain qui sont les adultes mûrs d’aujourd’hui ».</p>
<p style="text-align: justify;">La grêle s’abat alors, suivie d’une pluie de sauterelles. Puis les ténèbres recouvrent le jardin de navets calcinés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes :</strong></p>
<div class='footnotes'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-1312-1'>Propos extraits de la vidéo « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=FVksqK40YQs&amp;feature=related"> Épisode 1 : La jeunesse selon le sociologue Michel Fize </a> » <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1312-1'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1312-2'>Propos extraits de la vidéo « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=FVksqK40YQs&amp;feature=related"> Épisode 1 : La jeunesse selon le sociologue Michel Fize </a> » <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1312-2'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1312-3'>Véritable festival, ces propos sont toujours extraits de la vidéo « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=FVksqK40YQs&amp;feature=related"> Épisode 1 : La jeunesse selon le sociologue Michel Fize </a> » <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1312-3'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1312-4'>Référence aux écrits de Irène Théry, abordés dans l’article « La morale de ces morales », voir l’article : <a href="http://blog.entrailles.fr/2011/06/la-morale-de-ces-morales/">http://blog.entrailles.fr/2011/06/la-morale-de-ces-morales/</a> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1312-4'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1312-5'>Référence aux écrits de Irène Théry, abordés dans l’article « La morale de ces morales », voir l’article : <a href="../2011/06/la-morale-de-ces-morales/">http://blog.entrailles.fr/2011/06/la-morale-de-ces-morales/</a> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1312-5'>↩</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>La morale de ces morales…</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Jun 2011 15:57:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mademoiselle S.</dc:creator>
				<category><![CDATA[1 - FEMINISME]]></category>
		<category><![CDATA[Lafâme libérée]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sexisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Made­moi­selle voudrait vous faire un aveu de pre­mier ordre : elle n’a jamais réussi à lire un livre de la sociologue Irène Théry jusqu’au bout, parce que ça lui pique les yeux. Du coup, imag­inez sa joie lorsqu’elle est tombée &#8230; <a class="more-link" href="http://blog.entrailles.fr/2011/06/la-morale-de-ces-morales/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.sdfootnote { margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-size: 10pt; }p { margin-bottom: 0.21cm; }a:link {  }a.sdfootnoteanc { font-size: 57%; } --></p>
<p style="text-align: justify;">Made­moi­selle voudrait vous faire un aveu de pre­mier ordre : elle n’a jamais réussi à lire un livre de la sociologue Irène Théry jusqu’au bout, parce que ça lui pique les yeux. Du coup, imag­inez sa joie lorsqu’elle est tombée sur ses tri­bunes dans le jour­nal <em>Le Monde</em>, à l’occasion de « l’affaire DSK ».  10 000 car­ac­tères à tout casser, elle s’est dit qu’elle allait enfin y arriver. Eh bien non.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1244"></span>Il faut dire que Madame Théry écrit des choses comme :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">«D’un côté, il y a ceux qui soulig­nent avant tout la valeur fon­da­men­tale de la pré­somp­tion d’innocence à laque­lle a droit l’auteur allégué des faits. Ils ont sem­blé, dans les pre­miers jours, si majori­taires parmi les ténors qui font l’opinion en France et si indif­férents au sort de la vic­time pré­sumée qu’on n’a pas man­qué de les traiter de défenseurs paten­tés de l’ordre patri­ar­cal. Il est vrai que des réflexes machistes assez cognés ont fleuri ici et là pour défendre à leur manière l’innocence vir­ile : «il n’y a pas mort d’homme», «un trous­sage de domes­tique»… Mais on aura peine à nous faire croire que ces insan­ités d’un autre âge soient le révéla­teur prov­i­den­tiel d’un com­plot mas­culin caché sous la défense intran­sigeante des droits des jus­ti­cia­bles. Ce n’est pas la défense des mâles dom­i­nants qui est préoc­cu­pante chez ceux qui croient trou­ver dans la pré­somp­tion d’innocence la bous­sole unique guidant leurs réac­tions; c’est plutôt un cer­tain aveu­gle­ment men­tal aux défis nou­veaux sur­gis du lien social contemporain. » <sup class='footnote'><a href='#fn-1244-1' id='fnref-1244-1'>1</a></sup><a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/23/la-femme-de-chambre-et-le-financier_1525953_3232.html"><br />
</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">On va tout repren­dre, ne vous inquiétez pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc, Madame Théry nous explique que les pre­mières réac­tions lors de l’affaire DSK, réac­tions des «ténors qui font l’opinion en France», étaient large­ment des­tinées à rap­peler la pré­somp­tion d’innocence de DSK, mais que peu men­tion­naient la vic­time pré­sumée. Jusque là, on est bon. Elle ajoute, à pro­pos de ces «ténors», «qu’on n’a pas man­qué de les traiter de défenseurs paten­tés de l’ordre patriarcal.».</p>
<p style="text-align: justify;">Le «on» désigne cer­taine­ment quelques fémin­istes rad­i­cales très méchantes qui détes­tent les hommes, mais on n’en saura pas plus. Con­tin­uons. Parmi ces réac­tions, donc, on a trouvé selon Irène Théry, des «réflexes machistes assez cognés [qui] ont fleuri ici et là pour défendre à leur manière l’innocence vir­ile : “il n’y a pas mort d’homme”, “un trous­sage de domestique”». Sur les «réflexes machistes assez cognés», on est d’accord. Mais elle ajoute : «on aura peine à nous faire croire que ces insan­ités d’un autre âge soient le révéla­teur prov­i­den­tiel d’un com­plot mas­culin caché sous la défense intran­sigeante des droits des justiciables.».</p>
<p style="text-align: justify;">Deux choses inter­pel­lent : «d’un autre âge» et «com­plot mas­culin». Je ne sais pas vous, mais moi ça me laisse pantoise.</p>
<p style="text-align: justify;">Com­mençons par le «d’un autre âge». Madame Théry est une femme très sérieuse, la preuve, et là c’est comme le port-salut, c’est écrit dessus : à la fin de l’article, il est pré­cisé qu’elle est «direc­trice d’études à l’EHESS». Ce qui est vache­ment impres­sion­nant. Mais, ce qui inter­pelle, du coup, c’est juste­ment le recours à une expres­sion telle que «d’un autre âge». Parce que cela sig­ni­fie : «bon, ils sont machistes, mais euh… c’est parce qu’ils ont pris du retard, c’est une erreur, des résur­gences du passé. C’est qu’ils sont vieux dans leur tête, quoi !». Mademoi­selle, qui est direc­trice de rien du tout, se dit que, quand même, il s’agit là d’une analyse quelque peu lim­ite. Lorsqu’on y ajoute le «complot mas­culin», on ne peut que se réjouir pour nos ami-es étudiant-es. Désor­mais, il leur sera possible de répondre sur leurs copies :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;">A. Les dis­crim­i­na­tions, dans notre société, ce n’est pas bien, mais c’est d’un autre âge.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;">B. Tout cela ne révèle pas un complot. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;">Con­clu­sion : Ça dépend, c’est plus compliqué.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ce071f;">Note : 16/20 — appré­ci­a­tion du/de la professeur-e : Admirable, vous faites preuve de beau­coup de pru­dence sur un sujet fort épineux. Veillez tout de même à ne pas trop affûter vos argu­ments, on ris­querait de s’y couper.</span></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Mais pour­suiv­ons, parce que ce n’est pas fini.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon Irène Théry, «ce n’est pas la défense des mâles dom­i­nants qui est préoc­cu­pante chez ceux qui croient trou­ver dans la pré­somp­tion d’innocence la bous­sole unique guidant leurs réac­tions; c’est plutôt un cer­tain aveu­gle­ment men­tal aux défis nou­veaux sur­gis du lien social contemporain»</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, on va faire un peu de range­ment, pour les gens bas de pla­fond comme nous :</p>
<ul>
<li>Vieille analyse fémin­iste rad­i­cale dépassée, qui sent la haine des hommes, l’archaïsme et la naph­taline =  trou­ver «la défense des mâles dom­i­nants (…) préoccupante»</li>
<li>Nou­velle analyse mod­erne, pour un fémin­isme de la com­plex­i­tude qui sent bon le print­emps  = trou­ver préoc­cu­pant «un cer­tain aveu­gle­ment men­tal aux défis nou­veaux sur­gis du lien social contemporain».</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">«un cer­tain aveu­gle­ment men­tal aux défis nou­veaux sur­gis du lien social con­tem­po­rain»  : c’est beau, non ? Bon, je vous accorde qu’on ne voit pas exacte­ment ce que ça veut dire. On com­prend que «l’aveuglement men­tal» est dif­férent de l’aveuglement des yeux, qu’on appelle «céc­ité», mais qui n’empêche pas de penser, comme tout le monde sait. Donc on se dit qu’il s’agirait plutôt d’une sorte de refus de voir… avec le cerveau. De penser, en somme. Pfiou.  C’est com­pliqué ! Quant aux défis qui «sur­gis­sent» (tels des Zorro, hors de la nuit) du lien social con­tem­po­rain… Eh bien, ça voudrait dire que «il y a des nou­velles choses à voir avec son cerveau, nou­velles choses pro­duites par les rela­tions entre indi­vidus, rela­tions qui auraient changé actuelle­ment». On ne sait pas ce qui a changé, ni en quoi con­siste le «lien social con­tem­po­rain», mais on se dit que ce «lien social con­tem­po­rain» doit être le lien social qui est arrivé après le «un autre âge», et qui désigne donc le «avant qu’on soit maintenant».</p>
<p style="text-align: justify;">En tous cas, peut-être l’auteure explique-t-elle ce que sont les «nou­veaux défis sur­gis du lien social con­tem­po­rain» dans la suite de l’article, mais Made­moi­selle ne sait pas où exacte­ment. Elle est un peu bébête, faut dire.</p>
<p style="text-align: justify;">Est-ce là ?</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">«une civil­ité sex­uelle renou­velée, capa­ble d’irriguer la vie ordi­naire de nos sociétés et d’inscrire la sex­u­al­ité au sein d’un monde humain certes plu­ral­iste, mais qui demeur­erait un monde commun.»</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Ou là ?</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">«la valeur cen­trale que nous accor­dons non plus au mariage mais au con­sen­te­ment dans le grand partage entre le per­mis et l’interdit sexuels.»</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Quelle drôle de lan­gage. Enfin, puisqu’elle parle de con­sen­te­ment, diri­geons nous docile­ment vers un autre article de l’auteure à propos de « l’affaire DSK », inti­t­ulé cette fois : «Un fémin­isme à la française » <sup class='footnote'><a href='#fn-1244-2' id='fnref-1244-2'>2</a></sup><sup><br />
</sup></p>
<p style="text-align: justify;">D’abord, sachez que grâce à ce « fémin­isme à la française », selon Irène Théry, on a pu  «au milieu de la tem­pête de boue qui nous agite depuis deux semaines», voir «se fau­filer» «un petit moment de grâce démoc­ra­tique (…) par-delà les sexes et les cultures.».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/06/bisounours-2.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-1248" title="bisounours 2" src="http://blog.entrailles.fr/wp-content/uploads/2011/06/bisounours-2.gif" alt="" width="87" height="125" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui fait très plaisir à Groschéri, le gen­til Bisounours qui vit dans les nuages.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce n’est pas tout, ces « fémin­istes à la française » ont également « redonné sa chance à la diver­sité de la pen­sée fémin­iste » et surtout « des cen­taines de mil­liers d’hommes s’y retrou­vent très bien.»</p>
<p style="text-align: justify;">Alors là, Groschéri est aux anges, parce qu’un fémin­isme dans lequel «des cen­taines de mil­liers d’hommes» ne s’y retrou­veraient pas, ce serait man­quer à un des fonde­ments pre­miers du féminisme : ne pas bous­culer les hommes. Non mais oh ! Manquerait plus que ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais avec tout cela, nous ne savons tou­jours pas ce qu’est un «fémin­isme à la française». Et bien accrochez-vous, c’est à en avaler son dentier :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Mon sen­ti­ment est que, par-delà mes con­vic­tions, le fémin­isme à la française est tou­jours vivant. Il est fait d’une cer­taine façon de vivre et pas seule­ment de penser, qui refuse les impasses du poli­tique­ment cor­rect, veut les droits égaux des sexes et les plaisirs asymétriques de la séduc­tion, le respect absolu du con­sen­te­ment et la sur­prise déli­cieuse des bais­ers volés. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Alors là, franche­ment, si le «fémin­isme à la française» existe, ce que je ne crois pas, j’en ai ter­ri­ble­ment honte. Je ne com­prends même pas qu’on puisse écrire de pareilles foutaises.</p>
<p style="text-align: justify;">Le genre ver­beux est hélas courant… Quand l’auteure disserte sur le «lien social con­tem­po­rain » d’où sur­gis­sent de «nou­veaux défis», nous ne prenons pas de grands risques, puisque cela ne veut rien dire. Mais là, pour une fois qu’on voit claire­ment ce qu’elle veut dire, eh bien on regrette presque ses phrases alambiquées et obscures.</p>
<p style="text-align: justify;">Le «fémin­isme à la française», se serait donc le fait de réclamer l’égalité des droit ET d’aimer une petite dom­i­na­tion sym­pa­thique quand on sort de l’université et qu’on va boire un verre ; ce serait aimer cette façon tout à fait char­mante qu’aurait l’homme de nous relu­quer nos fesses d’intellectuelle qui ne fait pas que penser, mais qui vit, voire qui s’encanaille un peu ! Tout à fait déli­cieux, ma chère ! Quant aux «plaisirs asymétriques de la séduc­tion» : mais qu’est-ce que cela veut dire ? Que la dom­i­na­tion, c’est exci­tant ? Je ren­con­tre sou­vent des femmes qui trou­vent que, finale­ment, un mec doit être un « vrai mec » pour leur plaire, qui dis­ent aimer les hommes «un peu machos». C’est affligeant pour les hommes et pour les femmes. Mais lorsque ces femmes dis­ent cela, elles n’ont pas de tri­bune ouverte dans le jour­nal Le Monde, et ne le font pas du haut de leur pos­ture de «direc­trice de recherche à l’EHESS». Leur tra­vail, à elles, ne con­siste pas à penser le monde social. Elles ne sont pas payées pour ça. Irène Théry, elle, a le temps de réfléchir avant d’écrire cela. Elle a toute une car­rière d’universitaire pour le faire. Elle a toute une car­rière d’universitaire pour penser cette «séduc­tion à la française» qu’on nous a enfoncé dans le crâne depuis notre ten­dre enfance. Vous vous sou­venez cer­taine­ment de cette chan­son, qu’on fait chanter aux enfants dès leur plus ten­dre enfance :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean­neton prend sa fau­cille, La rirette, la rirette, Jean­neton prend sa fau­cille, Et s’en va couper des joncs (bis)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En chemin elle ren­con­tre, La rirette, la rirette, En chemin elle ren­con­tre, Qua­tre jeunes et beaux gar­cons (bis)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le pre­mier, un peu timide, La rirette, la rirette, Le pre­mier, un peu timide, Lui caressa le men­ton (bis)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le deux­ième un peu moins sage, La rirette, la rirette, Le deux­ième un peu moins sage, Lui souleva son jupon (bis)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le troisième encore moins sage, La rirette, la rirette, Le troisième encore moins sage, La coucha sur le gazon (bis)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce que fit le qua­trième, La rirette, la rirette, Ce que fit le qua­trième, N’est pas dit dans la chan­son (bis)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La morale de cette his­toire, La rirette, la rirette, La morale de cette his­toire, C’est qu’les hommes sont des cochons (bis)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La morale de cette morale, La rirette, la rirette, La morale de cette morale, C’est qu’les femmes aiment les cochons (bis)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La morale de ces morales, La rirette, la rirette, La morale de ces morales, C’est qu’ca fait des p’tits cochons</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">La chanson ne dit pas si Jean­neton est consentante, ce qui a d’ailleurs l’air d’être le dernier souci de tout le monde. Elle partait bosser, au départ, Jeanneton. Elle avait peut-être autre chose à faire que de servir de cobaye à quatre garçons décidés à se faire la main sur elle. Mais la conclusion est là : les hommes seraient des porcs, les femmes aimeraient ça, et cela con­tinuerait, de généra­tions en généra­tions. Et tout cela serait for­mi­da­ble­ment sub­ver­sif,  ou «poli­tique­ment incor­rect», comme dirait Irène Théry qui aime nous faire croire qu’elle vogue con­tre vents et marées, alors qu’elle navigue sur une mer d’huile, à la lueur de vieilles lunes.</p>
<p style="text-align: justify;">Eh bien figurez-vous que moi, je n’aime pas être prise pour de la merde, et cela quel que soit le lieu où je me trouve. Y com­pris dans mon cou­ple, y com­pris dans les inter­ac­tions avec d’autres hommes. Je n’aime pas être prise pour de la merde, même si on m’enrubanne ma domination dans un joli papier doré avec «séduction» écrit dessus. Je n’ai aucun plaisir à ce qu’on m’arrache un baiser, ni quoique ce soit d’ailleurs, et me sen­tir dom­inée ne me fait pas vibrer. Mais que Irène Théry ne dés­espère pas : on peut appren­dre à apprécier le désir d’un homme (ou d’une femme) qui ne vous vole pas de bais­ers, mais vous donne envie de l’embrasser ; on peut appren­dre à aimer voir dans le regard d’un homme une pro­fonde com­plic­ité intel­lectuelle, physique ; on peut aimer et désirer un homme qui ne s’essuiera pas les pieds sur vous, même de temps en temps, même juste un peu, mais en vous faisant un sourire. C’est même ter­ri­ble­ment agréable et exci­tant. Ça n’empêche ni la pas­sion, ni le désir sex­uel, bien au con­traire… à par­tir du moment où on est con­va­in­cue qu’on peut aimer et être aimée sans baisser la tête, sans devoir jouer le jeu de la soumis­sion, sans devoir ménager les sus­cep­ti­bil­ités du mâle dominant.</p>
<p style="text-align: justify;">Parce que l’asymétrie, la dom­i­na­tion, les bais­ers volés, ce n’est pas glam­our. La dom­i­na­tion, c’est le lavage des chiottes de ces messieurs, c’est la course au super­marché, les salaires de merde, c’est se retrou­ver can­ton­née au tor­chage des mioches, c’est être écartée des lieux de déci­sion, devoir fer­mer sa gueule, se faire définir, baiser, mépriser. Qu’elle trouve ça sexy, grand bien lui fasse. Qu’elle aime se faire flat­ter la croupe au sor­tir d’un déje­uner, grand bien lui fasse. Qu’elle estime qu’un fémin­isme «qui refuse les impasses du poli­tique­ment cor­rect» soit un fémin­isme qui glousse «ah ce qu’on aime les hommes et leurs grandes épaules, leur façon de nous pro­téger et de nous séduire en nous mal­trai­tant un peu…», tant mieux pour elle. Et tant pis pour le féminisme.</p>
<p style="text-align: justify;">La morale de ces morales, comme dit la chanson, c’est que beau­coup d’hommes «d’un autre âge» vont adorer ce genre de discours.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">-------</p>
<p>Pour lire la réponse de Joan W. Scott, à propos de ce « féminisme à la française » : <a href="http://www.liberation.fr/politiques/01012342214-feminisme-a-la-francaise">http://www.liberation.fr/politiques/01012342214-feminisme-a-la-francaise </a></p>
<p>-------</p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<div id="sdfootnote3" style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/28/un-feminisme-a-la-francaise_1528802_3232.html"></a></span></span> </p>
</div>
<div class='footnotes'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-1244-1'>Irène Théry, « La femme de cham­bre et le financier », 	article paru sur  le site du journal Le Monde, le 23 mai 2011, à 	l’adresse : 	<a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/23/la-femme-de-chambre-et-le-financier_1525953_3232.html">http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/23/la-femme-de-chambre-et-le-financier_1525953_3232.html</a>  <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1244-1'>↩</a></span></li>
<li id='fn-1244-2'>Irène 	Théry, « Un féminisme à la française », article paru 	sur le site du journal Le Monde, le 28 mai 2011, à l’adresse : 	<a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/28/un-feminisme-a-la-francaise_1528802_3232.html">http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/28/un-feminisme-a-la-francaise_1528802_3232.html</a>  <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1244-2'>↩</a></span></li>
</ol>
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