IVG « de confort » : les arroseurs arrosés.

Tout d’abord, félicitations : vous avez survécu à la journée de Lafâme. Normalement, vous n’avez qu’une envie : passer à autre chose. Dommage, car il nous faut revenir au 8 mars 2009, la journée de Lafâme d’il y a trois ans. À cette occasion, vous aviez pu lire sur ce site un article consacré à l’expression « IVG de confort », expression qui était alors passée complètement inaperçue ou presque. Elle était pourtant inscrite clairement dans le titre d’un article du journal Le Figaro, en date du 25 février 2009 : « De plus en plus d’avortements de confort ». Le Dr Grégoire Moutel, responsable du laboratoire d’éthique médicale de l’université Paris-Descartes, interrogé dans cet article, qui n’est plus accessible gratuitement sur le site du Figaro, s’offusque à présent de la récupération de ses propos par le FN : « J’ai été manipulé ! Je suis offusqué qu’un parti politique puisse utiliser partiellement des études scientifiques ». Ses propos étaient pourtant clairs, lorsqu’il s’est exprimé il y a trois ans dans les colonnes du Figaro : « À l’origine, les indications d’un avortement impliquaient une détresse matérielle ou psychologique de la femme, elles sont aujourd’hui plus de l’ordre du confort, ce qui n’est pas dans l’esprit de la loi. »

De plus en plus d’avortements de «confort»

(Le Figaro, 25/02/2009)

Certains gynécologues-obstétriciens se détourneraient de cette pratique à cause des dérives constatées ces dernières annnées.

La pénurie annoncée de praticiens de l’avortement ne serait pas uniquement liée à un problème de restructuration hospitalière ou de renouvellement de génération, mais au désinvestissement de professionnels qui se posent de plus en plus de questions face à la  consommation» de l’IVG. C’est en tout cas ce qu’observe le Dr Grégoire Moutel, responsable du laboratoire d’éthique médicale de l’université Paris-Descartes. «Beaucoup de professionnels, qui ne sont pas du tout des militants pro-vie, changent aujourd’hui de regard après avoir trop vu de glissements sur la pratique, explique-t-il. À l’origine, les indications d’un avortement impliquaient une détresse matérielle ou psychologique de la femme, elles sont aujourd’hui plus de l’ordre du confort, ce qui n’est pas dans l’esprit de la loi.»

Ce médecin en veut pour preuve le nombre de «récidives» : alors qu’une femme sur dix avait subi deux ou trois avortements il y a dix ans, elles sont aujourd’hui deux sur dix, révèle une de ses études. De même, du fait du rallongement du délai de 10 à 12 semaines, certaines femmes, lors de l’échographie du premier trimestre, feraient «passer des petits doutes d’anomalies sur des IVG», évitant ainsi l’IMG (interruption médicale de grossesse) soumise, elle, à l’avis médical rigoureux d’une collégialité d’experts.

Autre glissement : aux côtés de couples qui «se retrouvent légitimement à devoir faire une sélection sur cinq ou six embryons» après une assistance médicale à la procréation, «d’autres le font pour une simple gémellité !» observe-t-il. Autant de raisons, selon lui, qui font lever le pied à ses confrères sur la pratique. «Ils finissent par se dire qu’ils n’ont pas choisi la gynéco-obstétrique pour faire ça.» Selon lui, la révision des lois bioéthiques doit précisément être l’occasion, non pas de remettre l’IVG en cause, mais de repenser son accès et la façon dont ses indications sont posées.

Toujours est-il que depuis que cette expression est passée il y a quelques jours par la bouche de Marine Le Pen et Louis Alliot, le second du FN, les politiques et les journalistes s’agitent violemment le bocal.

« C’est dégueulasse ! »

Depuis la reprise par le Front National de cette expression, donc, au PCF, au Parti Socialiste, jusqu’à l’UMP, par la voix de la porte-parole de l’UMP Valérie Rosso-Debord, on se met à hurler qu’on ne peut pas parler d’IVG « de confort ». Pascale Clark, journaliste à France Inter, est même sortie littéralement de ses gonds face à Louis Aliot, en lui demandant de lui répéter cette expression en la regardant dans les yeux, avant de lui lancer : « C’est dégueulasse ! ».

C’est effectivement dégueulasse. Mais c’est loin d’être nouveau. Et cette expression est loin d’être l’apanage du Front National. Certes, le Front National est, à ma connaissance, le seul parti à proposer de dérembourser l’IVG. Mais le FN ne fait que surfer sur une vague qui consiste à voir l’IVG comme un acte moralement douteux, évitable et forcément traumatisant, pour la société et les femmes qui le demandent. Cette vision de l’avortement, c’est tout l’échiquier politique, ou presque, qui l’entretient.

Au nom de quoi trouvent-ils cette expression dégueulasse ? 

On pourrait se dire que cette levée de boucliers est très positive. Mais que signifie-t-elle ? On pourrait croire que ceux qui s’insurgent contre cette expression veulent à tous prix éviter que l’IVG soit, à la manière des médicaments dits de « confort », déremboursée. Mais hélas, il semblerait que ce qui les choque surtout, c’est qu’on accole le terme « confort » à celui d’IVG… car, disent-ils, l’IVG n’a rien de « confortable ». En somme, ce qui les retourne littéralement, c’est qu’on puisse présenter l’IVG autrement que comme un drame pour toute femme.

Au PS, on s’insurge ainsi en ces termes, sous le titre « L’IVG de confort n’existe pas » :

« Ce lundi 30 janvier dans l’émission « mots-croisés » le vice-président de Front National Louis Aliot a dénoncé des « IVG de confort ». Non, il n’y a pas d’IVG de confort, le choix de fonder une famille, de poursuivre une grossesse ne doit pas être subi. L’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) n’est jamais un acte anodin pour une femme. Le remboursement par la sécurité sociale de l’IVG est indispensable pour que chaque grossesse menée à terme soit désirée »

Par ailleurs, une récente tribune, écrite par Israël Nisand, Brigitte Letombe, gynécologues, et Sophie Marinopoulos, psychanalyste, nous enjoint de nous inquiéter de la hausse du nombre d’avortements chez les jeunes, au motif, selon eux, que l’avortement a forcément des conséquences dramatiques sur les femmes.

« nous ne pouvons pas laisser dire que les femmes qui y ont recours ne sont pas marquées, d’une façon ou d’une autre, par cette expérience. Nous voyons chaque jour dans nos consultations des femmes qui nous disent leur souffrance psychologique et leur mal-être parfois de nombreuses années après »

Cessez de parler à la place des femmes

Avec une mauvaise foi et un anti-intellectualisme totalement débridés, les trois auteurs de cette tribune dénient aux chercheur.es qui travaillent sur cette question toute légitimité à parler de l’IVG, au motif qu’ils ne sont pas aux côtés des femmes qui avortent. Aux praticiens comme I. Nisand, les femmes diraient « leur souffrance psychologique et leur mal-être parfois de nombreuses années après, alors qu’elles auraient pu «cocher» lors d’un sondage que «tout allait bien». La souffrance ne se coche pas, elle se parle ! ». Eh bien soit, puisque les femmes parlent, venez donc écouter les 3000 femmes qui ont signé l’appel « IVG, je vais bien, merci! » ; venez écouter les 200 femmes qui sont venues témoigner sur le site « IVG, je vais bien, merci !« . Ce qu’elles vous disent, c’est qu’il est bien souvent impossible de vous dire autre chose que ce que vous voulez entendre : que l’avortement serait un drame ; ce qu’elles vous disent, c’est que leurs larmes sont bien souvent provoquées par la manière dont elles peuvent être traitées lorsqu’elles interrompent volontairement leur grossesse, et non par l’IVG en elle-même; ce qu’elles vous disent, c’est que c’est votre attitude et le fait que les femmes soient résumées à leur rôle social de mères en puissance, qui les fait souffrir. Ce qu’elles vous disent, enfin, c’est de leur foutre la paix, de ne pas parler à leur place, et de cesser de leur dicter ce qu’elles doivent penser et ressentir.

La défense sur la défensive, ou comment défendre le droit à l’avortement… un peu mais pas trop.

Comment s’étonner, dès lors que l’IVG est présentée comme un drame et un acte à éviter absolument par toutes les composantes de l’échiquier politique ou presque, qu’un parti comme le Front National finisse par proposer qu’on le supprime ? Comment s’étonner que ce droit soit battu en brèche par un tel parti, si ceux qui sont supposés le défendre ne le font que du bout des lèvres, en le désignant non pas comme un droit, mais comme un pis aller, un traumatisme ou une déviance ?
Si l’on parle de l’avortement en disant que c’est un acte forcément SUBI (« elle a subi un avortement ») ; si l’on répète, sur les bancs de l’Assemblée Nationale comme dans les médias, qu’il faut éviter les avortements, au lieu de dire qu’il faut éviter les grossesses non désirées ; si l’on reste obsédé par le nombre d’avortements, comme s’il s’agissait d’un véritable fléau à combattre ; si l’on ne présente l’avortement que comme un échec ; si l’on colporte le fantasme selon lequel des femmes utiliseraient l’avortement comme un moyen de contraception…. comment s’étonner alors que ce droit ne soit pas vu comme un droit positif et fondamental, mais bien comme un geste néfaste qui est à combattre ? Car tous ces discours présentant l’avortement comme un acte néfaste à éviter absolument sont tenus par des gens censés le défendre, par des gens de gauche et non par des groupes extrémistes anti-IVG.
Tous ces gens qui s’insurgent actuellement contre cette expression, sont les premiers à nous être tombés dessus lorsque nous avons crée il y a bientôt un an le site « IVG, je vais bien, merci ! », au motif que parler des femmes qui vont bien après leur IVG banalisait l’avortement. (voir à ce titre l’article « Décomplexées ! »)
Comment peut-on s’étonner qu’à force de fragiliser ce droit, en le présentant comme un acte à la limite de la déviance, on finisse par en faire… un droit fragile ? 
Si les personnes qui se sont insurgées contre cette expression veulent réellement lutter pour le droit à l’avortement, ce sont leurs propres représentations de l’avortement qu’ils doivent interroger. Car si l’on pense qu’une IVG est « excusable » lorsqu’elle est justifiée par de « vraies raisons », c’est que l’IVG n’est pas réellement un droit, mais une dérogation, une tolérance accordée aux femmes à condition qu’elles ne « récidivent pas » et qu’elles se flagellent d’avoir eu recours à ce droit.
Dès lors que l’on laisse à autrui le droit de juger si une interruption volontaire de grossesse est légitime ou pas en se substituant au seul jugement des femmes, à ce qu’elles estiment, elles, relever de leur choix propre, n’est-on pas en train de préparer le terrain à des propos présentant l’IVG comme un acte « de confort » ?
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66 réponses à IVG « de confort » : les arroseurs arrosés.

  1. ElDesdichado dit :

    Merci pour ce texte, précis et pertinent.
    Je trouve toutefois qu’un point mériterait d’être creusé : que l’avortement soit un droit, et un droit effectif (c’est à dire que l’Etat s’assure que les femmes qui le souhaitent puissent le faire pratiquer dans des conditions et des délais acceptables) je pense que c’est quelque chose de juste et légitime. J’ai moins d’arguments (même si par principe j’y suis favorable) en faveur du remboursement par la collectivité de ces actes, surtout si l’on considère qu’ils sont le fruit d’un choix délibéré, et souvent « non pathologique », voire même comme vous l’écrivez non causeur de traumatisme.
    Au plaisir si vous le souhaitez de vous lire sur ce point.

    • Mademoiselle S. dit :

      Le droit à l’avortement, c’est d’une manière indissociable une possibilité légale ET les moyens d’y avoir recours. Sinon, on condamne certaines femmes (celles qui ne peuvent pas payer leur IVG) à retourner dans les cuisines des faiseuses d’anges, ou à subir une maternité non désirée.

      • Mademoiselle S. dit :

        J’en profite pour transmettre une info, envoyée par mail :

        Comme chaque année les cathos fachos manifestent contre l’IVG à Bordeaux.
        Si vous voulez faire tourner l’info c’est en pièce jointe et si vous
        voulez venir, vous pouvez nous contacter (hébergement possible).

        Ovaires et Contre Tout
        ————————————————————————–

        Le 24 mars, les catholiques intégristes du collectif « Oui à la vie »,
        accompagné.e.s des nervis d’extrême-droite qui assurent traditionnellement
        leur service d’ordre, essaieront une fois de plus d’occuper l’espace
        public en organisant une « grande marche pour la vie et la famille » dans
        les rues de Bordeaux.
        Pour la vie et la famille ? C’est à dire contre l’avortement et la
        contraception, pour un modèle familial unique, patriarcal et homophobe :
        papa chef de famille, maman poule pondeuse au foyer, et des marmots à la
        pelle, conditionnés à reproduire le même schéma.
        L’avortement, un droit acquis ? …..
        Cette année non plus ne les laissons pas marcher :
        Rassemblement le 24 mars à 13h place Pey Berland.

        Pour que cette manifestation soit la plus massive possible, merci de faire
        tourner l’info dans vos réseaux locaux et nationaux.

        NOS CORPS, NOS VIES, NOS SEXUALITÉS NOUS APPARTIENNENT !

        télécharger le tract.

        GRAAF (Groupe de Résistance Anarchiste AntiFasciste)

      • ElDesdichado dit :

        Je reste un peu sur ma faim avec votre réponse. Prendre en charge certaines femmes désirant avorter et ne pouvant payer l’acte ne veut pas forcément dire « prendre en charge toutes les IVG »…

        • Mademoiselle S. dit :

          L’IVG signifie Interruption VOLONTAIRE de grossesse. Dès lors que la femme estime que la grossesse la placerait dans une situation de « détresse », situation définie par la femme concernée, alors elle a le droit de demander une IVG. Dès lors, pourquoi ne pas prendre en charge toutes les demandes d’IVG ? Cela signifie qu’il y aurait une instance qui déciderait si le motif de détresse est valable ou non ?
          L’IVG est bien différent de l’IMG (interruption médicale de grossesse), qui elle, n’est pas sur décision uniquement de la femme concernée par la grossesse (et n’est pas limitée à un délai de 14 SA).

          • encore une hystérique dit :

            et puis donc ce serait à charge que des femmes et JAMAIS des hommes.
            et puis ça vous choque pas qu’on rembourse les contraceptifs, je pense. pourtant coucher sans risque de grossesse (ou presque) c’est aussi un choix non pathologique, non?

          • Iyhel dit :

            @encore une hystérique : précisons que tous les contraceptifs ne sont pas remboursés, loin de là. Pas les préservatifs, masculins ou féminins, pas toutes les pilules hormonales. (seulement celles « de base » qui ont la fâcheuse manie de détraquer sérieusement le corps de certaines ou d’être parfois inefficaces) Et le DIU ça ne fait qu’une dizaine d’années. Je n’ai pas encore posé la question pour la vasectomie mais je suis pas hyper optimiste.

            Donc non, le remboursement de la contraception non plus ne va pas de soi, on va quand même pas encourager les gens à prendre leur pied en toute liberté non plus ma bonne dame ?

            (Mademoiselle S., pourquoi je peux pas répondre directement à l’hystérique ?)

          • encore une hystérique dit :

            @lyhel
            c’est vrai j’aurais du mettre « qu’on rembourse DES ou CERTAINS contraceptifs ».

    • Twingo dit :

      Personnellement, je suis d’avantage dérangée par la prise en charge par la collectivité des procréations assistées … parce qu’il s’agit là aussi de choix de vie individuels qui, si l’on regarde bien, coûtent encore plus cher à la société

  2. Laforet dit :

    Rien à rajouter à cet article. Merci, mademoiselle. Personne n’a à décider à la place de quelque femme enceinte que ce soit, du devenir de sa grossesse. Nous avons droit à ce que cet acte, pour notre santé présente et future, soit médicalisé donc remboursé. Point barre. Le reste ne regarde personne d’autre que nous. Ce n’est pas pour rien que le mouvement qui pratiquait les ivg avant la loi Veil s’est dénommé « Choisir ».

  3. pupuce dit :

    coup de provoc gratuit mais cherchez un peu dans le fond, y’a pas que du faux:
    tant qu’à vouloir nous obliger à enfanter (et sans soutien en prime, parce que c’est bien beau de dire « gardez le gardez le » mais on attend encore les moyens de gérer derrière, horaires de travail aménagés, modes de garde, etc, merci de tout prendre en considération et pas seulement la minute de la naissance du mioche, parce qu’il va durer un peu, après, voyez, et on les entend moins là les pro life, hein…), puisqu’on est au temps du libéralisme absolu…
    autorisez-nous au moins à les vendre, ces gosses qu’on veut pas!
    ah.
    hein.
    j’avais prévenu. provoc.
    bin ouaip.
    j’en ai marre d’être « libre » de faire « ce que je veux » de mon vagin et pas de mon utérus, voilà. puisque les deux sont à moi. c’est fou comme la propriété privée a des fois des limites coconnes , hein?

  4. Euterpe dit :

    Bon moi je ne crois pas à cette IVG de confort et c’est un concept qui ne pouvait sortir que d’une caboche masculine. Néanmoins j’observe effectivement une propension chez certaines jeunes filles née dans les années 1990 à avorter un peu trop facilement, il ne faut pas non plus occulter la réalité. Sauf qu’elles ne le font pas par confort mais de mon point de vue par tendance autodestructrice.
    Un médecin qui avorte ne peut pas voir ce qu’il y a dans la tête de ces jeunes filles. Elles sont jolies, pimpantes, rigolardes mais quand on les connaît personnellement on s’apercoit qu’elles sont vachement larguées, que le père est absent parce que lui-même est largué, que la mère est dépassée par les événements et ce que l’on constate c’est une société de gens de plus en plus largués ce qui a malheureusement une incidence directe sur l’augmentation des avortements. La recrudescence des avortements est un symptome de malaise GÉNÉRAL. Il n’y a pas à stigmatiser des individuEs. Le FN est un spécialiste de la stigmatisation des individus.
    L’IVG n’est jamais un confort et ne peut être associé à ce mot même si des gamines avortent au lieu de prendre la pilule ou d’utiliser d’autres moyens contraceptifs. Même si on a l’impression que cela ne les atteint pas et qu’elles font cela comme de mâcher du chewing gum ce n’est qu’une l’apparence. En dessous, il y a un chaos mental inimaginable et pas un adulte pour aider ces jeunes. Chez les garcons le chaos est identique mais il ne se traduit pas par des avortements, évidemment !

    Au lieu de punir, d’empêcher, de mettre des barrières à ceci et à cela, il serait temps de remoraliser la politique. Quand nos dirigeant.e.s seront de nouveau capables de présenter une certaine droiture et ligne de conduite plus que moins exemplaire, il y aura moins de paumés dans la population.
    A bas le FN, l’UMP, le PS et tous les compromissionnistes patentés multimillionnaires qui sortent des écoles d’élite ainsi que les fifils et fifilles à papa.

    • Emma dit :

      « j’observe effec­tive­ment une propen­sion chez cer­taines jeunes filles née dans les années 1990 à avorter un peu trop facile­ment, il ne faut pas non plus occul­ter la réal­ité. »
      Deux questions :
      quelle est votre profession/activité bénévole qui vous permet de faire ce constat ?
      qu’est ce que signifie concrètement avorter un peu trop facilement ?

      • Euterpe dit :

        A Emma : je trouve vos questions légèrement inquisitrices et je n’ai pas de renseignements à vous donner sur ma vie privée. Et si j’ai mis ce commentaire ce n’est pas parce que je tire ces observations de ma manche. Je n’invente rien, c’est tout ce que je peux vous dire. Quand une jeune fille de 20 ans a déjà trois avortements derrière elle cela me paraît beaucoup dans un monde où les distributeurs automatiques de préservatifs se trouvent à chaque coin de rue. Je ne blâme personne mais il me semble ahurissant que l’on choisissent l’avortement plutôt que la contraception. J’en conclus que ce n’est pas un choix mais une affaire de chaos mental.
        D’ailleurs, on oublie de dire que parallèlement il y a aussi de plus en plus d’adolescentes qui ont des enfants. Cela procède de la même détresse.
        Je pense qu’il y a là un problème et je ne m’intéresse pas à la bataille des chiffres ni aux histoires d’ivg « confort » qui pour moi n’existe pas mais qu’on ne vienne pas m’agresser si j’affirme que des gamines avortent tous les deux ans quand elles n’ont pas déjà un enfant dès 15 ans.
        Cela s’appelle une conduite à risque. Comme de voler des voitures, de prendre de la drogue ou de s’adonner à un trafic de cartes de crédit. Les avortements répétés ne sont pas à considérer comme un substitut à la contraception mais comme le symptome de difficultés psychiques.
        Je pense que le déni de réalité ne sert pas non plus à grand chose et crier qu’il n’y a pas de limite au nombre d’avortements que l’on peut ou veut pratiquer est aussi irresponsable que d’interdire l’avortement.
        Je trouve que si l’on observe des comportements à risque chez certaines (est-ce bon pour la santé de se faire avorter tous les deux ans?) il serait bon après qu’elles aient avorté de les envoyer en thérapie par exemple pour voir de quoi elles souffrent pour s’infliger à elle-même des épreuves pareilles.
        Arrêtons de faire comme si les jeunes filles dans une société aussi déglinguée que la nôtre n’avaient besoin de rien DE PLUS qu’une autorisation d’avorter. Point. Nous ne sommes plus dans les années 70…..que les jeunes filles d’aujourd’hui n’ont d’ailleurs pas connues.

        • Emma dit :

          Et bien rien d’inquisitoire, il me semble que pour être aussi affirmative, il faut parler d’un point de vue renseigné. Donc oui je trouve légitime de demander à partir de quelle situation perso (boulot d’infirmière en lycée, psy, planning familial, gynéco) vous vous basez pour faire vos observations.

          Et la notion d’avortement un peu trop facile me parait essentielle à préciser concrètement, factuellement, car un tel vocabulaire sort du descriptif pour rentrer dans le jugement.

          Par ailleurs pour faire d’une généralité une jeune femme qui a avorté 3 fois à 20 ans, il faut d’abord préciser quelle est la proportion de ce comportement, 5 % 30 %, 50 %.
          Les chiffres ne sont pas une bataille, il permettent de quantifier l’importance d’un phénomène

          • Euterpe dit :

            Non je n’ai pas besoin de « travailler » avec des jeunes filles. J’ai juste besoin d’en avoir autour de moi et je ne parle pas que d’un cas, j’en juste donne un EN EXEMPLE.
            Si vous ne voyez rien de destructif à avorter à une telle cadence, moi si.
            Mais cette société tend à banaliser toute opération. On passe en salle opératoire pour un oui ou pour un non, un rhume, un doigt de pied foulé.
            De telles brutalités infligées à son corps ne choquent donc que moi ? Aucune opération n’est anodine,
            désolée, je ne trouve pas génial de dire : chouette les filles prennent le parti d’avorter c’est plutôt positif. Je vois qu’elles ne prennent pas le parti de se protéger d’une grossesse et cela m’inquiète pour elles, pour leur santé.

            En plus, quand elles se retrouvent enceintes, elles recoivent l’injonction d’avorter comme si c’était évident parce qu’on a moins de 20 ans.
            On passe d’une époque où il était interdit d’avorter à une époque où on est obligé d’avorter. Je trouve toute injonction profondemment crétines.

            Les acharnés pro-avortements ne m’enthousiaste pas plus que les acharnés anti.
            On oublie de considérer l’avortement dans le contexte socio-économique de surconsommation. S’il y a abus d’avortement ce serait peut-être dans ce sens. Ou par comportement destructif.
            Je remarque que vous ne vous intéressez pas du tout à ce paramètre.
            Rien à foutre, apparemment.
            Or moi, je trouve qu’il y a aussi à débattre sur l’avortement comme une intervention de dernier recours pas une intervention routinière. Si j’étais chirurgienne ça m’emmerderait d’éliminer des foetus comme dans la BD de Brétecher parce que l’enfant ne correspond pas exactement à l’image que s’en est fait les parents ! Il y a assez d’avortements de foetus de filles à travers le monde pour se poser quand même quelques questions.
            Ce n’est ni de l’antiféminisme ni du proviisme à la con.
            Et puis les chiffres c’est bien beau mais moi je préfère écouter et observer. Il y a plus à déduire en approchant et écoutant des jeunes filles concernées.
            Il faut faire une politique de femmes pour les femmes.
            Et si les hommes ont un rôle dans tout ça c’est d’essayer de ne pas engrosser les filles s’ils ne veulent pas d’enfant.

  5. Malicia dit :

    En lisant cet article je repense au choeur des femmes, de Martin Winckler, et à cet exemple d’ados qui n’ont pas accès à (ou les moyens d’) une contraception fiable sur la durée.

    On voudrait limiter sérieusement les grossesses non désirées :
    – on arrêterait de faire l’autruche sur la sexualité des ados, et d’y mettre de la morale partout, y’aurait plus de chance qu’ils osent se renseigner en cas de besoin.
    – on fermerait pas les plannings familiaux
    – on lancerait une campagne auprès des médecins pour vaincre la résistance à poser des DIU à des nullipares (tranquille pour 10 ans, au lieu de devoir penser à sa pilule tous les jours, c’est pas un rêve de jeune, ça ?)
    – etc..

    Quand aux cas de avortements pour doutes à l’écho ou gémellité, perso je peux parfaitement comprendre qu’on ne se sente pas capable d’assumer un gamin handicapé ou deux gamins d’un coup (quand on voit le carnage que ça peut être pour certains couples d’en avoir un seul :/)

    Bref, arrêtons de laisser les jeunes dans le flou, avec cette vague idée que la sexualité faut-pas-en-parler-c’est-un-peu-sale-quand-même et que les enfants c’est la-plus-bêêêêlle-chose-qui-peut-arriver-à-Lafâme-euh et on aura sans doute fait un pas en avant dans la prévention, plutôt que de stigmatiser les femmes qui ont recours à l’avortement.

    Enfin c’que j’en dis…

  6. « Il s’agit d’une législation obsolète qui tue plus d’un millier de femmes chaque année. Elles meurent parce qu’il leur est interdit d’avoir accès à des services médicaux fiables pour mettre un terme à une grossesse non désirée. En désespoir de cause, elles doivent faire appel à des charlatans ou ingurgiter de dangereuses substances abortives, qui souvent provoquent un avortement incomplet et entraînent de terribles complications. Aucune tentative pour réformer cette loi draconienne n’a abouti parce que la société préfère maintenir un vernis de moralité plutôt que de protéger la vie de femmes. »
    http://www.courrierinternational.com/article/2012/03/08/la-triple-peine-des-femmes-qui-avortent

    Cette citation, qui concerne la Thaïlande d’aujourd’hui, décrit très précisément la France de ma jeunesse. C’est là que veulent nous ramener ceux qui parlent d’IVG de confort. Entendez les bien: ça les défrise que les femmes ne souffrent plus mille morts quand elles avortent, ne risquent plus l’hémorragie ou la septicémie. Les curetages à vif que décrit l’article, ils aimaient bien. Les femmes rendues stériles, punies par où elles avaient péché, bien fait pour leur gueule.

    Ceux qui parlent aujourd’hui d’IVG de confort ne méritent que notre mépris.

  7. Et pour ceux qui ont un tiroir caisse à la place du cerveau, précisons que soigner les dégâts commis par des IVG d’inconfort coûterait probablement plus cher que de rembourser les IVG confortables.

  8. Par ailleurs, au Vietnam, il y a autant d’IVG que de naissances. Jamais les femmes n’attendent la dernière minute, les IVG y sont très précoces. En même temps, la maternité (désirée) est très valorisée. Une jeune mariée s’inquiète si elle n’est pas enceinte dès les premières semaines. En ville, les deux enfants préconisés par le gouvernement sont devenus une évidence, pas une contrainte.

    Je n’ai pas creusé la question, je ne comprends pas très bien cette attitude qui leur fait manifestement préférer l’IVG à la contraception. Mais bon, c’est comme ça. Et ça ne semble poser aucun problème de santé publique.

  9. encore une hystérique dit :

    j’ai eu une iMg pour une grossesse désirée. et je peux vous dire qu’après trois mois de fantasmes (et de nausées) on se dit pas « oh je crois qu’il a les oreilles décollées » et pouf on fait vite fait une ivg… nan c’est bien plus douloureux que ça mais le pire c’est que notre cas (enfin celui du foetus en fait évidemment) doive passer devant un collège d’experts (rarement expertEs) qui doit juger si notre décision est morale ou pas. c’est infantilisant, injuste, culpabilisant… évidemment ça prolonge d’autant ce moment où vous portez cet enfant désiré/mais-pas-comme-ça. et puis si vous vous en remettez un peu trop vite on vous dira « non ne refaites pas un enfant tout de suite, je vous assure que vous êtes encore traumatisée ». d’après un certain nombre de personnes, la bonne date pour refaire un gosse après une IMG c’est 6 mois, sachez-le.
    Bref, sur les choix de procréation et sur les IMG, on a aussi du boulot.

  10. emelire dit :

    Pour moi le pb c’est de s’arc-bouter sur « l’ivg c’est rien du tout » ou au contraire « l’ivg c’est traumatisant » selon que l’on est pour ou contre le droit à l’ivg. C’est un droit, voilà, pour moi, point. Que ce droit s’exerce avec le maximum de sécurité, de facilité, pour qu’il soit un VRAI droit, un vrai choix. Mais le reste… je sais pas. Pour moi le pb c’est pas « est-ce que ça fait mal au corps et au moral ou pas »… je veux dire la vie est faite de difficultés, d’étapes, de choix pas toujours évidents, bref… pas un chemin parsemé de roses. Donc c’est ça qu’il faut accepter : que la vie n’est pas forcément facile et chacun-e a ses manières aussi d’aborder les choses. Les anti choix veulent juste entraver les femmes avec de nombreuses grossesses, quand ils auront réglé son compte au droit à l’ivg, ils s’en prendront au remboursement de la pilule, au planning familiaux ou aux infirmières scolaires…

  11. AC Husson dit :

    Deux points me posent problème dans votre article, bien que je sois, en tant que militante féministe, d’accord avec le propos général, et révoltée par le climat ambiant.
    D’abord, vous sous-entendez que le médecin cité par L. Aliot à grands coups d’argument d’autorité ne serait pas sincère en affirmant aujourd’hui que ses propos ont été déformés. A lire son interview sur le site de l’Express (http://www.lexpress.fr/actualite/societe/ivg-de-confort-j-ai-ete-instrumentalise-par-le-fn_1091821.html), je n’ai pas eu cette impression, d’autant qu’il affirme militer en faveur de l’IVG et pour un meilleur accès des femmes à la contraception. L’article du Figaro datant de 2009 était suffisamment ambigu pour permettre que ses propos soient détournés, et je trouve ses explications claires quant à l’IVG de « confort ».
    Mon deuxième problème concerne l’amalgame que vous faites entre le communiqué du PS que vous citez et la tribune effectivement insupportable publiée dans Le Monde. Dire, comme le fait ce communiqué, que l’IVG « n’est jamais un acte anodin pour une femme » ne me semble pas choquant, et ne signifie absolument pas qu’il s’agit forcément d’un drame. Je ne pense pas que qui que ce soit puisse dire que l’IVG est un acte comparable au traitement d’une bronchite, par exemple; ce n’est pas un acte anodin, ce qui ne veut pas dire que c’est forcément traumatisant. Vous vous servez de cette lecture du communiqué du PS pour mettre dans un même panier « toutes les composantes de l’échiquier politique ou presque », mais je ne vois vraiment pas ce qui vous permet de tirer de telles conclusions.

    • Mademoiselle S. dit :

      Sur le premier point. Le médecin cité dans l’article du Figaro de 2009 disait ceci : « À l’origine, les indications d’un avortement impliquaient une détresse matérielle ou psychologique de la femme, elles sont aujourd’hui plus de l’ordre du confort, ce qui n’est pas dans l’esprit de la loi. »
      Il dit actuellement, dans l’article de L’Express que vous citez : « J’en ai effectivement parlé dans cette interview au Figaro mais mes propos ont été sortis de leur contexte et mal retranscrits. »
      Je me demande simplement pourquoi, s’il n’était pas d’accord avec l’article de 2009, il ne s’est pas manifesté publiquement pour le dire. Car ses propos sont très clairs, il dit que l’esprit de la loi est détourné et qu’on constate, selon lui, de plus en plus d’IVG de confort. Ce qui le gêne, c’est que le FN se serve de ses propos pour demander un déremboursement. Et je ne doute absolument pas de la sincérité de ce médecin lorsqu’il dit qu’il n’est absolument pas pour un déremboursement de l’IVG.

      Sur le deuxième point. Quand je parle de toutes les composantes de l’échiquier politique, ou presque, c’est simplement parce que ces propos sur l’IVG sont TOTALEMENT dans l’esprit même de la loi de 75, en cohérence avec la loi de 1975 et avec celle de 2001. Il suffit de lire le discours de Simone Veil à l’Assemblée Nationale, ainsi que ceux des intervenants, ministres ou députés, qui ont participé au débat lors de la discussion et du vote de la loi de Aubry (2001)… l’IVG, et ils l’affirment, est un drame.

      Simone Veil en 1974 : « C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame.  »
      Martine Aubry (PS) en 2000 : « dans notre pays, le nombre d’IVG qui est, pour toute femme, un traumatisme réel.  » ; « Chacun ici sait bien qu’une femme ne pratique pas une IVG par confort, que c’est toujours douloureux et traumatisant. » ; « débuter sa vie sexuelle par une IVG constitue un grave traumatisme. »
      Ségolène Royal (PS) en 2000 : « On ne parle jamais de l’après, mais je crois que le principal traumatisme survient dans les mois qui suivent une interruption de grossesse.  »
      JF Mattéi (UMP) en 2000 : « souligner l’importance de l’information sur la contraception et les risques psychologiques et organiques de l’IVG. »
      Nicole Ameline (UMP) en 2000 :  » les chiffres demeurent ahurissants, surtout lorsque l’on sait combien cette décision est synonyme de gravité, de souffrance et qu’elle résulte d’un dilemme dramatique.  »
      Marie-Térèse Boisseau (UDF) en 2000 : « Pour le groupe UDF, qui se veut fidèle à l’esprit de la loi Veil, l’avortement n’est et ne saurait devenir un droit, aujourd’hui pas plus qu’hier. »
      Je peux vous communiquer les références exactes de ces citations, que vous pourrez retrouver sur le site de l’Assemblée Nationale, si vous le souhaitez.

      Il ne s’agit donc pas de « mettre tout le monde dans le même sac » pour le fun, mais bien de constater que sur cette question, il y a vraiment de grosses similitudes dans les représentations, quelque soit son appartenance politique. Voilà ce qui me permet de tirer ces conclusions quand au communiqué du PS : la lecture de tous les débats sur l’IVG à l’Assemblée Nationale sur cette question.

      Pour terminer, vous insistez sur le fait que l’IVG n’est pas anodin. C’est certain. Dans une société qui martèle que ça ne l’est pas, ça ne peut pas l’être. Tout est fait pour que ça ne le soit pas : la loi en elle-même, l’invocation d’une détresse pour bénéficier d’une IVG, le comportement de certaines équipes soignantes, les discours des médias sur l’IVG, sur l’instinct maternel, sur l’importance de la maternité, etc.

      Finalement, ce qui n’est pas anodin, c’est que pour beaucoup, il est capital de répéter, inlassablement depuis des décennies, que ce n’est pas anodin ! ce n’est pas anodin, ce n’est pas anodin, ce n’est pas anodin…. = ça NE DOIT PAS être anodin.

      • AC Husson dit :

        Tout à fait d’accord à propos de ce médecin, il aurait dû se manifester en 2009 s’il pensait que ses propos avaient été déformés, il était bien placé pour savoir que cela pourrait conduire à des lectures dangereuses et erronées.
        Je suis aussi d’accord sur le fait qu’on insiste sur le « drame » que doit être l’IVG, d’ailleurs les propos que vous citez sont accablants (et désespérants). Mais dire que c’est une composante récurrente du discours, et du discours politique en particulier sur l’IVG, c’est une chose; le montrer comme vous le faites aussi; c’en est une autre de s’appuyer sur une citation d’un communiqué qui ne dit pas du tout cela. On peut supposer que c’est ce que pensent ses rédacteurs, mais si ce n’est pas écrit, on ne peut pas le leur faire dire, c’est un manque de rigueur. En lisant cet article (par ailleurs très intéressé et très bien informé), j’ai eu l’impression que vous cherchiez à trouver le mal (c’est-à-dire cette idée du « drame ») dans les discours qui se sont tenus récemment sur l’IVG, et que vous l’avez trouvé, quitte à supposer un implicite. Comprenez-moi bien, je suis tout à fait d’accord sur le fond, mais je pense qu’il est plus efficace et plus juste de citer toutes ces déclarations comme vous le faites pour répondre à mon commentaire que de faire dire aux gens ce qu’ils n’ont pas dit et auraient pu dire. Je suis d’accord aussi sur le fait qu’on nous pousse à nous convaincre que l’IVG est un drame; mais si on pousse votre argumentation jusqu’au bout, on dirait que l’IVG DEVRAIT être un acte anodin. Je crois qu’elle devrait pouvoir être vécue tout à fait sereinement et permettre de passer rapidement à autre chose, mais pour autant, elle engage tout un processus de réflexion et de choix (plus ou moins facile et rapide selon les cas), elle suppose aussi un acte chirurgical ou médicamenteux, donc en amont et sur le moment ce n’est pas anodin, qu’on le veuille ou non.

        • Kyrie dit :

          « mais si on pousse votre argu­men­ta­tion jusqu’au bout, on dirait que l’IVG DEVRAIT être un acte anodin. »

          Je suis à peu près sure qu’en poussant l’argument jusqu’au bout chacune pourrait définir comme elle le veut son avortement, acte anodin ou drame ou n’importe quoi entre les deux.

  12. Emma dit :

    100 % d’accord sur cet article, dans le cadre de mon boulot j’ai du faire des itw de médecins, associatifs… sur l’IVG, un seul gynéco m’a dit qu’il y en avait marre d’entendre parler de l’avortement e du nombre comme d’un drame. Pour lui c’st un droit et on a pas à se préoccuper du nombre.
    Il m’a fait d’ailleurs remarquer 3 choses :
    L’augmentation est fausse : les chiffres sont quasi constants à population en augmentation, les IVG augmentent moins vite que la population
    plus de 60 % des grosseses non désirées arrivent sous contraception, très majoritairement la pilule qui est finalement peu adaptée mais reste la seule conrtaception pronée (moins de 3 % des femmes on un implant)
    en fait le nombre des grossesses non désirées a tendance à baisser, mais c’est la réponse « abortive » face à une grossesse non désirée qui augmente. Perso ça me parait une évolution positive : les femmes affirment peut-ête plus leurs choix et subissent moins une grossesse non désirée

    Oui un avortement peut être un acte anodin, pour moi mes 3 avortements le furent. Le seul sentiment que j’en ai retiré fut le soulagement. Vu que médicalement la procédure est indolore, non fatiguante, ne laisse aucune séquelle, ne fatigue pas. Enfin sauf le RU 486 qui est une véritable saloperie, je me demande comment on ose promouvoir cette méthode : un mal de chien, des crampes… (très nouveau pour moi, je ne sens pas mes règles), on voit bien ce que l’on expulse et pour certaines ce peut être traumatisant. Bref, je ne recommanderai jamais cette méthode, qui doit être intéressante du seul point de vue budgétaire et désencombrement des hopitaux, plus médecins qui s’évitent un acte qu’ils n’aiment pas pratiquer. Précisons que le risque anesthésique d’une IVG est quasi-nul, il s’agit d’une anesthésie générale qui n’a rien à voir avec celle nécessaire pour par exemple une appendicite.

  13. l'elfe dit :

    C’est quand même bizarre ces histoires d’avortements qui remplacent la contraception. Sans vouloir stigmatiser l’IVG, ce serait bien d’avoir des chiffres à ce sujet, des statistiques (pas seulement « je trouve que les femmes avortent plus qu’avant ». Parce que bon, non pas que l’IVG soit nécessairement traumatisant ou quoi que ce soit, mais c’est quand même beaucoup plus contraignant que la contraception, j’imagine qu’il faut prendre rendez-vous chez un médecin et tout… Donc est-ce que c’est vrai qu’y a plus d’avortements qu’avant et si oui, pourquoi? Est-ce que l’accès à la contraception est plus difficile? Si oui c’est un problème, non?

    Je m’inquiète tout de même un peu pour les femmes qui en viennent à avorter puisqu’on est dans une société où l’avortement est un drame, elles le vivent donc mal. En plus, j’ai entendu plein d’histoires sur comment ça se passe les IVG, le personnel médical qui te traite comme une merde, qui te collent à poil devant tout le monde pour te passer l’envie d’être à nouveau enceinte, franchement le terme « confort » me parait pas vraiment approprié…

    • Iyhel dit :

      Pour les chiffres y’a un truc magique qui s’appelle Google ou Bing et qui amène par exemple sur le site de l’INED : http://www.ined.fr/statistiques_ivg/

      • Euterpe dit :

        Petite précision : personnellement je ne parle pas de la France mais de l’Allemagne et dans ce pays l’avortement des adolescentes est en augmentation mais pas une augmentation importante (de 3,6 % à 3,7 % de 1996 à 2011). Néanmoins cela surprend étant donné les accès facilités à la contraception.
        Mais cela n’a certainement rien à voir avec une quelconque notion de « confort », notion qui n’a bien entendu pu que naître dans l’esprit (stupide) d’un homme et s’il y a une réforme qui à moi paraît sensé c’est d’obliger les hommes A SE LA FERMER pour tout ce qui concerne les avortements et les affaires féminines (surtout si c’est pour les interpréter aussi imbécilement).

        • Mademoiselle S. dit :

          juste une précision, une augmentation des avortements ne traduit pas forcément une augmentation des grossesses non désirées, mais peut traduire une augmentation du RECOURS à l’avortement. Autrement dit, le nombre de grossesses non désirées peut baisser, mais le nombre d’avortements augmenter : si au temps t, sur 10 grossesses non désirées, 6 avortaient et que au temps t+1 il y a 8 grossesses non désirées et 7 qui sont interrompues… on va avoir une augmentation du nombre d’avortements, qui cachera une baisse du nombre de grossesses non désirées.

          • l'elfe dit :

            Merci Melle S pour la réponse je n’avais pas pensé à ça.
            Iyhel inutile d’être agressif merci, tout le monde n’a pas forcément le temps de faire des recherches sur tous les sujets possibles, c’est pas comme si ça prenait 10 secondes…

          • Emma dit :

            Tout à fait je le précisais plus haut, de plus les IVG augmentent – vite que la population, donc diminuenent de fait. Et choisir d’avorter plutôt que de garde l’enfant face à une grossesse non désirée me parait être plutôt un progrès dans « l’auto-détermination »

          • Iyhel dit :

            @ l’elfe : point d’agressivité, tout au plus du laconisme. Cliquer dans la barre, taper « statistiques ivg », cliquer sur le premier lien… allez, mettons 15 secondes. Les sites de l’INSEE et de l’INED sont une mine d’infos relativement objectives sur de nombreux thèmes, prenons donc l’habitude d’aller chercher les chiffres nous-mêmes plutôt que d’attendre qu’on les cuisine pour nous ! (enfin pour l’INSEE, la qualité des données récentes, ça va pas durer vu que les enquêteurs sont en grève depuis 6 mois…)

          • deor dit :

            Pour celles & ceux qui comme moi mettraient un peu trop de temps à trouver le tableau avec la bonne info (sur l’évolution de 1976 à 2008)

            Donc de 76 à la fin des années 80, baisse constante du nombre d’avortements rapporté à la population et depuis, ça stagne.

  14. meg dit :

    Une association défendant le droit à l’IVG frappée par un attentat

    Par Ivan du Roy (14 mars 2012)

    Une enquête criminelle a été ouverte à la suite d’un attentat qui a frappé le siège de l’Association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception (Ancic), domiciliée chez une bénévole de l’association à Paris. Dans la nuit du 10 au 11 février dernier, un engin incendiaire a été placé devant la porte, qui a brûlé, alors que l’alarme incendie de l’immeuble avait été débranchée. L’engin n’a provoqué que des dégâts matériels. La personne habitant l’appartement n’a pas été intoxiquée gravement par la fumée, mais demeure sous le choc, a raconté une responsable de l’Ancic à l’Agence de presse médicale (APM).

    L’attentat n’a pas été revendiqué, mais l’activisme des anti-IVG est en pleine recrudescence. Des manifestations contre le centre IVG de l’hôpital Tenon, dans le XXe arrondissement de la capitale, sont ainsi régulièrement organisées par l’association intégriste catholique SOS Tout-petits.

    L’association Ancic, fondée en 1979 après la légalisation du droit à l’avortement, regroupe des bénévoles et des professionnels (psychologues, psychiatres, sages-femmes, médecins) « participant à la défense des droits des femmes ». « L’Ancic continuera avec détermination à défendre le droit à l’avortement, à la prévention et à la contraception, et combattra les pratiques criminelles et obscurantistes », a assuré l’association dans un communiqué, début mars. De son côté, le ministère de l’Intérieur s’est bien gardé d’évoquer une menace de l’ultradroite catholique radicale. Étrange, non ?

    http://www.bastamag.net/article2203.html

    Il y a très peu de médiatisation de cet attentat, je trouve cela très préoccupant.

  15. Euterpe dit :

    Oui ces attentats devraient être médiatisés mais dès que « not’pet résident » vire à l’extrême droite, les médias à la botte font de même et les extrémistes de droite se sentent autorisés à faire leurs sales petits coups de fachos avec leur bénédiction (et celle de la police) puisque l’extrême-droite est anti-ivg, comme on sait.
    Celleux qui ont l’intention de s’abstenir de voter aux élections feraient bien de réfléchir à deux fois.

  16. l'elfe dit :

    Au fait si y a davantage d’IVG pourquoi est-ce qu’il y a de moins en moins de centres pour le faire?

  17. Iyhel dit :

    http://2012.talkingpointsmemo.com/2012/03/dems-hammer-pa-governor-over-ultrasound-comments.php?ref=fpblg

    En Pennsylvanie en tout cas (et dans d’autres états) ils ont trouvé un moyen de s’assurer que ça ne soit pas anodin…

  18. lyly dit :

    On ne peut pas interdire ou autoriser l’avortement. Mais on peut décider que les femmes pauvres n’en mourront pas pendant que les femmes riches iront dans des cliniques à l’étranger. Le débat est donc l’accessibilité à l’avortement et non pas son autorisation.
    J’ai eu une conversation avec un gynécologue pour une consultation pour une fausse couche. Il a du penser que j’étais dans un moment vulnérable et non compréhensif envers les femmes qui avaient choisi de ne pas avoir d’enfant contrairement à moi. Et s’est permis de parler de ces jeunes filles qui utilisaient l’avortement à tort et à travers.
    Et j’ai répondu:
    – et alors?si ça leur fait rien? ce n’est pas parce que cela vous fait souffrir que cela devrait faire souffrir tout le monde. Et vous allez faire la différence comment entre les « bonnes » demandes et les demandes « exagérées »? et pour punir les immorales au nom de la vie sacrée, vous allez les obliger à mettre au monde un enfant qui sera peut-être mal aimé ou dans une vie difficile financièrement, un peu contradictoire pour le bonheur de l’enfant sacré.
    – Mais on joue pas avec les probabilités!!faut prendre ses responsabilités
    – Donc vous proposez quoi comme mesure de contraintes envers les hommes qui ont participé à cet acte irresponsable?vous proposez de ne pas soigner ceux qui ont des mst, ceux qui ont des cancers des poumons et qui sont fumeurs? Ceux qui ont eu des accidents de voiture parce qu’ils ont joué avec les probabilités sur leur fatigue ou leur taux d’alcoolémie ( et qui tuent beaucoup d’autres personnes qui ont des familles)? Ah non parce que ça toucherait des hommes là.

    • Nicolas dit :

      « Vous allez les obliger à met­tre au monde un enfant qui sera peut-être mal aimé ou dans une vie dif­fi­cile finan­cière­ment, un peu con­tra­dic­toire pour le bon­heur de l’enfant sacré »

      Aucune contradiction. Cette vie « qui ne démarre pas idéalement » pour l’enfant, elle est toujours infiniment mieux pour lui que de se faire zigouiller.

  19. Euterpe dit :

    je viens de lire sur le blog de mauvaise herbe ceci :
    « (…), plus l’estime de soi [des filles] est faible, plus les jeunes filles sont précocement actives sexuellement. L’enquête de Statistique Canada sur la santé montrait que « les filles dont l’image de soi était faible à l’âge de 12 ou 13 ans étaient plus susceptibles que celles qui avaient une forte image de soi de déclarer, dès l’âge de 14 ou 15 ans, avoir déjà eu des relations sexuelles ».
    Donc les « avortements à tort et à travers » ne sont pas le problème de l’avortement en soi mais touche à un problème plus profond : à l’estime de soi des filles qui s’il est mauvais conduit à un comportement les exposant plus que la « normale » aux avortements multiples. En fait, comme d’hab’, on réduit le problème de l’avortement à l’avortement lui-même, alors qu’il est symptome de l’asservissement des femmes.
    Ce problème s’inscrit à fond dans celui de l’égalité hommes/femmes. Plus il y aura d’égalité moins il y aura d’avortement. Or ce que l’on essaie de nous faire croire c’est que l’avortement est le résultat de trop de permissivité à l’égard des femmes. En réalité c’est exactement le contraire.
    Ceux qui luttent contre l’avortement ferait mieux de lutter pour l’égalité hommes/femmes et pas contre les conséquences de cette inégalité.

  20. Ping : L'ALSACE LIBERTAIRE » IVG « de confort » : les arroseurs arrosés.

  21. Ping : Pour un vrai droit à l’IVG (1/2) « Genre!

  22. mil dit :

    J’arrive après la bataille et n’ai pas lu tous les commentaires (loin de là, désolée…)

    Je me suis offusquée de cette appellation et … si je me souviens bien, j’ai aussi signé le précieux manifeste.

    Pour moi, le problème n’est pas que OHMONDIEU tu as mis FIN A UNE VIE ma pauvre, tu ne vas jamais t’en remettre ! (et avec un peu de chance, tu pourras plus avoir d’enfant [tant qu’à distiller des clichés hein], mais bon, tu pourras pas te plaindre ! ). Bref, pour moi l’avortement n’est pas forcément une épreuve pour une femme.

    Simplement, je trouve que derrière cette appellation se dessine très nettement le côté « t’es tombé enceinte ?! mais t’es vraiment qu’une conne ». Pour moi, « ivg de confort » ça traduit surtout l’idée qu’une femme, toute cruche qu’elle est (beh oui c’est une femme ! elle a pas de cerveau !), ne se pose pas plus de questions en allant se faire avorter qu’en allant se faire faire la manucure. Et c’est cette idée qui m’offusque.

  23. Autre dit :

    Je tiens à préciser que je ne suis pas anti-avortement (au cas où je m’exprimerai mal dans mes futurs propos).

    Mais en fait, ce cas de banalisation d’avortement me fait penser à quelque chose d’un peu plus profond que le droit à son corps. Qu’est-ce qu’il y a d’aussi rédhibitoire à avoir un bébé?
    Ce que j’en ai constaté de la part de toutes, c’est le problème matériel, et de gestion de temps…?
    Je ne suis pas pour les personnes qui avortent en cas de géméité (c’est le bon mot?) ou de défaut physique/psychiatrique (plus physique en fait, sachant que l’aspect psychiatrique c’est vraiment du cas par cas) mais bon, je laisse, je ne prends pas trop partit, en fait ce qui m’offusque dans cette idée, ce serait plutôt du « pourquoi? qu’est-ce qui te gêne? » Mais ce n’est rien d’autre qu’un questionnement et il n’y a pas d’intonation moral (« c’est mal! » ou autre).
    Je pense que c’est à ça que ce praticien pensait en parlant de l’IVG de confort (remarque je sais pas trop en fait, mais je l’interprète de cette manière), c’est qu’une bonne partie des IVG sont pratiquées tout simplement pour faciliter la vie de la personne, « un bébé c’est une contrainte de temps, d’argent, de soi ».
    Après, c’est une contrainte qu’on a envie de prendre ou non, peu importe, mes questionnements vont plutôt sur « le pourquoi les gens ne veulent pas de cette contrainte, est-ce dût à un mauvais fonctionnement social? Nous vivons dans un environnement superficiel, matérialiste et/ou individualiste qui fait que les gens ne voient plus les bébés comme de potentiels individus mais des animaux domestiques (ou autres?), est-ce dût à un malaise qui ne touche que soi? Je me vois moi, ce que j’étais, ce que je suis, ce que ça à fait, je ne veux pas le subir? (ou autres proches) »
    Donc ce que j’ai constaté dans la plupart des personnes qui sont pro-avortements, ou du moins qui ont avortées (sans séquelles spécifiques ou avec), c’est l’aspect matériel, et non moral, social ou autre.
    Après bien ou pas, osef, je me demande juste, si c’est ça, uniquement ça ou majoritairement ça. Je ne suis pas enceinte, ne l’est jamais été, mais quand je me projette dans cette idée, l’idée même d’avorter m’est insupportable, il faudrait vraiment que ce soit une nécessité absolu pour ma survie ou le « bien-être » du nourrisson, voir pour ma stabilité psychologique pour interrompre une grossesse, loin de moi dans ce partage qui m’est propre l’idée que que toutes devraient penser comme moi. Mais non je ne ferai pas du pro life, la vie c’est merveilleux etc… Peut-être dans une société future, mais dans celle d’aujourd’hui ce n’est pas ce qui prédomine, et donc je veux juste savoir, dans mes questions plus haut, la problématique de l’avortement. Mes questions ne sont qu’à titre d’exemple, et si vous en avez de nouvelles à m’apporter, je prends bien entendu. (en les relisant je les trouve assez… « pointez du doigt », évitez de trop vous attardez dessus, il est possible que le facteur de votre avortement soit tout autre, ce ne sont que des exemples qui me viennent à l’esprit actuellement et j’aimerai en connaitre d’autre, si vous le voulez bien).

    Merci.

    • Christine dit :

      La meilleure raison qui soit, et la seule qui vaille : ne pas vouloir d’enfant. A ce moment-là, ou définitivement. Point. Sans justification.

      Et pense à interroger aussi celles qui veulent absolument des enfants. Moi ça me parait totalement bizarre. Qu’est-ce qu’il y a d’aussi rédhibitoire à rester libre et sans descendance ?

      • Iyhel dit :

        Tout à fait d’accord sauf sur le mot « libre ». Suggérer qu’enfanter est forcément une aliénation me paraît aussi caricatural que les discours d’en face.

        • Kyrie dit :

          Quand on ne veux pas d’enfants, ne pas en avoir est une liberté.

          J’ai 23 ans, je fais des études d’ingénieurs et je suis déprimée. Si je tombais enceinte aujourd’hui (problème de préservatif, viol ou que sais-je), j’avorterais sans hésiter une seconde. Si je ne le faisais pas, la seule question serait de savoir qui rendrait l’autre le plus malheureux: elle/lui ou moi.

          • Iyhel dit :

            Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Choisir de ne pas avoir d’enfant est une liberté ET en avoir n’est pas systématiquement une aliénation.

  24. Arrakis dit :

    (@Autre : dans le doute, je vouvoie, mais on peut se tutoyer si vous voulez)
    Concernant l’avortement en cas de défaut physique, ceux qui permettent une IMC ne sont pas des simples défauts, mais des handicaps lourds, contraignants. Quant aux défauts bénins, je vois mal ceux qui pourraient être détectés avant l’expiration du délai d’avortement… Du coup, je ne comprends pas vraiment votre incompréhension, pour le coup.

    « l’idée même d’avorter m’est insup­port­able, il faudrait vrai­ment que ce soit une néces­sité absolu pour ma survie ou le « bien-être » du nour­ris­son, »
    « les gens ne voient plus les bébés comme de poten­tiels indi­vidus »
    Quand on avorte, il s’agit d’embryons, de foetus quelquefois, mais pas de bébés ni de nourrissons.
    Pour ma part, c’est l’idée de mener une grossesse (involontaire) à terme que je ne supporte pas, et j’avorterai sans avoir l’impression de nier l’humanité des nourrissons ou que sais-je, en refusant de porter 9 mois durant, dans mon corps entravé, envahi, nauséeux, boulversifié et n’en pouvant mais, une potentialité d’individu qui, si je me rends compte de ma grossesse assez tôt, n’aura même pas une étincelle de conscience lors de son expulsion.
    Sans même parler de l’accouchement, ses douleurs, traumas, dangers.

    Par ailleurs, je trouve étrange d’associer l’avortement aux contraintes générées par le fait d’élever un enfant (qui est encore plus contraignante, effectivement, qu’une grossesse) : il est possible d’accoucher sous X, s’occuper de l’enfant qu’on a porté n’a donc rien d’automatique, à moins de considérer que l’accouchée ne parviendra pas à se séparer de son nouveau né, ou que cette séparation n’est pas souhaitable.
    Je lis fréquemment des réflexions du type « les gens ne veulent plus faire de sacrifice/s’engager pour élever des enfants » côté « réserves sur l’IVG » ou anti IVG, et côté pro droit, « il ne faut pas obliger une femme/des gens à élever un enfant non désiré », et ça me met toujours mal à l’aise, surtout côté pro-droit à l’IVG, vu que c’est « mon camp »… Comme si même pour des pro-droit l’avortement devait se justifier par une cause extérieure à l’intégrité, au bien être de la femme concernée. Ou comme si évoquer l’accouchement sous X faisait forcément le jeu des anti-IVG.

  25. rester aux aguets dit :

    Mademoiselle? tu nous laisses tomber? j’ouvre chaque semaine la page avec espoir et l’onglet préférences commence à être désuet. Reviens.
    Le monde est (plus) grand où tu es Guenièvre.

  26. Tomvinz dit :

    Il parle d’IVG de confort car elle aura une vie plus confortable sans enfant, en gros plus « libre » tout simplement, contrairement aux IVG justifiées par une détresse ou une impossibilité de s’occuper de son enfant comme c’étais le cas dans les années 70/80. Pas la peine de s’exciter encore une fois car ce qui est vraiment dégelasse c’est le manque d’informations apportées aux jeunes sur les méthodes de contraception, résultats certaines le considèrent telle quelle, d’où l’augmentation des IVG des mineurs.

  27. Marie dit :

    Bonjour,
    Votre thèse d’un sentiment dépressif socialement induit chez les femmes qui avortent est intéressant.
    Pour ma part, avant d’avorter, j’étais plutôt dans l’esprit « Au pire, j’avorterai. » et je couchais avec des hommes en occultant cette possible issue des rapports sexuels, parce que j’étais malheureuse et que j’avais besoin de sexe pour me sentir vivante. Pourtant, cette issue n’est pas si rare, mais c’était comme si je ne voulais écouter que cette petite voix qui me disait que ça n’arriverait pas.
    Un jour, malgré tout, je me suis demandée si je n’étais enceinte. Je suis allée acheter un test de grossesse pour me rassurer sur cette impossibilité, et le résultat est tombé comme une bombe. J’ai filé à la clinique avec celui qui partageait avec moi la responsabilité de cette situation pour demander un avortement. Une semaine de réflexion. J’avais trouvé ça sadique, moi aussi. Je voulais ces médicaments pour avorter tout de suite et je ressentais comme une volonté de non-assistance de la part des médecins.
    Et pendant cette semaine, où j’étais seule dans mon appartement, je me suis surprise à chercher des prénoms, et à considérer mon état avec curiosité et espérance. Je n’étais pas parasitée par un alien, j’étais de la terre dans lequel une graine était en train de germer. C’est naïf, c’est bateau, c’est cul-cul, mais c’est comme je vous le dit: ces quelques heures passées avec cet amas de cellules bouillonnantes font partie de mes plus beaux souvenirs.
    La veille du rendez-vous à la clinique, je pleurais sans arrêt. Le père n’en voulait toujours pas malgré mes suppliques, et parmi mes amis et ma famille, tout le monde a « respecté ma liberté et mon choix quel qu’il soit. » J’aurais aimé que quelqu’un me dise « Mais c’est génial! Félicitations! ». J’avais l’impression que toute seule, je ne pourrais pas bien accueillir ce bébé.
    Finalement, j’ai avorté. Le père est resté avec moi pendant tout le processus, et il m’ a laissé dire tout ce que j’avais à lui dire et qui n’était pas beau à entendre. Ça a été, réellement, et de loin, l’expérience la plus douloureuse de ma vie. La voie médicamenteuse m’a permis d’avorter chez moi, et de ne pas laisser mon pauvre haricot mort aux poubelles de la clinique. Je l’ai enterré dans un endroit que j’aime beaucoup. J’ai fabriqué un tout petit cercueil avec une boîte à bijoux.
    Le niveau de douleur a mis du temps à baisser. J’ai fait des rêves où j’étais morte. J’ai même rêvé que quelques années plus tard, on me ramenait mon enfant sous la forme d’un gnome hideux, déformé de partout, et que les médecins me disaient « Ne vous inquiétez pas, après quelques opérations de chirurgie esthétique il sera plus présentable. » Je hurlais « Laissez-le tranquille, ne le touchez pas! » en prenant mon petit dans les bras. Après ce rêve qui m’a effrayée, j’ai brutalement cessé d’y penser et d’en souffrir.
    Aujourd’hui je ne ressens pas spécialement de culpabilité, peut-être à tort, peut-être pas. J’ai l’impression que j’ai bien fait de vivre ce deuil jusqu’au fond, et que sinon, ça m’aurait fait perdre la boule. Depuis, je me suis mise avec un homme que j’aime, et avec qui cette possibilité de grossesse est envisagée de façon sereine. Le sentiment de sécurité que me donne notre relation tient à cela.
    Mais je suis extrêmement en colère d’avoir été dupe sur ce qui m’apparaît désormais comme un mensonge majeur de notre société, à savoir que le droit à l’avortement est une victoire pour les femmes, alors qu’il n’est qu’un constat réaliste d’échec.
    Si je suis victime de manipulation mentale, je vous remercie sincèrement de me dire en quoi. On n’est jamais trop libre.

    • françois dit :

      manipulation mentale, je n’en sais rien, mais en tout cas, vous faites erreur : le droit à l’IVG est bien une victoire, le droit pour chaque femme de choisir ! et ce n’est pas parce que vous pensez (à tort ou à raison) que vous vous êtes trompée dans votre choix que cela change quelque chose. votre constat d’échec ne concerne que votre choix, qui semble avoir été dicté par votre compagnon et entourage plus que réellement choisi par vous.

  28. labasoche dit :

    C’est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre et sur lequel le monde entier devrait évoluer vers plus de libertés mais aussi de tolérance !

  29. ac dit :

    Je me permets de poster sur votre site (que je ne connaissais pas) car je vois que depuis votre utilisation du terme Lafâme, plusieurs site féministes l’emploient à tort et à travers. Je suis consciente que vous utilisez ce terme pour se railler des la journée des femmes, et que c’est une jeux de mots avec infâme, mais certaines personne ne semble pas avoir compris et le place à tout bout de champs. Je tenais donc à faire partager le mail que j’ai envoyer sur un site utilisant votre expression de façon totalement idiote :
    Je n’aime pas du tout cette utilisation de LA Fâme, mais on en chie déjà assez sans avoir à nous mettre sur le dos ce quolibet ridicule. Premièrement je trouve terriblement gênant quand on parle de féminisme surtout, de ne pas employer Les femmes au pluriel. Montrer que nous ne sommes pas une sorte d’entité sans âme. Se dégager du regard de certains hommes sexistes et misogynes qui ne voient les femmes que comme des objets interchangeables entre eux. Nous avons chacune notre libre arbitre et notre identité propre. Donc cette utilisation du singulier, surtout dans les articles féministes me semble grave. Deuxièmement, ce quolibet me rappelle beaucoup les noms d’oiseaux qu’on donne malheureusement aux minorités. Cela renforce d’autant plus l’image de la domination masculine et nous conforte de façon insidieuse dans l’idée que nous sommes une minorité. Plus de la moitié de la population mondiale… une minorité ?

  30. Equitunis dit :

    Je note qu’en Tunisie et malgré ce qu’on dit du gouvernement islamiste, il n’a jamais été question de remettre en cause le droit à l’avortement et l’existence du planning familial. Et pourtant notre système de santé hospitalier est en train de péricliter.

  31. Family dit :

    Très intéressant votre article :). Bonne journée !

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