Les socialistes geignent, les femmes trinquent.

Photographie de l'artiste Nan Goldin, 1984, un mois après avoir été battue.

Une manifestation contre les violences faites aux femmes est prévue le 5 novembre prochain. Vous pouvez lire l’appel sur le site du Collectif National pour les Droits des Femmes (CNDF).

À noter que le PS n’a pas signé l’appel, ce qui « n’était jamais arrivé depuis que le collectif national droits des femmes existe, en 1996″, selon Maya Surduts, organisatrice du rassemblement [1. Voir l’article de Mediapart, du 28/10/11]. Si le PS avance une raison officielle (un désaccord sur une des revendications de l’appel[2. Le désaccord du PS concernerait l’octroi du droit d’asile pour les femmes victimes de violences…]), une responsable socialiste admet « en off » qu’il s’agit d’une « une excuse » et qu’il « est évident que la vraie raison c’est DSK » [3. Citation tiré de l’article de Mediapart, du 28/10/11]. Il serait en effet dommage de profiter de l’occasion pour faire amende honorable et cogiter un brin. Tu parles, ce serait trop beau. Au lieu de cela, ça se lamente en se regardant le nombril. Dans le journal Le Monde, certains soutiens à DSK seraient véritablement traumatisés, « entre rage et amertume », comme titre le journal. Les pauvres. Dans les colonnes du journal, Marisol Touraine hoquette un « je ne veux plus en entendre parler. C’est derrière moi ». [4. « La strauss-kahnie entre rage et amertume », article du 29/10/11, http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/29/la-strauss-kahnie-entre-rage-et-amertume_1595845_823448.html] Ben voyons.

Et toujours pas un mot pour les femmes. Comme au premier jour de l’affaire. Pas un mot pour les victimes.


(edit. du 30/10/11, 14h37 : on me signale que le Parti socialiste vient finalement de signer l’appel… On se souviendra donc maintenant du soutien à DSK ET des hésitations à signer un appel contre les violences faites aux femmes…)

Ils voudraient donc, pour leur confort, tout oublier. Comme si l’histoire s’effaçait comme on efface un tableau à l’école. Comme disait ma grand-mère « c’est ceux qui se sentent morveux qui se mouchent ». Eh bien qu’ils se mouchent, ces morveux, mais en silence. Personne ne veut plus les entendre répandre leur chagrin indécent. Que des responsables socialistes se sentent trahis, quelle importance ? Absolument aucune. Ce sont les femmes trahies par le PS qui comptent. Ce qu’on veut entendre, maintenant, ce sont les femmes qui tombent sous les coups de poing et sous les coups de bite. Appelons donc un chat un chat.

Alors parlons des femmes tabassées, violées.

« Je ne suis pas folle »

Voici l’histoire de Caroline [5. Le prénom a évidemment été changé], rencontrée deux fois depuis septembre dernier.

Caroline a environ vingt-cinq ans, et une petite fille de trois ans. Elle est séparée de son mari, en attente du divorce. Quand elle est arrivée face à moi, j’ai vu une femme toute petite. Rapetissée. Minuscule. Elle se tenait recroquevillée sur sa chaise, égrainant péniblement les sévices infligées par son mari. Coups, viols, hurlements, coups dans les murs, meubles détruits, objets jetés à travers la  pièce, photos humiliantes et travail incessant de casse psychologique.

Elle tord ses mains, blanche comme un linge, en racontant les violences, sa peur, viscérale, et les viols conjugaux. Son récit est pénible, lent, et chaque dimension de sa vie découvre une nouvelle couche d’horreur.

Elle a peur qu’on ne la croit pas. Surtout, me dit-elle, parce que sur ces photos humiliantes, prises alors qu’elle est nue, elle sourit parfois. Elle sourit parce qu’elle agit comme un robot. Elle sourit parce qu’elle doit le faire, elle doit avoir l’air heureuse, elle ne doit pas l’énerver. Elle craint les « Pourquoi tu fais la gueule ? », le ton qui monte, les hurlements, les coups.

Dans « L’anatomie politique », au chapitre sur « La conscience dominée », Nicole-Claude MATHIEU [6. MATHIEU (Nicole-Claude), L’anatomie politique, Catégorisations et idéologies du sexe, Côté-femmes, Paris, 1991, pages 150-151] raconte l’histoire d’une femme que son mari, extrêmement jaloux, enfermait la nuit dans un coffre, au pied de son lit. Pendant plus de deux années, cette femme a couché dans le coffre, fermé à clé, de son « plein gré » selon elle. Tabassée par son mari, elle a porté plainte avant de demander que la plainte soit retirée. Au tribunal, elle a expliqué qu’elle aimait s’installer dans le coffre, car cela lui permettait de prouver à son mari qu’elle ne sortait pas la nuit, et ainsi qu’elle ne le trompait pas (le mari pratiquait par ailleurs un examen gynécologique tous les matins pour s’en assurer…). La défense s’est largement appuyée sur le « volontariat » de l’épouse, mais le juge a finalement tranché en sa faveur : elle a bel et bien été séquestrée, le coffre étant fermé à clefs, elle ne pouvait pas en sortir et circuler librement. Qui plus est, depuis l’incarcération de son mari, elle ne passe plus ses nuits dans le coffre… En conclusion, selon le juge, « les gestes posés par » ce monsieur « constituaient de la contrainte et une manifestation de force ».

Le mari de Caroline, a également imposé des choses terribles à sa femme. Mais il n’a pas l’air de vouloir l’admettre. S’il y a le moindre « conflit » entre lui et Caroline, c’est parce que, dit-il, sa femme est « folle ». Elle est « fragile », « dingue », incapable de s’occuper de sa fille. Il le dit à Caroline depuis des années, comme on matraque quelqu’un. Mais il le dit beaucoup plus depuis qu’elle est partie.

L’état dans lequel elle était en le quittant était terrifiant. Elle ne savait pas si elle faisait bien. Elle ne savait plus où était le haut, le bas, le vrai, le faux. Elle ne faisait même plus confiance en son jugement. Comme lorsqu’on est frappé par une énorme vague et qu’on roule dans l’eau sans savoir dans quel sens on est,  si on va pouvoir retrouver la surface un jour et une bouffée d’oxygène. Elle l’a quitté il y a plusieurs mois maintenant, mais lui, il est encore assis dans sa tête, et confortablement installé en plus. Elle oscille entre son droit de survivre et l’image qu’il a dépeint d’elle : une femme qui ne vaut pas le coup, mais juste des coups. Une folle qui ne sait pas ce qu’elle dit. Une instable.

Piétiner pour se défouler, pénétrer pour se soulager, humilier pour se sentir fort.

Elle n’habite plus chez elle, parce qu’elle a peur qu’il vienne la trouver et qu’il la tabasse. Il redouble de violence depuis qu’elle prend son indépendance, qu’elle s’oppose à lui ; il redouble de violence depuis qu’elle ne se confond plus avec un paillasson que l’on peut piétiner pour se défouler, pénétrer pour se soulager, humilier pour se sentir fort.

La justice est terriblement lente. En attendant, Caroline frappe à toutes les portes, pour sa fille. Quelques centimes grappillés de-ci, de-là, une aide pour avoir un appartement en urgence. Et l’aide juridictionnelle pour un avocat. Ce dernier ne se foule pas vraiment, par manque de temps et de formation. Comme certains policiers, qui veulent bien tenir compte des bleus sur le corps, mais ne veulent rien savoir à propos de leurs « disputes de couple ». Pourtant, la femme que j’ai face à moi s’est remise des coups portés avec les poings. Mais pas de ceux portés avec les mots. Les preuves s’empilent, des constats médicaux, des témoignages, des constats policiers, mais elle doit encore se convaincre qu’elle fait bien de dénoncer cette violence, qu’elle est légitime à vouloir le tenir à distance d’elle, qu’elle a raison de vouloir se protéger.

Elle me répète plusieurs fois qu’elle n’est pas folle, comme il lui a tant répété. Elle m’assure même avoir vu des psys, parce qu’elle ne se sentait « pas très bien ». Elle ajoute que les psys lui ont dit qu’elle était très angoissée et lui ont assuré qu’elle n’était pas folle.

Je dois lui répéter plusieurs fois « Je te crois ». Elle s’imagine son mari comme tout puissant, comme un être magique, un géant, qui parviendrait à tout renverser, à l’anéantir. Elle s’imagine que tout le monde va le croire, lui. Elle vit un véritable cauchemar. Mais elle m’impressionne énormément. Entre ses doigts tremblants, elle tient sa chemise cartonnée, dans laquelle elle a rassemblé tous les papiers dont elle a besoin, tous les numéros. Elle consigne tout, archive tout. Elle s’accroche à ce dossier, en sort les pièces pour appuyer certaines de ses phrases.

Connaître les bonnes adresses

Je ne sais pas encore comment cette histoire va se terminer. Mais j’ai peur qu’il la bute un jour, s’il la croise dans la rue. La protection de la police est insuffisante, la justice trop lente, l’avocat n’a pas fait véritablement son travail. Plus encore, les violences contre les femmes paraissent presque normales, elles ne révoltent pas.

Certains policiers se démènent, certains avocats aussi, évidemment. Mais il faut connaître les ficelles, les bonnes adresses, savoir qui vous soutiendra vraiment. Il faut une énergie folle et une détermination sans faille pour se sortir vivante de cette horreur. Il faut ce que des années d’humiliations et de coups vous ont enlevé. Et lorsqu’on parvient à le faire, il faut avoir la force de raconter ses pommettes tuméfiées, son sexe défoncé, ces moments passés au sol, recroquevillée comme une bête, en espérant ne pas y passer.

Il faut avoir la force de faire tout cela sous le regard interrogateur de ceux et celles qui se demandent « pourquoi elle est restée ».

Et comme si ce n’était pas suffisant, il faut en plus supporter les larmes de crocodile des socialistes qui s’estiment floués.

(edit. du 30/10/11, 14h37 : on me signale que le Parti socialiste vient finalement de signer l’appel…)

***

Quelques lectures :

Notes :

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29 réponses à Les socialistes geignent, les femmes trinquent.

  1. La Sonate à Kreutzer dit :

    Encore une fois, une écriture totalement maîtrisée. Plus encore, l’empathie qu’elle permet à l’égard de cette jeune fille. J’écris « cette », mais c’est en fait plusieurs dizaines de milliers…

    Heureusement que vous relayez ce genre d’histoire de vie, parce que s’il fallait compter sur le PS… On leur a dit qu’approchait une élection présidentielle ? Au moins pour la forme, quoi, je sais pas. Quel triste message, encore une fois : « nous préférer regarder notre nombril traumatisé et rationaliser la chute de grand gourou FMI » et déjà pourvoyeur des espérances populaires »… Aucune dignité chez ces gens-là…

    Solidairement.

  2. Christine dit :

    Il faudra aussi se rappeler le prétexte utilisé :-(

  3. Hélo dit :

    « Elle s’imagine son mari comme tout puissant, comme un être magique, un géant, qui parviendrait à tout renverser, à l’anéantir. Elle s’imagine que tout le monde va le croire, lui.  »

    Elle n’est pas folle, elle imagine bien sauf qu’il n’y a pas de magie là-dessous. Il y a juste tout un système disposé à le soutenir, lui. S’il était puissant genre ex-patron du FMI, l’on compâtirait même avec lui. Une si belle carrière foutue en l’air …

  4. celeste dit :

    bouleversant, terrible!

    « Mais il faut connaître les ficelles, les bonnes adresses, savoir qui vous soutiendra vraiment. Il faut une énergie folle et une détermination sans faille pour se sortir vivante de cette horreur. Il faut ce que des années d’humiliations et de coups vous ont enlevé. Et lorsqu’on parvient à le faire, il faut avoir la force de raconter ses pommettes tuméfiées, son sexe défoncé, ces moments passés au sol, recroquevillée comme une bête, en espérant ne pas y passer.

    Il faut avoir la force de faire tout cela sous le regard interrogateur de ceux et celles qui se demandent « pourquoi elle est restée ». »

    c’est exactement cela, les « proches » et leurs « moi à ta place » , leurs « t’as qu’à », leurs « on va finir par croire que tu l’as bien cherché », leurs « si j’étais toi », leurs soupçons de folie entretenus par par le tortionnaire

    les bonnes adresses :

    Il y a 15 ans, un jour j’ai poussé la porte de « SOS femmes battues » de Nice, je n’y suis allée qu’une fois mais la qualité de leur écoute et de leurs conseils à été déterminante pour moi.

    Sinon, il y a quelques semaines, j’ai soutenu et accompagné une jeune femme frappée et humiliée quotidiennement par son compagnon dans un centre du planning familial. 2 jours plus tard elle a trouvé le courage de partir et d’accepter d’être hébergée dans un foyer. Elle revit.

    Voilà, sortir de cet enfer est possible, il faut y croire, en être convaincue, ne jamais hésiter à raconter son histoire (si on y arrive), à partager sa souffrance.
    être solidaires aussi, c’est ce que j’ai dit à la jeune femme que j’ai aidée et qui me remerciait, « ce que j’ai fait pour vous, un jour, faites-le pour une autre ».

  5. Boogie dit :

    Aujourd’hui j’ai écouté cette émission :

    http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-histoire-de-la-virilite-14-2011-10-31

    « Être édifié » : j’ai compris ce que ça voulait dire.

  6. GouineMum dit :

    Si je puis me permettre de dévier un peu du comportement du PS. Cet appel contient une infamie totalement contre-productive pour combattre les violences faites aux femmes : la revendication d’une « mise en œuvre d’une politique de pénalisation du client de la prostitution ». D’après mes informations, plus d’une des organisations signataires a signé sans lire le texte, et se rend compte maintenant qu’elle ne voulait en fait pas signer cette revendication-là. Mais ne retire bien sûr pas sa signature pour ne pas se couvrir de ridicule. Marre des chantages prohibitionnistes.

    Lire ce qu’en dit une amie, que je ne puis qu’approuver en l’occurrence : http://lapetitemurene.over-blog.com/article-la-politique-du-pack-86603193.html

  7. trucmuche dit :

    ah bon !
    la pénalisation des clients de la prostitution c’est une infamie pour combattre les violences faites aux femmes !
    mince alors !!!
    parce que d’être un prostitueur ça consiste pas à dominer et soumettre une femme à son caprice, donc être violent avec elle ?!
    mince alors ?!

    • valerie dit :

      Bonjour

      En évacuant la discussion sur l’abolitionnisme qui ne nous mettra pas d’accord.
      La pénalisation des clients conduit à une plus grande précarité des personnes prostituées. Ce sont les personnes prostituées – qui ont besoin d’argent donc comme tout un chacun – qui se débrouilleront pour trouver des lieux où rencontrer le client sans qu’il soit arrêté. Les personnes iront chez lui par exemple ou lui donneront rendez vous dans un lieu éloigné. Bien sûr cela les met en situation de danger.
      En Suède, afin d’arrêter les clients, la police planque auprès du domicile des personnes identifiées comme prostituées. Evidemment cela leur cause des ennuis avec leurs voisins, les commerçants etc.

      ====
      Melle ; as tu des précisions sur la « gêne » socialiste du début ? ils refusaient le droit d’asile ? voulaient le limiter ? bref on en sait plus ?

  8. kourou dit :

    Elle a pas invente l’eau tiede Truxmuche…

  9. Grekov dit :

    Manifester pour étendre le droit d’asile aux femmes victimes de violence tout en décrivant la France comme l’enfer misogyne dans lequel les femmes, dans l’indifférence générale, « tombent sous les coups de poing et sous les coups de bite » : duplicité, cynisme ou humour noir ?

  10. kourou dit :

    Berenice: je me satisfait modestement de ma condition de looser, d’ou toutefois, j’ai tout au plus la pretention d’avoir quelques rudiments de connaissances historiques de plus que TruXmuche… Il n’y a qu’en 36, a ma connaissance qu’on (les anarchistes) exhortait les femmes a cesser de se prostituer… Je vous laisse deviner pourquoi on ne le fit plus apres… Et pour ma part j’evite d’exhiber une colere juvenile et simplette ainsi que je me garde autant que possible d’aposer et d’imposer mes propres certitudes morales quand il y a de la survie de pauvres gens et d’un debat tronque dans lequel les enjeux depassent la seule question morale. Je me contenterai de vous amener a considerer qu’il y a sous couvert de moralisme politicien des visees liberticides et qu’elles frappent invariablement les gens les plus touches par le triomphe de l’economie et la desagregation sociales: prostitues et clients. Les rois pourront toujours s’offrir des putains et les manantes se vendront sans l’ombre d’un choix a la caisse d’un supermarche …

    • Christine dit :

      « les gens les plus touches par le tri­om­phe de l’economie et la desagre­ga­tion sociales: pros­titues et clients » et qu’est-ce qui dit que les clients sont plus touchés que d’autres personnes ?

      Mais effectivement, peu de chance qu’on soit d’accord sur ce fil (ou ce blog) sur la nécessité de faire disparaitre la prostitution.

  11. kourou dit :

    Christine: malgre une solitude plutot considerable et ce point presque incommunicable, je n’ai frequente les prostituees pour des raisons morales qui ne different pas tant des votres. Mais j’ai vu les videos de Grisaledis Real et cette femme, j’aurai pu me resoudre a aller la voir. Je vous les recommande (les videos). Je considere la femme pas l’objet. Mais qui suis-je pour pretendre que j’ai assez d’imagination et que les clients en manquent, tous? Voila bien l’epineux probleme il y a des clients qui y vont pour humilier et d’autres honteux par une sorte de necessite presque vitale… Ecoutez Grisadelis Real Christine vous n’etes pas une putain et moi non plus. Ayons cette humilite dictee par les conditions politiques et sociales…

    • Christine dit :

      Quelle nécessité vitale ?
      Parler / avoir une relation avec une humaine ? Il faut lire ce que les prostituées écrivent sur leurs clients…
      Jouir ? Y’a pas de nécessité vitale, et y’a les mains

    • Christine dit :

      Et j’ai pas de raisons morales, mais des raisons politiques. Je me bats contre toutes les violences faites aux femmes. Et si je veux bien croire (difficilement j’avoue) que certain-es ne vivent pas le fait de se prostituer comme une violence, je ne veux pas non plus d’une société où on achète la disponibilité sexuelle ou les relations entre les gens.

      • trucmuche dit :

        ben voilà
        des raisons politiques
        on ne veut pas d’un monde où il est normal d’acheter ou de vendre des relations entre les gens.

        et par ailleurs, merci à Valérie pour sa précision qui ne nous est pas inconnue mais à laquelle nous répondons régulièrement que toute loi contre la prostitution doit s’accompagner, comme pour TOUTES LES PERSONNES EN SITUATION DE MISERE, d’une prise en CHARGE COLLECTIVE afin de vivre dignement en participant aux besoins réels de la collectivités, besoins dont les caprices de dominations sexuelles masculines dues à leur éducation selon un modèle qui doit être éradiqué, n’existent pas et sont inventés.

    • Christine dit :

      Sur la prostitution, les slutwalks et le féminisme
      http://sisyphe.org/spip.php?article4029

  12. kourou dit :

    Si vous preferez fermer les yeux sur le temoignage d’une prostituee pour en faire valoir dix autres qui vous confortent… Peu a peu irremediablement vous serez amenees a conforter la guerre que les riches font aux pauvres puisque deja vous limitez la prostitution au trottoir et ne tenez aucun compte de la servitude volontaire, cette forme de putanat pour lequel vous reclamez l’egalite de traitement… Les faits sont malheureusement tetus: les puissants s’affichent avec des putes de luxe, penalisent les clients et les putains d’en bas et ce n’est qu’en periode revolutionnaire en 36 qu’on combattait la servitude volontaire et exhortait sans les y forcer les frangines a ne pas se prostituer… donc si vous voulez faire convenablement de la politique choisissez bien soigneusement votre camp…

    • Mademoiselle S. dit :

      Kourou, ton propos est alambiqué, et que je crois que tu ne tiens pas vraiment compte de ce que te dis Christine, pourtant très claire…

  13. A. dit :

    Récit terrifiant, que je connais bien pour avoir longtemps soutenu une amie victime d’inceste et de maltraitance – qui s’en est sortie même si tout est loin d’être réglé…. C’est exactement cette aliénation que le reste du monde (c’est-à-dire tous ceux qui n’ont pas vécu de près ou de loin une telle chose) semble incapable de comprendre. J’ai entendu mille fois les « elle n’a qu’à partir », « elle n’a qu’à prendre un boulot et quitter ses parents », y compris de la part de travailleurs sociaux et de psys (par ailleurs parfaitement incapables de dépasser le stade des bonnes intentions et de débloquer ne serait-ce qu’une minimale somme d’argent, ou un lit, pour l’aider dans cette démarche…), alors même que je passais deux heures au téléphone tous les soirs à déconstruire ce que ses parents lui avaient répété depuis dix-sept ans… tout en sachant bien que dix minutes de conversation avec eux allaient faire ressurgir les mêmes choses. Ils brandissaient régulièrement sa prétendue folie et la menace de l’internement par un tiers pour l’obliger à revenir.

    Elle va bien, mais cette histoire n’est pas terminée à cause, notamment, de l’impossibilité d’aller en justice, encore maintenant, car cela impliquerait que ses parents connaissent son adresse actuelle, et son travail – donc la rendrait vulnérable. Les dispositions d’éloignement pendant la durée du procès ne sont pas suffisantes. Et surtout, malgré les certificats médicaux, malgré les témoignages des assistantes sociales et des médecins, l’issue d’un procès n’est pas certaine…
    En France aujourd’hui, quand on est une femme victime de violences, il est plus sûr de passer sa vie à fuir que d’aller devant les tribunaux.

  14. pupuce dit :

    en France, une bonne victime est une victime morte.
    celle là, on la croit…
    (encore qu’en 45 y’a fallu qu’ils voient les corps…)

  15. Ping : L'ALSACE LIBERTAIRE » Violences masculines envers les femmes : entretien avec Christine DELPHY et Patrizia ROMITO

  16. Maïc dit :

    8 MARS 2012 à PARIS
    !!! MARCHE DE NUIT non-mixte (femmes & lesbiennes) !!!
    RDV à 20h30 place de la Bastille.
    Nous continuerons à marcher, pour reprendre la rue et la nuit !
    Venez nombreuses ! TAKE BACK THE NIGHT !
    http://www.demosphere.eu/node/28797

  17. Kourou dit :

    Ceux qui parlent de révolutions, de luttes des classes (et je rajouterai de féminisme, de violences faites aux femmes, de prostitution) sans s’en référer au quotidien, ceux là ont des cadavres dans la bouche

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