« PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX », la pétition.

Voici deux textes co-signés par Sandrine Goldschmidt et Muriel Salmona suite aux derniers éléments de l’affaire de New York, alors que le juge abandonne les charges retenues contre Dominique Strauss-Kahn à l’audience du mardi 23 août 2011. 

pour que les plaignantes en matière de violence sexuelle aient droit à la justice, nous ne laisserons pas étouffer leur voix…

Lire le texte sur sa page d’origine.
Signer la pétition.

Combien de femmes ont un jour menti ?
Combien de femmes ont un jour cédé sans consentir ?
Combien de femmes se sont dit : je n’avais qu’à pas être là, habillée comme-ci, habillée comme ça, avoir donné l’impression que je voulais, avoir changé d’avis, avoir eu peur de dire non, à avoir dit non mais pas non, non, non ?

APRÈS avoir lu le rapport de Cyrus Vance pour motiver sa demande d’abandon des charges à l’encontre de DSK, nous ne pouvons arriver qu’à une seule conclusion. C’est vrai, Nafissatou Diallo n’avait guère de chance de gagner un procès pénal et de convaincre 12 jurés « au delà du doute raisonnable ». Cela ne prouve pas que DSK n’était pas coupable. Cela veut dire qu’aujourd’hui, la justice des hommes est bien la justice des hommes.
Quand on sait que sur 75000 femmes violées par an en France et autant d’enfants, 10% de plaintes sont déposées et 3% donnent lieu à un procès pour 1% de condamnation, doit-on en conclure qu’il n’y a qu’1% de violeurs ? NON.
Cela veut dire que sur les 75000 femmes violées en France, et à peu près autant de violeurs, seules 2250 victimes ont droit à un procès pénal et à peu près 72750 violeurs ont le droit de recommencer en toute promesse d’impunité.
En effet, il semblerait qu’il suffise que la plaignante soit un peu – ou beaucoup- menteuse, qu’elle ait été la petite amie du violeur (80% des viols sont commis par une connaissance de la victime), qu’elle soit toxicomane, alcoolique, prostituée, qu’elle présente des troubles psychiatriques, qu’elle ne se souvienne plus bien de ce qui s’est passé (et on pourrait citer encore beaucoup d’exemples de ce type), pour que la justice estime qu’il n’y a pas de preuve suffisante, qu’il n’est pas nécessaire qu’elle tente d’en savoir un peu plus sur la nature du consentement soi-disant donné.
Alors, nous disons ici aujourd’hui que si 99% des violeurs ne sont pas condamnés, non pas parce qu’ils sont innocents (on n’en saura rien) mais parce que la justice -quand elle est saisie- n’a pas les preuves suffisantes, c’est qu’il y a un problème avec la justice.
Parce qu’à l’évidence elle n’est pas en mesure de rechercher des faisceaux d’indices indispensables pour une véritable instruction, et qu’elle est gravement parasitée par des stéréotypes sexistes et des fausses représentations concernant les violences et la sexualité.
Nous demandons l’ouverture d’une vaste réflexion sur le fonctionnement de notre système judiciaire pour qu’il commence, enfin, à tous les niveaux, à abandonner ses réflexes patriarcaux, et à envisager tous les moyens nécessaires pour protéger les victimes de violences sexuelles, enfants, femmes et hommes qui subissent l’enfer au quotidien.
Nous exigeons que les choses changent, pour l’avenir de notre société.

PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX

lundi 22 août 2011, 22h

« Motif des blessures. Agression. Viol . »
Ceci est un rapport médical.
Ce n’est pas un avis juridique, mais les constatations d’un médecin après avoir reçu une femme qui se dit victime de viol. Le rapport médical du 14 mai (selon ce qu’en ont dit les journaux) concernant Nafissatou Diallo, suite à sa rencontre avec Dominique Strauss-Kahn dans un hôtel de New York. La personne qui l’a reçue, habituée à accueillir des victimes d’agressions sexuelles, s’est dite convaincue d’avoir en face d’elle une femme victime de violences .

Il semblerait que ces éléments ne soient pas susceptibles de permettre d’écarter un « doute raisonnable » et empêcheraient un jury de 12 personnes d’arriver à la conclusion que Nafissatou Diallo aie bien été agressée sexuellement par l’ex directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn.
Il ne suffisent pas à lui offrir la possibilité de défendre sa plainte lors d’un procès pénal.

Il n’y a aucun doute sur le fait qu’il y ait eu rapport sexuel dans la suite 2806 du Sofitel de New York. Seulement, le presque ex-accusé affirme que c’était un rapport consenti.

En revanche, le fait que son accusatrice ait menti en apprenant par cœur le récit d’un viol collectif pour pouvoir pénétrer aux Etats-Unis semble devoir instiller le doute raisonnable dans la tête des potentiels jurés de Manhattan.

Pour cette raison -la peur de perdre un procès- le procureur américain Cyrus Vance aurait décidé de laisser tomber les charges contre DSK. Ce dernier va récupérer son passeport, il pourra rentrer en France.

Aujourd’hui, on commence à lire que la plainte de Tristane Banon sera classée sans suite. Parce qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments pour accréditer la qualification juridique de « tentative de viol ».

Chaque jour, cela arrive à des plaignantes. Elles ne sont pas crues, on classe sans suite les affaires, pour « manque de preuves », quand on ne les accuse pas en retour de dénonciation calomnieuse (ce qui normalement, ne devrait plus être possible désormais). Pour cela, relire l’article « la nausée » de Muriel Salmona de l’association mémoire traumatique et victimologie et « Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce » le roman de Lola Lafon.

Chaque jour, la vie de ces victimes est épluchée, on guette leur moindre mensonge, leur moindre incohérence, pour tenter de remettre en cause leur plainte.

En face, les accusés ou mis en examen sont-ils soumis au même interrogatoire ? À la même mise en cause de leur crédibilité ? Tant mieux s’ils sont présumés innocents, mais pour faire la justice, peut-on se contenter de leur phrase : « elle était consentante » ? Ne doit-on pas aussi les interroger ? Sur comment ce consentement s’est manifesté ? Car le présumé consentement, ça n’existe pas. Et céder ce n’est pas consentir, ni désirer. Le présumé non-consentement, dans la tête des hommes lui, pourrait peut-être exister ? Est-il possible que les charges soient abandonnées et que de la présomption de crime sexuel on bascule aussi facilement dans la présomption de sexualité, comme nous le dit Annie Ferrand, sans tenir compte des traces de violences et sans que jamais on n’ait posé à DSK les questions suivantes, en écoutant si ses réponses ont un début de cohérence ?.

Qu’est-ce qui lui a permis de raisonnablement penser que ce rapport était consenti ?
Lui a-t-il demandé en sortant nu de la douche et en la trouvant là « ça te dirait que je te mette mon pénis dans la bouche et que je t’attrape violemment le vagin ? »
« Comment se sont-ils séparés ? » « la connaissait-il avant ? »
« Comment a-t-il pu penser qu’une femme de chambre 30 ans plus jeune que lui pouvait consentir à un rapport brutal et bref dans une chambre d’hôtel entre deux nettoyages de chambre ? »

Heureusement, tout espoir de justice n’est pas perdu. Parce qu’aux Etats-Unis, un procès civil peut suivre un procès pénal. Ce n’est plus le parquet qui est plaignant, c’est directement Nafissatou Diallo. Et là, DSK devrait s’expliquer. Et l’unanimité ne serait plus requise. S’il retourne aux Etats-Unis pour le procès…

Début septembre, va sortir au cinéma un film, « présumé coupable », inspiré d’une autre affaire qui a défrayé la chronique médiatique, celle d’Outreau. Un film qui raconte le calvaire d’Alain Marécaux – « l’huissier » de l’affaire d’Outreau – arrêté en 2001 ainsi que sa femme et 12 autres personnes pour d’horribles actes de pédophilies qu’ils n’ont jamais commis. Le résumé indique : « C’est l’histoire de la descente en enfer d’un homme innocent face à un système judiciaire incroyablement injuste et inhumain, l’histoire de sa vie et de celle de ses proches broyée par une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque. »
Quels que soient les doutes qui subsistent sur cette affaire, les enfants d’Outreau ont bel et bien été victimes des pires sévices sexuels, la justice l’a reconnu. Le film ne s’intéresse qu’à l’erreur judiciaire, et semble ainsi agiter le chiffon rouge en disant : attention en dénonçant les crimes sexuels que subissent les enfants, en prenant en compte leur parole, on enferme des hommes innocents.

Et c’est bien ce que les tenants du système de domination s’évertuent à faire, en matière de crimes sexuels : tenter, par tous les moyens, d’étouffer les voix qui s’élèvent pour les victimes.

Mais quelle que soit l’image qui sera véhiculée, dans la réalité ou dans la fiction, ces voix ne mourront pas. Nous continuerons à entendre la parole des victimes, à la porter sur le devant de la scène, à demander à la justice de les protéger, à la société de leur offrir les soins dont elles ont besoin. C’est une question d’humanité, de dignité, de santé publique, une condition de notre avenir.

Mobilisons-nous !

PAS DE JUSTICE , PAS DE PAIX !

Sandrine Goldschmidt, journaliste et militante féministe, http://sandrine70.wordpress.com/
Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, http://memoiretraumatique.org/

Vous pouvez apporter votre soutien à ce texte en envoyant un mail à :
adiredelles@gmail.com
drmsalmona@gmail.com

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32 réponses à « PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX », la pétition.

  1. AdH dit :

    Voila, j’ai lu quelques articles de votre blog. J’ai tort de penser ce que je pense. De fait, parce que le hasard de la génétique m’a fait homme, j’ai ce foutu chromosome Y qui dévalue d’emblée mes idées sur la question du féminisme.

    Enfin, si je critique les vôtres, bien évidemment. Si je hoche la tête en disant « oui » paisiblement c’est que je suis sorti de mon aliénation de dominant phallocrate misogyne, évidemment.

    Et c’est ce que vous expliquiez dans un commentaire pour un autre article, c’est le dialogue au couteau, seul possible forcément, parce que je suis dominant par essence ou par culture, qu’importe, je suis DOMINANT irrémédiablement si je ne partage pas ce langage de terreur. « Dans la tête des hommes »… Hop ! Voila les hommes dans un sac ! Pas grave, puisqu’ils dominent c’est de la Résistance, n’est ce pas ? Tous les moyens sont bons contre la domination !

    Je suis terrifié par cette vision du féminisme, parce qu’elle se pense radicale et très très subversive. Or pour moi, il est juste complètement à côté de la plaque dans sa grille de lecture. Je suis un homme oui, c’est mon sexe et mon genre. La société me l’a appris, et parmi elle, mes parents dont ma mère féministe qui m’a appris à traiter toujours femme et homme sur le même pied d’égalité.

    Alors certes, je suis un homme et ce n’est pas en tant qu’homme que je me sens blessé. Ma domination concrète en ce bas monde est plutôt limitée : je suis seul, stagiaire bénévole et je n’ai que 25 ans. Mais comme je ne suis pas d’accord pour verser dans l’excès de voir une domination patriarcale dans toute décision d’un homme, d’hommes vis à vis d’une femme, je ne comprendrais pas parce que dominant.
    On peut discuter longtemps dans le vent, je trouve la philosophie qui mène à dire que 99% des violeurs s’en sortent, au mieux grotesque, au pire immonde et barbare. Car bien sûr, vous vous savez, vous savez qui viole et qui ne viole pas, bien évidemment.

    D’où sortent les chiffres avancés ?
    D’où sort le fait que magiquement les 1% de condamnation = 99% de coupables relâchés ?

    Car tout est là :
    « Alors, nous disons ici aujourd’hui que si 99% des violeurs ne sont pas condamnés, non pas parce qu’ils sont innocents (on n’en saura rien) »
    « des violeurs » suivi de « on n’en saura rien ». Paradoxe ? Incohérence ? Lapsus ?

    Car bien sûr, les hommes sont consubstantiellement violeurs, sans doute possible. Que tout est simple et facile dans ce monde de haine sexuée…
    Bref, il me tarde de trouver des féministes digne de ce nom et dont la cohérence interne n’est pas sacrifiée au nom d’un greater good qui justifie tout.

    Car pourquoi raisonner, écrire si dès la contradiction venue, il s’agit de se réfugier dans la sempiternelle domination des hommes, éternelle, fasciste, aveugle, etc. Et qu’avez vous prévu pour les femmes qui ne sont pas d’accord avec vous ? Ce sont des aliénées je suppose :-). Quoi d’autre ? Rien, sinon il faudrait revoir les fondamentaux, et ça, surtout pas. Jamais. Car céder un peu… Blablabla.
    Donc je me pose réellement la question. Pourquoi écrire ? Pourquoi risquer un dialogue si au final ça doit venir symboliquement au couteau ? Autant le sortir d’entrée de jeu ce sera plus franc. Plus transparent.

    • Lulu.sur.Les.Entrailles dit :

      « Bref, il me tarde de trou­ver des fémin­istes digne de ce nom et dont la cohérence interne n’est pas sac­ri­fiée au nom d’un greater good qui jus­ti­fie tout. »

      Arrêtez de mentir… tout votre message est une longue tirade de mauvaise foi, à vouloir faire passer systématiquement les féministes pour des extrémistes afin de dévaloriser ainsi leur message.

      On connaît ça… même technique que Mimile au café du commerce qui commence la moitié de ses phrases par l’antienne « je ne suis pas raciste » et l’autre moitié par « mais il faut bien dire ».

  2. G. dit :

    « Motif des blessures. Agression. Viol . »
    Quand je lis le rapport du procureur sur l’abandon des poursuites (http://www.rue89.com/2011/08/23/abandon-des-poursuites-contre-dsk-le-document-en-francais-218883), je vois :
    « Au moment de l’incident, la plaignante a été examinée par une infirmière assermentée qui est une examinatrice expérimentée et certifiée Safe à l’hôpital Roosevelt de St Luke. Pendant cet examen initial, l’examinatrice n’a noté aucune blessure visible faite à la plaignante et a relevé qu’elle ne souffrait de traumatisme ni sur son corps, ni dans sa cavité orale.

    Le seul constat physique que l’examinatrice a relevé est une « rougeur » qui a été observée lors de l’examen gynécologique. L’examinatrice n’a pas pu affirmer avec un degré raisonnable de certitude médicale que cette « rougeur » était une conséquence directe des faits incriminés, ni même que c’était une blessure ou un hématome. L’examinatrice a déclaré que cette rougeur pouvait être la conséquence des faits décrits par la plaignante, mais pouvait également être liée à une série d’autres causes.

    Pendant la période qui a suivi l’inculpation, nous avons sélectionné et consulté un deuxième expert médical, hautement expérimenté sur les questions liées aux agressions sexuelles. Cet expert a examiné le dossier médical de la plaignante postérieur au 14 mai 2011 et a abouti aux mêmes conclusions de l’experte certifiée Safe, à avoir que la coloration rouge était un élément non-spécifique, qui pouvait être attribué à de nombreuses causes autres qu’un traumatisme : friction, irritation, ou inflammation de la zone.

    Cet expert a confirmé qu’on ne pouvait exclure que la rougeur ait été causée par la façon dont la plaignante affirme avoir été saisie, mais c’est selon lui peu probable. »

    Que croire ?

    Effectivement, l’attention avec laquelle sa vie et ses dépositions ont été décortiquées ne se retrouvent pas du côté de Strauss-Kahn. Et l’accumulation non négligeable de mensonges, de fausses déclarations sous serment et de versions différentes de l’histoire de Diallo ne prouvent pas qu’il ne s’est rien passé de répréhensible.

    Le fond du « problème » ici m’a l’air d’être le 5e amendement : si Strauss-Kahn a le droit de se taire pour ne pas s’accabler, alors tout repose sur la parole de Diallo (qui semble une fondation plus que légère, au vu des raisons de la préconisation d’un non-lieu par le procureur : http://www.rue89.com/2011/08/23/abandon-des-poursuites-contre-dsk-le-document-en-francais-218883) et sur les éléments matériels (non-concluants ici). Le 5e amendement est très favorable aux droits de la défense, je doute que vous remettiez en cause son existence. Que faire alors pour améliorer le traitement judiciaire des crimes sexuels tout en préservant les droits de la défense et en respectant la présomption d’innocence (je préfère un coupable libre qu’un innocent en taule) ? Je sèche…

  3. Gilbert Duroux dit :

    J’aurais bien signé, mais ce texte est trop tordu.
    « Alors, nous disons ici aujourd’hui que si 99% des violeurs ne sont pas condamnés, non pas parce qu’ils sont innocents (on n’en saura rien) mais parce que la justice -quand elle est saisie- n’a pas les preuves suffisantes, c’est qu’il y a un problème avec la justice ».

    Je suis un homme et je veux bien croire qu’il est difficile à une femme d’obtenir justice dans les affaires de viol, mais prétendre aussi légèrement que toutes les personnes poursuivies pour viol (ou presque toutes : 99 %) SONT incontestablement des violeurs, tout en disant qu’on ne sait pas s’ils sont innocents parce que la justice n’a pas les preuves, non, ça ne va pas. Le raisonnement est tordu. Les outrances de ce genre desservent la bonne cause.

    • Christine dit :

      99% des violeurs, c’est pas 99% des hommes poursuivis pour viol, c’est 99% des violeurs me semble-t-il.

      10% de plaintes (ce qui prouve que la justice et la société déconnent puisque la plupart des victimes préfèrent se taire) dont peu seront condamnés, disons 1 sur 10…

      • Gilbert Duroux dit :

        « 99% des vio­leurs, c’est pas 99% des hommes pour­suivis pour viol, c’est 99% des vio­leurs me semble-t-il ».

        Vous parlez alors des violeurs reconnus comme tels. Par qui ? La Justice ? Alors ils ont été condamnés pour la plupart. C’est n’importe quoi d’affirmer que 99 % des violeurs ne sont pas condamnés.
        Ou peut-être parlez-vous des violeurs reconnus comme tels par les victimes de viol ? Ça veut dire alors qu’il n’y a plus besoin de s’encombrer de tribunaux d’aucune sorte ?

        Désolé, même en faisant tous les efforts possibles et imaginables pour soutenir la cause des femmes, je ne peux pas vous suivre sur ce terrain là.

        • Lulu.sur.Les.Entrailles dit :

          « je ne peux pas vous suivre sur ce ter­rain là. »

          On a bien compris, on a bien compris. Vous êtes juste venu pour écrire que si la victime n’allait pas porter plainte et que l’agresseur n’était pas condamné, alors son viol ne comptait pas et donc que l’auteure ne racontait que des conneries, puisque selon votre définition (viol reconnu par une instance de justice après procès) et bien effectivement, environ 100% des violeurs sont condamnés…

          On a bien compris, ne vous inquiétez pas. On comprend aussi très bien ce que vous êtes venu faire sur ce site : vous êtes encore un des « moi je ne suis pas raciste mais quand même les arabes » (ah non, excusez, ici c’est un site féministe c’est vrai, mais bon, le raisonnement reste le même), faire du bruit, ne pas discuter puisque de toutes façons vous n’êtes pas vraiment venu pour ça mais simplement pour étaler vos discours et votre narcissisme, et raconter ce soir à vos gras potes de votre gras genre : « ouais c’est comme sur les sites féministes, tu verrais pour elles les mecs c’est tous des violeurs, alors tu parles si je vais les soutenir, je voudrais bien parce que franchement le viol c’est dégueulasse, mais ya vraiment pas moyen… ».

          C’était pas la peine de venir, vraiment.

          • Arrakis dit :

            Je pense que ce qui dérange G. Duroux, en fait, c’est le « on n’en saura rien ». Effectivement, la phrase est malheureuse, voire douteuse.
            « si 99% des vio­leurs ne sont pas con­damnés, non pas parce qu’ils sont inno­cents (on n’en saura rien) »
            Un violeur est forcément coupable : s’il est possible qu’il soit innocent, il s’agit d’une personne accusée de viol, peut-être d’un violeur, mais peut-être aussi d’un individu diffamé.
            Il est donc choquant de nommer violeur un individu dont on indique une ligne plus loin qu’il pourrait être innocent, sans que le dénigrement de la parole des personnes violées ou des statistiques concernant les viols ait rien à voir là dedans.

        • Gorn dit :

          Pas vus pas prit.
          Si tu vole un truc a Auchan et que personne ne t’arrête tes pas un voleur donc ?!

  4. AdH dit :

    @Gilbert : tu vas voir que c’est parce que tu es un homme et donc représentant du patriarcat que tu ne comprends pas la JUSTE ET SAINTE colère qui anime le propos ;).

  5. Bah dit :

    En féminisme, tout dessert toujours la bonne cause. Le seul truc qui la desserve pas, c’est de la boucler, hein. De toute façon, les gentils garçons proféministes sont toujours repoussés par l’extrémisme de ces tordues hystériques de féministes.
    Apprends à lire, sinon.

  6. Iyhel dit :

    Juste un mot en passant sur les chiffres qui semblent beaucoup perturber les commentateurs (et démontrent qu’ils sont aussi nuls en math que les auteures) : il y a environ 7500 plaintes pour viol chaque année en France. L’ENVEFF (http://www.eurowrc.org/01.eurowrc/06.eurowrc_fr/france/13france_ewrc.htm) menée depuis 1996 permet d’estimer que seul un viol sur dix ou onze fait l’objet d’un dépôt de plainte. D’où le chiffre de 75000 viols au total – qui colle avec les autres estimations faites par Amnesty et consorts.

    Concernant les 99 % avancés, certes c’est un peu tiré par les cheveux comme formulation, ceci étant on peut affirmer sans exagérer que 90 % des violeurs ne seront jamais inquiétés par la justice (ni par l’opinion publique), indépendamment du nombre de viols réel dans l’absolu (7500 ou 25000 ou 75000).

    75000 violeurs sur 30 millions d’hommes c’est peu, donc personne n’a dit que tous les hommes étaient des violeurs – même si ce sont 75000 viols de trop, encore noyés dans probablement 10 à 20 fois plus d’agressions sexistes diverses.

    Si 90 % ça ne vous choque pas mais que 99 % vous paraît tordu…

    Sur le fond, j’entends bien le message d’indignation (et je la partagemais elle sert à quoi au juste cette pétition ? Quelle mesure, action concrète, appelle-t-elle ?

  7. guacamole dit :

    Femme et féministe (du moins ai-je la faiblesse de le croire), j’ai toujours lu avec intérêt vos articles. Je ne suis pas toujours d’accord sur la forme, mais généralement sur le fond. Ils ont le mérite de me (nous) faire réfléchir voire parfois, en ce qui me concerne, me faire mettre des mots sur des idées encore mal cernées.
    Mais là….
    Comment admettre que vous négligiez à ce point la notion de justice, voire même celle de paix!
    Qu’est-ce que la Justice? Je laisse aux croyants la chance de penser connaître un jour la jusitice divine. Athée, je me résouds à ma limiter à la justice rendue par les Hommes. Cette justice-là suppose de reconnaître le droit aux deux parties de faire valoir leurs arguments et leurs preuves. J’ai lu attentivement le rapport du procureur Vance. Moi-même juriste, je n’aurais probablement pas présenté les arguments dans cet ordre-là, mais la conclusions eût été sans conteste identique.
    Il ne suffit pas de revendiquer le droit des femmes à être respectée dans le corps, leurs idées et partout d’ailleurs.!
    Encore faut-il revendiquer le droit des femmes à être traitées dignement, dans le respect des droits de l’Homme. Ces mêmes droits de l’Homme qui ont, comme fil rouge, le droit au procès équitable!
    Les arguments avancés par le Procureur Vance sont clairement, à la lumière des principes du procès équitable, de nature à faire acquitter Mr DSK. Le proc a décidé, par stratégie, d’abandonner les poursuites. Cela avantage la plaignante et non l’inverse!!
    Le fait qu’elle ait -peut-être- inventé cette histoire ou qu’elle soit réellement victime ne change rien à l’affaire. Il n’est pas plus acceptable de croire un femme sur sa simple parole que de croire un homme sur la sienne!
    La parole de la plaignante n’était en rien crédible, DSK méritait donc d’être relaxé.
    Cela n’aide en rien les violeurs ou les hommes violents. Encore une fois, il convient d’appliquer un procès équitable à tous.

  8. AS dit :

    Je me suis dit « chic, un nouveau billet de Mademoiselle! ça va être à la fois drôle et puissant, un truc rigoureux mais humain, qui fait subtilement réfléchir et que je pourrai envoyer à mon entourage non féministe ». Bon, en fait c’est un lien vers une autre initiative, tiens pourquoi pas. Mais il est un peu pourri ce texte, plein de raccourcis… Il faudrait envoyer en prison toutes les personnes accusées de viol, même quand on manque de preuves, parce qu’il y a domination masculine dans nos sociétés? Je ne comprends pas, et du coup j’adhère à ce que dit AdH alors que d’habitude je suis plutôt du côté des intransigeantes…

  9. michelle dit :

    A la lecture de certains commentaires, je suis attérée. Tout d’abord, où sont les femmes ici?Quelle mise à mort d’une femme (l’auteure de ce billet) qui veut tout simplement défendre les victimes de viol et qui tente d’expliquer qu’un pourcentage non négligeable de violeurs ne sera jamais inquiété. Est-ce cela un féminisme subversif et radical? @ Adh, si je comprend votre raisonnement, votre idéal du féminisme serait plutôt un féminisme aveugle. Demandez l’avis de votre mère à propos des violeurs impunis. Votre plume reflète votre intelligence…cependant, vous semblez ou ne voulez pas comprendre: « des violeurs » suivi de « on n’en saura rien ». Vous sortez les mots de leur contexte. Traduction: on n’en saura rien parce que LA JUSTICE N’EST PAS CAPABLE D’INVESTIGUER CORRECTEMENT. Est-ce clair, cette fois?
    @Guacamole: concernant DSK, vous estimez qu’il y a eu procès équitable? Et si Diallo était réellement victime, tiendriez-vous les mêmes propos? « Le fait qu’elle ait peut-être inventé cette histoire ou qu’elle soit réellement victime ne change rien à l’affaire » Etant juriste, justement, pouvez-vous affirmer que la justice ne commet jamais d’erreurs?
    Et pitié, messieurs, ne transformez pas les propos d’une femme sous prétexte que le récit ne vous convient pas. Cela dénote soit un complexe de supériorité soit un complexe d’infériorité.

  10. Gilbert Duroux dit :

    @ michelle

    « vous sem­blez ou ne voulez pas com­pren­dre: «des vio­leurs» suivi de «on n’en saura rien». Vous sortez les mots de leur con­texte. Tra­duc­tion: on n’en saura rien parce que LA JUSTICE N’EST PAS CAPABLE D’INVESTIGUER CORRECTEMENT. Est-ce clair, cette fois? »

    Ben non. C’est encore moins clair. Si la justice n’est pas capable d’investiguer correctement, comment peut-on affirmer qu’il s’agit bien de violeurs dont on cause ? La Justice, c’est pas uniquement écouter la parole des victimes ou de celles et ceux qui se disent victimes.
    Et pourquoi dites-vous qu’on ne veut pas comprendre ? Il y a deux autres possibilités : soit on est complètement crétins et on ne peut pas comprendre, soit c’est vous qui n’êtes pas claire. Ça vous arrive de vous poser des questions ?

    • Christine dit :

      « soit on est com­plète­ment crétins et on ne peut pas com­pren­dre, soit c’est vous qui n’êtes pas claire. » Comment dire…..

    • michelle dit :

      @Gilbert: je vous renvoie la question: si la justice n’est pas capable d’investiguer correctement, comment peut-on affirmer qu’il ne s’agit pas de violeurs? Vous conviendrez qu’on tourne en rond…Mais vous avez raison, la justice c’est écouter les victimes ET les présumés agresseurs. En tant que présumé coupable, DSK a-t-il été écouté par la justice?

      • Arrakis dit :

        Pour que ça soit clair, je n’aurais aucun problème (et approuverais même) cette pétition si elle employait une formulation telle que : »«Alors, nous dis­ons ici aujourd’hui que si 99% des vio­leurs ne sont pas con­damnés, non pas parce que LES ACCUSES sont inno­cents (on n’en saura rien) mais parce que la jus­tice –quand elle est saisie– NE JUGE PAS NÉCESSAIRE DE DONNER SUITE A LA PLAINTE, c’est qu’il y a un prob­lème avec la justice». » Ou, pour garder une formule plus proche de celle de la pétition, « parce que la jus­tice –quand elle est saisie– ESTIME A PRIORI QU’elle n’a ET N’OBTIENDRA PAS de preuves suffisantes ».
        Le texte développe très bien, dans les paragraphes précédant et suivant cette phrase, la manière dont sont traitées les plaintes pour viol, mais écrire que la justice ne « dispose pas de preuves suffisantes », c’est faire du dit manque de preuves une fatalité…

        Je ne souhaite en aucun cas décourager cette pétition, évoquer et analyser le traitement juridique des viols/agressions sexuelle est salutaire… Mais je pense qu’un texte public devrait être formulé clairement, que la forme y est primordiale, et qu’une erreur de syntaxe telle que celle « des violeurs peut être innocents » dessert ce texte, qui emporte par ailleurs mon suffrage.
        Car hors du problème de formulation soulevé, je suis en accord avec le propos, qui détaille bien le discrédit jeté sur la victime ; j’aurais seulement ajouté quelque chose comme : « En effet, il semblerait qu’il suffise que la plaignante […] présente des troubles psychiatriques, QU’ILS SEMBLENT OU NON DÛS A UN TRAUMATISME LIE A SA PLAINTE », dans la mesure où les troubles psychiques générés par un viol/une agression sexuelle peuvent être utilisés pour discréditer la victime, même quand l’expertise psychologique détermine qu’ils présentent toutes les apparences d’un état de choc ou des conséquences d’une agression.

        = »si la jus­tice n’est pas capa­ble d’investiguer cor­recte­ment, com­ment peut-on affirmer qu’il ne s’agit pas de vio­leurs? »
        On ne va pas non plus condamner des individus sans preuve de leur culpabilité, juste parce qu’on ne peut pas non plus affirmer qu’ils sont innocents…
        Pour le coup, ce n’est pas l’absence de capacité matérielle de la justice à investiguer qui est dénoncée de le texte, mais son manque de volonté, ce qui est bien différent.

        • Arrakis dit :

          (hum, j’ai fait n’importe quoi avec la balise, mes excuses. La citation à laquelle ma réponse fait suite finit bien entendu après « …violeurs? »)

  11. Bérénice dit :

    «soit on est com­plète­ment crétins et on ne peut pas com­pren­dre, soit c’est vous qui n’êtes pas claire.»
    Moi je trouve ça très clair, vous êtes donc un complet crétin :)
    Vous m’en voyez navrée.

  12. machintruc dit :

    en fait, tous ces mecs qui « doutent » sur l’histoire du viol et la culpabilité de dsk, ben ils ont peur d’être accusés par n’importe quelle femme d’être de violeurs. quand ils draguent, ils sont déjà mort de trouille à l’idée de se faire jeter. quand ils « baisent », ils sont morts de trouille à l’idée de pas faire de prouesses, quand ils se barrent ou se font éconduire, ils sont morts de trouille… de perdre leur « virilité ». ils sont tout le temps mort de trouille de quelque chose.
    le dsk représente leur fantasme, leur modèle d’identification secrète : dsk il fait ce qu’ils rêvent tous de pouvoir faire.
    donc forcément hein, même quand c’est des bons pères de famille bien stéréotypés par le modèle patriarcal phallocrate capitalise, ils ont peur d’être pris en flagrant délit d’adultère avec la bonne et ils ont peur de se voir accuser de forçage de troussage de domestique… parce qu’ils ont ça dans l’inconscient, la domination, de la femme, du domestique, du monde…
    alors depuis leur enfance phallique, ils apprennent à arrondir les angles, ils fayottent, ils draguent plus ou moins léger ou lourd, votent plus ou moins à gauche etc…
    mais au fond d’eux, c’est des dsk, des polansky, des berlusconni, des sarkozy, des holland, des lang, qui rêvent tous d’être soutenus par des princesses à la badinter, aubry, synclair et compagnie.

    • Iyhel dit :

      Exactement. Aux débuts de « l’affaire » je me suis copieusement pris la tête avec un collègue, caricature du cadre social-démocrate politiquement correct qui nous bassinait non-stop avec Strauss-Kahn, oscillant sans contradiction entre le fantasme de la domination masculine toute puissante et la condamnation morale, se cachant derrière l’excuse d’une prétendue sex-addiction démontrée à grands renforts d’analyses psychologiques de comptoir…

  13. Ping : «PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX» | Entre les lignes entre les mots

  14. ci-dessous deux paragraphes de Léo Thiers -Vidal, extraits de son livre :
    De « L’Ennemi principal » aux principaux ennemis. Position vécue, subjectivité et conscience masculines de domination, Editions L’Harmattan, Paris 2010
    « L’obligation sexuelle implique que les hommes se sentent propriétaires de leurs corps et revendiquent l’accès au corps des femmes »
    « le fait qu’entre hommes et femmes est toujours supposé exister d’une façon ou d’une autre de l’amour, empêche de penser ces relations personnalisées (dont les viols, meurtre) en termes de rapport d’oppression »
    Les hommes, mêmes féministes, ne veulent pas reconnaître, se reconnaître……
    ma note de lecture est paru sous le titre :« Toutes les femmes sont discriminées sauf la mienne » http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/indispensable/
    cordialement
    didier

  15. Guacamole dit :

    @Michelle : Je n’ai jamais prétendu savoir (mais vous non plus du reste) si Madame Diallo était -ou non- une victime. Par contre, je maintiens qu’il y a eu une stricte application des principes du procès équitable et m’en explique:
    – Si DSK passe en jugement en l’état actuel de la procédure, il sera vraisemblablement acquitté puisque même le procureur estime les preuve insuffisantes. La plaignante sera définitivement privée de rapporter tout autre élément puisque qu’on ne peut pas le rejuger.
    – En abandonnant les poursuites, le Proc ne dit pas que DSK est innocent, il dit qu’il n’y a pas -en ce moment- de preuves suffisantes pour obtenir une certitude et, par conséquent, sa condamnation. Il laisse donc la porte ouverte à Mme Diallo de poursuivre l’apport de preuves et/ou la procédure au civil (il faut savoir que s’il était acquitté elle n’aurait aucune possibilité de faire valoir un viol au civil)!!
    Donc oui, je le maintiens, les principes du procès équitable (qui commencent bien avant le procès en lui-même) sont essentiels aux droits de l’Homme.

  16. Marjos dit :

    Bonjour,

    « avoir changé d’avis, avoir eu peur de dire non, à avoir dit non mais pas non, non, non ?

    PEUT-ON PARLER DE CONSENTEMENT DE LA PATIENTE À UNE FAUTE PROFESSIONNELLE GRAVE OU À UN MANQUEMENT À L’ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE ?

    Je ne peux que vous livrer mon témoignage :

    Exploitation Sexuelle dans une relation de soins :

    Quelques lignes pour vous décrire mon expérience d’abus sexuel, d’agression sexuelle par un professionnel de la santé. Il y a quelques années une telle exploitation sexuelle m’aurait semblée improbable. J’ai été victime de la manipulation de ce thérapeute.
    J’espère que ce récit vous aidera à mieux comprendre le caractère insidieux de telles agressions commises par certains professionnels de la santé dans un cadre où la patiente est vulnérable, confiante face à son thérapeute qui a le pouvoir et l’autorité. Pourtant, tout professionnel de la santé doit agir dans le respect et l’intérêt de sa patiente.

    Je suis inquiète : mon enfant souffre, pas de diagnostic.

    La voix de ce kinésithérapeute (ostéopathe) est à peine audible. Jamais je n’aurais imaginé ce qui allait m’arriver. J’assiste aux soins de mon enfant. Il me conseille : éducation, scolarité, est très moralisateur, a de l’influence sur moi. Souvent il me regarde à mon insu. Un jour, pseudo-cours de kiné : il me prend les mains, me guide. Je ressens une drôle d’impression à son contact, il me touche impulsivement sous mon gilet, son corps emboîte le mien, son souffle sur mon visage, une sensation étrange. Je suis perturbée. Je lui fais confiance. Néanmoins des impressions de séduction surgissent dans mon esprit, sans doute mon imagination ?
    Premières manipulations de ce kiné :
    Il m’indique le chemin à suivre, ce que je dois dire ou ne pas dire. Je l’écoute, il veut avoir raison, me dit « vous pouvez compter sur moi ». Son emprise commence insidieusement : parfois il me dévalorise avec ses remarques acérées, il me touche souvent : épaule, cheveux, genou, je suis choquée lorsqu’il me fait la bise pour me dire au revoir. Je m’interroge sur les gestes inhabituels de ce thérapeute. Il est marié, père de famille. Suite à quelques douleurs, je deviens sa patiente.

    Ce sera l’escalade jusqu’à la frustration, l’humiliation, la honte.

    Rendez-vous à son cabinet professionnel principal :

    Je ne souffre pas. Je viens pour un simple entretien, il me demande néanmoins de m’allonger sur la table de massage, je suis surprise. C’est lui le kiné, il ordonne. Je refuse de me déshabiller. Il s’assied contre moi, son corps emboîte le mien, sa bouche près de mon oreille, sa voix séductrice. Je sens les fortes palpitations de son cœur, son souffle dans mon cou, est-ce normal ? Je ne comprends pas cette situation, je suis mal à l’aise. Je considère néanmoins ses gestes comme des actes thérapeutiques. Il palpe mes seins, mon ventre puis descend … Je lui fais confiance mais je trouve ses gestes osés. Il ne m’explique rien. Debout, il se colle à moi impulsivement. Il pose une main sur mon sein à l’intérieur de mon soutien gorge et commence un massage du ventre avec l’autre main. Il me serre contre lui, je pense à une connotation érotique : son corps contre le mien, sa bouche dans mon cou, ses mains sur mes zones intimes. Je suis gênée, estourbie, je ne savais que de tels actes existaient en ostéopathie.

    Que m’a-t-il fait ce jour là ? Une attitude inattendue de la part de ce professionnel de la santé. Un effet de surprise pour moi, une incompréhension de la situation, une confusion sur l’interprétation de ses gestes.

    Je lis et j’apprends par mes lectures qu’un ostéopathe doit expliquer ses actes à sa patiente et avoir l’accord de celle-ci avant d’intervenir !

    Il me tutoie, me touche souvent. Je prends conscience qu’il essaie de me séduire. Je l’admire en tant que thérapeute et l’idéalise certainement. En sa présence, je me détends. A sa demande je lui apporte un dossier. Une nouvelle façon de se rapprocher de moi ? Je ne connais que le professionnel, mais quel homme est-il ? Je ne m’interroge pas sur la déontologie, l’éthique, le secret médical, le respect du patient. Je ne perçois pas sa manipulation. Sa présence est un réconfort pour moi. Malheureusement il profitera de mon besoin de réconfort pour sexualiser cette relation.

    Remise du dossier à son cabinet principal :

    Je dois m’allonger à nouveau sur la table de massage. Il m’a promis une séance d’ostéopathie pour quelques soucis. Mais, aucun soin de sa part. Était-ce une nouvelle stratégie d’approche ? Je dois étendre mes jambes, je suis contre lui, ses bras autour de moi. Il allonge alors ses jambes le long des miennes, c’est très intime. Je sens sous moi « une réaction d’homme », un désir. Il dégrafe lui-même soutien-gorge et ceinture de pantalon. Je pense qu’il fait pareil avec toutes ses patientes. Il m’installe en position fœtal contre sa poitrine, mon visage dans sa barbe. Il est kiné, ostéopathe, un peu psy. Je considère que ce sont des actes thérapeutiques.

    La dérive professionnelle :

    Il me dit : »tu es une femme très désirable (…) ».Gênée je vais partir, il m’attire alors dans ses bras, me caresse. Je réalise que je n’accepte pas son attitude ni d’une telle relation dans un cadre professionnel. Je souhaite simplement collaborer avec lui pour mon enfant. Je le lui écris en lui témoignant toute ma confiance.

    Il me déclare « c’est une relation pleine de tendresse » et « je ne pourrai pas t’envoyer des mots d’amour ». Il m’embrasse. J’ai l’impression qu’il a de réels sentiments pour moi. Ceci n’est en fait que manipulation de sa part. Ses gestes sont plus sexuels sur la table de massage, je suis mal à l’aise. Il identifie sa clientèle à une grande famille, un gourou ? Je constate un côté brutal chez lui. Je m’interroge.
    Il me fixe rendez-vous à son cabinet professionnel secondaire beaucoup plus éloigné de chez lui, tout en me rassurant « ça va bien se passer ».
    Mais pas de massage. Il m’oblige à exécuter un acte sexuel inattendu, moi couchée, lui debout. Il m’impose, ferme le volet de la grande baie vitrée et bloque la porte. C’est très sexuel. Je suis mal à l’aise mais je le laisse faire. Suis-je dépendante de lui ou sous le choc ? Je ne sais pas. Je ne réagis pas. Il me dit « n’aie pas peur », mon visage reflète-t-il l’angoisse? Je me sens instrumentalisée : il donne satisfaction à ses propres désirs, puis une relation intime complète. Il joue avec mon corps. Ce cabinet secondaire est-il sa garçonnière ?
    Il a donné satisfaction à ses propres besoins, si méthodiquement. Je n’ai été que son objet. L’habitude de l’homme ou celle du thérapeute qui abuse de ses patientes ?

    Ses discours paradoxaux créent chez moi une confusion croissante, une incompréhension de la situation. Il veut me revoir. J’ignore les lois, l’éthique, la déontologie.
    Il réitéreras abus sexuels, relations sexuelles sous prétexte de soins qu’il ne me fera jamais. Je l’ai vu être très en colère, méprisant suite à mes questions.
    Je ressens alors honte, frustration, humiliation en repensant à cette relation. Je suis désemparée, un vide immense. Je décide de ne plus le voir et le lui annonce.
    Je finis par faire des recherches sur les abus sexuels commis par certains professionnels de la santé. Une personne adorable me fait prendre conscience de ce que j’ai réellement vécu :
    Ce kinésithérapeute m’a exploitée sexuellement : dans ce cadre de soins, il a profité de ma vulnérabilité pour obtenir de moi des faveurs sexuelles qu’il n’aurait pu obtenir dans aucun autre contexte.
    Durant des mois, je n’ai pas compris ce que je vivais :
    Abus de Confiance, Abus de Pouvoir, Abus d’Autorité, Agression Sexuelle, Exploitation Sexuelle dans une relation de soins : Une Manipulation qui a permis à ce kinésithérapeute d’abuser de moi sexuellement, si insidieusement.

  17. GouineMum dit :

    Je trouve comme Arrakis que certaines formulations de ce texte sont peu claires et/ou prêtent à confusion. C’est regrettable.

  18. sandrine dit :

    Un grand plaisir de découvrir les commentaires…
    alors, peut être, certains mots pourraient être plus précis…
    néanmoins, j’ai moi aussi du mal à ne pas voir de mauvaise foi à ne pas comprendre ceci :
    si l’on admet qu’il y a au bas mot 150.000 viols en France (en effet, c’est 75000 femmes et autant d’enfants, filles et garçons), je ne peux certes pas dire qu’il y a 150.000 violeurs…il y a peut être certains qui violent plusieurs personnes différentes…mais cela implique certainement de nombreuses dizaines de milliers de violeurs (tous des hommes à quelques pourcents près) existent ? Ou y a-t-il des femmes et des enfants violé-es par personne ?
    Alors c’est sûr, c’est ce qu’on essaie de nous faire croire. Et entendre la vérité, ça fait mal. Car sur ces dizaines de milliers, il y en a fort peu qui sont à tout le moins jugés.
    Et tant que cela ne sera pas reconnu, dit, et qu’on ne luttera pas contre, en effet, tant qu’il n’y aura pas une justice (et ici je ne parle pas d’une affaire en particulier), qui à tout le moins essaie de faire qqch contre ce crime contre l’humanité qu’est la violence sexuelle, qui ruine l’avenir de millions d’enfants et la possibilité de mener leur vie de millions de femmes à travers le monde, nous ne foutrons pas la paix à la société, et le dirons, même si ça dérange…

  19. Nicolas dit :

    Quel ramassis d’inepties !

    « Car le présumé consentement, ça n’existe pas. »

    N’importe quoi. Qui ne dit mot consent. :-) Sauf si la fille a été assommée, bien sûr. Mais « je ne voulais pas mais je n’ai rien dit », ça ne marche pas.

    « Et céder ce n’est pas consentir »

    Bien sûr que si. C’est même la définition : faire une concession, accepter.

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