« Il y a de bonnes repentances »

Michel Fize est en train de faire son jardin, en cette belle journée de juillet. C’est les vacances, il a laissé le CNRS et la sociologie pour s’adonner à sa deuxième passion : la culture des navets. Michel  est donc dans son jardin, tout sourire avec sa jolie salopette de jardinier et ses cheveux au vent, et plante des navets. Il sifflote gaiement et ricane en repensant à cette leçon magistrale donnée aux féministes « primaires ».

« Et pan, pense-t-il, qu’est-ce que je leur ai collé avec ma phrase « Pour ces femmes-là, il ne fait pas de doute que tous les hommes sont, par définition, des salauds » ! ; et quand j’ai écrit « Par ce raisonnement, la gent masculine représente naturellement, à leurs yeux, le sexe dangereux, la gent féminine incarnant, du coup, le sexe glorieux » ! »…  Mais n’ai-je pas été trop gentil en écrivant  « par ce raisonnement » ? Nul doute qu’elles ne raisonnent pas, ces femmes, trop occupées qu’elles sont à haïr les hommes… Et avec quel panache je termine mon article, en assénant « Quant à vous, mes­dames les «pri­maires» fémin­istes, je n’aimerais pas être dans votre tête ce matin ! Mais, on le sait, il y a de bonnes repentances…» ! ». Repensant à tout cela avec délectation, Michel se perd dans ses pensées, lorsque soudain, le ciel s’ouvre : ô miracle, surgit des cieux le visage d’Émile Durkheim.

"Émile Durkheim, depuis les cieux" (Oui, Mademoiselle est très douée en photomontage)

Tétanisé, Michel s’écroule et gémit : ô mon Dieu, je savais que ça allait m’arriver… aie pitié de moi, ô seigneur de la sociologie française !

Alors que Michel est à genoux au milieu de ses navets, les mains jointes vers le ciel, l’échine courbée et les yeux rivés au sol, implorant le pardon, s’abat la voix d’Émile Durkheim, telle un coup de tonnerre :

– Cesse donc de pleurnicher, Michel !

– Pardon, Maître…

– Je viens de lire ton article dans le journal Le Monde, Michel. Celui où tu donnes une « leçon » aux féministes…

Hésitant, Michel risque un regard vers le ciel et murmure :

– Vous avez apprécié, Maître ?

– Foutaises ! hurle le Maître.

Un éclair s’abat alors sur le potager de Michel, faisant brûler d’un coup tous les navets. Michel se met alors à sangloter.

– Cesse de pleurnicher, t’ai-je dit. Et écoute moi bien. J’ai été en dessous de tout concernant les femmes, Michel, j’ai été jusqu’à reprendre des comparaisons de tailles de crâne, pour avancer l’idée que les femmes étaient inférieures aux hommes. Tu te rends compte ? J’ai été jusqu’à torde mes théories pour leur faire dire ce que je voulais. Et moi qui glosais sur les prénotions desquelles il fallait se détacher… J’ai été nul, Michel. Nul.

– Oh, non Maître !

– Mais si ! Ne fais pas le lèche botte, tu n’es plus à l’école, Michel.

– Pardon, Maître.

– J’ai été nul, disais-je… mais jamais, jamais tu entends, je n’aurais osé écrire un article comme celui ci. Il y a des limites, Michel. Et je ne dis pas ça pour les femmes, car il faut bien avouer que cette question ne m’a jamais empêché de dormir. Je dis ça pour la Sociologie.

– Mais…

– « Il n’y a pas de mais qui tienne », comme disait ma grand-mère. Je ne me suis pas emmerdé à fonder cette science pour… ça ! Même Bourdieu a trouvé que tu étais allé trop loin. Et pourtant, c’est pas la gêne qui l’étouffait Bourdieu, avec les féministes.

Terrorisé, Michel Fize part se cacher derrière un navet.

Agacé, Durkheim pointe son grand doigt vengeur vers le champ de navet :

– Sors de là, Michel, montre toi !

Michel apparaît alors, penaud.

– Maître, c’est que… j’ai écrit ça parce qu’un homme était livré en pâture aux chiens par une bande d’hystériques ! J’ai agi dans l’urgence !

– Eh bien ça ne te réussit pas…

C’est alors que des éclairs zèbrent le ciel tandis que les nuages s’ouvrent, laissant apparaître Simone de Beauvoir.

– Même en prenant le temps de réfléchir, vous avez empilé les contre-vérités, les raisonnements erronés, et vous n’avez pas réussi à contenir votre morgue. Ça vous va bien, maintenant, de vous défouler sur ce… qui est-ce, d’ailleurs ?

– Je m’appelle Michel Fize. F-I-Z-E. Je suis un spécialiste de renom de l’adolescence et de la famille. Je suis chercheur au CNRS !

– Ah, lâche laconiquement Simone de Beauvoir.

– J’ai même écrit un livre qui s’appelle le « Deuxième homme », à propos des adolescents… vous saisissez le clin d’oeil ? Deuxième homme, Deuxième sexe… je m’inscris dans la continuité, voyez vous.

– Ah, lâche à nouveau laconiquement Simone de Beauvoir.

– Oui, oui ! Je vois que vous êtes flattée… j’essaie moi aussi d’avoir du style, voyez-vous. Mais écoutez plutôt : je dis des choses comme « La jeunesse n’a pas de frontières, elle bouscule les habitudes, elle se remet en question, elle échoue, elle va recommencer » [4. Propos extraits de la vidéo « Épisode 1 : La jeunesse selon le sociologue Michel Fize« ].

Fier de son effet, Michel se saisit alors d’un navet calciné, le brandit et clame :

– Je dis aussi : « Je ne pense pas qu’il y ait de mauvais âge, j’ai envie de dire, tout âge a ses vertus, et ses infortunes », je dis aussi que, lorsqu’on est jeune, c’est à dire entre 15 et 25 ans, puisque j’ai établi ces bornes scientifiquement, « on est rêveur, mais je dirais « rêveur concrètement » » [5. Propos extraits de la vidéo « Épisode 1 : La jeunesse selon le sociologue Michel Fize« ].

Dans les cieux, s’installe un silence gêné. Beauvoir et Durkheim se regardent, dépités. Michel, prenant ce silence pour de l’admiration, enchaîne :

– Je dis aussi : « Les jeunes de demain seront les adultes mûrs d’aujourd’hui ! » [6. Véritable festival, ces propos sont toujours extraits de la vidéo « Épisode 1 : La jeunesse selon le sociologue Michel Fize« ].

– Et les grand-parents d’après demain, je suppose? demande alors Beauvoir, médusée.

– Oui, tout à fait, tout à fait ! Je note, je note ! s’exclame alors Michel. Ce qu’il y a de bien avec vous chère Simone, ajoute-t-il galvanisé, c’est que vous ne faites pas partie de ces féministes « primaires » que je dénonce. Car je prends la défense du féminisme, du bon, du raisonnable, de celui  qui permet de voir «se fau­filer» «un petit moment de grâce démoc­ra­tique (…) par-delà les sexes et les cultures.»  [7. Référence aux écrits de Irène Théry, abordés dans l’article « La morale de ces morales », voir l’article : http://blog.entrailles.fr/2011/06/la-morale-de-ces-morales/] ! Je montre la bonne direction aux féministes, voyez-vous ! J’ai écrit « Votre erreur, mesdames, et elle est magistrale »…

– Suffit, Michel Frise… assène Simone de Beauvoir, agacée.

– Fize ! F-i-Z-E. Fize !

– Suffit ! Vous n’êtes pas le premier à avoir eu cette arrogance..  mais il est certain que j’ai rarement lu un texte aussi insipide et malhonnête à la fois. Et pourtant, la concurrence est féroce, à ce petit jeu, jeune homme. Félicitations. Vraiment.

Alors que Simone de Beauvoir disparaît, ayant d’autres chats à fouetter et l’habitude de ce genre de niaiseries, surgit du champ de navets une Irène Théry en pleine réflexion :

– L’incompréhension vient certainement du fait que vous êtes aveugles aux « défis nou­veaux sur­gis du lien social contemporain » [8. Référence aux écrits de Irène Théry, abordés dans l’article « La morale de ces morales », voir l’article : http://blog.entrailles.fr/2011/06/la-morale-de-ces-morales/] !

– Ah non, là c’est trop, gémit Durkheim. Je prononce la sentence. Michel Brise…

– Fize, F-I-Z-E, spécialiste de renom de la sociologie de la famille et de l’adolescence, sociologue au CNRS, et…

– On sait, on sait. Je te condamne à la culture des navets à perpétuité.

Une lumière aveuglante envahit alors le ciel avant que les nuages se referment dans un bruit assourdissant. Dans le silence qui a envahi le potager, on entend alors la petite voix de Michel s’élever :

– Dis Irène, je pourrais te piquer ta phrase sur les « défis nou­veaux sur­gis du lien social contemporain », ça irait bien avec ma phrase sur « Les jeunes de demain qui sont les adultes mûrs d’aujourd’hui ».

La grêle s’abat alors, suivie d’une pluie de sauterelles. Puis les ténèbres recouvrent le jardin de navets calcinés.

Notes :

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51 réponses à « Il y a de bonnes repentances »

  1. Nobo dit :

    Par Saint Max Weber, quel courage d’avoir lu un ouvrage de cette insigne inconnue !

  2. rififi dit :

    Grandiose ! :-)

  3. mebahel dit :

    Hahaha , trop bon, merci Mademoiselle…
    Fize et ses affirmations sur le retour à un enseignement qui sépare garçons et filles, parce que les pov’petits gars sont à la traîne (à cause des filles, bien sûr..)

  4. Luce dit :

    Jouissif ! Ça fait du bien ! Merci !

  5. Toute ton histoire s’écroule sur un détail: on ne « plante » pas des navets, on les sème. Les graines sont toutes petites, elles poussent lentement, et avant de se cacher derrière les feuilles… faut attendre trèèèès longtemps. Au plus, les feuilles de navet doivent atteindre 20 à 30 centimètres. Bon, mais possible qu’il soit tout petit, le Michel. Et qu’il soit le héros d’un film « J’ai rétréci un sociologue ».

    • Mademoiselle S. dit :

      Eh bien figures toi que je me suis renseignée sur la culture du navet, et que j’ai appris plein de choses.
      Alors, oui il aurait fallu que je parle de semis, et non de plantations.
      J’ai bien senti que le distingo était important, et puis paf, ça m’est sorti de la tête.
      enfin, pour ceux intéressés à minima par le navet, histoire d’avoir un truc à dire le jour où on reçoit son panier de l’amap, pour les courageux qui font du choux tout l’hiver, voilà l’essentiel à retenir :

      Le navet est un vieux légume qui se cultivait bien avant l’arrivée de la pomme de terre. Sa racine charnue à la couleur variant en fonction des variétés, est riche en vitamine C, en potassium et en calcium. Cette plante du potager se cultive dans de nombreux plats comme le pot-au-feu, la cannette au navet… Le feuillage peut-être également être utilisé cuit ou en soupe.

      On distingue parmi les variétés actuelles, les navets de printemps et les navets d’été. Pour les premiers, le semis se fait dès février sous châssis ou en avril en pleine terre. Pour les navets d’été, vous procéderez au semis en juillet ou août.

      Le semis se fait en pleine terre en rangs distant d’environ 30 cm. Vous tasserez la terre du rang de façon à ce que les graines soient en contact avec le sol, puis vous arroserez très régulièrement pour conserver un sol frais. Une fois les semis levés, vous éclaircirez vos plants à raison d’un plant tous les 10 cm environ.

      La récolte se fait entre 8 à 10 semaines après le semis. Les navets d’été demandant un peu plus de temps avant leur récolte.

      Vous trouverez également dans le commerce des variétés de navets à cultiver pour leurs feuillages.

  6. Christine dit :

    M’enfin, pourquoi tant de haine envers cet innocent légume ? Ce massacre de navets est très choquant :-(

  7. lise dit :

    mais qu’est-ce que c’est drôle, et enlevé !
    j’adore venir vous lire !
    merci !

  8. Mademoiselle S. dit :

    Et merci pour les encouragements de toutes, tous… c’est pas de refus en ce moment !

    • Plume dit :

      Ben pareil que César, je commente jamais mais ça fait tellement de bien de te lire ! Ça me soulage d’un grand poids de voir que certains restent un peu droit dans leurs bottes ou leur talons aiguilles après tous les âneries qu’on lit et entend à longueur de journée.
      Alors un grand MERCI !

  9. cesar dit :

    jeme suis déjà promené chez toi, je n’ai jamais commenté, mais là : obligé, surtout si c’est pas de refus en ce moment, quelle fraîcheur dans toute cette mouise dans ton plan navet !

  10. n-0 dit :

    comme césar…et j’adore les navets (crus,façon alsacienne,coupés comme des nouilles,je ne sais plus comment on fait,désolé!)
    Courage,bravo et merci!

  11. LadyInRed dit :

    Bravo pour cette histoire! Comme on dit, il vaut mieux en rire qu’en pleurer :)))

  12. Gerblet Pierre dit :

    Tu perds ton temps Mademoiselle, tu es nulle, tu n’intéresses que les plus nullardes que toi, ton texte est d’un banal, d’un rance, d’un abêti… Recycle-toi, va à l’école, c’est pas trop tard. Raconte-nous plutôt des affaires de stérilet, de vagin visité par des pitres de la médecine, là, tu excelles! ça t’emmerde que SK soit blanchi ? tu l’aurais aimé cacateux, fini, brisé? Oh c’est pas que je l’aime ce « gamin à sa maman », ce vilain gosse qui se croit intelligent, mais vous les femelles, vous êtes encore moins aimables. C’est bien vrai que vous les haïssez les hommes et même cet idiot de Fize qui pourtant est féministe corps et âme, mais rassurez-vous ils vous le rendront bien un jour, pas les Fize, les autres. Et peut-être que ce jour n’est pas si loin.
    En attendant, continue tes mièvreries sur le net, déverse ta haine, c’est tout ce que tu sais faire! ça mobilise tes pauvres énergies, et tu peux te prendre pour une écrivaine ! Vas-y chérie, jouit !

    • Christine dit :

      Ben dis donc, t’en as des drôlement crétins des commentateurs. Ceux-là je les imagine bien mouillant leur slip devant leur écran, excité par leur propre capacité à moucher une féministe, à déverser leur haine rance et machiste en se croyant pertinent.

      Je trouve que la modératrice elle est très indulgente, ça ne mérite que le mépris de la poubelle.

      • mebahel dit :

        Je plussoie: poubelle.
        Bon, à moins que, dans ta grrRRrrrande bonté tu n’aies pitié de ce genre de commentateur qui se fait son petit plaisir…

        • Mademoiselle S. dit :

          C’est surtout que je m’en tape.

          • michelle dit :

            Gardez le cap, Mademoiselle, car à la lecture d’un commentaire ici et d’autres sur d’autres sites, je crois que la France a urgemment besoin de femmes qui écrivent des articles tels que les vôtres, de femmes qui osent « se mouiller » malgré la haine qui risque de se déverser et, qui plus est, qui savent rester de marbre malgré les injures. De plus, je ne vous imagine pas du tout en harpie détesteuse d’hommes!

      • Mademoiselle S. dit :

        je ne supprime jamais de commentaires, sauf quand le contenu est illégal ou que ça nourrit un affrontement qui n’en finit pas, jours après jours… suis gentille, en fait…

      • Goulven dit :

        Moi je trouve ça très audacieux cette théorie des « mièvreries » associées à la haine. Un petit poney avec une batte de Baseball ? Je m’interroge …

    • Auto dit :

      Tu perds ton temps Made­moi­selle, tu es nulle, tu n’intéresses que les plus nullardes que toi, ton texte est d’un banal, d’un rance, d’un abêti…
      => Sans arguments concrets, les insultes n’ont que peu d’impact. Qu’est ce qui te fait penser ça ? Tu peux développer (pas insulter, pas pareil hein ) ?

      Recycle-toi, va à l’école, c’est pas trop tard. Raconte-nous plutôt des affaires de stérilet, de vagin vis­ité par des pitres de la médecine, là, tu excelles!
      => Assidu au blog, j’ai pas encore entendu parler Mademoiselle S. d’affaires de stérilets. (Je me prends à penser que ça pourrait être instructif, mais bon…)

      ça t’emmerde que SK soit blanchi ? tu l’aurais aimé caca­teux, fini, brisé? Oh c’est pas que je l’aime ce «gamin à sa maman», ce vilain gosse qui se croit intel­li­gent, mais vous les femelles, vous êtes encore moins aimables.
      => Ouais, les FEMELLES c’est crop des méchANTes. Cela me rassure, il n’y a pas que mademoiselle S qui doit revenir à l’école, tes insultes sont du niveau maternelle!
      Il ne me semble pas que DSK ait été encore blanchi. Le problème de cet affaire n’est pas DSK, c’est les commentaires plus ou moins myso, d’une incroyable mauvaise foi, que les personnes comme Michel Fize s’amusent à écrire et à publier pour leur propre amour propre.

      C’est bien vrai que vous les haïssez les hommes et même cet idiot de Fize qui pour­tant est fémin­iste corps et âme, mais rassurez-vous ils vous le ren­dront bien un jour, pas les Fize, les autres.
      => Fize, pour toi, c’est un idiot ou c’est quelqu’un de bien ? On ne hait pas les hommes, on hait le machisme. Et nous ne pensons pas que Michel Fize soit un féministe corps et âme, même tout court d’ailleurs. je n’argumente pas plus vu que tu n’argumentes, pas toi :)

      Et peut-être que ce jour n’est pas si loin.
      => Trop peur. Moi je pense plutôt que le jour où on pourra arrêter d’en parler car il y aura vraiment une égalité hommes/femmes, je serais déjà morte, ce qui est relativement loin malheureusement.

      En atten­dant, con­tinue tes mièvreries sur le net, déverse ta haine, c’est tout ce que tu sais faire! ça mobilise tes pau­vres éner­gies, et tu peux te pren­dre pour une écrivaine ! Vas-y chérie, jouit !
      => Owwwwwwwiiiiii ! Jouissons tous ensemble ! C’est vraiment gentil de nous laisser l’autorisation.
      Et au sujet du déversement de haine, je te remercie vraiment pour ta contribution !

      • Euterpe dit :

        Ce que je remarque c’est que les hommes qui se disent féministes ne le sont pratiquement jamais. Ce sont les mêmes qui disaient autrefois « je ne suis pas raciste mais… » aujourd’hui ils sont féministes « mais »…voire ils sont archiféministes « mais »…voire il y n’a pas plus féministes qu’eux, même les femmes féministes ne leur arivent pas à la cheville, MAIS…
        Je constate par ailleurs que Jean Quatremer, l’homme qui a parfaitement saisi que le sexisme est un racisme de genre et le présente inlassablement comme tel ne dit JAMAIS « je suis féministe ». Il faut dire que cela sonne éminemment faux-jeton comme phrase dans la bouche d’un homme (à moins que cet homme soit Patrick Jean qui est connu pour son engagement actif dans la cause féministe et qui ne se contente pas d’affirmer qu’il est féministe tout en prouvant à chaque mot le contraire).

        • mebahel dit :

          En général, les hommes qui réfléchissent et agissent féministement se disent ‘pro-fem’
          Pro-féministes donc, considérant que le féminisme est situé chez les femmes et que eux sont aux côtés de celles qui le sont/font.

    • ellya dit :

      la bouillie Gerbley est à gerber (si si fallait la faire !).

  13. Cobab dit :

    trop bien !

    (vache, il est gratiné l’article du papy 19e bien comme il faut (je l’imagine avec un gilet fermé jusqu’en haut et une montre à gousset) :
    « C’est bien mal connaître les hommes […], c’est bien faire lourdement offense aux femmes elles-mêmes, que de penser pareilles vilaines choses », et tu ne veux pas être vilaine, n’est-ce pas ? alors indigne-toi « comme il convient » !)

  14. Antoine dit :

    Tout ceci me rappelle que vous deviez nous parler de la classification du jardinage et du bricolage dans les activités ménagères selon l’INSEE… J’attends toujours 😮
    (sinon, les navets, c’est très bon dans la jardinière, mais aussi pour adoucir les lentilles avec des carottes, voilà)

  15. Pescade dit :

    Bravo, jolie fable. J’ai éprouvé cette immense lassitude, ce grand moment de vide et de solitude à la lecture du sermon de Frizz. Merci Mademoiselle, ça fait plaisir de voir qu’on est pas tout seul à éprouver cette rage.

  16. Waouh, quelle érudition, finalement! et quelle modestie de l’avoir cachée dans un premier temps. Bonne idée, d’ailleurs, car je vois depuis un tout petit MF genre Ken qui a perdu sa Barbie courir entre les plants de navets pour échapper aux regards, t’as raison, c’était plus rigolo comme ça. Je penserai à lui (à toi) quand je sèmerai mes navets. j’attends la fin de l’été, les navets semés en pleine chaleur ne donnent pas grand chose de bon. MF n’aura qu’à courir entre les plants de carottes (très belles cette année) ou sous les feuilles de rhubarbe. Mais qu’il fasse attention, mon jardin est plein de campagnols, et je les piège, couic!

  17. Boogie dit :

    Salut, moi aussi j’ai trouvé ce texte très bon. Je ne sais pas si tu lis CSP, hérault de la « gauche sévèrement burnée » – moi je le lis, j’apprécie beaucoup de choses. Parmi ses intérêts récurrents il y a cet incessant souci/appel à produire des textes critiques sur le ouèbe qui ne tiennent un peu compte du fait que se limiter à penser et écrire sérieusement et de manière académique limite très largement la réception. Bon, vous vous rencontrez là dessus et je trouve ça cool : ton texte est drôle et percutant et très sûrement plus apprécié que s’il s’était agit d’un « démontage de texte » pur et dur (par ailleurs je trouve ces derniers très utiles aussi, il faut savoir tout faire…)

    Je voulais te poser une question : quels sont les exemples où « c’était pas la gêne qui l’étouffait, Bourdieu, avec les féministes » ? Je suis preneur de trucs sur ce sujet : lire Bourdieu (hors université et hors encadrement académique) a changé ma vie, très très concrètement, tout comme lire « Walden ». Mais je manque de contre points critiques, celles qu’on trouve le plus facilement n’ont que peu de valeur.

    Dernière question : tu es sûre que le hobbies de M. Fize est le jardinage (qui personnellement a tendance à me rendre une personne sympathique) ? Ne serait-ce pas plutôt de construire des maquettes d’avion ? (j’espère que tu n’en fais pas) .

    • Mademoiselle S. dit :

      Dès que j’ai plus de quelques minutes, je te réponds sur Bourdieu, je te donne des liens, etc. promis. Moi aussi, « lire Bour­dieu (hors uni­ver­sité et hors encadrement académique) a changé ma vie, très très con­crète­ment ». Il n’y a pas que lui, mais il en fait partie.

      • Boogie dit :

        ah te lire m’oblige à dire que, comme ce que tu écris en ce qui te concerne, « il n’est pas le seul ». Merci en tout cas, je guetterai tes liens.

    • Romane dit :

      A propos de Bourdieu et du féminisme, j’ai lu sur le site de Marie Victoire LOuis, une critique très intéressante du livre la domination masculine. Qu’elle démonte.
      http://marievictoirelouis.net/document.php?id=600&themeid=

      • Boogie dit :

        Merci, je vais lire ça dès que je pourrais.

      • Boogie dit :

        J’ai parcouru, j’y reviendrai plus précisément, mais de manière générale, je trouve l’article vers lequel tu me renvoies n’est pas de très bonne foi, et plutôt agressif. Il rate sa cible trop de fois et reste beaucoup trop dans le « démontage » comme tu dis. Bref, une lecture trop projective à mon avis, sur de nombreux points. L’auteure cherche trop à lui « régler son compte », et ce tellement qu’elle se trompe et utilises des méthodes qui me déplaisent beaucoup.

        Qu’en as-tu pensé, toi ?

        • Boogie dit :

          bon, j’ai lu plus avant, et changé d’avis, globalement. La première partie m’a un peu agacé, à cause de plusieurs choses, notamment parce que l’auteure voit dans la reprise par P. Bourdieu de la formule de Marx « les dominants sont aussi dominés par leur domination » une « légitimation de la domination » et rien de moins qu’une « régression de la pensée »… bigre.

          La suite est plus intéressante, à mon sens, et il me faudra encore du temps pour bien lire tout ça.

          Bref ce message pour modérer ma première impression.

          Merci du lien en tout cas.

  18. murmures dit :

    Le texte de départ était, pour moi, un de ces textes très très énervant auquel je ne trouvait pas de bonne manière de répondre. Alors, lire une réponse drôle et énergique comme la tienne, ça fout la pêche. Merci !

  19. Frèd dit :

    C’est quant même incroyable cette tapée de connards qu’on est plus ou moins obligé de se fader ! Porteurs ou porteuses de la bonne parole dominante et surtout médiatiquement relayée.
    Pas étonnant qu’on ait un Sarkozy à la tête de l’Etat.

    Va-t-on pouvoir un jour insuffler d’autres modes de socialisation qui relèguent dans les poubelles du passé cette pensée d’un autre âge ?
    Je ne sais pas si les hommes préhistoriques trainaient vraiment 😉 leurs femmes par les cheveux, mais je crois que mes contemporains, s’ils le pouvaient, n’hésiteraient pas à le faire.

    Frèd, dépité par la connerie patriarco-capitaliste de ses con-génères masculins

    ps : je ne sais pas si c’était vraiment nécessaire mais l’agresseur sexuel socialo du FMI, il aura au moins eu le mérite de remettre en lumière tout ça, des fois qu’on l’aurait oublié !

    Merci pour votre article et vos écrits en général !!!

  20. Alcara Li Fusi/Isa dit :

    Mademoiselle : je renonce à vous déclarer ma flamme, je risquerai de nuire à votre excellence. Non mais c’était d’un drôle! Je m’en suis payé une tranche! Qu’ils sont fades les Gad Elmaleh, les Frize, les Polony… Je n’ai jamais autant ri à un texte fort intelligent à l’exception de Desproges et Dieudonné. Tu décoiffes petite :) J’ai tant ri que l’intervention de Pierre (a)Gerblet n’est parvenu à rien qu’à me faire rire encore davantage tant ce pauvre homme était grotesque! Ah! Bordel de Saint Proudhon, je suis sûr que tu aurais bidonné Louise Michel et André Leo. La Beauvoir elle doit s’en payer une tranche là haut… Enfin quand je lis de tels textes je me tamponne des hommes, des femmes, de la basse réalité matérielle des choses et des êtres, des bassesses communes, des insolences lâches, car tout est dans la grandeur d’un bon texte, tout ce qui compte véritablement et qui a la vertu d’éléver les hommes au sérieux, au combat et au rire. Ah Ah Ah le procureur chargé de l’affaire Hermann Fuster citait Durkheim et s’en référait à la démocratie, je me marrais intérieurement et assez ostensiblement pour qu’un capitaine me répère et ordonne, d’un coup d’oeil, à deux de ses sbires, de m’entourer au cas où il me prendrait l’envie d’imiter mon camarade Hermann Fuster. Je ne suis pas allé tater de l’hermine mais je me suis bien fendu, c’était d’un grotesque rare. J’aurai volontiers hurlé de rire si je n’avais crains pour mon camarade. La force de pareil texte Mademoiselle c’est que j’aime à nouveau les femmes!

  21. Rhizome dit :

    Que Saint Norbert Elias et Mère Judith Butler me pardonnent, j’ai beaucoup ri!

    (sur « les défis nouveaux du lien social contemporain », j’ai envie de dire des choses, mais bon… Genre renvoyer bêtement à Robert Castel. Pas forcé de tout lire, hein, mais dans son bouquin avec Claudine Haroche, ils explicitent ça, en faisant de la gentille vulgarisation)

  22. eric dit :

    Intéressant de part sa parcialité et sa désinvolture ce texte démontre une fois de plus ton abilité créatrice et ton sens de l’humour…
    félicitation MS

  23. eric dit :

    «  »parCIELité » » c’est mieux comme ça!

  24. cidud dit :

    un regale, j’ai bien rigole!
    merci de demonter ce genre de triste sir, nous en avons bien besoin…
    ce blog est vraiment une bouffee d’air frais, tant sur la forme et le style que sur les contenus.
    Merci et longue vie!

  25. Paul Plop dit :

    Bravo, super texte. Top. Super top.

  26. Caillou dit :

    Encore une fois c’est très drôle !
    Mais c’est très méchant aussi. Car MF invite à la réflexion : en effet, si « les jeunes de demain sont les adultes mûrs d’aujourd’hui », ne sont-ils pas également les grands-parents d’hier ?

    (… et de là à penser qu’ils sont déjà de vieux cons, il n’y a qu’un pas. MF, sociologue subversif ?)

  27. AS dit :

    Retour de vacances: billet drolissime et, comme d’habitude, d’une grande finesse. Je ris, je pleure, et puis je vais déjeuner. Merci mademoiselle.

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