IVG : Y’a qu’à pas baiser !

Ah les recettes de grand-mères. En voilà une bonne pour l'avortement : y'a qu'à pas baiser !

Ce n'est pas ce que conseille généralement la presse féminine, qui passe ses journées le nez dans la culotte (fashion la culotte), pour nous pondre de magnifiques rubriques "Sexo". La dernière en date nous arrive du magazine ELLE, pour nous expliquer  que : "L’avantage d’avouer qu’on n’a pas d’orgasme, c’est qu’on n’est pas obligées de faire semblant d’en avoir. Comme 67% des femmes et , (presque) égalité des sexes oblige, 25% des hommes." Hein ?

Mademoiselle ne comprend pas toujours les articles du magazine ELLE... Et puis un jour, la BAFFE. Mademoiselle se retrouve paumée, éberluée, assise, limite traumatisée : elle vient de lire un article dans le magazine ELLE qui n'est pas mauvais. L'article ("IVG : la nouvelle bataille") aborde la question des méthodes d'IVG, en questionnant notamment le recours plus que systématique de certains services à la méthode médicamenteuse.

l’IVG par voie médicamenteuse est de plus en plus présentée comme la méthode idéale, répondant à toutes les situations, y compris pour les grossesses avancées, entre la neuvième et la quatorzième semaine d’aménorrhée (absence de règles). Contre l’avis des autorités de santé. Et au détriment du choix des femmes.

 

- Mais c'est qu'elles veulent avoir le choix en plus ?

Pour rappel, il existe deux méthodes d'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) en France :

  • la méthode dite "chirurgicale", qui consiste en une aspiration sous anesthésie générale ou locale, réalisée donc en bloc opératoire, et cela dans un délai légal de 14 SA (semaines d'aménorrhée -ou absence de règles) soit 12 SG (semaines de grossesse).
  • La méthode dite "médicamenteuse" ou "médicale", qui consiste en deux prises de médicaments : l'un interrompt la grossesse, l'autre provoque des contractions et l'expulsion de l'embryon. L'IVG médicale ou médicamenteuse peut par ailleurs être réalisée hors établissement, ce qu'on appelle "en ville", mais uniquement avant la fin de la 5ème semaine de grossesse (c'est à dire la 7ème semaine après le début des dernières règles).
(Pour plus d'informations : sur les méthodes d'IVG, un comparatif synthétique des deux méthodes est disponible sur ce site ; sur les délais légaux en Europe, vous pouvez consulter le tableau sur la  "Législation comparée de l'avortement en Europe" sur le site du Planning Familial : consulter.)

Les deux méthodes sont donc utilisables, mais au delà de 7 SA, il devient interdit de réaliser une IVG médicamenteuse "en ville", c'est à dire hors établissement de santé. Le rapport de la Haute Autorité de Santé précise :

Limitation à 7 SA des IVG à domicile (le risque hémorragique ne semble pas plus fréquent au-delà,  mais l'hémorragie pourrait être plus sévère à des âges gestationnels plus avancés et les douleurs sont également plus importantes)

À ce sujet, Martin WInckler rappelle que Les médecins qui imposent des IVG médicamenteuses hors des  délais légaux ont un comportement criminel.

Toujours dans ce même rapport, il est indiqué que, entre la 8e et la 9e SA, la technique médicamenteuse doit "être réalisée en milieu hospitalier", et que à partir de la 10° SA,  "La technique médicale n'est pas recommandée".

- 95 fois sur cent, Lafâme...

Or, que se passe-t-il dans les faits ? Comme le note l'article de ELLE "si la moitié des IVG sont médicamenteuses en France, celles-ci sont quasiment toutes effectuées dans les premières semaines."

Toutes ? Non, quelques gaulois résistent quelque part en France :  "à Strasbourg, le chiffre explose tous les records : 95 % des femmes subissent une IVG sous médicament, quels que soient leur âge, le terme, leur histoire, leur rapport au corps..."

Autrement dit, des IVG médicamenteuses sont réalisées jusqu'à 14 SA... pratique qui relève  "de la maltraitance des femmes", pour Sophie Eyraud, co-présidente de l'ANCIC (Association Nationale des Centres d'Interruption de grossesse et de Contraception). Afin de ne pas passer pour des barbares, les médecins du service assurent pratiquer une "prise en charge de la douleur" sérieuse... Admettons. Cela n'enlève rien au fait d'imposer aux femmes une technique plutôt qu'une autre. Mais le pire est ailleurs. C'est que l'idée fait des petits, si vous me passez l'expression.

Selon ELLE, ce protocole de prise en charge de la douleur "n’existe pas dans d’autres régions où l’on pratique (...) l’IVG médicamenteuse pour ne pas avoir à faire d’IVG chirurgicale."

« C’est écrit ici noir sur blanc », dénonce la gynécologue-obstétricienne Sophie Gaudu, responsable de l unité d’orthogénie de l’hôpital Cochin-Saint-Vincent-de-Paul, à Paris. Elle brandit un document distribué aux femmes dans un hôpital de province : « Vous pourrez demander un antidouleur », mais rien ne dit qu’on le leur donne. « Je ne comprends pas cette volonté d’imposer l’IVG médicamenteuse à ce terme, on va faire un mal fou aux femmes. Elles doivent se rebeller contre ça pour protéger les autres, les plus jeunes. »

Alors pourquoi privilégier l'IVG médicamenteuse ? Eh bien, parce que ça coûte moins cher, que ça prend moins de temps de bloc -qu'il faut réserver à des femmes qui ont des vrais problèmes intéressants, médicalement parlant (des tumeurs, des embryons à implanter, bref, des machins valorisant pour le toubib), parce que ça ne mobilise pas autant de personnel, parce que ces connasses n'avaient qu'à pas se retrouver enceinte. Oups, la dernière phrase, on la pense mais on  ne la dit pas.

Comme le souligne la CADAC (Coordination des Associations pour le Droit à l'Avortement et à la Contraception), dans sa contribution aux États Généraux du service Public :

L'avortement "est aussi soumis à la tarification à l’acte ou T2A, tarification actuellement faible qui rend l’acte peu attractif, peu « rentable » tant pour les structures publiques que privées : l’arrêté du 4 août 2009 relatif aux forfaits afférents à l’IVG a revalorisé l’acte autour de 300 euros (383,32 euros pour une IVG instrumentale avec anesthésie générale), soit près de 3 fois moins que pour un acte équivalent d’aspiration pour fausse couche spontanée. (lire la contribution en entier : EGSP – Contribution CADAC)

BREF, allez vous me dire, on se fout de la gueule des patients, et là en l'occurrence des femmes. Rien de nouveau sous le soleil.

Enfin si, comme Mademoiselle vous l'a dit au début : le magazine ELLE a sorti un BON PAPIER sur l'IVG. ET ÇA C'EST GRANDIOSE !


- L'avortement dans la presse féminine : un droit qui te rend malade, Lafâme !

Mademoiselle voudrait bien être positive jusqu'au bout, c'est à dire se concentrer sur LE bon papier en évitant la tonne de mièvreries crasses débitées sur l'IVG à longueur d'années. Mais vous la connaissez maintenant, vous savez d'avance que ce sera impossible. Parce que l'avortement dans la presse féminine, est... comment dire ? traité d'une manière assez inégale.

D'un côté, vous avez une représentation de l'avortement dans le genre :

C'est un droit de Lafâme ! Gningningnin !

Et le rouge à lèvre aussi, c'est notre droit !

Et les talons !

Et les régimes !

hihihiiii !

Bref, rien de très glorieux, mais l'avortement est tout de même présenté comme un droit collectif acquis par la lutte politique/féministe.

Quand les magazines n'illustrent pas leurs articles avec des plaquettes de contraceptifs ou des toubibs qui prennent la pose, les articles présentent des images de femmes qui :

  • ont un visage ;
  • occupent l'espace public ;
  • s'expriment via le recours à la banderole ;
  • sont ensemble.

 

Et comme dans la presse féminine on aime AUSSI relayer  des discours du type "vous y avez droit, mais vous allez en baver", on adapte donc l'iconographie (faudrait pas être TROP positif vis à vis de l'avortement, tout de même).

On représente alors des femmes:

  • le plus souvent sans visage (visage coupé, photo prise de dos) ou lorsque le visage apparaît, c'est pris entre les mains, ou pour montrer une mine déconfite ;
  • seules ;
  • dans l'espace privé (en pyjama, souffrantes, pelotonnées sur leur lit comme de pauvres  choses fragiles, ou dans des attitudes d'adolescentes évaporées) ;
  • sans parole.

 

Rien d'étonnant à cela, l'IVG dans la presse féminine, c'est un dramatique mal nécessaire. Un droit certes, mais un droit très spécial dont il ne faut pas abuser sous peine d'avoir bobo à son petit cœur et de se traîner sur son lit comme un basset neurasthénique.

Et on ne se lasse pas de voir la presse féminine, du bout de ses petits ongles manucurés, débiter articles sur articles pour nous coincer dans cette contradiction :

  • on défend l'IVG MAIS !
  • l'IVG, c'est pas bien.

Ah, ma bonne dame, que c'est compliqué ces histoires de Lafâme.

Et ça fini par donner des aberrations dans le genre de Cosmo, le magazine qui te fait fondre le cerveau.

Regardez moi ça : On met l'illustration d'une femme qui a l'air aussi épanouie que moi quand j'écoute un discours de jean-François Copé, et on s'étonne que les femmes aient une idée légèrement négative de l'IVG.

"L'interruption volontaire de grossesse fait encore peur aux femmes. A ce titre, 92% d'entre elles estiment que l'IVG peut être un évènement traumatisant alors que 83% considèrent qu'il est physiquement douloureux."

(voir l'article de Cosmo)

 

Le paradoxe est bien résumé par Marie-Claire :

première image : "Avortement : on veut avorter si on veut, quand on veut !"

deuxième image : "Tout ce qu'il faut savoir pour ne pas avorter".

Notez que le deuxième article ne titre pas : "Tout ce qu'il faut savoir pour éviter une grossesse non désirée". Non, c'est la solution (l'avortement) qu'il faut éviter à tout prix.

- Rien ne change ? Si, les femmes.

Normalement, si vous vous intéressez un peu à la question de l'avortement, vous avez régulièrement  droit à ce genre de discours, qu'il soit tenu dans la presse féminine ou par des politiques :

200 000 IVG par an depuis des décennies, rien ne change ! pfff ! ranlala ! pfff !

Sous entendu : "Lafâme est une indécrottable connasse"

Alors, faisons le point une bonne fois pour toutes sur cette supposée permanence d'un archaïsme féminin face à la contraception et l'IVG.

Le graphique ci dessous montre que :

  • a) Si le nombre annuel d'IVG est resté relativement stable depuis 1975...
  • b) Cette stabilité recouvre en fait deux évolutions :
  1. Les grossesses non prévues ont diminué
  2. Le recours à l'avortement en cas de grossesse non prévu, lui, a augmenté.
Graphique extrait de Population et Sociétés, décembre 2004, N°407. "Pourquoi le nombre d’avortements n’a-t-il pas baissé en France depuis 30 ans ?".

Autrement dit, les femmes ont opéré deux changements :

  1. elles se sont saisies de la contraception pour éviter des grossesses non désirées
  2. et quand grossesse non désirée il y a, elles se sont saisies de l'avortement  pour choisir de le garder ou non.

Et elles choisissent visiblement de plus en plus de ne pas le garder. Et elles le vivent bien, comme le faisait remarquer Peggy Sastre sur son blog (Avorter ne rend pas folle, avoir un enfant, si), en relayant une étude récente "sur les conséquences psychiatriques comparées de l'avortement et d'une grossesse menée à son terme".

Bilan, avoir un gamin tape beaucoup plus sur la courge que d'avorter. Dit avec plus de classe et en anglais dans le texte, ça donne : The relative risk of a psychiatric contact did not differ significantly after abortion as compared with before abortion  but did increase after childbirth as compared with before childbirth.

Il ne reste plus qu'à faire une étude sur les conséquences psychiatriques comparées de la lecture de Biba et de celle de Cosmo. Pas certaine que ce soit beau à voir.

À lire également :

  1. Avorter est un droit, manifestation nationale du 6 novembre 2010. Man­i­fes­ta­tion nationale à Paris pour défendre le droit des femmes...
  2. Sites anti-IVG, une action concrète Il y a quelques jours, nous appre­nions via un com­men­taire...
  3. Le droit des femmes menacé par des « restructurations » de CIVG A l’instar des grandes manoeu­vres à l’oeuvre dans bien d’autres...
  4. Suivez le guide ! Affirmer qu’on a avorté parce qu’on n’avait pas envie d’avoir...
  5. Criminelles Le Figaro, en date du 25 février, a pub­lié sur...

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133 Responses to IVG : Y’a qu’à pas baiser !

  1. Christine says:

    Beau­coup des défenseur-es du droit à l’IVG tien­nent à ce que ce soit une souf­france. Que ça puisse ne laisser ni trace psy­chique ni trace physique serait trop injuste. Et quand une femme qui a avorté pré­tend le con­traire, on lui explique qu’elle est dans le déni de sa souffrance.

    C’est pas un bas­set neurasthénique, c’est une bas­sette qui vient d’avoir une portée.

    • Mademoiselle S. says:

      Oui. Il est très sai­sis­sant d’entendre : « vous ne le savez pas mais vous souf­frez. Un jour, ça vous pètera à la gueule, ça va for­cé­ment remon­ter à la surface ».

      Faudrait créer un groupe de 343 femmes qui ont avorté, qui se por­tent très bien et le dis­ent tout haut.

      • Slipmistress says:

        Je veux bien témoigner! J’ai avorté il y a 6 ans et hormis le traite­ment déplorable que l’on m’a infligé sci­em­ment, tout va bien.
        Je n’ai aucune « séquelle » psy­chologique. Bien entendu, dans ma famille, il est de bon aloi de pré­ten­dre que je n’ai pas « pu assumer cet enfant » car j’ai eu des par­ents mal­trai­tants. Incon­cev­able d’imaginer que cela puisse être un choix, voyons, une lafâme ne choisi pas un enfant! Elle est faite pour! Et si elle n’en veut pas, c’est parce qu’elle a un prob­lème avec sa mère! CQFD.

  2. Christine says:

    « Faudrait créer un groupe de 343 femmes qui ont avorté, qui se por­tent très bien et le dis­ent tout haut. » Quand tu veux…

  3. Christine says:

    C’est parti, je te suis.

  4. Christine says:

    Tiens, je fais une propo­si­tion de texte. Mais je con­nais pas de célébrité…

    200 000 femmes avor­tent chaque année en France.
    Cette opéra­tion, pra­tiquée sous con­trôle médi­cal, est des plus sim­ples.
    Le droit à l’IVG est men­acé par les con­di­tions économiques faites aux CIVG et par le retour de l’ordre moral dans les dis­cours. Avoir avorté est de plus présenté comme un trau­ma­tisme dont on ne se remet pas.
    Je déclare avoir avorté et n’avoir aucun regret. Et je vais très bien.
    Je réclame des moyens pour que le droit à l’IVG, son accès incon­di­tion­nel et gra­tuit et la lib­erté de faire ce que je veux de mon corps sans qu’on me dise com­ment je dois me sentir.

  5. « Et comme dans la presse fémi­nine on aime AUSSI relayer des dis­cours du type « vous y avez droit, mais vous allez en baver », on adapte donc l’iconographie (faudrait pas être TROP posi­tif vis à vis de l’avortement, tout de même).« 
      « Rien d’étonnant à cela, l’IVG dans la presse fémi­nine, c’est un dra­ma­tique mal néces­saire« 
      « elles choi­sis­sent vis­i­ble­ment de plus en plus de ne pas le garder. Et elles le vivent bien (…)
    Bilan, avoir un gamin tape beau­coup plus sur la courge que d’avorter »

    Donc si l’avortement n’est pas un mal néces­saire, c’est par con­séquent un bien : vive l’avortement, ouah, trop génial, viens vite chérie, con­cevons un gosse comme ça tu pour­ras avorter, tu vas voir c’est cool. Mais ne le garde pas sinon ça te tapera sur la courge, gaffe hein ! J’ai bon ?

    J’imagine que ce n’est pas exacte­ment ce que veut dire ce bil­let. Mais c’est une lec­ture dérangeante (pour moi) qu’on peut on en faire, puisqu’il proteste à plusieurs reprises sur le fait que l’IVG ait une mau­vaise image.
    Je pré­cise que je suis évidem­ment pour le droit à l’avortement, sans illu­sion sur le fait que mon com­men­taire ne soit jugé quand même comme hor­ri­ble­ment macho, puisque je ne reprends pas à mon compte le slo­gan « avorter, c’est le pied ».

    • Mademoiselle S. says:

      ça con­firme l’idée qu’il faut faire ce texte Christine…

      Aucune femme ne se dit « ouais, génial je vais avorter »

      En revanche, les femmes se disent :

      si je ne veux pas de cette grossesse heureuse­ment que je ne suis pas obligée de me four­rer des aigu­illes à tri­coter dans l’utérus.

      Et for­cé­ment, avorter dans de bonnes con­di­tions san­i­taires, sans ris­quer sa vie, sans devoir graisser la patte à un toubib, sans ris­quer d’aller en taule, oui, on peut le dire : c’est GENIAL.

      Avoir la pos­si­bil­ité de choisir sa vie, avoir une prise sur son avenir, oui, on peut le dire : c’est GENIAL.

  6. J’avais écrit mon com avant de lire le dernier de Chris­tine, avec lequel je n’ai pas de désac­cord. C’est sans doute une his­toire de formulation.

  7. Hum, enfin, j’ai écrit un peu vite : il y a le « n’avoir aucun regret » qui me gêne : on eût pu regret­ter tout de même la grossesse non désirée en ques­tion, sans regret­ter la solution.

    • Mademoiselle S. says:

      On eût pu.
      Mais on eût pu regret­ter d’avoir eu 2 enfants, de s’être marié avec Gérard, d’avoir divorcé, de ne pas avoir eu un troisième enfant, .…

      Les femmes :

      - réflechissent
      - pren­nent leur déci­sion
      - ont con­science de ce qu’elles font.

      • Yelle says:

        « ont con­science de ce qu’elles font« 
          Pas tou­jours, pas toutes. Une copine à 16 ans a décider d’avoir le bébé. Si vous pen­siez que l’instinct mater­nelle exis­tait, détrompez vous. La dernière fois que je l’ai vu (il y a quelques années), le tableau ne fai­sait pas envie, et pour­tant il y avait un peu de famille autour.
        Vive le droit à l’avortement, qui a évité ça à beaucoup.

        • Anna says:

          Elle aurait aussi pu accoucher sous X. Il y a d’autres choix que « avorter » et « devenir mère ».

          • Christine says:

            Celles qui ont con­science de ce qu’elles font c’est celles qui choi­sis­sent d’avorter, pas celles qui choi­sis­sent d’être mères ;-)

            C’est sûr qu’à 16 ans, 9 mois de grossesse + aban­don­ner un enfant, c’est super mieux que 10 min­utes d’anesthésie générale pour évac­uer un tout petit tas de cel­lules… Les partisan-es de mener la grossesse à terme et aban­don­ner l’enfant sont rarement des ami-es des femmes. Il va sans dire que je ne con­damne pas une sec­onde les femmes qui font ce choix d’accoucher sous X (et je souhaite que ça reste un X), de là à le conseiller…

  8. mebahel says:

    Ha merci pour pour ce post salu­taire, manque de pot je ne m’associerai pas à votre liste vu que j’ai pas eu à avorter (mais je l’aurais fait sans état d’âme).
    Lorsqu’en tant que psy, j’ai eu à accom­pa­g­ner des femmes faisant une IVG médic et une IVG trad, la dif­férence dans mon “accom­pa­g­ne­ment” a été que la réflex­ion peut se faire pen­dant le tra­vail du corps, je veux dire entre les prises médics, les femmes que j’ai enten­dues “par­laient” leur acte en même temps que leur corps/la biolo­gie fai­sait son tra­vail.
    Du côté de la douleur: la prise en charge est, comme pour beau­coup de cas de prise en charge de la douleur, surtout chez les femmes qui sont des chiffes molles, c’est bien connu, min­i­male.
    Mais un des toubibs (meks) dans la clin­ique où j’officiais, leur pro­po­sait d’entrée de jeu des antalgiques à pren­dre si besoin, faisant con­fi­ance à la capac­ité de cha­cune de s’écouter et de réguler sa prise. Un cas quoi.

  9. Christine says:

    @Olivier : « on eût pu regret­ter tout de même la grossesse non désirée en ques­tion, sans regret­ter la solu­tion. » T’as tou­jours fait l’amour couvert ?

  10. raja says:

    c’est ouf mais depuis le temps que je lis ce blog, je n’ai jamais été en désac­cord avec un bil­let …je suis for­cé­ment d’accord avec celui ci aussi. je n’ai jamais avortée mais j’ai été très sou­vent accom­pa­g­na­trice, celle qui offre un cup­cakes pour faire oublier le traite­ment insul­tants de cer­tains médecins et leur regard dés­ap­pro­ba­teur et encore faut qu’ils acceptent de vous recevoir, cer­tains ont des con­vic­tions ma bonne dame, ils doivent sauver des vies pas les détru­ire, véridique. com­prenez qu’un organ­isme en développe­ment est un être humain au même titre que vous et moi.…on en est encore là…encore.

    • Oh les belles cer­ti­tudes ! Et c’est à par­tir de quand que l’organisme en développe­ment devient un être vivant ? Com­ment fait-on pour le savoir, en fonc­tion de quel critère ? Une fois né, le nour­ris­son est encore en développe­ment (la fontanelle)… Il me sem­ble que cette ques­tion gênante est traitée un peu légère­ment. Genre : « Bon, on va dire que ça compte pas, hein ! »

      • raja says:

        « c’est à par­tir de quand que l’organisme en développe­ment devient un être vivant« 
          par déf­i­ni­tion un être vivant est un être qui vit, selon la loi un embryon de moins de 12 semaines peut être avortés donc les bases sont fixés…en tant que femme la ques­tion de l’avortement n’est jamais une ques­tion traitée à la légère, on y pense tout les jours.

      • ko says:

        J’aurai ten­dance à répon­dre abrupte­ment : tant que l’organisme en développe­ment est dans le ven­tre de sa mère, c’est elle que ça regarde en tant que pre­mière con­cernée.
        La ten­ta­tion de recon­naître le statut de « per­sonne » au foe­tus précède très sou­vent de peu une ten­ta­tive de remise en cause du droit à l’avortement.

      • Yelle says:

        Les qua­tre cel­lules après la fécon­da­tion de l’œuf, c’est pas un être humain. Le bébé, une minute avant l’éjection, on peut lui accorder le statut d’être humain. Entre les deux, il faut tracer une ligne pour éviter les excès. Et tant qu’on ne pourra pas mesurer l’âme (je blague), on n’aura pas de critère absol­u­ment objec­tif. Je ne sais pas si la lim­ite décrétée par la loi est la meilleur, mais il est cer­tain qu’elle est réfléchie, (elle prend en compte entre autre le développe­ment du fœtus). Je ne sais pas où tu as vu le sujet traité de la manière dont tu parles.

      • HN says:

        Bon­jour, j’ai appré­cié ce bil­let, comme d’habitude. J’adore la forme.
        En revanche, je suis étonné de ne voir que la con­sid­éra­tion pour le foe­tus et son statut en ce qui con­cerne la lim­ite pour une IVG.
        Mais une inter­rup­tion trop tar­dive peut causer des prob­lèmes à la « future ex-mère » (???), il me sem­ble non ? Com­pli­ca­tions, stéril­ité, …
        Je crois que cette lim­ite a été fixée égale­ment pour pro­téger la per­sonne qui avorte et pas seule­ment pour des raisons d’éthiques par rap­port au foetus.

        Cdlmt

        • Mademoiselle S. says:

          j’ignore de quels délais tu par­les. En Espagne et aux pays-bas, la lim­ite est autour de 22 semaines, et ça se passe très bien.

          Par ailleurs, les IMG (inter­rup­tions médi­cales de grossesse donc réal­isées sur avis médi­cal et non seule­ment sur demande de la femme), vont quant à elles très loin dans la ges­ta­tion. Et l’acte est très bien contrôlé.

      • Sushina says:

        Je suis d’accord avec toi Olivier; je me suis ren­due à une réu­nion fémin­iste où l’une des inter­venantes dis­ait grosso merdo « Il n’y a pas de souf­france psy­chique après un avorte­ment. J’ai connu des filles qui avor­taient le matin, qui le midi étaient con­tentes d’être débar­rassées de ce fardeau et l’après-midi allaient faire du shop­ping ».
        Ca me choque; il ne faut pas nier la douleur et la cul­pa­bil­ité qui peu­vent sur­venir (tout comme il ne faut pas stig­ma­tiser les femmes que ça ne touche pas) et il ne faut pas que ça devi­enne un acte anodin.

        Perso, je suis athée et je sais per­tinem­ment que le foe­tus à 5-7 semaines n’est pas plus évolué qu’un tétard mais ça me rendrait malade d’avorter, je le sais!

  11. Christine says:

    C’est seule­ment pour dire que perso, pour qu’un mec ait le droit d’avoir un avis un tant soit peu restric­tif sur le droit à l’IVG, faut qu’il soit nickel sur le sujet… Sinon, il est juste pour, sans nuances…

    • Bon, amis lecteurs hommes, ne faites pas la même erreur que moi : nous n’avons pas le droit d’avoir un avis.

    • Adrienne says:

      Ça veut dire quoi « être nickel sur le sujet » ? Et est-ce qu’une femme qui n’a jamais été con­fronté à un tel choix : avorter ou devenir mère a le droit d’avoir un avis sur la ques­tion? Et si une femme est enceinte et qu’elle envis­age une inter­rup­tion de grossesse, qui a davan­tage le droit d’avoir un avis sur la ques­tion? Sa mère, sa sœur, son com­pagnon, ses copines?

      C’est tout de même super dou­teux de con­sid­érer que les hommes n’ont pas le droit de se per­me­t­tre d’avoir un avis, non?

  12. Isa says:

    Un man­i­feste des 343 con­nards qui ont laissé leurs copines seules à l’hôpital au moment de l’avortement. Ce sera plus facile à trou­ver… Quand j’avais 25 ans de bonnes copines se con­fi­aient à moi car j’étais alors jeune et promet­teur, digne de con­fi­ance. Non seule­ment j’ai été saisi par la pro­por­tion de filles qui avaient subi des vio­lences sex­uelles, mais j’ai trouvé quelque­fois, plutôt assez répan­due, une forme de vio­lence par­ti­c­ulière­ment effarante pour le jeune naïf que j’étais: je veux par­ler du nom­bre de jeunes filles qui se trou­vent à l’hôpital, pour une opéra­tion d’avortement, absol­u­ment seule, sans le sou­tien de leur étalon, sans sou­tien de famille. Je veux encore par­ler des toutes jeunes filles qui con­sul­tent le plan­ning famil­ial, dans la crainte d’une grossesse, et qui trouve plus fréquem­ment un copain ou une copine pour les accom­pa­g­ner que le bel étalon. Ce qui con­firme tout le bien que je pense de la viril­ité, elle est 100% dans les couilles, rarement dans le coeur et dans la tête. « Pompe-moi » « viens sen­tir l’odeur de mes couilles » « écarte les jambes » voilà un flo­rilège de l’expression mas­cu­line qui reflète le mieux la pen­sée de l’homme. Le plus sai­sis­sant c’est qu’en dépit des con­séquences de cette pen­sée, dirons-nous lim­itée, la bonne et belle truie le préfère aux ennuyeuses com­pi­la­tions du doute et de la pen­sée qui se cherche. Droit au but! comme à l’OM, sem­pre tirare diretto comme dis­ent les fas­cistes. Ya volt!
    Made­moi­selle j’aime de mieux en mieux vos textes. Vous y faites mon­tre d’une maîtrise chaque fois plus admirable et vous me faites rire.
    C’est pas tous les jours qu’on me déride le sphinx…

    • Mademoiselle S. says:

      « Un man­i­feste des 343 con­nards qui ont laissé leurs copines seules à l’hôpital au moment de l’avortement. Ce sera plus facile à trouver…  »

      Sans nul doute ! tu m’as bien fait rire.

      En même temps, l’avortement peut-être un moment ou des femmes se retrou­vent, juste­ment, entre elles : elles se met­tent à par­ler.
      Ah bon, toi aussi tu as avorté maman ? Toi aussi copine ? Toi aussi cou­sine ?
      Et ça, c’est chou­ette, c’est chou­ette quand les nanas sor­tent du silence pour com­pren­dre qu’elles ont vécu des choses sim­i­laires, affronté le même toubib pater­nal­iste, les mêmes regards répro­ba­teurs, la même néces­sité de garder son IVG pour soi.
      Et quand on se met à par­ler de son IVG, on com­mence ensuite à par­ler de sex­u­al­ité, pas comme dans Biba, on se met à par­ler de soi, et on rit ensem­ble. Et quand les femmes com­men­cent à rire ensem­ble… c’est déjà le début de quelque chose.

      C’est aussi ça que l’injonction au drame cache, empêche : que les femmes se met­tent à par­ler ensemble.

    • Quelle haine vis-à-vis des hommes ! Ques­tion : est-ce plus respectable d’être mysan­dre que mysogine ?

      • Laurette says:

        C’est une ques­tion de vécu, Olivier, et de milieu.On parle bien de ce que l’on con­nait, et il y a des strates de société où effec­tive­ment le mecs ressem­blent à ce qu’Isa décrit, hélas.
        Je ne lui souhaite que de tomber enfin sur des mâles munis d’un cerveau plus évolué que la stade rep­tilien, il y en a plein, si, si. rassurez-vous.

  13. touta says:

    Je vais me faire insul­ter mais tant pis j’assume mon coté réac.

    1/ Je suis con­tre l’avortement. L’AVORTEMENT RESTE UN MEURTRE. (je conçois que dans cer­tains cas cela puisse être un mal pour un bien)

    2/ Je suis pour le droit à l’avortement et dans les meilleures con­di­tions pos­si­bles y com­pris en terme de douleur. A mon avis (je ne suis pas médecin) la méth­ode chirur­gi­cale est la meilleure car elle évite des décharges hor­monales à la femme

    3/ UN ENFANT SE FAIT A DEUX, DONC UN AVORTEMENT DEVRAIT SE FAIRE A DEUX. EST LA PLACE DU MÂÂÂLE DANS CET ARTICLE???
    (Mon cou­ple a du, con­tre mon gré, avoir recours à cette pra­tique et j’ai assisté ma femme du mieux que j’ai pu)

    4/ (Peut-être hors sujet) Respon­s­abil­isons nous: baiser c’est le pied mais cela peut avoir des con­séquences. Insis­tons sur l’importance de la con­tra­cep­tion y com­pris mas­cu­line (que per­son­nelle­ment je con­nais très mal: peut-être un futur arti­cle ici?)

    • raja says:

      « L’AVORTEMENT RESTE UN MEURTRE » donc tu con­sid­ère que tuer un homme qui aurait une mère, des frères et sœurs, une femme ou un mari, des amis, un tra­vail, une vie asso­cia­tive, des sou­venirs, un passé, une empreinte c’est la même chose qu’un embryon? sincère­ment avec toutes la meilleur volonté du monde j’ai du mal à comprendre.

      • touta says:

        Je ne com­prends pas cette grad­u­a­tion du meurtre.
        Selon les liens famil­i­aux et/ou soci­aux de la per­sonne on pour­rait tuer ou pas? A ce compte la on peut tuer tous les “sans-famille” amnésiques!
        Après c’est une ques­tion de valeur: on s’autorise ou pas à tuer. Et je ne dis pas ça pour cul­pa­biliser qui que ce soit: cha­cun ses valeurs qui évolu­ent avec le temps et les civilisations

    • pola.k says:

      … hem… per­me­t­tez moi de rec­ti­fier, mon­sieur Réac : un enfant se fait à deux, certes, mais qui ici a parlé de « faire un enfant » ???

      Quand on parle de grossesse non désirée, c’est qu’il n’a juste­ment jamais été ques­tion de faire un enfant ; mais unique­ment de faire l’amour (enfin… pour les plus chanceuses), et point barre.
      Certes, l’amour, ça se fait à deux (enfin… pour les plus chanceux), mais même à deux, ben faire l’amour, c’est pas faire un enfant. Heureusement !

      C’est même telle­ment évident que, comme vous dites, un enfant se fait à deux : il est entendu que les parte­naires doivent être explicite­ment d’accord, tous les deux.
      Le reste du temps, par con­ven­tion, on fait l’amour, mais on ne fait pas d’enfant.

      Une IVG n’est pas un choix à faire, c’est un choix déjà fait, avant même le rap­port sex­uel, qu’une con­cep­tion acci­den­telle oblige à con­firmer par un acte.

      Il se trouve que, par un caprice de la nature, c’est la femme et elle seule qui subit la grossesse en cas d’accident.
      Et nous ne par­lons ici que de grossesse non désirée. Un truc qui ne con­cerne que la femme et son corps.

      N’en déplaise à votre sus­cep­ti­bil­ité de mâle, un sper­ma­to­zoïde rescapé du bidet, de la capote per­cée, du stérilet de travi­ole ou de la pilule vomie ou zap­pée ne vous donne aucun droit, pas même celui d’information préal­able, sur le fait que votre parte­naire décide de passer sur le bil­lard pour, comme tacite­ment con­venu entre vous au départ, con­tin­uer à ne pas faire d’enfant en inter­rompant une grossesse non désirée.

      Alors évidem­ment, s’agissant d’un acte médi­cal un p’tit peu douloureux tout de même, qui plus est large­ment con­spué par la morale extrémiste, on peut avoir envie d’être accom­pa­g­née et soutenue, par des amiEs affectueusES, ou par son partenaire.

      Ou pas.
      Ou pas si, par exem­ple, on pressent que le parte­naire en ques­tion (qui, n’ayant jamais été enceint, peut penser con­fort­able­ment et con­tre tout avis sci­en­tifique que l’avortement est un meurtre) pren­dra « con­tre son gré » une mine de cir­con­stance pour nous « assis­ter du mieux qu’il peut » … c’est vrai, quoi, qui voudrait qu’on la fasse se coupable de ne ressen­tir rien d’autre que du soulagement ?

      Voilà où est la place de l’homme dans cet arti­cle : éventuelle.

      • touta says:

        Tirer un coup n’engage en effet pas les parte­naires (même si j’avoue que ça me gène de dire ça). Pour pousser le raison­nement trop loin (?) une femme qui se retrouve séropos­i­tive n’a pas besoin d’en par­ler à son parte­naire d’une nuit qui (peut-être à son insu) va con­tin­uer à con­t­a­miner ses futurs partenaires?

        Par con­tre faire l’amour engage le cou­ple. Ou alors c’est que nous n’avons pas la même notion de ce qu’est un couple.

    • Héloïse says:

      Non, un enfant ne se fait pas à deux, il se fait toute seule jusqu’à preuve du con­traire (ou toute trou­vaille qui per­me­tte aux hommes d’être enceints) et ça prend 9 mois . C’est quoi ce droit à venir four­rer le nez dans le ven­tre des femmes que vous vous octroyez ? En tant que pre­mières con­cernées par ce qui s’y passe, c’est à elles et elles seules que la déci­sion d’avorter ou pas revient, quitte à en dis­cuter, si elles y sont dis­posées, avec le père sup­posé.
      Cette manie qu’ont cer­tains de croire que tout leur appartient …

      • touta says:

        Jusqu’à preuve du con­traire la parthénogénèse n’existe pas chez l’homo-sapiens. (Saut pê avec Marie de Nazareth mais là encore il parait que Dieu y serait pour quelque chose)

  14. Christine says:

    « UN ENFANT SE FAIT A DEUX. » Mais on avorte pas d’un enfant…

    Oui, respon­s­abilisez vous.

    • Isa says:

      @ Made­moi­selle: Tu m’ouvres les yeux. Il y a effec­tive­ment une manière spé­ci­fique­ment fémi­nine d’engager la parole dans de tels moments et d’en faire seule­ment, des acci­dents de vies, pas des tragédies.
      @ M. Bon­net: C’est du dépit pas de la haine. Je n’aime pas les que­quettes. Aussi quand un homme se réduit à ça, avec les con­séquences que cela sup­pose, je n’ai pas de sym­pa­thies par­ti­c­ulières pour de tels hommes.

  15. Alexandra Guiral says:

    Je déclare être une Lafâme qui a avorté, qui va très bien, et qui n’a jamais eu aucun regret.
    J’en parle régulière­ment, pas pour racon­ter ma vie de Lafâme blessée puisque je n’en suis pas une, mais sim­ple­ment parce que ça fait par­tie de ma vie. Et que non seule­ment je n’ai pas honte, mais que je suis drôle­ment heureuse d’avoir pu faire ce choix.

    J’en parle aussi parce que l’expérience m’a mon­tré que quand j’en parle, sans pudeur, et sans chu­choter, j’ai rarement des réac­tions néga­tives. Il y en a, bien sûr.
    Mais je vois surtout des femmes qui sont soulagées de pou­voir enfin dire, sans peur, que elles aussi on avorté. Cer­taines en par­lent pour la pre­mière fois.

    Et la plu­part du temps, quand c’est une expéri­ence douloureuse, il s’agit des douleurs physiques d’une IVG médica­menteuse ou du fait d’avoir été traitée comme de la merde par le per­son­nel médi­cal ou les proches. Pas une fois pour l’instant, une femme ne m’a fait part du regret d’avoir avorté.

    Là.

  16. Christiane Ruffel-Sadet says:

    Je signe des deux mains. Depuis le temps que je bondis à chaque fois qu’on m’explique qu’avorter est for­cé­ment un trau­ma­tisme d’une impor­tance dont on n’a pas idée… Cela n’a pas été mon cas et si je ne nie pas que cela peut l’être pour cer­taines, le fait d’en faire une général­ité indis­cutable n’aide cer­taine­ment pas à rel­a­tiviser la déci­sion. Beau­coup ressen­tent surtout le bon­heur d’être débar­rassées de ce qui les encom­brait et qu’elles ne con­sid­èrent à aucun moment comme un enfant pos­si­ble .
    Et bravo pour votre site et la lib­erté de vos pensées. !

  17. « UN AVORTEMENT DEVRAIT SE FAIRE A DEUX » (Touta)

    Per­son­nelle­ment, je n’en vois pas la néces­sité. Cela dépend des rela­tions dans le cou­ple, on n’est pas chez les bisounours.

    • Isa says:

      Nous voilà con­fir­més: l’avortement est un soulagement.

      Quoique doté d’une paire de couilles dont je ne sais que faire et à un tel point pau­vre que j’ai été con­traint de manger mes dents, je ne vais tout de même pas me ranger au côté des le Zômme sous le seul pré­texte que ces dernières années les Lafâmes ont eu à mon égard des man­i­fes­ta­tions d’érotismes aussi engageantes qu’une cham­bre à gaz. Mon dés­espoir n’est pas tel que j’envisage de sucer des bâtons de tam­pax glacés parce que je suis lassé des Mis­ter Freeze. Non!

      Chris­tiane vous avez deux mains et je ne peux m’empêcher de penser qu’en l’évoquant vous cherchez à vous dis­tinguer de vos con­soeurs qui ont perdu les leurs au baby foot. Ce n’est pas très élégant de se van­ter d’en avoir deux mais qu’ai-je fait de mieux?

      Tout ceci pour dire et plus sérieuse­ment qu’il me sem­ble telle­ment incon­cev­able de remet­tre en cause la con­tri­bu­tion de Made­moi­selle, aussi sûre­ment qu’Elisabeth Levy est sion­iste et conne, que j’ai trouvé pour seule manière d’exprimer le dépit que m’inspirent les opposants de Made­moi­selle, par la déri­sion et l’absurde… Bien à vous

    • Yelle says:

      A deux, ou plus, ça me parait mieux que toute seule quand même. Je n’ai jamais été enceinte, mais si demain je voulais avorter je préfér­erais y aller accom­pa­g­née. Pas for­cé­ment du géni­teur (c’est pas for­cé­ment un petit ami/mari/compagnon, et si il est con­tre l’idée ça le dis­qual­i­fie d’office) mais une amie, une cou­sine ou une tante (pas ma mère, ça lui bis­erait le cœur un petit enfant poten­tiel qui part à la poubelle) je ne serais pas con­tre, his­toire de ne pas être seule à l’hôpital (brr… idem pour n’importe quelle opéra­tion chirur­gi­cale) et face aux éventuels jugements.

  18. Isa says:

    Nous voilà con­fir­més: l’avortement est un soulage­ment. Quoique doté d’une paire de couilles dont je ne sais que faire et à un tel point pau­vre que j’ai été con­traint de manger mes dents, je ne vais tout de même pas me ranger au côté des le Zômme sous le seul pré­texte que ces dernières années les Lafâmes ont eu à mon égard des man­i­fes­ta­tions d’érotismes aussi engageantes qu’une cham­bre à gaz. Mon dés­espoir n’est pas tel que j’envisage de sucer des bâtons de tam­pax glacés parce que je suis lassé de Miko et de Mis­ter Freeze. Non! J’étudie l’alphabet cyrillique dans le secret espoir d’une grande pre­mière: rouler une galoche tout en le réc­i­tant. Le plus rude est encore d’apprendre l’art de la gamelle étant donné que ma copine n’a pas de langues, pour la bonne rai­son que je n’ai pas de copines. A quoi un cama­rade bien inten­tionné m’avertit: « fais gaffe. elle se fout de ta gueule ». Je ne suis pas dupe! Je n’ai pas pour ambi­tion de restau­rer le baiser intel­lectuel pour sat­is­faire une pécore qui n’existe pas. Je suis aussi cul­tivé et cir­con­cis que Robert Hos­sein a toute sa vie cir­con­cis la cul­ture la réduisant à une pen­sée molle qui n’est pas exacte­ment appro­priée pour le coït sub­ver­sif de mes rêves. Chris­tiane vous avez deux mains et je ne peux m’empêcher de penser qu’en l’évoquant vous cherchez à vous dis­tinguer de vos con­soeurs qui ont perdu les leurs au baby foot. Ce n’est pas très élégant de se van­ter d’en avoir deux mais qu’ai-je fait de mieux?
    Tout ceci pour dire et plus sérieuse­ment qu’il me sem­ble telle­ment incon­cev­able de remet­tre en cause la con­tri­bu­tion de Made­moi­selle, aussi sûre­ment qu’Elisabeth Levy est sion­iste et conne, que j’ai trouvé pour seule manière d’exprimer le dépit que m’inspirent les opposants de Made­moi­selle, par la déri­sion et l’absurde… Bien à vous

  19. massico says:

    tou­jours chou­ette tes arti­cles mam’zelle, tu m’a manqué.

    ya un truc qui par­fois me dérange (mais juste par­fois et parce que c’est lié à une expéri­ence perso-rien-qu’à-ma-gueule), mais que je ne peux sig­naler qu’aux copines pour l’avortement, et non aux tocards qui sont con­tre. voilà : le côté les femmes revendiquent en coeur que ça roule ma poule après avorte­ment m’a donné l’impression d’être une pau­vre couil­lonne sen­si­ble qu’à trop lu des har­le­quins. car lors d’un deux­ième avorte­ment, j’ai pas réussi à vivre le truc tran­quil­lou, comme qui dirait que ça m’a bien laissé la tronche au sol pen­dant un moment. oh non pas que j’avais la sen­sa­tion d’être une tueuse d’embryon, pas du tout. mais quand des con­nais­sances mil­i­tantes t’entendent oser dire que par­fois l’avortement ne donne pas envie de se faire un bon gueule­ton avec les potes comme dans le film de caropou­los t’as un peu l’air sus­pecte. et ça m’emmerde. la cul­pa­bil­i­sa­tion des femmes qui avor­tent me fait ger­ber. à l’autre extrême les meufs qui me sou­ti­en­nent (qua­si­ment comme un code de con­duite mil­i­tante) que ça se vit très bien me fait chier aussi. autour de moi elles sont pas nom­breuses à l’avoir vécu sans con­tre­coup, et évidem­ment que pour la plu­part c’est sou­vent lié à une his­toire de coeur en amont, n’empêche que quand j’en ai entendu dire à cer­taines que si elles s’étaient sen­tie aussi mal c’est parce que c’est lié au code moral ou autre pres­sion socié­tale qui nous con­di­tion­nent, bin j’ai comme qui dirait envie de sor­tir mon pis­to­let à eau moisie pour leur dire de la fer­mer. bon j’espère que ça ne don­nera pas des billes à argu­men­ta­tions des anti-avortement à qui j’envoie d’avance un mol­lard dense et serré. mais ça fait du bien de l’écrire parce que je trouve par­fois très mal­adroit cer­tains pro­pos de copines sur le sujet.

    • Yelle says:

      L’enfer est pavé de bonnes inten­tions… Les anti-avortement cri à la dépres­sion oblig­a­toire et au sen­ti­ment de cul­pa­bil­ité qui nous détru­ira tôt ou tard, ça pousse les militant(e)s pro-droit à crier en sens inverse. Il faut savoir trou­ver le juste milieu, qui est que, générale­ment, quand on dit à quelqu’un ce qu’il doit penser ou ne pas penser, il y a prob­lème.
      Il me parait évident que la société influ­ence - sou­vent insi­dieuse­ment - nos sen­ti­ments: tu apprécierais sans doute plus le gueule­ton post avorte­ment si au lieu de « MEUTRIERE! » (d’ailleurs pas la peine de crier, touta) le mes­sage ambiant était « l’avortement guérit du sida et sauve des cha­tons » (désolée, je suis fatiguée) Cha­cune a le droit ses sen­ti­ments, et j’ose espérer que nul n’aura l’indécence d’utiliser l’humanité de votre témoignage à des fin de propagande.

  20. PE says:

    En 1997 sort une étude fin­landaise qui mon­tre une cor­réla­tion entre taux de sui­cide et avorte­ment.
    Alors que le sui­cide moyen annuel des femmes en Fin­lande est de 11,3 pour 100 000, celui des femmes ayant avorté est de 34,7, soit trois fois supérieur. Il est de 18,1 en cas de fausse couche, et de 5,9 lorsqu’il y a nais­sance.
    “Sui­cides after Preg­nancy in Fin­land, 1987-94: Reg­is­ter Link­age Study.” By Mika Gissler, Elina Hem­minki, & Jouko Lon­nqvist. British Med­ical Jour­nal, Decem­ber 7, 1996.

    • HN says:

      Tout peut dépen­dre du traite­ment et de l’image qu’a l’avortement en Fin­lande.
      Si le fait d’avorter est sans cesse dépeint comme une chose sin­istre, que l’avortement est cul­pa­bil­isé au pos­si­ble, le taux de sui­cides peut n’être qu’une con­séquence de ce genre de cam­pagne.
      Un peu comme l’autre con­nard qui fait passer les chômeurs pour des faig­nants pen­dant sa cam­pagne prési­den­tielle. Ou nous rebat son his­toire de psy­cho­tique qui va voir 50 médecins. Je dis ça, je vise per­sonne hein… Sinon je vais avoir des problèmes.

      Cdlmt

    • bibiane says:

      on peut faire dire n’importe quoi à n’importe quoi … qu’est ce qui prouve que ce n’est pas le fait d’être sui­cidaire qui va amener une femme à avoir plus de grossesses non désirées parce que nég­ligeant sa con­tra­cep­tion et l’amener à pra­ti­quer plus d’avortement parce que ce ne sen­tant pas d’élever un enfant ? Ce qui sem­ble plus cohérent que pré­ten­dre que l’avortement pousserait les femmes au sui­cide, c’est vrai­ment le type même de l’étude bidon … si l’on con­statait que les per­son­nes s’étant sui­cidées mangeait plus de ravi­o­lis (ou n’importe quel ali­ment) que les autres, doit on en déduire que les ravi­o­lis poussent au sui­cide ? Vouloir trou­ver une cause spé­cieuse au sui­cide est totale­ment absurde, chaque cas est un cas par­ti­c­ulier, un vécu par­ti­c­ulier … mais bon dans une société de la pen­sée sim­pliste et indi­gente (je ne pense pas à la Fin­lande en par­ti­c­ulier, c’est pareil ici), mal­heureuse­ment toute étude, y com­pris celles forte­ment médi­atisées sont à peu près aussi sérieuse que celle-ci … déprimant

      • Mademoiselle S. says:

        « Vouloir trou­ver une cause spé­cieuse au sui­cide est totale­ment absurde, chaque cas est un cas par­ti­c­ulier, un vécu par­ti­c­ulier« 
          Lisez « Le Sui­cide » d’Émile Durkheim, ça va vous décoiffer.

  21. Jean-Pierre Martin says:

    Excel­lent arti­cle, comme d’habitude.

  22. Christine says:

    Dire que ça se passe sou­vent bien (et que sans la pres­sion sociale cul­pa­bil­isante, ça se passerait encore plus sou­vent bien) c’est pas dire que ça se passe tou­jours bien. Et peut-être aussi des fois quand ça se passe mal, c’est comme un gros cha­grin d’amour, c’est douloureux mais ça laisse pas des séquelles à vie.

  23. Mauve says:

    Très bon arti­cle, comme sou­vent sur ce site.

    Je con­seille l’écoute de la chan­son d’Anne Sylvestre « Non tu n’as pas de nom »!

    salu­ta­tions féministes.

  24. aléatoire says:

    J’ai avorté deux fois, et suis super con­tente. Pas eut mal du tout, et j’ai choisi de le faire par aspi­ra­tion. Les seuls soucis ont été les ten­ta­tives de médecins ou d’infirmières pour me faire « réfléchir », comme si la déci­sion que j’avais prise ne m’appartenais pas, et ça c’était prodigieuse­ment révoltant.

  25. aléatoire says:

    j’ajouterais qu’a chaque fois c’était une urgence pour moi d’avorter. Il était hors de ques­tion que je sois enceinte, hors de ques­tion d’avoir des enfants. Je ressen­tais le fait d’être enceinte comme une con­damna­tion, comme si on me met­tait en taule. Ma lib­erté était fini. Je suis tombée enceinte par ce que les mecs ont lâchés leur purée sans plus de pré­cau­tion, en s’en foutant totale­ment des con­séquences. La 1ère fois c’était deux mecs qui m’ont manip­ulée. Un viol quoi. La 2ème fois le type pré­tendais être amoureux de moi, voulait des enfants et ne voy­ait en moi que la mère de SES futures enfants. Ce que je pou­vait être par ailleurs comme être humain ne l’intéressait pas.
    Avorter à été une délivrance.

  26. aléatoire says:

    je signe le man­i­feste quand vous voulez.

    • Mademoiselle S. says:

      On te prévien­dra alors !

      • Valdo says:

        Idem! Marre de ceux qui veu­lent nous infliger un « trau­ma­tisme  » qu’on ne ressent pas.

        • aléatoire says:

          Oui ras le bol !

          Le seul trau­ma­tisme que je ressent est celui d’avoir été mise enceinte con­tre ma volonté, et par deux fois. Ca, c’est par­ti­c­ulière­ment violent.

          L’avortement n’a jamais été un trau­ma­tisme, il a été libéra­teur ! j’ai repris le con­trôle de ma vie con­tre la volonté de ceux qui ont niés mon exis­tence dans l’irrespect total de mon corps, de mon être.

          Le 2ème gars qui m’a mise enceinte, soit-disant « amoureux », peut-être que si après tout, mais amoureux de lui-même surtout, savait que je ne pre­nais pas la pilule, je lui ait dit de faire atten­tion, il a éjac­ulé sans plus de con­sid­éra­tion, croy­ant sans doute qu’il me tenait à vie si je tombais enceinte. Raté. Ma vie comp­tait plus que tout.

          Ce man­i­feste est par­ti­c­ulière­ment impor­tant. Je n’ai aucun scrupules, aucun regrets, aucunes douleurs d’avoir avorté. Tout au con­traire, depuis je goute ma lib­erté chaque jours !

  27. mebahel says:

    Trauma, pas trauma…de bonnes choses ont été dites plus haut je viens juste ajouter mon cail­lou…
    si la pres­sion sociale à la mythique mater­nité mer­veilleuse (mmm!!) comme seul des­tin par­fait des femmes était moin­dre, déjà, ça irait mieux;
    si la cul­pa­bil­i­sa­tion des femmes, quels que soient leurs choix, en ce qui con­cerne leurs droits (haha!) repro­duc­tifs et sex­uels était moin­dre, itou;
    bref, si le corps des femmes leur apparte­nait *vrai­ment*, tout pareil.
    Et donc comme il s’agit de *leur* corps, le choix leur appar­tient à elles seules, mon­sieur n’étant con­vo­qué à la dis­cus­sion sur la déci­sion *que* s’il y avait pro­jet com­mun en amont.

    En fait, pour celles que j’ai enten­dues, il n’y a pas regret d’avoir avorté, mais regret d’avoir eu à en passer par là (pour des raisons diverses) pour éviter une grossesse, que mon­sieur soit ou non au courant/d’accord.
    Et dans le “en passer par là” il n’y a pas que l’acte médi­cal, comme bien vous l’imaginez.

    De toute façon le pbme c’est pas être pour ou con­tre l’avortement en soi, car on entre là dans des critères moraux per­sos, et de toute façon l’avortement a été, est, sera pra­tiqué sous toutes les alti­tudes et dans toutes les cul­tures, avec, selon le fric et la tech­nique à dispo, plus ou moins de douleurs et d’accidents et de morts, et je ne parle même pas des sanc­tions sociales, légales, dans les sociétés qui le ban­nis­sent, dou­ble peine quoi;
    le pbme c’est être pour ou con­tre le *droit* à l’avortement: cad laisser un choix légal, aidé et sûr à la femme con­cernée (arf), car *médi­cale­ment* ce n’est pas un acte anodin.

  28. celna says:

    Supers mes­sages de pola.k (2 avril 19 h 56) et Héloïse (2 avril 23 h 16) con­cer­nant la place éventuelle ou non des hommes dans cette his­toire.
    J’ai tou­jours été pro­fondé­ment ulcérée par les posi­tions des gens qui voulaient m’expliquer pourquoi le droit à l’avortement doit être restreint par exem­ple en terme de délais ou autre. Com­ment quelqu’un d’autre que moi peut décider de ce que je ferai de ce que j’ai dans le ven­tre, de mon corps? C’est pour moi hors de toute intel­li­gi­bil­ité, et d’autant plus quand la per­sonne qui a ces posi­tions restric­tives est un homme.

  29. Mireille says:

    Com­ment peut-on être fémin­iste et lire un tel « sac à pub » ?

  30. sinziana says:

    Peggy Sas­tre écrit à la fin de son arti­cle: « l’enfantement rend plus folle que l’avortement ».

    Mais elle met en titre (et Made­moi­selle reprend illico): « Avorter ne rend pas folle, avoir un enfant, si ».

    Vous avouerez qu’il y a pour­tant un (grand) écart entre les deux affir­ma­tions, entre avoir un risque psy­chi­a­trique légère­ment aug­menté et… devenir folle!

  31. HN says:

    Juste un petit coup de gueule sur la photo de la nana qui prend sa pilule avec la tronche d’abruti de beau gosse vautré dans le lit en fond.
    Déjà ça fait sale mise en scène, mais en plus on crois pas une sec­onde que le mec est en train de dormir.
    Vous avez déjà eu cette tête de bon matin vous ? Et la tête qui tient par magie à la ver­ti­cale… Non non non, je suis désolé. Quand je dors, j’ai les traces du coussin sur les joues, j’ai les cheveux du « Doc » dans « Retour vers le futur », et je suis pas raide comme un « i » comme ça !!
    ;-)

    Cdlmt

  32. Lili says:

    Ca fait du bien de lire ça.

    Après, atten­tion tout de même à ne pas jouer le jeu que vous dénon­cez: il est vrai qu’un cer­tain nom­bre de femmes ne le vivent pas bien, pour telle ou telle rai­son, mais il n’y a pas de loi absolue: sans se faire bour­rer le crâne par un médecin, on peut tout sim­ple­ment souf­frir d’avorter car à titre per­son­nel on a ses raisons…

    @ aléa­toire: PS: la méth­ode du coï­tus inter­rup­tus ne fonc­tionne pas à 100% et n’est pas de la respon­s­abil­ité de l’homme unique­ment. Ne pas se pro­téger per­son­nelle­ment reste une déci­sion qu’on prend et il faut l’assumer.

    • aléatoire says:

      vous avez votre brevet de morale et de médecine ? Que savez vous du fait que je ne pre­nais pas la pilule ? Rien. Vous deviez réfléchir avant de tomber dans ce que l’on dénonce juste­ment : nous accuser. Nous ren­dre respon­s­able. Oui ce mec a lâché sa purée, con­tre ma volonté expressé­ment for­mulée. Ce fut un acte délibéré de sa part. Non seule­ment il n’a pas pra­tiqué le coï­tus inter­rup­tus mais il a joui alors que je lui demandais de se retirer. Je lui ai demandé pourquoi il avait fait ça ? Il s’est tue, sa volonté étais de me met­tre enceinte mal­gré mon refus. J’ai pris son acte comme l’administration forcé d’un poi­son mor­tel. Vous êtes qui pour me faire la leçon de morale ?

      • sff9 says:

        «Que savez vous du fait que je ne pre­nais pas la pilule ? Rien.»

        Vous l’avez dit dans votre com­men­taire précé­dent. Pourquoi pren­dre la mouche comme ça ? Lili a eu rai­son de faire ce rap­pel, en lisant votre com­men­taire on pou­vait légitime­ment penser que vous ignoriez que cette méth­ode n’est pas fiable.

        • aléatoire says:

          Mais que chui bêêêête. C’est vrai quoi. J’ignore. Comme toutes les femmes. Nous sommes igno­rantes. C’est dans notre nature de Lafâme.

          Au risque de me répéter, dans mon témoignage il me sem­ble que c’est très claire : il n’y a aucune méth­ode employée à part celle d’un homme qui nie sci­em­ment ma volonté en éjac­u­lant pour me met­tre devant le fait accom­pli. Com­ment vous le dire autrement…il voulait des enfants et m’a for­cée à être enceinte. C’est plus clair ? je l’ai quitté dans l’heure. Et en plus j’ai eu droit par la suite aux leçons de morale de ses potes puisque avor­tant de cette progéni­ture injec­tée de force, je le rendais mal­heureux le pau­vre. C’est plus clair ? ça va là ? ou vous avez d’autre leçons à me donner.

          • sff9 says:

            Je ne vois pas ce qui vous fait penser que je cherche à vous faire la leçon. Plein de gens ignorent que le coï­tus inter­rup­tus n’est pas fiable, c’est un fait, et ce n’est pas une cri­tique ni un juge­ment de le dire. Ça ne fait pas d’eux des igno­rants.
            Je vous prie de m’excuser si mes pro­pos vous ont blessée. Ils n’avaient nulle­ment pour but de vous ren­dre respon­s­able de quoi que ce soit, ni de nier que ce mec soit un con.

        • aléatoire says:

          Lili a dit: « ..Ne pas se pro­téger per­son­nelle­ment reste une déci­sion qu’on prend et il faut l’assumer. »

          sff9 a dit: « ..on pou­vait légitime­ment penser que vous ignoriez que cette méth­ode n’est pas fiable. »

          je vous rap­pel ce que j’ai signé, et que vous avez peut-être signé vous aussi :

          « Nous en avons marre que l’on nous dicte ce que nous devons penser et ressen­tir.[…]
          Nous en avons assez de cette forme de mal­trai­tance poli­tique, médi­a­tique, médicale. »

          En espérant ne plus avoir à subir toutes ces leçons et rap­pels à l’ordre insupportables.

  33. Vanessa says:

    Wah ! C’est super de l’avoir vrai­ment lancée, cette péti­tion !
    L’avortement, c’est un droit, pas un drame. Et ça fait du bien d’être plusieurs à le proclamer !

    Bises

  34. Pingback: IVG : je vais bien, merci – Les filles des 343 salopes « Tribulations d'une thésarde à Paris

  35. mrxeu says:

    Made­moi­selle, vos entrailles sont mag­nifiques.
    Quand vous ecrivez dans CQFD, tout pareil.
    J’aurais quand meme voulu savoir a quoi ser­vent les com­men­taires (la derniere fois que j’ai pose la ques­tion, j’ai gagne un porte-clefs…). En gen­eral, passe le qua­trieme, ca ne ressem­ble plus a rien. Bon, en meme temps, y a cas pas les lirent, hein?!
    Allez, pour faire grace au qua­tre pre­miers, si j’etais une femme, je sign­erais.
    Longue Vie,

    A.

    • Mademoiselle S. says:

      Rhâ, plus de porte-clés en stock. Je vais donc être obligée de répon­dre. Les com­men­taires sont ouverts pour que les gens échangent. Bête­ment. Pas d’obligation d’écrire ou de lire.

      Je com­prends ceux qui fer­ment les com­men­taires, parce que c’est par­fois pesant de mod­érer. Mais dans l’ensemble, je trouve ça dom­mage de fer­mer les lieux d’échange.

  36. Isa says:

    A la désoblig­eance et à l’étroitesse de Mrxeu :
    - sans les com­men­taires je n’aurai prob­a­ble­ment pas signé la péti­tion des filles des 343 salopes
    - Avec votre com­men­taire j’entends pro­p­reser l’appel des 343 inco­hérents (je me suis gardé d’un mot d’oiseau). La rai­son est sim­ple: cri­ti­quer la présence de com­men­taires alors qu’on en fait un soi-même c’est le syn­drôme des gens qui ont une trop haute estime de leur personne…

    • Yelle says:

      Sans vouloir faire de la ségré­ga­tion, la péti­tion des filles des 343 salopes n’a t’elle pas pour but de regrouper les sig­na­tures de femmes ayant prof­ité du droit à l’avortement? Soit je me méprend sur votre genre, soit sur le but de la démarche.

  37. Isa says:

    @ Yelle: J’y ai vu des sig­na­tures d’hommes. Je ne peux pas soupçon­ner qu’ils ont été avortés. Aussi je me suis joins aux autres.
    Il n’y a qu’un point qui me chif­fone avec les Indigènes de la République: c’est, qu’ils ont pris, paraît-il, la déci­sion d’admettre seule­ment des gens con­ver­tis à l’Islam.
    Les filles de salopes ne peu­vent pas être aussi restrictives.…

  38. Isa says:

    Méprise… Con­fu­sion… Mar­tin Alienor et Vin­cent Maud sont Maud Vin­cent et Alienor Mar­tin… De pures dames.… C’est pourquoi mon nom n’a pas été autorisé. Vous aviez rai­son Yelle… J’en suis quitte pour faire cir­culer la péti­tion. J’ai déjà commencé…

  39. GouineMum says:

    Bon, comme je n’ai et ne pour­rai jamais avorter, même si je voulais, je ne signe pas. Mais j’ai large­ment dif­fusé l’appel.

  40. Rinaci says:

    Je suis un mec (on a les défauts de sa nais­sance)
    Je lis régulière­ment les « Entrailles … » et cela me fait sou­vent chaud au coeur
    J’ai voulu signer l’appel pour l’IVG,
    mais j’ai un petit prob­lème : je ne peux pas affirmer que j’ai déjà avorté !
    C’est juste cela… mais c’est une ques­tion qui con­cerne aussi les hommes .

    • Mademoiselle S. says:

      Merci Rinaci !
      Je pense que les hommes peu­vent lancer quelque chose à leur tour, en soutien.

    • Yelle says:

      Je ne suis pas un mec, mais pour autant que je sou­ti­enne la cause je n’ai pas pu signer non plus. Nous, hommes et femmes n’ayant jamais eu besoin de recours à l’avortement pou­vons nous sen­tir con­cernés mais notre sig­na­ture n’aurait pas le même sens que celles de femmes ayant vécu - et survécu, corps et esprit - l’avortement.

      • Mademoiselle S. says:

        survécu… le terme est trash ! on ne parle pas d’un assaut en pleine guerre 14/18 !
        Et sta­tis­tique­ment, ça arrive à près d’une femme sur deux au cours de sa vie reproductive.

        • Yelle says:

          C’est un peu fort comme terme, certes. mais à lire cer­taines pro­pa­gan­des anti-ivg, la survie men­tale n’apparaît pas comme une évidence.

  41. Isa says:

    Je n’ai pas pu signer mais j’ai relevé les sig­na­tures de quelques copines. J’ai fait le boulot (comme dis­ent vul­gaire­ment les ani­ma­teurs sportifs)!
    Y-a-t-il des gars dis­posés à me suivre pour l’appel des 343 con­nards? Nous diri­ons:
    - que nous soutenons (évidem­ment) les salopes. Tu penses bien, pour une fois qu’un mec peut s’afficher du côté des salopes et que ça prend une tour­nure vertueuse, on va pas s’en priver…
    - que nous con­chions les cre­vures mas­cu­lines qui ont lache­ment aban­donné leurs copines (dans leur langue: les trous) qui subis­saient les assauts de la chirurgie dans les tranchées hos­pi­tal­ières, le Ver­dun de l’avortement. Que nous con­chions les petites fiottes mem­brées d’un pénis minable qui ont laissé leurs déver­soirs d’égotisme bar­bares (leurs copines) se ren­dre seule au plan­ning famil­ial, pour voir si quelque part le foutre égoïste, ne les avait pas engrossé.
    - que nous cra­chons sur le per­son­nel hos­pi­tal­ier, bureau­cra­tique, médi­cal et quelque­fois asso­ci­atif qui cul­pa­bilise les femmes qui veu­lent avorter et nous les qual­i­fions de crim­inels con­scients ou incon­scients. (prévoir d’écrire une nou­velle: une jeune fille veut avorter. Elle ne ren­con­tre que cul­pa­bil­i­sa­tions. Elle n’ose pas se présen­ter et décide d’avorter seule. Elle meurt)
    - que nous feri­ons le coup de poing con­tre les anti-avortements (on est des hommes et en plus des con­nards!)
    - qu’il y a une sur­vivance fas­ciste dans nos sociétés qui des anti-avortements aux expul­sions témoigne de sa haine du vivant et de son sadisme par des procédés rhé­toriques qui puent la charogne.

  42. mrxeu says:

    Bon, comme je suis loin et avec un inter­net dou­teux, je com­mence un nou­veau com­men­taire, parce que pour des raisons obscures, repon­dre ne marche pas.
    La page de ce post est restee ouverte depuis deux ou trois jours sur mon ordi, alors dans un elan syn­dromique, je me suis dit, tient allons voir si quelqu’un d’autre que notre hote a repondu a mon com­men­taire des­oblig­eant et etroit. Alors ouch!, comme y dis­ent dans les series B, oui touche, c’est com­plete­ment con de faire un com­men­taire con­tre les com­men­taires. D’ailleurs c’etait pas vrai­ment un com­men­taire ouvert, c’etait plu­tot une con­stata­tion a l’egard de Made­moi­selle S, dont l’opinion m’interressait, vu le nom­bre de fois ou ca fini par se traiter de nazi. Je ne vise personne.

    Cela dit, la pre­miere chose que j’ai vu c’est l’appel des 343 con­nards. Et la, je me dis en souri­ant, ben oui, finale­ment ca sert a quelque chose. Donc moi, ben je signe, puisque ca je peux.
    Et puis si tu veux des nou­velles met­tant en scene des tres jeunes, ou seule­ment jeunes, ou vrai­ment pas jeunes filles qui crevent dans le Ver­dun de l’IVG auto-inflige ou meme pas auto-inflige, je t’en trouve tout les jours, pis meme pas des nou­velles, juste des his­toires vrais. La lutte est pas finie, loin de la.

    Voila, le syn­drome m’a reprit, faut que je me surveille.

  43. Isa says:

    On le fait?

  44. Barbara says:

    En 1999, j’étais avec un homme qui pra­ti­quait le coï­tus inter­rup­tus… ça a fonc­tionné quelques mois, et puis ce qui devait arriver arriva, je suis tombée enceinte.

    Pour repren­dre ce qui a été dit plus haut, je pense qu’aucune femme ne dira « avorter, c’est génial », mais oui, pou­voir avorter légale­ment et dans de bonnes con­di­tions médi­cales, c’est génial!
    Je vais faire un par­al­lèle qui va cer­taine­ment cho­quer: per­sonne ne va dire « la chimio, c’est génial », mais pou­voir faire traiter son can­cer avec les meilleures chimios qui exis­tent, c’est génial!
    Une grossesse non désirée, « comme » un can­cer, est quelque chose qui grandit dans son pro­pre corps et dont on veut se libérer pour con­tin­uer à vivre sa vie comme on l’entend.

    Les ter­mes employés sont impor­tants. Quand je pense à mon expéri­ence, je ne peux pas dire que j’ai « subi » un avorte­ment, par con­tre j’ai « subi » les quelques semaines de grossesse, qui ont été trau­ma­ti­santes physique­ment sur le moment, et psy­chologique­ment à long terme. Il se trouve que je ne désire pas devenir mère, ni aujourd’hui (à 33 ans) ni plus tard, mais si je le souhaitais je pense que le sou­venir de ces semaines de nausée per­pétuelle et de mal-être général me don­neraient froid dans le dos à l’idée de devoir les retraverser.

     » …92% d’entre elles esti­ment que l’IVG peut être un évène­ment trau­ma­ti­sant alors que 83% con­sid­èrent qu’il est physique­ment douloureux. »

    Je me per­mets de sup­poser que 100% des grossesses non désirées peu­vent être un évène­ment traumatisant…

    • aléatoire says:

      Tout à fait.

      ce qui est vio­lent dans une grossesse non désirée :
      -lorsqu’elle est issue d’un viol
      -la dére­spon­s­abil­i­sa­tion des hommes qui se foutent royale­ment de tirer leur coup avec le risque de grossesse unique­ment sup­portée par les femmes
      -forcer les femmes à être enceintes. De quelques façon que ce soit. Par les dis­cours rétro­grades ou si un homme veut des enfants faisant passer sa volonté avant celle de la femme. Il n’a qu’a trou­ver une femme que veux en faire avec lui et ne pas engrosser sa com­pagne con­tre sa volonté. Aucune femme ne doit être obligée d’être enceinte.
      -les leçons de morales : si t’es enceinte c’est de ta faute. A quand la con­tra­cep­tion des hommes ?
      -la « semaine de réflex­ion » imposée avant l’avortement, alors que notre libéra­tion est urgente. Une semaine sup­plé­men­taire à subir la grossesse c’est un scan­dale. C’est une angoisse sup­plé­men­taire, une tor­ture.
      -Les médecins qui par­lent d’horloge biologique, et qui nous ramène à notre con­di­tion de pon­deuse, alors que l’on vient les voir pour avorter juste­ment.
      -inter­roga­toire oblig­a­toire des infir­mières juste avant l’intervention médi­cale, pour nous faire la leçon de morale con­tra­cep­tive, encore de notre faute ! Et la con­tra­cep­tion des hommes, c’est pour quand ?
      -les hommes qui ne veu­lent pas d’enfants. S’ils ne veu­lent pas d’enfants, qu’ils mili­tent pour la pilule con­tra­cep­tive mas­cu­line. Marre que les femmes soient respon­s­able de tout : de vouloir mener à terme leur grossesse ou d’avorter.
      -etc

  45. mrxeu says:

    @ Isa: ben oui!

  46. Isa says:

    Ya pas foule Mrxeu.. Sauriez-vous mon­ter une page de sig­na­ture pareille à celle des filles? J’en suis inca­pable… Mais si vous le pou­vez, mais si vous le voulez, nous pou­vons nous y met­tre. Je torche un appel mus­clé. Vous mon­tez la page de sig­na­tures et nous voyons ensem­ble si les biceps de l’appel sont assez gon­flés pour les grands couil­lus que nous sommes. Qu’en pensez-vous? Pensez-vous d’ailleurs (je plaisante.…). Mon adresse: anarkhea.stagolee@wanadoo.fr
    On con­cluera tou­jours bien qu’il y en a qui feraient bien de se faire avorter le cerveau… Et des bassines à merdes pour Nat­acha Polony et Michel Godet! Le prix du méphi­tique de la semaine pour Claude Hagège, sion­iste « tardif » et grand con­tremaître de la langue chargée de cadavres. Une goute de sang intel­lectuel dans le défer­lement des vagues fas­cistes. Et dans ce bel océan du caca des nan­tis l’incarnation lache du bobo cul­tureux, Jean-Michel Ribes, pas­sait presque pour un récureur de chiottes. Il a pas inventé le tout à le goût de la chose artis­tique et il a raclé tout ce qu’il pou­vait de sub­ven­tions, mais ça sen­tait telle­ment chez Tad­dei, qu’on l’aurait méprisé le dernier…

    • mrxeu says:

      Euh, non, ca je ne sais pas faire. Cela dit ca doit pas etre bien com­plique. Ze big prob­leme c’est que je reside ces temps-ci dans un pays ou l’internet est retourne au mini­tel si ca marche tout court (allez savoir, si je passe par des chemins nor­maux, les entrailles sont cen­suree). Pas trop pra­tique pour faire des tests. Dans quelques mois, je pour­rais m’y pencher, mais comme dirais l’autre, vaut mieux bat­tre le fer quand il est chaud.
      Donc, pour l’appui tech­nique, ca reste a trou­ver.
      Si vous torchez trop loin, m’est d’avis qu’on va avoir du mal a trou­ver les 343 con­nards, mais bon en s’y atte­lant bien…
      Affaires a suivre…

      mrxeu@yahoo.com

      je ne suis pas sur d’avoir tout suivi de la deux­ieme par­tie du mes­sage… je vais y penser (ou pas).

  47. valérie says:

    +1 ! J’ai avorté il y a 22 ans main­tenant. Je vais bien, heureuse de la vie que je mène avec mes trois enfants, désirés ceux-là. Merci pour cet arti­cle, qui m’aurait cer­taine­ment per­mis de décul­pa­biliser, si j’en avais eu besoin !

  48. Emma says:

    Per­sonne n’a dit que c’était génial… Juste que oui j’ai avorté, même trois fois (j’ai + de 40 ans, cequi fait 25 ans de vie sex­uelle active et zéro enfants car je n’en veux absol­u­ment pas) et hormis un énorme soulage­ment ca ne ma fait ni chaud ni froid ni le moin­dre trau­ma­tisme, ni le moin­dre remord.
    Juste heureuse et soulagée de pou­voir ne pas avoir d’enfant. Et j’assume mes trois avorte­ments et je ne cul­pa­bilie pas genre elle aurait pu faire atten­tion. En revanche j’en veux aux dif­férents gyné­cos qui refu­saient de oser un stérilet car nul­li­pare alors que j’oublie tou­jours mes traite­ments, d’ailleurs je suis très dis­traite pour tout et me seri­nant que je devais assumer mes respon­s­ablités. Depuis l’implant, je revis, plus d’oublis.

  49. Abie says:

    A pro­pos du nom­bre sta­ble d’IVG : oui, il est sta­ble, mais la pop­u­la­tion a aug­menté, elle, de plus de 20%. Du coup moins d’IVG par tête de pipe.

  50. Froggy says:

    Plusieurs trucs, en vrac :
    @massico
    Merci pour votre com­men­taire qui dit pas mal de choses aux­quelles j’ai pensé moi aussi, avec une plume qui me plaît bien aussi.
    À en croire la réac­tion des femmes autour de moi qui ont avorté (celles pour qui je suis au courant, sans doute une minorité, en fait), y com­pris ma mère pour qui c’était sur une table de cui­sine avant que ce soit légal, toute l’histoire n’est pas passée comme une let­tre à la poste.
    Je sais que les témoignages par­ti­c­uliers sur le mode « Et moi, ma grand-mère, elle a un vélo » ne prou­vent rien, mais je pense qu’il y a une rai­son qui fait que beau­coup de femmes tiquent (comme on peut le voir en fait, dans ces com­men­taires) en enten­dant un dis­cours qui sem­ble dire « J’ai avorté et c’est busi­ness as usual ».
    Une des raisons pour lesquelles, à mon avis, les grossesses non désirées (ou désirées, d’ailleurs), c’est du lourd, est qu’une grossesse, ça se passe dans notre corps, dans notre chair. Et ce qui se passe là, direct dans le bide, se réper­cute sou­vent bien fort dans la tête. Du coup, l’avortement, qui se passe aussi direct dans le bide, c’est du lourd, sou­vent.
    Donc, merci Made­moi­selle d’écrire cet arti­cle pour dire que bien des femmes avor­tent et sont en paix avec ça, que ce ne sont pas des dégénérées et qu’elles n’ont pas de remords ni de regrets, parce qu’il n’y a pas à en avoir. Mais gaffe que celles qui ressen­tent que le jour où elles ont avorté il s’est passé un truc lourd, sans être for­cé­ment trag­ique, n’aient pas l’impression que vous leur met­tez le nez dans leur caca (c’est pas agréable) de lafâme aliénée vic­time des séries famil­iales de France 2.
    Je n’ai jamais été enceinte, je n’ai jamais eu à avorter et je dis haut et fort « ouf ». Pas parce que je suis aliénée par les fic­tions famil­iales du mardi soir sur France 2 (je crois pas en tout cas) ni parce que je suis mal à l’aise avec l’idée de l’avortement mais parce que la per­spec­tive de devoir me poser urgem­ment des ques­tions sur mon corps, mon cul, ma vie, ma mère, ma grand-mère et son vélo avec le compte à rebours de ce qui se passe dans mon utérus, cette per­spec­tive, dis-je, me fait flip­per.
    Par ailleurs, j’ai remar­qué autour de moi, chez des femmes qui sont pour le droit à l’avortement, une cer­taine con­de­scen­dance voire un cer­tain mépris pour les femmes qui ont avorté (à une époque où la con­tra­cep­tion est con­sid­érée comme acquise, je veux dire). Un petit côté, « c’est quoi cette pau­vre fille qui maîtrise pas totale­ment son corps comme elle gère sa car­rière (toute asso­ci­a­tion d’idée avec des paroles de Sar­dou sur les fâmes des années 80 est inten­tion­nelle) ? » avec la vari­ante clas­siste « c’est quoi cette pau­vre fille, une bonne à tout faire berri­chonne à peine mon­tée à la cap­i­tale ? ». Tous les plans ne se déroulent pas sans accroc mais voilà qui est dur à enten­dre pour cer­taines qui se diraient fémin­istes mais con­sid­èrent tou­jours que l’avortement, ça fait peu­ple, un peu, non ?
    Je me retrouve trop bavarde, comme d’hab”.
    Keep up the good work, Made­moi­selle. Des blogs comme le vôtre, il n’y en a pas beaucoup.

  51. nadine says:

    + 1 !
    11 ans après, tou­jours pas de traumatisme-forcément-là-quelque-part qui m’ait pété à la gueule…

  52. Iyhel says:

    @ Isa et mrxeu :
    Et on pour­rait pas plutôt fer­mer nos gueules pour une fois ?

    (ou alors lançons un man­i­feste des 343 couilles-molles qui ont pris en main leur part de la con­tra­cep­tion en se faisant vasec­tomisé, là ça aura de l’allure… bien qu’il me paraisse com­pliqué de trou­ver 343 sig­nataires en France…)

  53. Christine says:

    @Froggy : c’est bien parce que des défenseur-es du droit à l’avortement tien­nent des dis­cours à la con genre

    1. mêêêêê avec la con­tra­cep­tion, ça devrait plus arriver

    2. c’est un droit inal­ién­able mêêêêê c’est quand même une affaire sérieuse

    qu’on a fait cet appel.

    Pour dire que ça peut arriver à tout le monde (enfin ça on l’ajoute quand on cause) enfin à toutes les femmes et que les don­neuses de leçon ont intérêt à ser­rer les fesses ET que ça peut être une affaire légère. Mal­gré la pres­sion sociale, t’imagines sans ?

  54. Chrysa says:

    Bravo, quelle bouf­fée d’oxygène cet arti­cle ! Il n’en faut pas moins pour être traitée d’extrêmiste par certain-es, et bien soit, je veux l’être ! Tout a été dit ici. Parce que la cul­pa­bil­i­sa­tion des femmes qui choi­sis­sent d’avorter Y EN A + QUE MARRE ! Et de l’angoisse sus­citée à l’idée d’y avoir recours ! Cha­cune devrait pou­voir se sen­tir sere­ine face à ce choix, et non angoissée !

    Très bonne ini­tia­tive aussi que celles des nou­velles 343 aussi!

  55. Isa says:

    @ Lyhel: vous la fer­mez si vous voulez. Je ne vous oblige pas au silence. Ne m’obligez pas, et sur un ton sus­pect, à la fer­mer. Je n’ai pas de gueules. Vous pou­vez à loisir par­ler de la votre et n’en faites pas autant en ce qui nous con­cerne… Nous sauri­ons amené à croire que vous étiez volon­taire­ment désobligeant.…

  56. Isa says:

    Autre chose lyhel: Quand on a atteint la quar­an­taine et que 375 (jours) X 20 (ans) d’érections mati­nales ont été vaines, qu’à l’oreille aucune voix fémi­nine ne vous a jamais dit « je t’aime », qu’en un mot on ne sait rien de l’amour d’une femme; on ne conçoit pas, on a le sen­ti­ment aigüe de l” »A-justice » de l’amour. On sait intime­ment que l’amour est le plus sou­vent « A-justice » et quelque­fois encore « injuste ». On ne peut le savoir, pro­fondé­ment, que lorsqu’il manque car il ne viendrait jamais à l’idée d’une per­sonne aimée de con­cevoir le sen­ti­ment qu’elle l’est « injuste­ment » ou « A-justement ». Par con­séquent arrivé à cet âge respectable, on a essuyé des atti­tudes féminines dont vous n’avez pas idée, et l’on verse alors soit dans la plus pro­fonde « mysoginie  » (la haine guer­rière des femmes) soit on « craint » les femmes. La mys­go­nie exclue le plus sou­vent qu’on puisse défendre la moin­dre cause fémi­nine parce que tout ce qui se rap­porte aux femmes est mar­qué implac­ca­ble­ment d’un « soupçon ». La « crainte » c’est avoir le sen­ti­ment pro­fond de « l’A-justice » et de « l’injustice » de l’amour et c’est par exten­sion sen­si­ble et vis­cérale qu’on ne peut plus souf­frir la moin­dre « A-justice » et la moin­dre « injus­tice ». C’est pourquoi je ne souf­fre pas l’injustice dont font preuve les anti-avortements. J’ai hurlé avec les loups à cause de « l’A-justice » de l’amour et je con­tinue de hurler pour toutes formes d” « A-justice » et d’injustices. Je ne ferme pas ma gueule parce que l’ayant éprouvé dans ma chair je ne sup­porte pas qu’injustices et A-justices creusent dans la chair de mes sem­blables. Peut-être n’êtes-vous sim­ple­ment pas habité des mêmes sentiments?

  57. Iyhel says:

    Isa :
    - vous le prenez mal si ça vous chante, je com­mente ici depuis suff­isam­ment longtemps pour que vous con­naissiez un peu ma façon de m’exprimer, quand je suis désoblig­eant il n’y a pas de doute pos­si­ble ;
    - c’est une sim­ple sug­ges­tion, loin de moi l’idée d’imposer quelque chose, je ne fais que réa­gir à votre idée ;
    - en dépit de votre pas­sion (au sens chris­tique du terme) votre ini­tia­tive ne peut appa­raitre que comme celle d’un homme et d’un mâle, donc hors de pro­pos à mon avis.

    Ceci étant pré­cisé, mon avis n’est que mon avis et rien d’autre ; j’ai bien saisi vos moti­va­tions, vous aurez j’espère com­pris mes doutes, épargnons aux autres un dia­logue de sourds et restons-en là.

  58. Isa says:

    @ C’est entendu. Je prends bonne note de votre franc par­ler et n’en prends pas ombrage. Je vois seule­ment plutôt mal pourquoi on devrait encore séparer les gen­res. Vous ne trou­vez pas qu’il y a suff­isam­ment de sépa­ra­tions et que toutes caté­gories séparées s’opposant à la dis­tinc­tion clas­sique de lutte des classes, ren­for­cent irrémé­di­a­ble­ment la classe dom­i­nante (dans laque­lle on trou­vera quan­tité d’anti-avortements)?

  59. mrxeu says:

    @Isa et Lyhel. Merci d’enterrer la hache tout de suite sinon on va finir avec les noms d’oiseaux habituels qui m’ont fait pon­dre, a tort ou a rai­son, mon pre­mier com­men­taire.
    Cela dit, sans vouloir rajouter de l’huile sur le feu, faudrait quand meme pas con­fon­dre con­tra­cep­tion (pre­ven­tion) et IVG (lib­er­a­tion)…
    Bon alors, Isa, on y va? Y en a d’autres qui suivent?

  60. Isa says:

    Mon bon Mrxeu: Lyhel et Isa ne se cherchent pas querelle. Ils ont un dif­férend qui n’est pas de nature à assom­brir la très méri­tant blog de Made­moi­selle. Si on y va? Je veux bien mais nous aurons un foutu prob­lème tech­nique pour organ­iser les sig­na­tures virtuelles et faire un blog… Je sais bien doser un Ricard, je com­mence l’apprentissage de la cui­sine japon­aise, il m’arrive de trousser quelques bons mots et je ne suis pas dépourvu de tal­ents pour la galoche, mais j’ai aussi peu de pra­tique et de goût pour l’informatique que pour la fellation…

  61. Iyhel says:

    @ mrxeu : ah bon, vous avez avorté ? ;) pas sûr que ce soit moi qui confonde…

    @ Isa : c’est très gen­til de per­sis­ter à met­tre une majus­cule à mon nom mais en fait, elle y est déjà, il s’agit d’un i. Con­cer­nant la sépa­ra­tion des gen­res, de mon point de vue là c’est plutôt vous qui voulez une union for­cée, super­flue et éventuelle­ment contre-productive. Parce que dans la mesure où nous ne sommes pas directe­ment con­cernés, la pos­ture, quelle qu’elle soit, est facile.
    Ceci étant, si vous tenez à vous lancer, tech­nique­ment, il suf­fit au choix soit de repi­quer ce qu’on fait les 343 filles, soit de taper « péti­tion en ligne » dans votre moteur de recherche et vous aurez à votre dis­po­si­tion mille et un sites vous per­me­t­tant de créer très sim­ple­ment une pétition.

  62. Isa says:

    @Ihyel: Une union for­cée? Vous vous sen­tez en mesure de son­der la sen­si­bil­ité et la con­science de l’ensemble des femmes de la planète? Contre-productif? Je ne vois pas en quoi cette ini­tia­tive pour­rait nuire aux des­seins des « filles des 343 salopes ». Super­flue? Si vous avez une pop­u­la­tion de 100 per­son­nes. Parmi laque­lle 50 femmes et 50 hommes. Qu’il y a face à cette pop­u­la­tion 30 gen­darmes et 10 tech­nocrates opposés au pro­jet des femmes. Croyez-vous que le sec­ours de 50 hommes sera super­flu?
    Ce qui est admirable dans le fatal­isme c’est qu’il se sépare de la plus élemen­taire logique. Après quoi on ne doit pas s’étonner que l’immense majorité des gens par­lent et agis­sent aujourd’hui en dépit de toutes logiques (col­lec­tives) pour des intérêts per­son­nels et néces­saire­ment con­cur­rents.
    Cepen­dant mille merci de vos con­seils tech­niques.
    Le plus attris­tant c’est d’etendre par­ler « d’union for­cée », de contre-productivité, de super­flu alors que notre posi­tion (et j’inclue Mrxeu) porte l’empreinte déci­sive d’une sen­si­b­lité qui est encore mirac­uleuse­ment épargnée et quand d’autres (la plu­part) n’ont plus qu’indifférences et intérêts de soi seul, on songe à opposer à notre authen­tic­ité une col­lo­ca­tion d’adjectifs décourageants.
    Vous pou­vez gloser à l’infini, vous n’avez pas et vous n’aurez jamais accès à ma sen­si­b­lité et à mon his­toire, ni même à cette part déci­sive de ma cul­ture et d’une vision de la société qui m’est pro­pre.
    De votre côté je trouve que vous perdez beau­coup plus de temps à tacher de nous décourager et vous seriez plus avisé d’arpenter nos rues et d’essayer de con­va­in­cre un à un la foul­ti­tude indif­férente des pas­sants acca­parés par l’obscénité. Ce qui est facheux c’est qu’ils ont eux la paix et invari­able­ment nous récoltons tou­jours cri­tiques et objec­tions de la part des gens de nos « voisins » virtuels; qu’à tort nous con­sid­ére­ri­ons comme étant plus proche de nous que de la foul­ti­tude. C’est ma grande erreur de ces dix dernières années.

  63. Iyhel says:

    Euh, Isa, là, c’est pas moi qui glose, hein. C’est juste­ment ce que je voulais éviter dans mon pre­mier com­men­taire et j’aurais dû m’y tenir vis­i­ble­ment. Dont acte.

  64. Archeos says:

    Bon, j’arrive tard, mais j’ai une excuse, j’habite dans le Lim­ou­sin profond.

    Dans un arti­cle du jour­nal com­mu­niste local, L’Écho, la représen­tante du MLF s’insurgeait con­tre une con­stante des gyné­co­logues de la région, qui non seule­ment ne pro­posent _jamais_, mais décon­seil­lent forte­ment et sys­té­ma­tique­ment l’avortement médica­menteux, con­sid­éré comme moins douloureux par les mil­i­tantes du droit à l’avortement (la tri­bune ne pré­ci­sait pas les dif­férences de délai légaux et médi­caux).
    Elle attribuait cela à la for­ma­tion (donc un pro­fesseur de la fac de médecine de Limo­ges réac­tion­naire ?) et con­seil­lait de s’expatrier en Char­ente (qui est restée libre, elle).

  65. titine says:

    A mon médecin, à qui je demandais une adresse d’établissement qui pra­tique l’IVG et qui me dis­ait de bien réfléchir.
    J’ai répondu : « c’est tout réfléchi, si je le garde il va finir au con­géla­teur« 
      Pas très con­sen­suel, mais effet garanti, j’ai eu mon adresse.

  66. bernard says:

    jamais vu un forum d’une telle qualité…sans doute parce qu’il est écrit presqu’entierement par des femmes (mon côté fémin­iste primaire).

    mis à part le gugusse par­lant de « meurtre ».

    ceci étant ya des filles qui sont plus ou moins « choquées » par leur IVG à cause de la pres­sion sociale, certes. Et c’est juste­ment pour ça que cet arti­cle, ce forum et cette péti­tion doivent exis­ter. CQFD.

    Je peux pré­ciser qu’accompagnant si elle le demande ma copine dans toute vis­ite médi­cale, je me mobilis­erais, tou­jours en cas de réponse oui à la ques­tion « veux-tu être accom­pa­g­née? » en cas d’IVG.

    Enfin j’affirme que bien qu’étant male, je m’autorise à avoir un avis sur l’IVG.
    Je ne suis pas Afghan et j’ai un avis sur les tal­ibans, ni fille ni Africain je suis opposé à l’excision, etc…

    Con­tin­uez, et aus­si­dans mon interêt de male; les hommes (et les trans­gen­res) ne seront jamais libres si les femmes ne le sont pas.

  67. LaurenceB says:

    Qu’on soit bien bien bien clairs: je pense qu’il est fon­da­men­tal que les femmes aient accès à la pos­si­bil­ité d’avorter dans des con­di­tions dignes, encadrées par du per­son­nel de santé bien­veil­lant, à un cout acces­si­ble.
    Et tant mieux pour toutes celles qui ont avorté et qui n’en ont pas souf­fert.
    Mais Françoise Dolto (qu’on peut dif­fi­cile­ment taxer d’être une coincée du c**, ou puri­taine, ou bien pen­sante, je pense) explique que l’avortement est une épreuve psy­chique. Et comme toutes les épreuves, cer­taines passent au dessus sans souci, et d’autre se pren­nent les pieds dedans. Donc faire comme si « boarf, avorter c’est rien du tout » c’est nier la souf­france et la dif­fi­culté d’une déci­sion qui, pour cer­taines, n’aura pas été facile à pren­dre. Et ce, quel que soit le cadre légal.

    • Yelle says:

      Qui a nié ces souf­frances? Laisser dire: « je vais bien » (par­fois mal­gré, par­fois grâce à l’épreuve/libération/…) à celles qu’on entend jamais ne diminue pas la douleur ou les dif­fi­cultés de qui que ce soit.

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