IVG : Y’a qu’à pas baiser !

Ah les recettes de grand-mères. En voilà une bonne pour l’avortement : y’a qu’à pas baiser !

Ce n’est pas ce que conseille généralement la presse féminine, qui passe ses journées le nez dans la culotte (fashion la culotte), pour nous pondre de magnifiques rubriques « Sexo ». La dernière en date nous arrive du magazine ELLE, pour nous expliquer  que : « L’avantage d’avouer qu’on n’a pas d’orgasme, c’est qu’on n’est pas obligées de faire semblant d’en avoir. Comme 67% des femmes et , (presque) égalité des sexes oblige, 25% des hommes. » Hein ?

Mademoiselle ne comprend pas toujours les articles du magazine ELLE… Et puis un jour, la BAFFE. Mademoiselle se retrouve paumée, éberluée, assise, limite traumatisée : elle vient de lire un article dans le magazine ELLE qui n’est pas mauvais. L’article (« IVG : la nouvelle bataille ») aborde la question des méthodes d’IVG, en questionnant notamment le recours plus que systématique de certains services à la méthode médicamenteuse.

l’IVG par voie médicamenteuse est de plus en plus présentée comme la méthode idéale, répondant à toutes les situations, y compris pour les grossesses avancées, entre la neuvième et la quatorzième semaine d’aménorrhée (absence de règles). Contre l’avis des autorités de santé. Et au détriment du choix des femmes.

 

– Mais c’est qu’elles veulent avoir le choix en plus ?

Pour rappel, il existe deux méthodes d’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) en France :

  • la méthode dite « chirurgicale », qui consiste en une aspiration sous anesthésie générale ou locale, réalisée donc en bloc opératoire, et cela dans un délai légal de 14 SA (semaines d’aménorrhée -ou absence de règles) soit 12 SG (semaines de grossesse).
  • La méthode dite « médicamenteuse » ou « médicale », qui consiste en deux prises de médicaments : l’un interrompt la grossesse, l’autre provoque des contractions et l’expulsion de l’embryon. L’IVG médicale ou médicamenteuse peut par ailleurs être réalisée hors établissement, ce qu’on appelle « en ville », mais uniquement avant la fin de la 5ème semaine de grossesse (c’est à dire la 7ème semaine après le début des dernières règles).
(Pour plus d’informations : sur les méthodes d’IVG, un comparatif synthétique des deux méthodes est disponible sur ce site ; sur les délais légaux en Europe, vous pouvez consulter le tableau sur la  « Législation comparée de l’avortement en Europe » sur le site du Planning Familial : consulter.)

Les deux méthodes sont donc utilisables, mais au delà de 7 SA, il devient interdit de réaliser une IVG médicamenteuse « en ville », c’est à dire hors établissement de santé. Le rapport de la Haute Autorité de Santé précise :

Limitation à 7 SA des IVG à domicile (le risque hémorragique ne semble pas plus fréquent au-delà,  mais l’hémorragie pourrait être plus sévère à des âges gestationnels plus avancés et les douleurs sont également plus importantes)

À ce sujet, Martin WInckler rappelle que Les médecins qui imposent des IVG médicamenteuses hors des  délais légaux ont un comportement criminel.

Toujours dans ce même rapport, il est indiqué que, entre la 8e et la 9e SA, la technique médicamenteuse doit « être réalisée en milieu hospitalier », et que à partir de la 10° SA,  « La technique médicale n’est pas recommandée ».

– 95 fois sur cent, Lafâme…

Or, que se passe-t-il dans les faits ? Comme le note l’article de ELLE « si la moitié des IVG sont médicamenteuses en France, celles-ci sont quasiment toutes effectuées dans les premières semaines. »

Toutes ? Non, quelques gaulois résistent quelque part en France :  « à Strasbourg, le chiffre explose tous les records : 95 % des femmes subissent une IVG sous médicament, quels que soient leur âge, le terme, leur histoire, leur rapport au corps… »

Autrement dit, des IVG médicamenteuses sont réalisées jusqu’à 14 SA… pratique qui relève  « de la maltraitance des femmes », pour Sophie Eyraud, co-présidente de l’ANCIC (Association Nationale des Centres d’Interruption de grossesse et de Contraception). Afin de ne pas passer pour des barbares, les médecins du service assurent pratiquer une « prise en charge de la douleur » sérieuse… Admettons. Cela n’enlève rien au fait d’imposer aux femmes une technique plutôt qu’une autre. Mais le pire est ailleurs. C’est que l’idée fait des petits, si vous me passez l’expression.

Selon ELLE, ce protocole de prise en charge de la douleur « n’existe pas dans d’autres régions où l’on pratique (…) l’IVG médicamenteuse pour ne pas avoir à faire d’IVG chirurgicale. »

« C’est écrit ici noir sur blanc », dénonce la gynécologue-obstétricienne Sophie Gaudu, responsable de l unité d’orthogénie de l’hôpital Cochin-Saint-Vincent-de-Paul, à Paris. Elle brandit un document distribué aux femmes dans un hôpital de province : « Vous pourrez demander un antidouleur », mais rien ne dit qu’on le leur donne. « Je ne comprends pas cette volonté d’imposer l’IVG médicamenteuse à ce terme, on va faire un mal fou aux femmes. Elles doivent se rebeller contre ça pour protéger les autres, les plus jeunes. »

Alors pourquoi privilégier l’IVG médicamenteuse ? Eh bien, parce que ça coûte moins cher, que ça prend moins de temps de bloc -qu’il faut réserver à des femmes qui ont des vrais problèmes intéressants, médicalement parlant (des tumeurs, des embryons à implanter, bref, des machins valorisant pour le toubib), parce que ça ne mobilise pas autant de personnel, parce que ces connasses n’avaient qu’à pas se retrouver enceinte. Oups, la dernière phrase, on la pense mais on  ne la dit pas.

Comme le souligne la CADAC (Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception), dans sa contribution aux États Généraux du service Public :

L’avortement « est aussi soumis à la tarification à l’acte ou T2A, tarification actuellement faible qui rend l’acte peu attractif, peu « rentable » tant pour les structures publiques que privées : l’arrêté du 4 août 2009 relatif aux forfaits afférents à l’IVG a revalorisé l’acte autour de 300 euros (383,32 euros pour une IVG instrumentale avec anesthésie générale), soit près de 3 fois moins que pour un acte équivalent d’aspiration pour fausse couche spontanée. (lire la contribution en entier : EGSP – Contribution CADAC)

BREF, allez vous me dire, on se fout de la gueule des patients, et là en l’occurrence des femmes. Rien de nouveau sous le soleil.

Enfin si, comme Mademoiselle vous l’a dit au début : le magazine ELLE a sorti un BON PAPIER sur l’IVG. ET ÇA C’EST GRANDIOSE !


– L’avortement dans la presse féminine : un droit qui te rend malade, Lafâme !

Mademoiselle voudrait bien être positive jusqu’au bout, c’est à dire se concentrer sur LE bon papier en évitant la tonne de mièvreries crasses débitées sur l’IVG à longueur d’années. Mais vous la connaissez maintenant, vous savez d’avance que ce sera impossible. Parce que l’avortement dans la presse féminine, est… comment dire ? traité d’une manière assez inégale.

D’un côté, vous avez une représentation de l’avortement dans le genre :

C’est un droit de Lafâme ! Gningningnin !

Et le rouge à lèvre aussi, c’est notre droit !

Et les talons !

Et les régimes !

hihihiiii !

Bref, rien de très glorieux, mais l’avortement est tout de même présenté comme un droit collectif acquis par la lutte politique/féministe.

Quand les magazines n’illustrent pas leurs articles avec des plaquettes de contraceptifs ou des toubibs qui prennent la pose, les articles présentent des images de femmes qui :

  • ont un visage ;
  • occupent l’espace public ;
  • s’expriment via le recours à la banderole ;
  • sont ensemble.

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Et comme dans la presse féminine on aime AUSSI relayer  des discours du type « vous y avez droit, mais vous allez en baver », on adapte donc l’iconographie (faudrait pas être TROP positif vis à vis de l’avortement, tout de même).

On représente alors des femmes:

  • le plus souvent sans visage (visage coupé, photo prise de dos) ou lorsque le visage apparaît, c’est pris entre les mains, ou pour montrer une mine déconfite ;
  • seules ;
  • dans l’espace privé (en pyjama, souffrantes, pelotonnées sur leur lit comme de pauvres  choses fragiles, ou dans des attitudes d’adolescentes évaporées) ;
  • sans parole.

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Rien d’étonnant à cela, l’IVG dans la presse féminine, c’est un dramatique mal nécessaire. Un droit certes, mais un droit très spécial dont il ne faut pas abuser sous peine d’avoir bobo à son petit cœur et de se traîner sur son lit comme un basset neurasthénique.

Et on ne se lasse pas de voir la presse féminine, du bout de ses petits ongles manucurés, débiter articles sur articles pour nous coincer dans cette contradiction :

  • on défend l’IVG MAIS !
  • l’IVG, c’est pas bien.

Ah, ma bonne dame, que c’est compliqué ces histoires de Lafâme.

Et ça fini par donner des aberrations dans le genre de Cosmo, le magazine qui te fait fondre le cerveau.

Regardez moi ça : On met l’illustration d’une femme qui a l’air aussi épanouie que moi quand j’écoute un discours de jean-François Copé, et on s’étonne que les femmes aient une idée légèrement négative de l’IVG.

« L’interruption volontaire de grossesse fait encore peur aux femmes. A ce titre, 92% d’entre elles estiment que l’IVG peut être un évènement traumatisant alors que 83% considèrent qu’il est physiquement douloureux. »

(voir l’article de Cosmo)

 

Le paradoxe est bien résumé par Marie-Claire :

première image : « Avortement : on veut avorter si on veut, quand on veut ! »

deuxième image : « Tout ce qu’il faut savoir pour ne pas avorter ».

Notez que le deuxième article ne titre pas : « Tout ce qu’il faut savoir pour éviter une grossesse non désirée ». Non, c’est la solution (l’avortement) qu’il faut éviter à tout prix.

– Rien ne change ? Si, les femmes.

Normalement, si vous vous intéressez un peu à la question de l’avortement, vous avez régulièrement  droit à ce genre de discours, qu’il soit tenu dans la presse féminine ou par des politiques :

200 000 IVG par an depuis des décennies, rien ne change ! pfff ! ranlala ! pfff !

Sous entendu : « Lafâme est une indécrottable connasse »

Alors, faisons le point une bonne fois pour toutes sur cette supposée permanence d’un archaïsme féminin face à la contraception et l’IVG.

Le graphique ci dessous montre que :

  • a) Si le nombre annuel d’IVG est resté relativement stable depuis 1975…
  • b) Cette stabilité recouvre en fait deux évolutions :
  1. Les grossesses non prévues ont diminué
  2. Le recours à l’avortement en cas de grossesse non prévu, lui, a augmenté.
Graphique extrait de Population et Sociétés, décembre 2004, N°407. « Pourquoi le nombre d’avortements n’a-t-il pas baissé en France depuis 30 ans ? ».

Autrement dit, les femmes ont opéré deux changements :

  1. elles se sont saisies de la contraception pour éviter des grossesses non désirées
  2. et quand grossesse non désirée il y a, elles se sont saisies de l’avortement  pour choisir de le garder ou non.

Et elles choisissent visiblement de plus en plus de ne pas le garder. Et elles le vivent bien, comme le faisait remarquer Peggy Sastre sur son blog (Avorter ne rend pas folle, avoir un enfant, si), en relayant une étude récente « sur les conséquences psychiatriques comparées de l’avortement et d’une grossesse menée à son terme ».

Bilan, avoir un gamin tape beaucoup plus sur la courge que d’avorter. Dit avec plus de classe et en anglais dans le texte, ça donne : The relative risk of a psychiatric contact did not differ significantly after abortion as compared with before abortion  but did increase after childbirth as compared with before childbirth.

Il ne reste plus qu’à faire une étude sur les conséquences psychiatriques comparées de la lecture de Biba et de celle de Cosmo. Pas certaine que ce soit beau à voir.

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144 réponses à IVG : Y’a qu’à pas baiser !

  1. Christine dit :

    Beaucoup des défenseur-es du droit à l’IVG tiennent à ce que ce soit une souffrance. Que ça puisse ne laisser ni trace psychique ni trace physique serait trop injuste. Et quand une femme qui a avorté prétend le contraire, on lui explique qu’elle est dans le déni de sa souffrance.

    C’est pas un basset neurasthénique, c’est une bassette qui vient d’avoir une portée.

    • Mademoiselle S. dit :

      Oui. Il est très saisissant d’entendre : « vous ne le savez pas mais vous souffrez. Un jour, ça vous pètera à la gueule, ça va forcément remonter à la surface ».

      Faudrait créer un groupe de 343 femmes qui ont avorté, qui se portent très bien et le disent tout haut.

      • Slipmistress dit :

        Je veux bien témoigner! J’ai avorté il y a 6 ans et hormis le traitement déplorable que l’on m’a infligé sciemment, tout va bien.
        Je n’ai aucune « séquelle » psychologique. Bien entendu, dans ma famille, il est de bon aloi de prétendre que je n’ai pas « pu assumer cet enfant » car j’ai eu des parents maltraitants. Inconcevable d’imaginer que cela puisse être un choix, voyons, une lafâme ne choisi pas un enfant! Elle est faite pour! Et si elle n’en veut pas, c’est parce qu’elle a un problème avec sa mère! CQFD.

  2. Christine dit :

    « Faudrait créer un groupe de 343 femmes qui ont avorté, qui se portent très bien et le disent tout haut. » Quand tu veux…

  3. Christine dit :

    C’est parti, je te suis.

  4. Christine dit :

    Tiens, je fais une proposition de texte. Mais je connais pas de célébrité…

    200 000 femmes avortent chaque année en France.
    Cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples.
    Le droit à l’IVG est menacé par les conditions économiques faites aux CIVG et par le retour de l’ordre moral dans les discours. Avoir avorté est de plus présenté comme un traumatisme dont on ne se remet pas.
    Je déclare avoir avorté et n’avoir aucun regret. Et je vais très bien.
    Je réclame des moyens pour que le droit à l’IVG, son accès inconditionnel et gratuit et la liberté de faire ce que je veux de mon corps sans qu’on me dise comment je dois me sentir.

  5. « Et comme dans la presse féminine on aime AUSSI relayer des discours du type « vous y avez droit, mais vous allez en baver », on adapte donc l’iconographie (faudrait pas être TROP positif vis à vis de l’avortement, tout de même). »
    « Rien d’étonnant à cela, l’IVG dans la presse féminine, c’est un dramatique mal nécessaire »
    « elles choisissent visiblement de plus en plus de ne pas le garder. Et elles le vivent bien (…)
    Bilan, avoir un gamin tape beaucoup plus sur la courge que d’avorter »

    Donc si l’avortement n’est pas un mal nécessaire, c’est par conséquent un bien : vive l’avortement, ouah, trop génial, viens vite chérie, concevons un gosse comme ça tu pourras avorter, tu vas voir c’est cool. Mais ne le garde pas sinon ça te tapera sur la courge, gaffe hein ! J’ai bon ?

    J’imagine que ce n’est pas exactement ce que veut dire ce billet. Mais c’est une lecture dérangeante (pour moi) qu’on peut on en faire, puisqu’il proteste à plusieurs reprises sur le fait que l’IVG ait une mauvaise image.
    Je précise que je suis évidemment pour le droit à l’avortement, sans illusion sur le fait que mon commentaire ne soit jugé quand même comme horriblement macho, puisque je ne reprends pas à mon compte le slogan « avorter, c’est le pied ».

    • Mademoiselle S. dit :

      ça confirme l’idée qu’il faut faire ce texte Christine…

      Aucune femme ne se dit « ouais, génial je vais avorter »

      En revanche, les femmes se disent :

      si je ne veux pas de cette grossesse heureusement que je ne suis pas obligée de me fourrer des aiguilles à tricoter dans l’utérus.

      Et forcément, avorter dans de bonnes conditions sanitaires, sans risquer sa vie, sans devoir graisser la patte à un toubib, sans risquer d’aller en taule, oui, on peut le dire : c’est GENIAL.

      Avoir la possibilité de choisir sa vie, avoir une prise sur son avenir, oui, on peut le dire : c’est GENIAL.

  6. J’avais écrit mon com avant de lire le dernier de Christine, avec lequel je n’ai pas de désaccord. C’est sans doute une histoire de formulation.

  7. Hum, enfin, j’ai écrit un peu vite : il y a le « n’avoir aucun regret » qui me gêne : on eût pu regretter tout de même la grossesse non désirée en question, sans regretter la solution.

    • Mademoiselle S. dit :

      On eût pu.
      Mais on eût pu regretter d’avoir eu 2 enfants, de s’être marié avec Gérard, d’avoir divorcé, de ne pas avoir eu un troisième enfant, ….

      Les femmes :

      – réflechissent
      – prennent leur décision
      – ont conscience de ce qu’elles font.

      • Yelle dit :

        « ont conscience de ce qu’elles font »
        Pas toujours, pas toutes. Une copine à 16 ans a décider d’avoir le bébé. Si vous pensiez que l’instinct maternelle existait, détrompez vous. La dernière fois que je l’ai vu (il y a quelques années), le tableau ne faisait pas envie, et pourtant il y avait un peu de famille autour.
        Vive le droit à l’avortement, qui a évité ça à beaucoup.

        • Anna dit :

          Elle aurait aussi pu accoucher sous X. Il y a d’autres choix que « avorter » et « devenir mère ».

          • Christine dit :

            Celles qui ont conscience de ce qu’elles font c’est celles qui choisissent d’avorter, pas celles qui choisissent d’être mères 😉

            C’est sûr qu’à 16 ans, 9 mois de grossesse + abandonner un enfant, c’est super mieux que 10 minutes d’anesthésie générale pour évacuer un tout petit tas de cellules… Les partisan-es de mener la grossesse à terme et abandonner l’enfant sont rarement des ami-es des femmes. Il va sans dire que je ne condamne pas une seconde les femmes qui font ce choix d’accoucher sous X (et je souhaite que ça reste un X), de là à le conseiller…

  8. mebahel dit :

    Ha merci pour pour ce post salutaire, manque de pot je ne m’associerai pas à votre liste vu que j’ai pas eu à avorter (mais je l’aurais fait sans état d’âme).
    Lorsqu’en tant que psy, j’ai eu à accompagner des femmes faisant une IVG médic et une IVG trad, la différence dans mon ‘accompagnement’ a été que la réflexion peut se faire pendant le travail du corps, je veux dire entre les prises médics, les femmes que j’ai entendues ‘parlaient’ leur acte en même temps que leur corps/la biologie faisait son travail.
    Du côté de la douleur: la prise en charge est, comme pour beaucoup de cas de prise en charge de la douleur, surtout chez les femmes qui sont des chiffes molles, c’est bien connu, minimale.
    Mais un des toubibs (meks) dans la clinique où j’officiais, leur proposait d’entrée de jeu des antalgiques à prendre si besoin, faisant confiance à la capacité de chacune de s’écouter et de réguler sa prise. Un cas quoi.

  9. Christine dit :

    @Olivier : « on eût pu regretter tout de même la grossesse non désirée en question, sans regretter la solution. » T’as toujours fait l’amour couvert ?

  10. raja dit :

    c’est ouf mais depuis le temps que je lis ce blog, je n’ai jamais été en désaccord avec un billet …je suis forcément d’accord avec celui ci aussi. je n’ai jamais avortée mais j’ai été très souvent accompagnatrice, celle qui offre un cupcakes pour faire oublier le traitement insultants de certains médecins et leur regard désapprobateur et encore faut qu’ils acceptent de vous recevoir, certains ont des convictions ma bonne dame, ils doivent sauver des vies pas les détruire, véridique. comprenez qu’un organisme en développement est un être humain au même titre que vous et moi….on en est encore là…encore.

    • Oh les belles certitudes ! Et c’est à partir de quand que l’organisme en développement devient un être vivant ? Comment fait-on pour le savoir, en fonction de quel critère ? Une fois né, le nourrisson est encore en développement (la fontanelle)… Il me semble que cette question gênante est traitée un peu légèrement. Genre : « Bon, on va dire que ça compte pas, hein ! »

      • raja dit :

        « c’est à partir de quand que l’organisme en développement devient un être vivant »
        par définition un être vivant est un être qui vit, selon la loi un embryon de moins de 12 semaines peut être avortés donc les bases sont fixés…en tant que femme la question de l’avortement n’est jamais une question traitée à la légère, on y pense tout les jours.

      • ko dit :

        J’aurai tendance à répondre abruptement : tant que l’organisme en développement est dans le ventre de sa mère, c’est elle que ça regarde en tant que première concernée.
        La tentation de reconnaître le statut de « personne » au foetus précède très souvent de peu une tentative de remise en cause du droit à l’avortement.

      • Yelle dit :

        Les quatre cellules après la fécondation de l’œuf, c’est pas un être humain. Le bébé, une minute avant l’éjection, on peut lui accorder le statut d’être humain. Entre les deux, il faut tracer une ligne pour éviter les excès. Et tant qu’on ne pourra pas mesurer l’âme (je blague), on n’aura pas de critère absolument objectif. Je ne sais pas si la limite décrétée par la loi est la meilleur, mais il est certain qu’elle est réfléchie, (elle prend en compte entre autre le développement du fœtus). Je ne sais pas où tu as vu le sujet traité de la manière dont tu parles.

        • Nicolas dit :

          « Les qua­tre cel­lules après la fécon­da­tion de l’œuf, c’est pas un être humain. »

          Bien sûr que si. Si ce n’est pas un humain, c’est quoi ? Un chien ? Un poisson-clown ? Une plante ?

          Si on dit que l’embryon n’est pas humain au départ mais que le fœtus est quand même humain juste avant de naître, où place-t-on la frontière ? À quel moment le non-humain devient-il humain ? La biologie est très claire : il n’y a pas de réponse possible à cette question.

      • HN dit :

        Bonjour, j’ai apprécié ce billet, comme d’habitude. J’adore la forme.
        En revanche, je suis étonné de ne voir que la considération pour le foetus et son statut en ce qui concerne la limite pour une IVG.
        Mais une interruption trop tardive peut causer des problèmes à la « future ex-mère » (???), il me semble non ? Complications, stérilité, …
        Je crois que cette limite a été fixée également pour protéger la personne qui avorte et pas seulement pour des raisons d’éthiques par rapport au foetus.

        Cdlmt

        • Mademoiselle S. dit :

          j’ignore de quels délais tu parles. En Espagne et aux pays-bas, la limite est autour de 22 semaines, et ça se passe très bien.

          Par ailleurs, les IMG (interruptions médicales de grossesse donc réalisées sur avis médical et non seulement sur demande de la femme), vont quant à elles très loin dans la gestation. Et l’acte est très bien contrôlé.

      • Sushina dit :

        Je suis d’accord avec toi Olivier; je me suis rendue à une réunion féministe où l’une des intervenantes disait grosso merdo « Il n’y a pas de souffrance psychique après un avortement. J’ai connu des filles qui avortaient le matin, qui le midi étaient contentes d’être débarrassées de ce fardeau et l’après-midi allaient faire du shopping ».
        Ca me choque; il ne faut pas nier la douleur et la culpabilité qui peuvent survenir (tout comme il ne faut pas stigmatiser les femmes que ça ne touche pas) et il ne faut pas que ça devienne un acte anodin.

        Perso, je suis athée et je sais pertinemment que le foetus à 5-7 semaines n’est pas plus évolué qu’un tétard mais ça me rendrait malade d’avorter, je le sais!

      • Nicolas dit :

        « Et c’est à par­tir de quand que l’organisme en développe­ment devient un être vivant ? »

        Un organisme en développe­ment est *toujours* un être vivant.

  11. Christine dit :

    C’est seulement pour dire que perso, pour qu’un mec ait le droit d’avoir un avis un tant soit peu restrictif sur le droit à l’IVG, faut qu’il soit nickel sur le sujet… Sinon, il est juste pour, sans nuances…

    • Bon, amis lecteurs hommes, ne faites pas la même erreur que moi : nous n’avons pas le droit d’avoir un avis.

    • Adrienne dit :

      Ça veut dire quoi « être nickel sur le sujet » ? Et est-ce qu’une femme qui n’a jamais été confronté à un tel choix : avorter ou devenir mère a le droit d’avoir un avis sur la question? Et si une femme est enceinte et qu’elle envisage une interruption de grossesse, qui a davantage le droit d’avoir un avis sur la question? Sa mère, sa sœur, son compagnon, ses copines?

      C’est tout de même super douteux de considérer que les hommes n’ont pas le droit de se permettre d’avoir un avis, non?

  12. Isa dit :

    Un manifeste des 343 connards qui ont laissé leurs copines seules à l’hôpital au moment de l’avortement. Ce sera plus facile à trouver… Quand j’avais 25 ans de bonnes copines se confiaient à moi car j’étais alors jeune et prometteur, digne de confiance. Non seulement j’ai été saisi par la proportion de filles qui avaient subi des violences sexuelles, mais j’ai trouvé quelquefois, plutôt assez répandue, une forme de violence particulièrement effarante pour le jeune naïf que j’étais: je veux parler du nombre de jeunes filles qui se trouvent à l’hôpital, pour une opération d’avortement, absolument seule, sans le soutien de leur étalon, sans soutien de famille. Je veux encore parler des toutes jeunes filles qui consultent le planning familial, dans la crainte d’une grossesse, et qui trouve plus fréquemment un copain ou une copine pour les accompagner que le bel étalon. Ce qui confirme tout le bien que je pense de la virilité, elle est 100% dans les couilles, rarement dans le coeur et dans la tête. « Pompe-moi » « viens sentir l’odeur de mes couilles » « écarte les jambes » voilà un florilège de l’expression masculine qui reflète le mieux la pensée de l’homme. Le plus saisissant c’est qu’en dépit des conséquences de cette pensée, dirons-nous limitée, la bonne et belle truie le préfère aux ennuyeuses compilations du doute et de la pensée qui se cherche. Droit au but! comme à l’OM, sempre tirare diretto comme disent les fascistes. Ya volt!
    Mademoiselle j’aime de mieux en mieux vos textes. Vous y faites montre d’une maîtrise chaque fois plus admirable et vous me faites rire.
    C’est pas tous les jours qu’on me déride le sphinx…

    • Mademoiselle S. dit :

      « Un manifeste des 343 connards qui ont laissé leurs copines seules à l’hôpital au moment de l’avortement. Ce sera plus facile à trouver…  »

      Sans nul doute ! tu m’as bien fait rire.

      En même temps, l’avortement peut-être un moment ou des femmes se retrouvent, justement, entre elles : elles se mettent à parler.
      Ah bon, toi aussi tu as avorté maman ? Toi aussi copine ? Toi aussi cousine ?
      Et ça, c’est chouette, c’est chouette quand les nanas sortent du silence pour comprendre qu’elles ont vécu des choses similaires, affronté le même toubib paternaliste, les mêmes regards réprobateurs, la même nécessité de garder son IVG pour soi.
      Et quand on se met à parler de son IVG, on commence ensuite à parler de sexualité, pas comme dans Biba, on se met à parler de soi, et on rit ensemble. Et quand les femmes commencent à rire ensemble… c’est déjà le début de quelque chose.

      C’est aussi ça que l’injonction au drame cache, empêche : que les femmes se mettent à parler ensemble.

    • Quelle haine vis-à-vis des hommes ! Question : est-ce plus respectable d’être mysandre que mysogine ?

      • Laurette dit :

        C’est une question de vécu, Olivier, et de milieu.On parle bien de ce que l’on connait, et il y a des strates de société où effectivement le mecs ressemblent à ce qu’Isa décrit, hélas.
        Je ne lui souhaite que de tomber enfin sur des mâles munis d’un cerveau plus évolué que la stade reptilien, il y en a plein, si, si. rassurez-vous.

  13. touta dit :

    Je vais me faire insulter mais tant pis j’assume mon coté réac.

    1/ Je suis contre l’avortement. L’AVORTEMENT RESTE UN MEURTRE. (je conçois que dans certains cas cela puisse être un mal pour un bien)

    2/ Je suis pour le droit à l’avortement et dans les meilleures conditions possibles y compris en terme de douleur. A mon avis (je ne suis pas médecin) la méthode chirurgicale est la meilleure car elle évite des décharges hormonales à la femme

    3/ UN ENFANT SE FAIT A DEUX, DONC UN AVORTEMENT DEVRAIT SE FAIRE A DEUX. OÙ EST LA PLACE DU MÂÂÂLE DANS CET ARTICLE???
    (Mon couple a du, contre mon gré, avoir recours à cette pratique et j’ai assisté ma femme du mieux que j’ai pu)

    4/ (Peut-être hors sujet) Responsabilisons nous: baiser c’est le pied mais cela peut avoir des conséquences. Insistons sur l’importance de la contraception y compris masculine (que personnellement je connais très mal: peut-être un futur article ici?)

    • raja dit :

      « L’AVORTEMENT RESTE UN MEURTRE » donc tu considère que tuer un homme qui aurait une mère, des frères et sœurs, une femme ou un mari, des amis, un travail, une vie associative, des souvenirs, un passé, une empreinte c’est la même chose qu’un embryon? sincèrement avec toutes la meilleur volonté du monde j’ai du mal à comprendre.

      • touta dit :

        Je ne comprends pas cette graduation du meurtre.
        Selon les liens familiaux et/ou sociaux de la personne on pourrait tuer ou pas? A ce compte la on peut tuer tous les ‘sans-famille’ amnésiques!
        Après c’est une question de valeur: on s’autorise ou pas à tuer. Et je ne dis pas ça pour culpabiliser qui que ce soit: chacun ses valeurs qui évoluent avec le temps et les civilisations

      • Nicolas dit :

        Raisonnement fallacieux.

        Qualifier un acte de meurtre, ce n’est pas trouver que tous les meurtres du monde sont aussi graves et répugnants les uns que les autres.

        Avec ta gradation des meurtres, tu t’aventures sur un terrain glissant. Pas interdit, mais glissant. Tuer un type qui a 2 amis, c’est moins grave que tuer un type qui a 5 amis ?

    • pola.k dit :

      … hem… permettez moi de rectifier, monsieur Réac : un enfant se fait à deux, certes, mais qui ici a parlé de « faire un enfant » ???

      Quand on parle de grossesse non désirée, c’est qu’il n’a justement jamais été question de faire un enfant ; mais uniquement de faire l’amour (enfin… pour les plus chanceuses), et point barre.
      Certes, l’amour, ça se fait à deux (enfin… pour les plus chanceux), mais même à deux, ben faire l’amour, c’est pas faire un enfant. Heureusement !

      C’est même tellement évident que, comme vous dites, un enfant se fait à deux : il est entendu que les partenaires doivent être explicitement d’accord, tous les deux.
      Le reste du temps, par convention, on fait l’amour, mais on ne fait pas d’enfant.

      Une IVG n’est pas un choix à faire, c’est un choix déjà fait, avant même le rapport sexuel, qu’une conception accidentelle oblige à confirmer par un acte.

      Il se trouve que, par un caprice de la nature, c’est la femme et elle seule qui subit la grossesse en cas d’accident.
      Et nous ne parlons ici que de grossesse non désirée. Un truc qui ne concerne que la femme et son corps.

      N’en déplaise à votre susceptibilité de mâle, un spermatozoïde rescapé du bidet, de la capote percée, du stérilet de traviole ou de la pilule vomie ou zappée ne vous donne aucun droit, pas même celui d’information préalable, sur le fait que votre partenaire décide de passer sur le billard pour, comme tacitement convenu entre vous au départ, continuer à ne pas faire d’enfant en interrompant une grossesse non désirée.

      Alors évidemment, s’agissant d’un acte médical un p’tit peu douloureux tout de même, qui plus est largement conspué par la morale extrémiste, on peut avoir envie d’être accompagnée et soutenue, par des amiEs affectueusES, ou par son partenaire.

      Ou pas.
      Ou pas si, par exemple, on pressent que le partenaire en question (qui, n’ayant jamais été enceint, peut penser confortablement et contre tout avis scientifique que l’avortement est un meurtre) prendra « contre son gré » une mine de circonstance pour nous « assister du mieux qu’il peut » … c’est vrai, quoi, qui voudrait qu’on la fasse se coupable de ne ressentir rien d’autre que du soulagement ?

      Voilà où est la place de l’homme dans cet article : éventuelle.

      • touta dit :

        Tirer un coup n’engage en effet pas les partenaires (même si j’avoue que ça me gène de dire ça). Pour pousser le raisonnement trop loin (?) une femme qui se retrouve séropositive n’a pas besoin d’en parler à son partenaire d’une nuit qui (peut-être à son insu) va continuer à contaminer ses futurs partenaires?

        Par contre faire l’amour engage le couple. Ou alors c’est que nous n’avons pas la même notion de ce qu’est un couple.

      • Nicolas dit :

        Tu dis n’importe quoi.

        Primo,

        L’homme est concerné par l’acte sexuel, par la grossesse, par l’accouchement, par l’enfant. Bien sûr qu’une IVG ou une IMG concernent aussi l’homme.

        Secundo,

        Tu confonds un certain militantisme et la science. La biologie, la médecine sont très claires : un avortement met fin à la vie du bébé. C’est ce qu’on appelle tuer. On parle donc de meurtre, d’assassinat. Tuer une femme adulte, ou un embryon d’un mois, ou un fœtus de 6 mois, ou un moustique, ou un chaton, factuellement, scientifiquement, c’est la même chose. Tu peux t’imaginer que ces actes sont essentiellement différents, mais cela ne repose sur rien.

        • Nicolas dit :

          C’est la première fois que je vois un blog qui transforme les commentaires en leur appliquant automatiquement une césure. Ce n’est pas au point. Dans mon commentaire, cela donne « sci­en­tifique­-ment », je n’ai rien contre. En revanche, cela donne aussi « con­cer-­nent », ce qui est une maladroite erreur de césure, à éviter.

    • Héloïse dit :

      Non, un enfant ne se fait pas à deux, il se fait toute seule jusqu’à preuve du contraire (ou toute trouvaille qui permette aux hommes d’être enceints) et ça prend 9 mois . C’est quoi ce droit à venir fourrer le nez dans le ventre des femmes que vous vous octroyez ? En tant que premières concernées par ce qui s’y passe, c’est à elles et elles seules que la décision d’avorter ou pas revient, quitte à en discuter, si elles y sont disposées, avec le père supposé.
      Cette manie qu’ont certains de croire que tout leur appartient …

      • touta dit :

        Jusqu’à preuve du contraire la parthénogénèse n’existe pas chez l’homo-sapiens. (Saut pê avec Marie de Nazareth mais là encore il parait que Dieu y serait pour quelque chose)

      • Nicolas dit :

        Je peux comprendre que l’on considère que le ventre d’une femme lui appartient. Encore que. En France, le droit considère que mon corps ne m’appartient pas, par exemple je n’ai pas le droit de vendre mes organes, et c’est une saine position.

        Mais le bébé, l’habitant de l’utérus, il n’appartient clairement pas à sa mère. Il n’est pas un objet. Et sa vie concerne autant le père que la mère. Il me semblait que la place du père pour ne pas laisser à la mère tout ce qui concerne la progéniture était un des combats du féminisme.

  14. Christine dit :

    « UN ENFANT SE FAIT A DEUX. » Mais on avorte pas d’un enfant…

    Oui, responsabilisez vous.

    • Isa dit :

      @ Mademoiselle: Tu m’ouvres les yeux. Il y a effectivement une manière spécifiquement féminine d’engager la parole dans de tels moments et d’en faire seulement, des accidents de vies, pas des tragédies.
      @ M. Bonnet: C’est du dépit pas de la haine. Je n’aime pas les quequettes. Aussi quand un homme se réduit à ça, avec les conséquences que cela suppose, je n’ai pas de sympathies particulières pour de tels hommes.

  15. Alexandra Guiral dit :

    Je déclare être une Lafâme qui a avorté, qui va très bien, et qui n’a jamais eu aucun regret.
    J’en parle régulièrement, pas pour raconter ma vie de Lafâme blessée puisque je n’en suis pas une, mais simplement parce que ça fait partie de ma vie. Et que non seulement je n’ai pas honte, mais que je suis drôlement heureuse d’avoir pu faire ce choix.

    J’en parle aussi parce que l’expérience m’a montré que quand j’en parle, sans pudeur, et sans chuchoter, j’ai rarement des réactions négatives. Il y en a, bien sûr.
    Mais je vois surtout des femmes qui sont soulagées de pouvoir enfin dire, sans peur, que elles aussi on avorté. Certaines en parlent pour la première fois.

    Et la plupart du temps, quand c’est une expérience douloureuse, il s’agit des douleurs physiques d’une IVG médicamenteuse ou du fait d’avoir été traitée comme de la merde par le personnel médical ou les proches. Pas une fois pour l’instant, une femme ne m’a fait part du regret d’avoir avorté.

    Là.

  16. Christiane Ruffel-Sadet dit :

    Je signe des deux mains. Depuis le temps que je bondis à chaque fois qu’on m’explique qu’avorter est forcément un traumatisme d’une importance dont on n’a pas idée… Cela n’a pas été mon cas et si je ne nie pas que cela peut l’être pour certaines, le fait d’en faire une généralité indiscutable n’aide certainement pas à relativiser la décision. Beaucoup ressentent surtout le bonheur d’être débarrassées de ce qui les encombrait et qu’elles ne considèrent à aucun moment comme un enfant possible .
    Et bravo pour votre site et la liberté de vos pensées. !

  17. « UN AVORTEMENT DEVRAIT SE FAIRE A DEUX » (Touta)

    Personnellement, je n’en vois pas la nécessité. Cela dépend des relations dans le couple, on n’est pas chez les bisounours.

    • Isa dit :

      Nous voilà confirmés: l’avortement est un soulagement.

      Quoique doté d’une paire de couilles dont je ne sais que faire et à un tel point pauvre que j’ai été contraint de manger mes dents, je ne vais tout de même pas me ranger au côté des le Zômme sous le seul prétexte que ces dernières années les Lafâmes ont eu à mon égard des manifestations d’érotismes aussi engageantes qu’une chambre à gaz. Mon désespoir n’est pas tel que j’envisage de sucer des bâtons de tampax glacés parce que je suis lassé des Mister Freeze. Non!

      Christiane vous avez deux mains et je ne peux m’empêcher de penser qu’en l’évoquant vous cherchez à vous distinguer de vos consoeurs qui ont perdu les leurs au baby foot. Ce n’est pas très élégant de se vanter d’en avoir deux mais qu’ai-je fait de mieux?

      Tout ceci pour dire et plus sérieusement qu’il me semble tellement inconcevable de remettre en cause la contribution de Mademoiselle, aussi sûrement qu’Elisabeth Levy est sioniste et conne, que j’ai trouvé pour seule manière d’exprimer le dépit que m’inspirent les opposants de Mademoiselle, par la dérision et l’absurde… Bien à vous

    • Yelle dit :

      A deux, ou plus, ça me parait mieux que toute seule quand même. Je n’ai jamais été enceinte, mais si demain je voulais avorter je préférerais y aller accompagnée. Pas forcément du géniteur (c’est pas forcément un petit ami/mari/compagnon, et si il est contre l’idée ça le disqualifie d’office) mais une amie, une cousine ou une tante (pas ma mère, ça lui biserait le cœur un petit enfant potentiel qui part à la poubelle) je ne serais pas contre, histoire de ne pas être seule à l’hôpital (brr… idem pour n’importe quelle opération chirurgicale) et face aux éventuels jugements.

  18. Isa dit :

    Nous voilà confirmés: l’avortement est un soulagement. Quoique doté d’une paire de couilles dont je ne sais que faire et à un tel point pauvre que j’ai été contraint de manger mes dents, je ne vais tout de même pas me ranger au côté des le Zômme sous le seul prétexte que ces dernières années les Lafâmes ont eu à mon égard des manifestations d’érotismes aussi engageantes qu’une chambre à gaz. Mon désespoir n’est pas tel que j’envisage de sucer des bâtons de tampax glacés parce que je suis lassé de Miko et de Mister Freeze. Non! J’étudie l’alphabet cyrillique dans le secret espoir d’une grande première: rouler une galoche tout en le récitant. Le plus rude est encore d’apprendre l’art de la gamelle étant donné que ma copine n’a pas de langues, pour la bonne raison que je n’ai pas de copines. A quoi un camarade bien intentionné m’avertit: « fais gaffe. elle se fout de ta gueule ». Je ne suis pas dupe! Je n’ai pas pour ambition de restaurer le baiser intellectuel pour satisfaire une pécore qui n’existe pas. Je suis aussi cultivé et circoncis que Robert Hossein a toute sa vie circoncis la culture la réduisant à une pensée molle qui n’est pas exactement appropriée pour le coït subversif de mes rêves. Christiane vous avez deux mains et je ne peux m’empêcher de penser qu’en l’évoquant vous cherchez à vous distinguer de vos consoeurs qui ont perdu les leurs au baby foot. Ce n’est pas très élégant de se vanter d’en avoir deux mais qu’ai-je fait de mieux?
    Tout ceci pour dire et plus sérieusement qu’il me semble tellement inconcevable de remettre en cause la contribution de Mademoiselle, aussi sûrement qu’Elisabeth Levy est sioniste et conne, que j’ai trouvé pour seule manière d’exprimer le dépit que m’inspirent les opposants de Mademoiselle, par la dérision et l’absurde… Bien à vous

  19. massico dit :

    toujours chouette tes articles mam’zelle, tu m’a manqué.

    ya un truc qui parfois me dérange (mais juste parfois et parce que c’est lié à une expérience perso-rien-qu’à-ma-gueule), mais que je ne peux signaler qu’aux copines pour l’avortement, et non aux tocards qui sont contre. voilà : le côté les femmes revendiquent en coeur que ça roule ma poule après avortement m’a donné l’impression d’être une pauvre couillonne sensible qu’à trop lu des harlequins. car lors d’un deuxième avortement, j’ai pas réussi à vivre le truc tranquillou, comme qui dirait que ça m’a bien laissé la tronche au sol pendant un moment. oh non pas que j’avais la sensation d’être une tueuse d’embryon, pas du tout. mais quand des connaissances militantes t’entendent oser dire que parfois l’avortement ne donne pas envie de se faire un bon gueuleton avec les potes comme dans le film de caropoulos t’as un peu l’air suspecte. et ça m’emmerde. la culpabilisation des femmes qui avortent me fait gerber. à l’autre extrême les meufs qui me soutiennent (quasiment comme un code de conduite militante) que ça se vit très bien me fait chier aussi. autour de moi elles sont pas nombreuses à l’avoir vécu sans contrecoup, et évidemment que pour la plupart c’est souvent lié à une histoire de coeur en amont, n’empêche que quand j’en ai entendu dire à certaines que si elles s’étaient sentie aussi mal c’est parce que c’est lié au code moral ou autre pression sociétale qui nous conditionnent, bin j’ai comme qui dirait envie de sortir mon pistolet à eau moisie pour leur dire de la fermer. bon j’espère que ça ne donnera pas des billes à argumentations des anti-avortement à qui j’envoie d’avance un mollard dense et serré. mais ça fait du bien de l’écrire parce que je trouve parfois très maladroit certains propos de copines sur le sujet.

    • Yelle dit :

      L’enfer est pavé de bonnes intentions… Les anti-avortement cri à la dépression obligatoire et au sentiment de culpabilité qui nous détruira tôt ou tard, ça pousse les militant(e)s pro-droit à crier en sens inverse. Il faut savoir trouver le juste milieu, qui est que, généralement, quand on dit à quelqu’un ce qu’il doit penser ou ne pas penser, il y a problème.
      Il me parait évident que la société influence – souvent insidieusement – nos sentiments: tu apprécierais sans doute plus le gueuleton post avortement si au lieu de « MEUTRIERE! » (d’ailleurs pas la peine de crier, touta) le message ambiant était « l’avortement guérit du sida et sauve des chatons » (désolée, je suis fatiguée) Chacune a le droit ses sentiments, et j’ose espérer que nul n’aura l’indécence d’utiliser l’humanité de votre témoignage à des fin de propagande.

  20. PE dit :

    En 1997 sort une étude finlandaise qui montre une corrélation entre taux de suicide et avortement.
    Alors que le suicide moyen annuel des femmes en Finlande est de 11,3 pour 100 000, celui des femmes ayant avorté est de 34,7, soit trois fois supérieur. Il est de 18,1 en cas de fausse couche, et de 5,9 lorsqu’il y a naissance.
    “Suicides after Pregnancy in Finland, 1987-94: Register Linkage Study.” By Mika Gissler, Elina Hemminki, & Jouko Lonnqvist. British Medical Journal, December 7, 1996.

    • HN dit :

      Tout peut dépendre du traitement et de l’image qu’a l’avortement en Finlande.
      Si le fait d’avorter est sans cesse dépeint comme une chose sinistre, que l’avortement est culpabilisé au possible, le taux de suicides peut n’être qu’une conséquence de ce genre de campagne.
      Un peu comme l’autre connard qui fait passer les chômeurs pour des faignants pendant sa campagne présidentielle. Ou nous rebat son histoire de psychotique qui va voir 50 médecins. Je dis ça, je vise personne hein… Sinon je vais avoir des problèmes.

      Cdlmt

    • bibiane dit :

      on peut faire dire n’importe quoi à n’importe quoi … qu’est ce qui prouve que ce n’est pas le fait d’être suicidaire qui va amener une femme à avoir plus de grossesses non désirées parce que négligeant sa contraception et l’amener à pratiquer plus d’avortement parce que ce ne sentant pas d’élever un enfant ? Ce qui semble plus cohérent que prétendre que l’avortement pousserait les femmes au suicide, c’est vraiment le type même de l’étude bidon … si l’on constatait que les personnes s’étant suicidées mangeait plus de raviolis (ou n’importe quel aliment) que les autres, doit on en déduire que les raviolis poussent au suicide ? Vouloir trouver une cause spécieuse au suicide est totalement absurde, chaque cas est un cas particulier, un vécu particulier … mais bon dans une société de la pensée simpliste et indigente (je ne pense pas à la Finlande en particulier, c’est pareil ici), malheureusement toute étude, y compris celles fortement médiatisées sont à peu près aussi sérieuse que celle-ci … déprimant

      • Mademoiselle S. dit :

        « Vouloir trou­ver une cause spé­cieuse au sui­cide est totale­ment absurde, chaque cas est un cas par­ti­c­ulier, un vécu par­ti­c­ulier »
        Lisez « Le Suicide » d’Émile Durkheim, ça va vous décoiffer.

  21. Jean-Pierre Martin dit :

    Excellent article, comme d’habitude.

  22. Christine dit :

    Dire que ça se passe souvent bien (et que sans la pression sociale culpabilisante, ça se passerait encore plus souvent bien) c’est pas dire que ça se passe toujours bien. Et peut-être aussi des fois quand ça se passe mal, c’est comme un gros chagrin d’amour, c’est douloureux mais ça laisse pas des séquelles à vie.

  23. Mauve dit :

    Très bon article, comme souvent sur ce site.

    Je conseille l’écoute de la chanson d’Anne Sylvestre « Non tu n’as pas de nom »!

    salutations féministes.

  24. aléatoire dit :

    J’ai avorté deux fois, et suis super contente. Pas eut mal du tout, et j’ai choisi de le faire par aspiration. Les seuls soucis ont été les tentatives de médecins ou d’infirmières pour me faire « réfléchir », comme si la décision que j’avais prise ne m’appartenais pas, et ça c’était prodigieusement révoltant.

  25. aléatoire dit :

    j’ajouterais qu’a chaque fois c’était une urgence pour moi d’avorter. Il était hors de question que je sois enceinte, hors de question d’avoir des enfants. Je ressentais le fait d’être enceinte comme une condamnation, comme si on me mettait en taule. Ma liberté était fini. Je suis tombée enceinte par ce que les mecs ont lâchés leur purée sans plus de précaution, en s’en foutant totalement des conséquences. La 1ère fois c’était deux mecs qui m’ont manipulée. Un viol quoi. La 2ème fois le type prétendais être amoureux de moi, voulait des enfants et ne voyait en moi que la mère de SES futures enfants. Ce que je pouvait être par ailleurs comme être humain ne l’intéressait pas.
    Avorter à été une délivrance.

  26. aléatoire dit :

    je signe le manifeste quand vous voulez.

    • Mademoiselle S. dit :

      On te préviendra alors !

      • Valdo dit :

        Idem! Marre de ceux qui veulent nous infliger un « traumatisme  » qu’on ne ressent pas.

        • aléatoire dit :

          Oui ras le bol !

          Le seul traumatisme que je ressent est celui d’avoir été mise enceinte contre ma volonté, et par deux fois. Ca, c’est particulièrement violent.

          L’avortement n’a jamais été un traumatisme, il a été libérateur ! j’ai repris le contrôle de ma vie contre la volonté de ceux qui ont niés mon existence dans l’irrespect total de mon corps, de mon être.

          Le 2ème gars qui m’a mise enceinte, soit-disant « amoureux », peut-être que si après tout, mais amoureux de lui-même surtout, savait que je ne prenais pas la pilule, je lui ait dit de faire attention, il a éjaculé sans plus de considération, croyant sans doute qu’il me tenait à vie si je tombais enceinte. Raté. Ma vie comptait plus que tout.

          Ce manifeste est particulièrement important. Je n’ai aucun scrupules, aucun regrets, aucunes douleurs d’avoir avorté. Tout au contraire, depuis je goute ma liberté chaque jours !

  27. mebahel dit :

    Trauma, pas trauma…de bonnes choses ont été dites plus haut je viens juste ajouter mon caillou…
    si la pression sociale à la mythique maternité merveilleuse (mmm!!) comme seul destin parfait des femmes était moindre, déjà, ça irait mieux;
    si la culpabilisation des femmes, quels que soient leurs choix, en ce qui concerne leurs droits (haha!) reproductifs et sexuels était moindre, itou;
    bref, si le corps des femmes leur appartenait *vraiment*, tout pareil.
    Et donc comme il s’agit de *leur* corps, le choix leur appartient à elles seules, monsieur n’étant convoqué à la discussion sur la décision *que* s’il y avait projet commun en amont.

    En fait, pour celles que j’ai entendues, il n’y a pas regret d’avoir avorté, mais regret d’avoir eu à en passer par là (pour des raisons diverses) pour éviter une grossesse, que monsieur soit ou non au courant/d’accord.
    Et dans le ‘en passer par là’ il n’y a pas que l’acte médical, comme bien vous l’imaginez.

    De toute façon le pbme c’est pas être pour ou contre l’avortement en soi, car on entre là dans des critères moraux persos, et de toute façon l’avortement a été, est, sera pratiqué sous toutes les altitudes et dans toutes les cultures, avec, selon le fric et la technique à dispo, plus ou moins de douleurs et d’accidents et de morts, et je ne parle même pas des sanctions sociales, légales, dans les sociétés qui le bannissent, double peine quoi;
    le pbme c’est être pour ou contre le *droit* à l’avortement: cad laisser un choix légal, aidé et sûr à la femme concernée (arf), car *médicalement* ce n’est pas un acte anodin.

  28. celna dit :

    Supers messages de pola.k (2 avril 19 h 56) et Héloïse (2 avril 23 h 16) concernant la place éventuelle ou non des hommes dans cette histoire.
    J’ai toujours été profondément ulcérée par les positions des gens qui voulaient m’expliquer pourquoi le droit à l’avortement doit être restreint par exemple en terme de délais ou autre. Comment quelqu’un d’autre que moi peut décider de ce que je ferai de ce que j’ai dans le ventre, de mon corps? C’est pour moi hors de toute intelligibilité, et d’autant plus quand la personne qui a ces positions restrictives est un homme.

  29. Mireille dit :

    Comment peut-on être féministe et lire un tel « sac à pub » ?

  30. sinziana dit :

    Peggy Sastre écrit à la fin de son article: « l’enfantement rend plus folle que l’avortement ».

    Mais elle met en titre (et Mademoiselle reprend illico): « Avorter ne rend pas folle, avoir un enfant, si ».

    Vous avouerez qu’il y a pourtant un (grand) écart entre les deux affirmations, entre avoir un risque psychiatrique légèrement augmenté et… devenir folle!

  31. HN dit :

    Juste un petit coup de gueule sur la photo de la nana qui prend sa pilule avec la tronche d’abruti de beau gosse vautré dans le lit en fond.
    Déjà ça fait sale mise en scène, mais en plus on crois pas une seconde que le mec est en train de dormir.
    Vous avez déjà eu cette tête de bon matin vous ? Et la tête qui tient par magie à la verticale… Non non non, je suis désolé. Quand je dors, j’ai les traces du coussin sur les joues, j’ai les cheveux du « Doc » dans « Retour vers le futur », et je suis pas raide comme un « i » comme ça !!
    😉

    Cdlmt

  32. Lili dit :

    Ca fait du bien de lire ça.

    Après, attention tout de même à ne pas jouer le jeu que vous dénoncez: il est vrai qu’un certain nombre de femmes ne le vivent pas bien, pour telle ou telle raison, mais il n’y a pas de loi absolue: sans se faire bourrer le crâne par un médecin, on peut tout simplement souffrir d’avorter car à titre personnel on a ses raisons…

    @ aléatoire: PS: la méthode du coïtus interruptus ne fonctionne pas à 100% et n’est pas de la responsabilité de l’homme uniquement. Ne pas se protéger personnellement reste une décision qu’on prend et il faut l’assumer.

    • aléatoire dit :

      vous avez votre brevet de morale et de médecine ? Que savez vous du fait que je ne prenais pas la pilule ? Rien. Vous deviez réfléchir avant de tomber dans ce que l’on dénonce justement : nous accuser. Nous rendre responsable. Oui ce mec a lâché sa purée, contre ma volonté expressément formulée. Ce fut un acte délibéré de sa part. Non seulement il n’a pas pratiqué le coïtus interruptus mais il a joui alors que je lui demandais de se retirer. Je lui ai demandé pourquoi il avait fait ça ? Il s’est tue, sa volonté étais de me mettre enceinte malgré mon refus. J’ai pris son acte comme l’administration forcé d’un poison mortel. Vous êtes qui pour me faire la leçon de morale ?

      • sff9 dit :

        «Que savez vous du fait que je ne prenais pas la pilule ? Rien.»

        Vous l’avez dit dans votre commentaire précédent. Pourquoi prendre la mouche comme ça ? Lili a eu raison de faire ce rappel, en lisant votre commentaire on pouvait légitimement penser que vous ignoriez que cette méthode n’est pas fiable.

        • aléatoire dit :

          Mais que chui bêêêête. C’est vrai quoi. J’ignore. Comme toutes les femmes. Nous sommes ignorantes. C’est dans notre nature de Lafâme.

          Au risque de me répéter, dans mon témoignage il me semble que c’est très claire : il n’y a aucune méthode employée à part celle d’un homme qui nie sciemment ma volonté en éjaculant pour me mettre devant le fait accompli. Comment vous le dire autrement…il voulait des enfants et m’a forcée à être enceinte. C’est plus clair ? je l’ai quitté dans l’heure. Et en plus j’ai eu droit par la suite aux leçons de morale de ses potes puisque avortant de cette progéniture injectée de force, je le rendais malheureux le pauvre. C’est plus clair ? ça va là ? ou vous avez d’autre leçons à me donner.

          • sff9 dit :

            Je ne vois pas ce qui vous fait penser que je cherche à vous faire la leçon. Plein de gens ignorent que le coïtus interruptus n’est pas fiable, c’est un fait, et ce n’est pas une critique ni un jugement de le dire. Ça ne fait pas d’eux des ignorants.
            Je vous prie de m’excuser si mes propos vous ont blessée. Ils n’avaient nullement pour but de vous rendre responsable de quoi que ce soit, ni de nier que ce mec soit un con.

        • aléatoire dit :

          Lili a dit: « ..Ne pas se protéger personnellement reste une décision qu’on prend et il faut l’assumer. »

          sff9 a dit: « ..on pouvait légitimement penser que vous ignoriez que cette méthode n’est pas fiable. »

          je vous rappel ce que j’ai signé, et que vous avez peut-être signé vous aussi :

          « Nous en avons marre que l’on nous dicte ce que nous devons penser et ressentir.[…]
          Nous en avons assez de cette forme de maltraitance politique, médiatique, médicale. »

          En espérant ne plus avoir à subir toutes ces leçons et rappels à l’ordre insupportables.

  33. Vanessa dit :

    Wah ! C’est super de l’avoir vraiment lancée, cette pétition !
    L’avortement, c’est un droit, pas un drame. Et ça fait du bien d’être plusieurs à le proclamer !

    Bises

  34. Ping : IVG : je vais bien, merci – Les filles des 343 salopes « Tribulations d'une thésarde à Paris

  35. mrxeu dit :

    Mademoiselle, vos entrailles sont magnifiques.
    Quand vous ecrivez dans CQFD, tout pareil.
    J’aurais quand meme voulu savoir a quoi servent les commentaires (la derniere fois que j’ai pose la question, j’ai gagne un porte-clefs…). En general, passe le quatrieme, ca ne ressemble plus a rien. Bon, en meme temps, y a cas pas les lirent, hein?!
    Allez, pour faire grace au quatre premiers, si j’etais une femme, je signerais.
    Longue Vie,

    A.

    • Mademoiselle S. dit :

      Rhâ, plus de porte-clés en stock. Je vais donc être obligée de répondre. Les commentaires sont ouverts pour que les gens échangent. Bêtement. Pas d’obligation d’écrire ou de lire.

      Je comprends ceux qui ferment les commentaires, parce que c’est parfois pesant de modérer. Mais dans l’ensemble, je trouve ça dommage de fermer les lieux d’échange.

  36. Isa dit :

    A la désobligeance et à l’étroitesse de Mrxeu :
    – sans les commentaires je n’aurai probablement pas signé la pétition des filles des 343 salopes
    – Avec votre commentaire j’entends propreser l’appel des 343 incohérents (je me suis gardé d’un mot d’oiseau). La raison est simple: critiquer la présence de commentaires alors qu’on en fait un soi-même c’est le syndrôme des gens qui ont une trop haute estime de leur personne…

    • Yelle dit :

      Sans vouloir faire de la ségrégation, la pétition des filles des 343 salopes n’a t’elle pas pour but de regrouper les signatures de femmes ayant profité du droit à l’avortement? Soit je me méprend sur votre genre, soit sur le but de la démarche.

  37. Isa dit :

    @ Yelle: J’y ai vu des signatures d’hommes. Je ne peux pas soupçonner qu’ils ont été avortés. Aussi je me suis joins aux autres.
    Il n’y a qu’un point qui me chiffone avec les Indigènes de la République: c’est, qu’ils ont pris, paraît-il, la décision d’admettre seulement des gens convertis à l’Islam.
    Les filles de salopes ne peuvent pas être aussi restrictives….

  38. Isa dit :

    Méprise… Confusion… Martin Alienor et Vincent Maud sont Maud Vincent et Alienor Martin… De pures dames…. C’est pourquoi mon nom n’a pas été autorisé. Vous aviez raison Yelle… J’en suis quitte pour faire circuler la pétition. J’ai déjà commencé…

  39. GouineMum dit :

    Bon, comme je n’ai et ne pourrai jamais avorter, même si je voulais, je ne signe pas. Mais j’ai largement diffusé l’appel.

  40. Rinaci dit :

    Je suis un mec (on a les défauts de sa naissance)
    Je lis régulièrement les « Entrailles … » et cela me fait souvent chaud au coeur
    J’ai voulu signer l’appel pour l’IVG,
    mais j’ai un petit problème : je ne peux pas affirmer que j’ai déjà avorté !
    C’est juste cela… mais c’est une question qui concerne aussi les hommes .

    • Mademoiselle S. dit :

      Merci Rinaci !
      Je pense que les hommes peuvent lancer quelque chose à leur tour, en soutien.

    • Yelle dit :

      Je ne suis pas un mec, mais pour autant que je soutienne la cause je n’ai pas pu signer non plus. Nous, hommes et femmes n’ayant jamais eu besoin de recours à l’avortement pouvons nous sentir concernés mais notre signature n’aurait pas le même sens que celles de femmes ayant vécu – et survécu, corps et esprit – l’avortement.

      • Mademoiselle S. dit :

        survécu… le terme est trash ! on ne parle pas d’un assaut en pleine guerre 14/18 !
        Et statistiquement, ça arrive à près d’une femme sur deux au cours de sa vie reproductive.

        • Yelle dit :

          C’est un peu fort comme terme, certes. mais à lire certaines propagandes anti-ivg, la survie mentale n’apparaît pas comme une évidence.

  41. Isa dit :

    Je n’ai pas pu signer mais j’ai relevé les signatures de quelques copines. J’ai fait le boulot (comme disent vulgairement les animateurs sportifs)!
    Y-a-t-il des gars disposés à me suivre pour l’appel des 343 connards? Nous dirions:
    – que nous soutenons (évidemment) les salopes. Tu penses bien, pour une fois qu’un mec peut s’afficher du côté des salopes et que ça prend une tournure vertueuse, on va pas s’en priver…
    – que nous conchions les crevures masculines qui ont lachement abandonné leurs copines (dans leur langue: les trous) qui subissaient les assauts de la chirurgie dans les tranchées hospitalières, le Verdun de l’avortement. Que nous conchions les petites fiottes membrées d’un pénis minable qui ont laissé leurs déversoirs d’égotisme barbares (leurs copines) se rendre seule au planning familial, pour voir si quelque part le foutre égoïste, ne les avait pas engrossé.
    – que nous crachons sur le personnel hospitalier, bureaucratique, médical et quelquefois associatif qui culpabilise les femmes qui veulent avorter et nous les qualifions de criminels conscients ou inconscients. (prévoir d’écrire une nouvelle: une jeune fille veut avorter. Elle ne rencontre que culpabilisations. Elle n’ose pas se présenter et décide d’avorter seule. Elle meurt)
    – que nous ferions le coup de poing contre les anti-avortements (on est des hommes et en plus des connards!)
    – qu’il y a une survivance fasciste dans nos sociétés qui des anti-avortements aux expulsions témoigne de sa haine du vivant et de son sadisme par des procédés rhétoriques qui puent la charogne.

  42. mrxeu dit :

    Bon, comme je suis loin et avec un internet douteux, je commence un nouveau commentaire, parce que pour des raisons obscures, repondre ne marche pas.
    La page de ce post est restee ouverte depuis deux ou trois jours sur mon ordi, alors dans un elan syndromique, je me suis dit, tient allons voir si quelqu’un d’autre que notre hote a repondu a mon commentaire desobligeant et etroit. Alors ouch!, comme y disent dans les series B, oui touche, c’est completement con de faire un commentaire contre les commentaires. D’ailleurs c’etait pas vraiment un commentaire ouvert, c’etait plutot une constatation a l’egard de Mademoiselle S, dont l’opinion m’interressait, vu le nombre de fois ou ca fini par se traiter de nazi. Je ne vise personne.

    Cela dit, la premiere chose que j’ai vu c’est l’appel des 343 connards. Et la, je me dis en souriant, ben oui, finalement ca sert a quelque chose. Donc moi, ben je signe, puisque ca je peux.
    Et puis si tu veux des nouvelles mettant en scene des tres jeunes, ou seulement jeunes, ou vraiment pas jeunes filles qui crevent dans le Verdun de l’IVG auto-inflige ou meme pas auto-inflige, je t’en trouve tout les jours, pis meme pas des nouvelles, juste des histoires vrais. La lutte est pas finie, loin de la.

    Voila, le syndrome m’a reprit, faut que je me surveille.

  43. Isa dit :

    On le fait?

  44. Barbara dit :

    En 1999, j’étais avec un homme qui pratiquait le coïtus interruptus… ça a fonctionné quelques mois, et puis ce qui devait arriver arriva, je suis tombée enceinte.

    Pour reprendre ce qui a été dit plus haut, je pense qu’aucune femme ne dira « avorter, c’est génial », mais oui, pouvoir avorter légalement et dans de bonnes conditions médicales, c’est génial!
    Je vais faire un parallèle qui va certainement choquer: personne ne va dire « la chimio, c’est génial », mais pouvoir faire traiter son cancer avec les meilleures chimios qui existent, c’est génial!
    Une grossesse non désirée, « comme » un cancer, est quelque chose qui grandit dans son propre corps et dont on veut se libérer pour continuer à vivre sa vie comme on l’entend.

    Les termes employés sont importants. Quand je pense à mon expérience, je ne peux pas dire que j’ai « subi » un avortement, par contre j’ai « subi » les quelques semaines de grossesse, qui ont été traumatisantes physiquement sur le moment, et psychologiquement à long terme. Il se trouve que je ne désire pas devenir mère, ni aujourd’hui (à 33 ans) ni plus tard, mais si je le souhaitais je pense que le souvenir de ces semaines de nausée perpétuelle et de mal-être général me donneraient froid dans le dos à l’idée de devoir les retraverser.

     » …92% d’entre elles estiment que l’IVG peut être un évènement traumatisant alors que 83% considèrent qu’il est physiquement douloureux. »

    Je me permets de supposer que 100% des grossesses non désirées peuvent être un évènement traumatisant…

    • aléatoire dit :

      Tout à fait.

      ce qui est violent dans une grossesse non désirée :
      -lorsqu’elle est issue d’un viol
      -la déresponsabilisation des hommes qui se foutent royalement de tirer leur coup avec le risque de grossesse uniquement supportée par les femmes
      -forcer les femmes à être enceintes. De quelques façon que ce soit. Par les discours rétrogrades ou si un homme veut des enfants faisant passer sa volonté avant celle de la femme. Il n’a qu’a trouver une femme que veux en faire avec lui et ne pas engrosser sa compagne contre sa volonté. Aucune femme ne doit être obligée d’être enceinte.
      -les leçons de morales : si t’es enceinte c’est de ta faute. A quand la contraception des hommes ?
      -la « semaine de réflexion » imposée avant l’avortement, alors que notre libération est urgente. Une semaine supplémentaire à subir la grossesse c’est un scandale. C’est une angoisse supplémentaire, une torture.
      -Les médecins qui parlent d’horloge biologique, et qui nous ramène à notre condition de pondeuse, alors que l’on vient les voir pour avorter justement.
      -interrogatoire obligatoire des infirmières juste avant l’intervention médicale, pour nous faire la leçon de morale contraceptive, encore de notre faute ! Et la contraception des hommes, c’est pour quand ?
      -les hommes qui ne veulent pas d’enfants. S’ils ne veulent pas d’enfants, qu’ils militent pour la pilule contraceptive masculine. Marre que les femmes soient responsable de tout : de vouloir mener à terme leur grossesse ou d’avorter.
      -etc

  45. mrxeu dit :

    @ Isa: ben oui!

  46. Isa dit :

    Ya pas foule Mrxeu.. Sauriez-vous monter une page de signature pareille à celle des filles? J’en suis incapable… Mais si vous le pouvez, mais si vous le voulez, nous pouvons nous y mettre. Je torche un appel musclé. Vous montez la page de signatures et nous voyons ensemble si les biceps de l’appel sont assez gonflés pour les grands couillus que nous sommes. Qu’en pensez-vous? Pensez-vous d’ailleurs (je plaisante….). Mon adresse: anarkhea.stagolee@wanadoo.fr
    On concluera toujours bien qu’il y en a qui feraient bien de se faire avorter le cerveau… Et des bassines à merdes pour Natacha Polony et Michel Godet! Le prix du méphitique de la semaine pour Claude Hagège, sioniste « tardif » et grand contremaître de la langue chargée de cadavres. Une goute de sang intellectuel dans le déferlement des vagues fascistes. Et dans ce bel océan du caca des nantis l’incarnation lache du bobo cultureux, Jean-Michel Ribes, passait presque pour un récureur de chiottes. Il a pas inventé le tout à le goût de la chose artistique et il a raclé tout ce qu’il pouvait de subventions, mais ça sentait tellement chez Taddei, qu’on l’aurait méprisé le dernier…

    • mrxeu dit :

      Euh, non, ca je ne sais pas faire. Cela dit ca doit pas etre bien complique. Ze big probleme c’est que je reside ces temps-ci dans un pays ou l’internet est retourne au minitel si ca marche tout court (allez savoir, si je passe par des chemins normaux, les entrailles sont censuree). Pas trop pratique pour faire des tests. Dans quelques mois, je pourrais m’y pencher, mais comme dirais l’autre, vaut mieux battre le fer quand il est chaud.
      Donc, pour l’appui technique, ca reste a trouver.
      Si vous torchez trop loin, m’est d’avis qu’on va avoir du mal a trouver les 343 connards, mais bon en s’y attelant bien…
      Affaires a suivre…

      mrxeu@yahoo.com

      je ne suis pas sur d’avoir tout suivi de la deuxieme partie du message… je vais y penser (ou pas).

  47. valérie dit :

    +1 ! J’ai avorté il y a 22 ans maintenant. Je vais bien, heureuse de la vie que je mène avec mes trois enfants, désirés ceux-là. Merci pour cet article, qui m’aurait certainement permis de déculpabiliser, si j’en avais eu besoin !

  48. Emma dit :

    Personne n’a dit que c’était génial… Juste que oui j’ai avorté, même trois fois (j’ai + de 40 ans, cequi fait 25 ans de vie sexuelle active et zéro enfants car je n’en veux absolument pas) et hormis un énorme soulagement ca ne ma fait ni chaud ni froid ni le moindre traumatisme, ni le moindre remord.
    Juste heureuse et soulagée de pouvoir ne pas avoir d’enfant. Et j’assume mes trois avortements et je ne culpabilie pas genre elle aurait pu faire attention. En revanche j’en veux aux différents gynécos qui refusaient de oser un stérilet car nullipare alors que j’oublie toujours mes traitements, d’ailleurs je suis très distraite pour tout et me serinant que je devais assumer mes responsablités. Depuis l’implant, je revis, plus d’oublis.

  49. Abie dit :

    A propos du nombre stable d’IVG : oui, il est stable, mais la population a augmenté, elle, de plus de 20%. Du coup moins d’IVG par tête de pipe.

  50. Froggy dit :

    Plusieurs trucs, en vrac :
    @massico
    Merci pour votre commentaire qui dit pas mal de choses auxquelles j’ai pensé moi aussi, avec une plume qui me plaît bien aussi.
    À en croire la réaction des femmes autour de moi qui ont avorté (celles pour qui je suis au courant, sans doute une minorité, en fait), y compris ma mère pour qui c’était sur une table de cuisine avant que ce soit légal, toute l’histoire n’est pas passée comme une lettre à la poste.
    Je sais que les témoignages particuliers sur le mode « Et moi, ma grand-mère, elle a un vélo » ne prouvent rien, mais je pense qu’il y a une raison qui fait que beaucoup de femmes tiquent (comme on peut le voir en fait, dans ces commentaires) en entendant un discours qui semble dire « J’ai avorté et c’est business as usual ».
    Une des raisons pour lesquelles, à mon avis, les grossesses non désirées (ou désirées, d’ailleurs), c’est du lourd, est qu’une grossesse, ça se passe dans notre corps, dans notre chair. Et ce qui se passe là, direct dans le bide, se répercute souvent bien fort dans la tête. Du coup, l’avortement, qui se passe aussi direct dans le bide, c’est du lourd, souvent.
    Donc, merci Mademoiselle d’écrire cet article pour dire que bien des femmes avortent et sont en paix avec ça, que ce ne sont pas des dégénérées et qu’elles n’ont pas de remords ni de regrets, parce qu’il n’y a pas à en avoir. Mais gaffe que celles qui ressentent que le jour où elles ont avorté il s’est passé un truc lourd, sans être forcément tragique, n’aient pas l’impression que vous leur mettez le nez dans leur caca (c’est pas agréable) de lafâme aliénée victime des séries familiales de France 2.
    Je n’ai jamais été enceinte, je n’ai jamais eu à avorter et je dis haut et fort « ouf ». Pas parce que je suis aliénée par les fictions familiales du mardi soir sur France 2 (je crois pas en tout cas) ni parce que je suis mal à l’aise avec l’idée de l’avortement mais parce que la perspective de devoir me poser urgemment des questions sur mon corps, mon cul, ma vie, ma mère, ma grand-mère et son vélo avec le compte à rebours de ce qui se passe dans mon utérus, cette perspective, dis-je, me fait flipper.
    Par ailleurs, j’ai remarqué autour de moi, chez des femmes qui sont pour le droit à l’avortement, une certaine condescendance voire un certain mépris pour les femmes qui ont avorté (à une époque où la contraception est considérée comme acquise, je veux dire). Un petit côté, « c’est quoi cette pauvre fille qui maîtrise pas totalement son corps comme elle gère sa carrière (toute association d’idée avec des paroles de Sardou sur les fâmes des années 80 est intentionnelle) ? » avec la variante classiste « c’est quoi cette pauvre fille, une bonne à tout faire berrichonne à peine montée à la capitale ? ». Tous les plans ne se déroulent pas sans accroc mais voilà qui est dur à entendre pour certaines qui se diraient féministes mais considèrent toujours que l’avortement, ça fait peuple, un peu, non ?
    Je me retrouve trop bavarde, comme d’hab’.
    Keep up the good work, Mademoiselle. Des blogs comme le vôtre, il n’y en a pas beaucoup.

  51. nadine dit :

    + 1 !
    11 ans après, toujours pas de traumatisme-forcément-là-quelque-part qui m’ait pété à la gueule…

  52. Iyhel dit :

    @ Isa et mrxeu :
    Et on pourrait pas plutôt fermer nos gueules pour une fois ?

    (ou alors lançons un manifeste des 343 couilles-molles qui ont pris en main leur part de la contraception en se faisant vasectomisé, là ça aura de l’allure… bien qu’il me paraisse compliqué de trouver 343 signataires en France…)

  53. Christine dit :

    @Froggy : c’est bien parce que des défenseur-es du droit à l’avortement tiennent des discours à la con genre

    1. mêêêêê avec la contraception, ça devrait plus arriver

    2. c’est un droit inaliénable mêêêêê c’est quand même une affaire sérieuse

    qu’on a fait cet appel.

    Pour dire que ça peut arriver à tout le monde (enfin ça on l’ajoute quand on cause) enfin à toutes les femmes et que les donneuses de leçon ont intérêt à serrer les fesses ET que ça peut être une affaire légère. Malgré la pression sociale, t’imagines sans ?

  54. Chrysa dit :

    Bravo, quelle bouffée d’oxygène cet article ! Il n’en faut pas moins pour être traitée d’extrêmiste par certain-es, et bien soit, je veux l’être ! Tout a été dit ici. Parce que la culpabilisation des femmes qui choisissent d’avorter Y EN A + QUE MARRE ! Et de l’angoisse suscitée à l’idée d’y avoir recours ! Chacune devrait pouvoir se sentir sereine face à ce choix, et non angoissée !

    Très bonne initiative aussi que celles des nouvelles 343 aussi!

  55. Isa dit :

    @ Lyhel: vous la fermez si vous voulez. Je ne vous oblige pas au silence. Ne m’obligez pas, et sur un ton suspect, à la fermer. Je n’ai pas de gueules. Vous pouvez à loisir parler de la votre et n’en faites pas autant en ce qui nous concerne… Nous saurions amené à croire que vous étiez volontairement désobligeant….

  56. Isa dit :

    Autre chose lyhel: Quand on a atteint la quarantaine et que 375 (jours) X 20 (ans) d’érections matinales ont été vaines, qu’à l’oreille aucune voix féminine ne vous a jamais dit « je t’aime », qu’en un mot on ne sait rien de l’amour d’une femme; on ne conçoit pas, on a le sentiment aigüe de l' »A-justice » de l’amour. On sait intimement que l’amour est le plus souvent « A-justice » et quelquefois encore « injuste ». On ne peut le savoir, profondément, que lorsqu’il manque car il ne viendrait jamais à l’idée d’une personne aimée de concevoir le sentiment qu’elle l’est « injustement » ou « A-justement ». Par conséquent arrivé à cet âge respectable, on a essuyé des attitudes féminines dont vous n’avez pas idée, et l’on verse alors soit dans la plus profonde « mysoginie  » (la haine guerrière des femmes) soit on « craint » les femmes. La mysgonie exclue le plus souvent qu’on puisse défendre la moindre cause féminine parce que tout ce qui se rapporte aux femmes est marqué implaccablement d’un « soupçon ». La « crainte » c’est avoir le sentiment profond de « l’A-justice » et de « l’injustice » de l’amour et c’est par extension sensible et viscérale qu’on ne peut plus souffrir la moindre « A-justice » et la moindre « injustice ». C’est pourquoi je ne souffre pas l’injustice dont font preuve les anti-avortements. J’ai hurlé avec les loups à cause de « l’A-justice » de l’amour et je continue de hurler pour toutes formes d’ « A-justice » et d’injustices. Je ne ferme pas ma gueule parce que l’ayant éprouvé dans ma chair je ne supporte pas qu’injustices et A-justices creusent dans la chair de mes semblables. Peut-être n’êtes-vous simplement pas habité des mêmes sentiments?

  57. Iyhel dit :

    Isa :
    – vous le prenez mal si ça vous chante, je commente ici depuis suffisamment longtemps pour que vous connaissiez un peu ma façon de m’exprimer, quand je suis désobligeant il n’y a pas de doute possible ;
    – c’est une simple suggestion, loin de moi l’idée d’imposer quelque chose, je ne fais que réagir à votre idée ;
    – en dépit de votre passion (au sens christique du terme) votre initiative ne peut apparaitre que comme celle d’un homme et d’un mâle, donc hors de propos à mon avis.

    Ceci étant précisé, mon avis n’est que mon avis et rien d’autre ; j’ai bien saisi vos motivations, vous aurez j’espère compris mes doutes, épargnons aux autres un dialogue de sourds et restons-en là.

  58. Isa dit :

    @ C’est entendu. Je prends bonne note de votre franc parler et n’en prends pas ombrage. Je vois seulement plutôt mal pourquoi on devrait encore séparer les genres. Vous ne trouvez pas qu’il y a suffisamment de séparations et que toutes catégories séparées s’opposant à la distinction classique de lutte des classes, renforcent irrémédiablement la classe dominante (dans laquelle on trouvera quantité d’anti-avortements)?

  59. mrxeu dit :

    @Isa et Lyhel. Merci d’enterrer la hache tout de suite sinon on va finir avec les noms d’oiseaux habituels qui m’ont fait pondre, a tort ou a raison, mon premier commentaire.
    Cela dit, sans vouloir rajouter de l’huile sur le feu, faudrait quand meme pas confondre contraception (prevention) et IVG (liberation)…
    Bon alors, Isa, on y va? Y en a d’autres qui suivent?

  60. Isa dit :

    Mon bon Mrxeu: Lyhel et Isa ne se cherchent pas querelle. Ils ont un différend qui n’est pas de nature à assombrir la très méritant blog de Mademoiselle. Si on y va? Je veux bien mais nous aurons un foutu problème technique pour organiser les signatures virtuelles et faire un blog… Je sais bien doser un Ricard, je commence l’apprentissage de la cuisine japonaise, il m’arrive de trousser quelques bons mots et je ne suis pas dépourvu de talents pour la galoche, mais j’ai aussi peu de pratique et de goût pour l’informatique que pour la fellation…

  61. Iyhel dit :

    @ mrxeu : ah bon, vous avez avorté ? 😉 pas sûr que ce soit moi qui confonde…

    @ Isa : c’est très gentil de persister à mettre une majuscule à mon nom mais en fait, elle y est déjà, il s’agit d’un i. Concernant la séparation des genres, de mon point de vue là c’est plutôt vous qui voulez une union forcée, superflue et éventuellement contre-productive. Parce que dans la mesure où nous ne sommes pas directement concernés, la posture, quelle qu’elle soit, est facile.
    Ceci étant, si vous tenez à vous lancer, techniquement, il suffit au choix soit de repiquer ce qu’on fait les 343 filles, soit de taper « pétition en ligne » dans votre moteur de recherche et vous aurez à votre disposition mille et un sites vous permettant de créer très simplement une pétition.

  62. Isa dit :

    @Ihyel: Une union forcée? Vous vous sentez en mesure de sonder la sensibilité et la conscience de l’ensemble des femmes de la planète? Contre-productif? Je ne vois pas en quoi cette initiative pourrait nuire aux desseins des « filles des 343 salopes ». Superflue? Si vous avez une population de 100 personnes. Parmi laquelle 50 femmes et 50 hommes. Qu’il y a face à cette population 30 gendarmes et 10 technocrates opposés au projet des femmes. Croyez-vous que le secours de 50 hommes sera superflu?
    Ce qui est admirable dans le fatalisme c’est qu’il se sépare de la plus élementaire logique. Après quoi on ne doit pas s’étonner que l’immense majorité des gens parlent et agissent aujourd’hui en dépit de toutes logiques (collectives) pour des intérêts personnels et nécessairement concurrents.
    Cependant mille merci de vos conseils techniques.
    Le plus attristant c’est d’etendre parler « d’union forcée », de contre-productivité, de superflu alors que notre position (et j’inclue Mrxeu) porte l’empreinte décisive d’une sensiblité qui est encore miraculeusement épargnée et quand d’autres (la plupart) n’ont plus qu’indifférences et intérêts de soi seul, on songe à opposer à notre authenticité une collocation d’adjectifs décourageants.
    Vous pouvez gloser à l’infini, vous n’avez pas et vous n’aurez jamais accès à ma sensiblité et à mon histoire, ni même à cette part décisive de ma culture et d’une vision de la société qui m’est propre.
    De votre côté je trouve que vous perdez beaucoup plus de temps à tacher de nous décourager et vous seriez plus avisé d’arpenter nos rues et d’essayer de convaincre un à un la foultitude indifférente des passants accaparés par l’obscénité. Ce qui est facheux c’est qu’ils ont eux la paix et invariablement nous récoltons toujours critiques et objections de la part des gens de nos « voisins » virtuels; qu’à tort nous considérerions comme étant plus proche de nous que de la foultitude. C’est ma grande erreur de ces dix dernières années.

  63. Iyhel dit :

    Euh, Isa, là, c’est pas moi qui glose, hein. C’est justement ce que je voulais éviter dans mon premier commentaire et j’aurais dû m’y tenir visiblement. Dont acte.

  64. Archeos dit :

    Bon, j’arrive tard, mais j’ai une excuse, j’habite dans le Limousin profond.

    Dans un article du journal communiste local, L’Écho, la représentante du MLF s’insurgeait contre une constante des gynécologues de la région, qui non seulement ne proposent _jamais_, mais déconseillent fortement et systématiquement l’avortement médicamenteux, considéré comme moins douloureux par les militantes du droit à l’avortement (la tribune ne précisait pas les différences de délai légaux et médicaux).
    Elle attribuait cela à la formation (donc un professeur de la fac de médecine de Limoges réactionnaire ?) et conseillait de s’expatrier en Charente (qui est restée libre, elle).

  65. titine dit :

    A mon médecin, à qui je demandais une adresse d’établissement qui pratique l’IVG et qui me disait de bien réfléchir.
    J’ai répondu : « c’est tout réfléchi, si je le garde il va finir au congélateur »
    Pas très consensuel, mais effet garanti, j’ai eu mon adresse.

  66. bernard dit :

    jamais vu un forum d’une telle qualité…sans doute parce qu’il est écrit presqu’entierement par des femmes (mon côté féministe primaire).

    mis à part le gugusse parlant de « meurtre ».

    ceci étant ya des filles qui sont plus ou moins « choquées » par leur IVG à cause de la pression sociale, certes. Et c’est justement pour ça que cet article, ce forum et cette pétition doivent exister. CQFD.

    Je peux préciser qu’accompagnant si elle le demande ma copine dans toute visite médicale, je me mobiliserais, toujours en cas de réponse oui à la question « veux-tu être accompagnée? » en cas d’IVG.

    Enfin j’affirme que bien qu’étant male, je m’autorise à avoir un avis sur l’IVG.
    Je ne suis pas Afghan et j’ai un avis sur les talibans, ni fille ni Africain je suis opposé à l’excision, etc…

    Continuez, et aussidans mon interêt de male; les hommes (et les transgenres) ne seront jamais libres si les femmes ne le sont pas.

  67. LaurenceB dit :

    Qu’on soit bien bien bien clairs: je pense qu’il est fondamental que les femmes aient accès à la possibilité d’avorter dans des conditions dignes, encadrées par du personnel de santé bienveillant, à un cout accessible.
    Et tant mieux pour toutes celles qui ont avorté et qui n’en ont pas souffert.
    Mais Françoise Dolto (qu’on peut difficilement taxer d’être une coincée du c**, ou puritaine, ou bien pensante, je pense) explique que l’avortement est une épreuve psychique. Et comme toutes les épreuves, certaines passent au dessus sans souci, et d’autre se prennent les pieds dedans. Donc faire comme si « boarf, avorter c’est rien du tout » c’est nier la souffrance et la difficulté d’une décision qui, pour certaines, n’aura pas été facile à prendre. Et ce, quel que soit le cadre légal.

    • Yelle dit :

      Qui a nié ces souffrances? Laisser dire: « je vais bien » (parfois malgré, parfois grâce à l’épreuve/libération/…) à celles qu’on entend jamais ne diminue pas la douleur ou les difficultés de qui que ce soit.

  68. kt dit :

    bonjour à toutes et tous…
    Femme, documentariste, mère de trois enfants, ayant subit un curetage et deux avortements, je travaille actuellement sur le sujet de l’avortement chez les mineures dans le but d’en réaliser prochainement un documentaire et un webdoc. C’est donc tout naturellement que je me retrouve à lire tous les articles scannés par google sur ce thème et à plancher sur celui-ci et ses commentaires.
    Je suis toujours étonnée de tant de véhémence, de ce qui ce cache entre les mots et les phrases. Ici des hommes qui écrivent sous des pseudos féminins. Des femmes qui aboient leur détresse sous des mots durs et des revendications. Si je suis amenée à travailler sur le sujet, c’est que l’avortement chez moi est « une histoire de famille » : de ma grand-mère alors âgée de 20 ans (et fille-mère!) naquit ma mère qui eut deux filles et deux avortements (l’un à l’aiguille à tricoter, elle s’en souvient encore en se tordant les mains sur le ventre, l’autre grâce à ces médecins (hommes!) qui prenaient d’énormes risques en avortant illégalement les femmes dans les années 70). En ce qui me concerne, je suis soulagée d’avoir pu avorter (par aspiration et par voie médicamenteuse), mais ce furent néanmoins des évènements extrêmement tristes. Je le referais sans hésitation aucune, mais ce ne fut tout de même pas un acte anodin. Je sais que mon corps m’appartient, mais c’est avec un homme que suis tombée enceinte (sous contraception la première fois et sous stérilet la seconde). Je ne lui en veut pas de ne pas avoir été aussi impliqué de moi dans ces avortements (et pour cause, ce n’était justement pas son ventre) et d’avoir eu, parfois, des réponses ou des attitudes terriblement maladroites. Qui m’ont blessée. Ressasser ma rancoeur ne servirait à rien et ne me ferait pas avancer. Aujourd’hui nous sommes divorcés, et il m’en reparle encore. Je crois que cela l’a atant marqué que moi. Ca, c’est pour dire que les hommes ne sont pas tous des « connards » et qu’il faudrait peut-être que nous commençions à nuancer. Aujourd’hui à 45 ans et divorcée, j’adore faire l’amour encore et encore avec mon nouveau compagnon, un plaisir renouvelé depuis plus de trois ans. Bien que pré-ménaupausée depuis de nombreuses années j’ai gardé mon stérilet parce que justement, mes deux précédentes expériences… Et cela ne m’a pas empêché de faire deux fausses couches spontanées, comme quoi, la contraception… Nulle n’est à l’abri d’un ratage de pilule, d’une capote mal mise que ai-je encore. Nulle n’est à l’abri d’une méconnaissance ce n’est ni une honte, ni si grave que cela. J’ai parfois du mal à imaginer comment on peut être « forcée » à être enceinte, il me semble que cela s’appelle du viol ? N’est-ce pas parfois, l’amertume d’un échec sentimental, la culpabilité de s’être laissée aller dans l’orgasme qui nous fait réécrire l’histoire de l’accident ? je ne sais pas. Je pense néanmoins que nous sommes deux pendant l’acte sexuel. Sauf viol, je pense que il n’y a pas un seul et unique responsable d’une grossesse non désirée… bref, je ne voudrais pas relancer une polémique stérile :-). Il s’avère qu’une de mes filles (16 ans) est tombée enceinte il y a quelques mois. Elle a décidé de se faire avorter et me l’a annoncé après avoir pris sa décision. Je n’ai pas mon mot à dire sur ce choix, par contre j’imagine que je l’aurais méchamment subit si elle avait décidé de garder l’enfant. J’en suis plus que soulagée, mais nous n’en avons pas parlé, elle a préféré me tenir à l’écart de son corps, de ses émotions. J’ai bien vu sa petite mine, mais je ne me suis pas imposée, j’ai attendu qu’elle vienne d’elle même. Depuis, elle s’est fait poser un implant (je ne suis pas pour, mais bon) pour ne pas avoir à « y repasser ». Elle ne l’a pas vécu de manière dramatique, mais ça a laissé une trace, j’imagine. Pourquoi est-elle tombée enceinte dans un milieu où l’on discute, où l’on est informé, où il n’y a (a-priori) pas de tabous? A t-elle vomit sa pilule lors d’une gastro où a-t-elle été trop légère avec la prise de sa pilule, qu’elle « oublie » parfois? Elle ne sait pas et ne pensait pas qu’elle pouvait tomber enceinte si jeune. De nombreuses gamines et gamins en sont au même point. Alors longue vie à l’IVG, battons-nous pour que cela continue à être un droit. Gros travail aussi à faire pour l’information, l’éducation de tous (petits et grands) sur la contraception. A mon avis l’IVG est l’ulime recours mais ne doit pas se substituer à une contraception d’urgence. On a tous droit à l’erreur, on devrait aussi apprendre de nos erreurs, et pour commencer, la tolérance. Je précise que je suis profondément athée et fière de l’être, contre les salades religieuses et la moralistes de tous crins. ENJOY :-)

  69. Nicolas dit :

    Plutôt que d’IVG médicamenteuse, je préfère parler d’IVG chimique, c’est plus exact. Le produit abortif que l’on prend n’est pas un médicament ; c’est un produit chimique, un poison. Un médicament, ça sert à soigner. Or ici, il ne s’agit pas de soigner.

    Christine,

    « C’est sûr qu’à 16 ans, 9 mois de grossesse + aban­don­ner un enfant, c’est super mieux que 10 min­utes d’anesthésie générale pour évac­uer un tout petit tas de cel­lules… »

    Pour l’enfant, c’est sûr, c’est mieux.

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