Contribution pour le pays

Mademoiselle adore être au coeur des grands débats français. Aujourd’hui, tentons de répondre à la question :

« Quelles sont les valeurs de l’identité nationale  » ?

Ça nous changera de nos débats de bonnes femmes !

Alors, comme c’est un sujet qu’il est compliqué d’y répondre, sachez tout d’abord que ceux qui seront chargés d’y réfléchir sont des gens de confiance.

D’abord, ils sont presque tous blancs. Ce qui est déjà un sacré bon début.

Ensuite, ce sont en majorité des mâles. Ce qui est également très rassurant.

Respirez donc, point d’hystérie communautaire à l’horizon ! Rien que de l’universel, du gros, du lourd.

Et comme Mademoiselle est courageuse et patriote, elle va tenter de chercher les fondements de l’identité nationale dans la littérature et les arts français.

Alors, commençons.

Tout d’abord, revenons sur un grand classique de la chanson française : « J’habite en France » de mon maître absolu, j’ai nommé Michel Sardou.

Y’en a qui disent que les Français
Vivent d’amour et de vin frais
Et que toutes les filles d’ici
Habitent au Casino d’Paris
Y’en a qui pensent que le champagne
Sort des gargouilles de Notre-Dame
Et qu’entre deux Alka-Seltzers
On s’ballade la culotte en l’air
A les entendre on croirait bien
Qu’on est pinté tous les matins

Nous voyons ici que l’auteur s’applique à décrire -finement- une vision mythique de la France. Pour mieux s’élever contre.

Mais voilà j’habite en France
Et la France c’est pas du tout c’qu’on dit
Si les Français se plaignent parfois
C’est pas d’la gueule de bois

Attention, c’est là qu’il lance son appel, sous forme de coup de gueule, contre le centralisme et le mépris du peuple.

C’est en France qu’il y a Paris
Mais la France c’est aussi un pays
Où y’a quand même pas cinquante millions d’abrutis

Il s’agit là, vous en conviendrez, d’un réel travail de déconstruction.

Cependant cet effort ne servirait à rien sans une tentative d’affirmation positive de l’identité française telle que l’auteur la ressent.

Alors, la France, c’est quoi au juste ?

Y’en a qui pensent et c’est certain
Que les Français se défendent bien
Toutes les femmes sont là pour le dire
On les fait mourir de plaisir
A les entendre on croirait bien
Qu’y’a qu’les Français qui font ça bien

C’est pourquoi j’habite en France
Et la France c’est beaucoup mieux qu’c’qu’on dit
Si elles rêvent d’habiter chez moi
C’est qu’il y a de quoi
C’est pourquoi j’habite en France
Et la France c’est beaucoup mieux qu’c’qu’on dit
Si elles rêvent d’habiter chez moi
C’est qu’il y a de quoi

 

Après cette description générale, dont la pertinence ne vous échappe certainement pas, entrons, si vous le voulez bien, dans le détail. Nous allons continuer à nous appuyer sur un corpus de textes issus du répertoire traditionnel français, toujours par le biais d’extraits d’oeuvres de Michel Sardou.

Alors, brosser les contours de notre identité, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant… Pourquoi ?

Parce que la France, c’est aussi une Histoire :

Moi monsieur j’ai fait la colo
Dakar Conakry Bamako
Moi monsieur j’ai eu la belle vie
Au temps béni des colonies
Les guerriers m’appelaient Grand Chef
Au temps glorieux de l’A.O.F.
J’avais des ficelles au képi
Au temps béni des colonies

On pense encore à toi oh Bwana
Dis-nous ce que t’as pas on en a
Y’a pas d’café pas de coton pas d’essence
En France mais des idées ça on en a
Nous on pense
On pense encore à toi oh Bwana
Dis-nous ce que t’as pas nous on en a

Une société qui change :

Elles aiment les garçons
Au teint pâle et femelle
Qui se noient dans un lit
Mais qui dorment avec elles
Elles s’ennuient lorsqu’elles aiment l’amour
Car le viril n’a vraiment plus cours

Aujourd’hui aujourd’hui
Aujourd’hui
Aujourd’hui

***

Quand il y aura cent mille universités
Les filles n’auront même plus le temps d’aimer
Que feront-elles quand on ira rechercher
La fille du dernier sabotier


Que feront-elles quand on ira rechercher
La fille du dernier sabotier
Tout sera plus sombre autour de leur vie
Habillées d’ennui Et comme des ombres
Elles se diront où sont les garçons

Une perception spécifique du milieu urbain :

Dans les villes de grande solitude
De nouvel-an en nouveaux nés
Quand j’ai bu plus que d’habitude
Me vient la faim d’un carnassier

J’ai envie de violer des femmes
De les forcer à m’admirer
Envie de boire toutes leurs larmes
Et de disparaître en fumée

Une certaine vision des relations internationales :

Si les ricains n’étaient pas là
Vous seriez tous en Germanie
A parler de je ne sais quoi
A saluer je ne sais qui

Un système éducatif stimulant :

Cette année-là
J’avais posé les yeux sur la croupe incendiaire
De ma professeur de droit
Elle avait mis le feu en moi
J’avais avalé la lumière
J’aurais aimé la terre entière

Une tradition contestataire forte et décomplexée :

Les bons jurés qui s’accommodent
Des règles prévues par le code
Ne pourront jamais t’écouter
Pas même un Christ à tes côtés
Les philosophes les imbéciles
Parc’que ton père était débile
Te pardonneront mais pas moi
J’aurai ta tête en haut d’un mât

Tu as tué l’enfant d’un amour
Je veux ta mort
Je suis pour

Une sens de la fête pleinement assumé :

On est là pour boire un coup
On est là pour faire les fous
Et pour se reboire un bon coup
Et pas payer nos verres
Pour boire un coup
Et j’dirais même un bon coup

Un pays en mutation qui reste fortement attaché à son artisanat :

Quand il y aura cent mille universités
Cent millions d’hommes vivant dans les facultés
Qu’adviendra-t-il de nos petits métiers
Restera-t-il un sabotier
Qu’adviendra-t-il de nos petits métiers
Restera-t-il un sabotier

Alors, oui, ce retour aux textes ne permet pas de répondre pleinement à la question de départ, j’en conviens. Mais Mademoiselle tenait à apporter sa contribution au débat, en esquissant les contours d’une France riche, debout, complexe et belle.

Mais avant de nous quitter, arrêtons-nous plus en détail sur ce qui compose la moitié de la France : les femmes.

Parce que, oui, la France, c’est aussi une certaine image de La Femme.

Si tu peux supporter l’idée qu’il est plus fort
Pas dans les joies du coeur mais dans les jeux du corps
Pour te désaltérer à la même fontaine
Si tu peux rapprocher ton âme de la sienne
Si tu sais te servir de ta beauté ma belle
Et pour lui faire plaisir t’encombrer de dentelles
Si le goût de tes nuits a celui des baisers
Si tu n’écoutes pas la voix des mal-aimées
Qui voudraient à tout prix te citer comme témoin
Au procès du tyran qui caresse ta main
Si tu as bien compris que source de la vie
Tu n’as rien de commun avec qui la détruit
Si tu lui donnes l’enfant qu’il te prie de lui faire
Comme un cadeau du ciel comme un fruit de la terre
Si tu remplis son coeur au fil de chaque jour
De ta tendre chaleur et de tes mots d’amour
Si tu peux l’écouter quand il chante trop haut
Et chanter avec lui pour que ce soit moins faux
Si tu prends le pouvoir certains soirs de rafale
Pour guider le bateau cap sur la bonne étoile
Si tu es
Si tu fais
Si tu sais tout cela
Comme les milliards de femmes qui l’ont fait avant toi
Et si dans son bonheur tu vois le tien qui brille
Ce jour-là tu seras une femme ma fille ma fille

 

Et pour terminer, voici un appel au sentiment d’union nationale, fruit de la collaboration d’artistes qui font partie de notre patrimoine millénaire.

Les Français (extrait).

Sardou, Barbelivien, Fugain.

J’aime les Français,
Tous les Français,
Même les Français que je n’aime pas
J’aime les Français,
Tous les Français,
Même les Français que je n’aime pas

Parce que c’est ça, aussi, le vivre ensemble.

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