La psychologie d’un spéculum éclairé

Monsieur X. est gynécologue. Son métier « merveilleux qui consiste à travailler auprès des femmes, à les soigner, à mettre leurs enfants au monde », lui fait « aime[r] » les femmes, si bien qu’il est même devenu leur « confident » : il fait son « travail tout en instaurant un dialogue. Car comment traiter une femme si on ne l’écoute pas ? ».Ça promet… Toujours est-il que ce discours si émouvant renverse immédiatement la journaliste, qui  demande rapidement d’une voix molle et mouillée « Vous accompagnez les femmes dans toutes les  étapes de leur vie… En tant qu’homme, êtes-vous devenu un expert en psychologie féminine ? »  [Devant une question si pertinente, et l’usage d’images marquantes comme l’accompagnement dans les étapes de la vie -bon essentiellement reproduction, mycoses et ménopause- ou encore la  psychologie féminine -hein, bon !-, on est en droit d’attendre une réponse à la hauteur, ce qui ne loupe pas :]

« Les femmes arrivent toujours à me surprendre. Elles évoluent sans arrêt. » 

Bon, comme on est formidable, on continue la lecture :

« La femme d’il y a 10 ans était totalement différente de celle d’aujourd’hui. [LA femme, Le Noir, La  race canine] Elle a connu une évolution extraordinaire [ça avance on vous dit bandes d’ingrates]. Aujourd’hui, les femmes ont accès à des postes à hautes responsabilités : il y des femmes business, des femmes politiques et même présidentiables ! [Ségo, Laurence Ferrari, Parisot… on en a de la chance !] Elles ont changé. [paf encore une couche, un bon vieux rappel du mythe de « l’égalité-déjà-là ».]. Elles ont des revendications [!], des envies, des besoins qu’elles n’osaient pas exprimer avant. [avant. C’est pour qu’on se repère chronologiquement]

Elles s’émancipent. [bon, on a compris bonhomme qu’on est des femmes libérées]. Rien qu’au niveau du langage : devant moi, elles emploient souvent des mots très crus [pas féminins]. J’en suis parfois choqué.[ben fallait faire podologue mon bichon. Bon les filles, on se rééduque, on dit : j’ai un petit soucis avec mon entrejambe, mais si vous ne voulez pas regarder, je comprendrais] Les hommes entre eux ne parlent pas comme cela ! [eux ! Hop on se réfère à la Norme, avec un grand N comme dans noeud]. Et au niveau sexuel, les femmes sont devenues « demandeurs ».[LA Femme se virilise]

A la soixantaine par exemple, elles revendiquent [revendiquent ! Dieu qu’elles sont agressives !] une sexualité épanouie. Mais c’est juste au moment où l’homme commence à avoir moins envie. [Lhôme/Lafâme]. S’il ne réagit pas, certaines d’entre elles n’hésitent pas à aller voir un petit jeune. [s’il ne prend pas la contrôle de la situation/sa femme]. Qu’y faire ? [Comment les contrôler ces vieilles excitées ? Réponse :] Commencer par exemple par en parler au sein du couple, et puis revivre  sexuellement. [revivre… au sein du couple. On tire sur la laisse de la chienne. Eh oh, on reste dans le lit de son vieux maître apathique]

Et… ça continue page suivante…

(…) « Aujourd’hui, elle (la femme de 50 ans) réclame, et revendique le droit d’être belle, en forme, et sexuellement épanouie. Et les médecins ont les moyens de les y aider. [à coup de scalpels, de médocs, de crèmes, de spéculums…] On a assisté à un déplacement de l’âge physiologique chez les femmes. On voit dans la publicité des femmes de 50 ans comme Sharon Stone ou Andy MacDowell.[c’est sérieux pour un toubib des références pareilles]. Selon moi, l’âge idéal d’épanouissement pour une femme est 45 ans. [note Jeanine, note ce qu’il te dit le médecin]. A ce moment là, elles savent très bien ce qu’elles veulent et ce qu’elles ne veulent pas. [ce qu’on leur permet de vouloir -être belle et baiser-, et ce qu’on tolère qu’elles ne veuillent pas -ne plus être belle, ne plus baiser-] »

Encore une couche ?

« Les femmes vous racontent [une femme n’explique pas, elle raconte, c’est moins sérieux] leur vie sentimentale, conjugale et familiale. Que penser de l’attitude des hommes face à elles ? Les hommes ne bloquent plus les femmes. Ils se mettent un peu en retrait et les laissent s’épanouir. [Monsieur est trop bon] Mais l’évolution des femmes n’est pas sans leur faire de mal: ils se sentent perdus. Ils digèrent les capacités grandissantes des femmes, tout en se sentant parfois atteints dans leur virilité. Il sont confrontés à des femmes de plus en plus fortes et qui se mettent même à consommer des
hommes… L’évolution est trop rapide pour eux ! Alors ils prennent la fuite. Quand une femme est confrontée à un conflit, elle se bat. L’homme, au contraire fuit, dans le travail par exemple. Pour se
valoriser, les hommes parlent travail. D’ailleurs, le challenge des hommes, ce n’est plus les femmes mais leur boulot. [Bon, on a la tirade masculiniste basique là, tout y est, les hommes sont gentils, les femmes vilaines et castratrices, les hommes fragiles dans le fond, les femmes incontrôlables comme on l’avait craint en allongeant un peu la laisse.] »

« Et que dire des femmes ? » [on s’le demande]

« Le problème [ça commence bien, tu vas voir que ça va être de notre faute], c’est que les femmes sont devenues très, trop exigeantes. [pas loupé. trop exigeantes pour des femmes hein, note Jeanine, note.]. Elles attendent des hommes qu’ils soient performants en société, au travail, au lit, en famille… [Elles demandent des comptes ? De quels droits ?]. Elles souffrent du syndrome du prince charmant, de cette image idéalisée de l’homme, qui fait beaucoup de dégâts. [Trop frigides, trop mères, trop sexy, trop exigeantes, trop passives, trop actives, trop seules, trop collantes, trop froides, trop clitoridiennes, trop énervées, trop lesbiennes… trop, trop, trop… inconstantes, incontrôlables, pas dignes de confiance Lafâme, mon bon monsieur]. L’homme ne peut pas, et n’a pas forcément envie de répondre. [Et merde ! Et qui c’est qui décide en fin de compte ? C’est encore Lhôme !] Et ce sont les femmes qui, à cause de leur évolution trop rapide, payent de se retrouver seules. [une autre couche : vous avez voulu changer, on vous avait prévenu que vous vous retrouvez comme des abruties, bien fait ! La punition : la solitude des parias !]. Autour de la cinquantaine, il est bien difficile de se trouver quelqu’un. [soyez donc sages si vous ne voulez pas vous retrouver sur le carreau] »

« Qu’en retenez-vous en ce qui concerne les relations entre les hommes et les femmes ? »

Les relations entre les hommes et les femmes sont faussées, parallèles, et ne se rencontrent pas toujours : on se cherche, on ne se trouve pas forcément. [même si Mesdames, si vous nous cherchez trop, vous allez finir par nous trouver…] J’ai peur du mot « égalité hommes –femmes ». [Ça aussi c’est un mot cru ?] On peut parler d’égalité sur le plan social mais pas dans la façon d’être, de penser. [Note, Jeanine, c’est brillant, la façon d’être de penser et le social c’est séparé. Je vois bien le titre de son futur bouquin : Un gynécologue révolutionne la sociologie.]. Les différences physiologiques font  de l’homme et de la femme des êtres complémentaires.[Eh Jeanine, en fait ça s’emboîte bien tout ça !] »

Une petite note d’humour noir ponctue la fin de l’article :

.«(…) la ménopause n’est en aucun cas la fin de la féminité. C’est le début d’une seconde vie, un  renouveau : regardez le nombre de femmes qui refont leur carrière à 50 ans ! La femme se trouve libérée de ses enfants, de la contrainte des règles… Parfois, elle est seule : il faut alors retrouver un homme. Ou conserver le sien. »

Source : ici, dans l’antre du merveilleux magazine libérateur « Psychologies Magazine »

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3 réponses à La psychologie d’un spéculum éclairé

  1. Barbara dit :

    Ouah, in cauda venenum comme dirait l’autre… une seconde vie avec pour seul but de trouver un homme ou de garder le sien. Si ça c’est pas de l’épanouissement, Jeanine….!

  2. ml dit :

    Effrayant ! Dénonçons, boycottons ! D’autant que le titre valorise de manière tout à fait indue cette expérience *unique* au contact de nos amies les femmes. Mais dire d’un gynécologue qu’il est un speculum, d’ailleurs, ça n’est pas très fin non plus. L’idée que les femmes « paient » quelque chose est une clé évidente du faux discours féministe vraiment condescendant. Merci d’avoir balisé ce tissu de niaiseries dangereuses.

  3. ml dit :

    à moins que le titre speculum éclairé ne soit de vous ? C’était donc ironique ? J’ai peut être lu trop vite, mais ça me rassure du coup !

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